
Le bonsaï, cet arbre miniature cultivé en pot, est bien plus qu'une simple plante : il incarne un art ancestral, une harmonie entre la nature et l'intervention humaine. Si la culture de ces « paysages en pot » remonte à la Chine ancienne, sous le nom de "penjing", elle n'est pas près de disparaître aujourd'hui. Cette pratique consistait à créer des paysages miniatures en pot, à l'ère de la dynastie des Han (de 206 à 220 av. J.-C.). Ce sont les Japonais qui, plus tard, ont raffiné l'art du bonsaï tel que nous le connaissons, en se concentrant sur l’esthétique minimaliste et la représentation naturelle d’arbres miniaturisés. Le mot "bonsaï" vient du japonais et signifie "planté dans un pot". En résumé, la définition du Bonsaï s'explique : "Bon" : un plat ou un bol mince et "Sai" : un arbre cultivé qui est planté et figé dans le sol. Le mot "bonsaï" a donc pour définition "un arbre qui est planté dans un récipient peu profond". Cette pratique allie technique horticole et esthétique asiatique pour créer une réplique miniaturisée d’un arbre naturel. Cultiver un bonsaï n’est pas une simple plantation : il s’agit d’un travail patient et minutieux sur plusieurs années. L’objectif est de donner à l’arbre une apparence vénérable tout en dissimulant les traces d’intervention humaine.
Pour garder leur petite taille aux bonsaïs, diverses techniques sont employées, complémentaires et interdépendantes, pour le maintien de la petite taille et de la mise en forme. Pour la conception, il est primordial d'avoir une idée claire de la forme à atteindre. Une esquisse ou un dessin du futur arbre est souvent utile pour se guider.
Comprendre le bonsaï : un arbre comme les autres, mais guidé
Les bonsaïs sont des arbres comme les autres, mais guidés, afin d'obtenir un résultat précis et voulu. Si dans la nature les racines se développent selon leur nécessité, lorsqu'elles sont confinées dans un pot, elles sont limitées et ne servent pas à ancrer l'arbre dans le sol. Dans la nature, le tronc ainsi que les branches se développent pour mieux capter la lumière, afin de lutter contre la concurrence des autres plantes. En pot, ils n'ont pas les mêmes fonctions, puisque l'homme fait en sorte que la lumière soit bien dosée et suffisante. Quant aux feuilles, elles sont révélatrices de l'état de santé de l'arbre. Elles dépendent de l'eau et de la lumière apportées au bonsaï. Ces deux éléments doivent être dispensés de manière équilibrée.
Bien que de petite taille, le bonsaï reste avant tout un arbre et, pour la majorité des espèces, il doit être placé en extérieur toute l’année. En effet, ces bonsaïs ont besoin du cycle naturel des saisons pour rester en bonne santé. Ils dépendent de la lumière du soleil, des variations de température et de l’humidité naturelle pour assurer leur développement harmonieux. Idéalement, installez votre bonsaï d’extérieur dans un endroit aéré, où il pourra recevoir la lumière du soleil, ainsi que la pluie et l'humidité nocturne. Cependant, les températures extrêmes peuvent affecter votre bonsaï. Protégez-le en hiver avec un voile d’hivernage ou de la laine de verre pour éviter les dégâts causés par le gel. Toutefois, certains bonsaïs, comme le ficus, sont considérés comme des bonsaïs d’intérieur. Ces espèces ne supportent pas le froid et ne doivent pas être placées dehors en hiver. Elles nécessitent une température stable, généralement au-dessus de 12 °C, et doivent être installées dans un endroit lumineux à l’intérieur de la maison, à l’abri des courants d’air froids.
L'importance du pot et de l'arrosage
Le pot est plus qu'un accessoire dans l'art du bonsaï, il est primordial. Il doit constituer un ensemble harmonieux avec l'arbre. La longueur du pot doit faire les 2/3 de la hauteur de l'arbre. La largeur doit mesurer un peu moins que la distance entre les extrémités des branches antérieures et postérieures. Pour les pots ovales ou rectangulaires, diviser la longueur du vase par deux et sa largeur par trois. Pour les pots ronds, hexagonaux et carrés, diviser le pot en quatre parties et implanter le tronc légèrement décentré vers l'arrière.

Le pot du bonsaï doit être surélevé par rapport à la coupelle située en-dessous de ce dernier. Généralement, les pots pour bonsaï ont des "pieds". Si ce n'est pas le cas, il faut alors impérativement le surélever à l'aide de petits objets (comme par exemple des bouchons de bouteille). Bien entendu, surélever le pot n'a de sens que si celui-ci comporte des trous dans sa partie inférieure afin de laisser échapper le surplus d'eau. Si ce n'est pas le cas, il faut changer de pot.
L’eau est vitale pour votre bonsaï. Le substrat doit rester humide mais non saturé. Attention aux idées reçues, les racines du bonsaï ne doivent pas être continuellement mouillées. La fréquence d'arrosage dépend de plusieurs facteurs : il faut arroser différemment les bonsaïs selon leurs espèces, leur orientation, la période de l'année. Avant d'arroser un bonsaï, il faut s'assurer que la surface du substrat est très légèrement sèche. Utiliser l'eau de pluie, ou de l'eau de source ou du robinet - même calcaire - ayant reposé 24 heures. La température de l'eau doit être proche de celle de l'endroit où se trouve le bonsaï. Généralement, la technique d'arrosage recommandée est le bassinage. Cette technique consiste à arroser en pluie fine (comme avec un brumisateur) le haut du bonsaï jusqu'à ce que les premières gouttes tombent par les trous de drainage dans le pot. Quelques arbres, qui n'aiment pas l'humidité sur leurs feuilles, n'aiment pas le bassinage : chêne, érable, mélèze. De même pour tous les arbres en floraison. Les arbres d’intérieur apprécient un bon bassinage.
Comment ARROSER son BONSAÏ?
Les objectifs et les types de taille
La taille est une étape essentielle pour façonner la structure et l’harmonie du bonsaï. Tailler un bonsaï, ce n’est pas simplement couper des branches. C’est choisir et orienter. C’est parfois oser, souvent attendre. C’est un geste qui engage l’avenir de l’arbre, son équilibre, sa santé, son esthétique aussi. Un bonsaï bien taillé ne se remarque pas, il donne l’impression d’avoir toujours été ainsi. Pourtant, derrière cette évidence apparente, il y a des années de décisions, d’ajustements, de corrections. La taille est une composante essentielle de la culture du bonsaï, indissociable de la santé de l’arbre. Mal pratiquée, elle affaiblit, déséquilibre, ou ralentit sa progression. Bien conduite, elle libère de l’énergie, révèle des lignes, et accompagne la croissance avec justesse.
Il est impératif de tailler son bonsaï pour plusieurs raisons. Tout d'abord, la taille permet de faire grossir le tronc ainsi que les branches. Ensuite, cela permet de donner au bonsaï la forme souhaitée. Enfin, cela l'aide à se développer. On taille un bonsaï pour modeler, pour corriger, pour canaliser. C’est la première fonction à laquelle on pense. La taille structure le squelette du bonsaï. Elle permet d’obtenir une ramification fine, d’équilibrer les masses de feuillage, d’orienter la croissance vers certaines zones. Elle sert à créer du vide entre les plateaux, à dessiner des espaces, à révéler des lignes. Elle améliore la conicité et affine les transitions.
Un feuillage trop dense, mal taillé, finit par priver l’intérieur de l’arbre de lumière. Or sans lumière, pas de photosynthèse, donc pas de vigueur. Les branches qui se croisent, qui pointent vers le bas, qui reviennent vers le tronc, ou qui se concurrencent inutilement, sont autant de défauts qui, avec le temps, deviennent visibles et nuisent à la lecture du bonsaï. Un bonsaï ne pousse pas uniformément. Certaines zones sont plus vigoureuses que d’autres, souvent au sommet et à l’extérieur. Tailler permet de rediriger l’énergie vers les zones faibles ou délaissées par l’arbre, de contenir les excès de vigueur, et d’harmoniser la croissance.
Tailler, c’est aussi stimuler. En supprimant certaines feuilles ou rameaux, on déclenche une réponse hormonale qui incite l’arbre à produire de nouvelles pousses, donc plus de surface photosynthétique. Chez les espèces florifères (glycine, azalée, prunus, pommier…), une taille bien conduite favorise la floraison. Mais elle peut, à l’inverse, la supprimer avant même qu’elle ait eu lieu. En éliminant les branches mortes, malades ou mal placées, on améliore l’aération de la canopée, on limite les zones d’humidité stagnante, et on réduit le risque de champignons ou de parasites. La taille du bonsaï est une forme de langage. Elle permet de dialoguer avec l’arbre, de lui poser des limites, de lui indiquer une direction. Mais ce n’est pas un ordre, c’est une proposition. L’arbre répond, accepte, parfois résiste.

On fait la différence entre la taille de forme, la taille d’entretien, la taille de structure, la taille de rajeunissement, la taille d’hiver et la taille des feuilles.
La taille de structure et la taille de forme
La taille de structure (coupure de branches) s'effectue en hiver, une fois que l’arbre est en repos végétatif. Elle sert à donner une forme équilibrée et une personnalité à l'arbre. C’est le moment privilégié pour travailler la charpente, notamment sur les arbres caducs dont on découvre la structure. C’est aussi la taille la plus drastique. On peut y supprimer des branches importantes ou les raccourcir fortement. Ce type d’élagage fort provoque, au printemps suivant, une réponse végétative vigoureuse. L’arbre concentre alors toute son énergie vers les zones restantes, déclenchant un bourgeonnement souvent explosif. Une arme à double tranchant dont il faut être conscient. Pour les arbres jeunes ou en construction, cet effet est recherché. On profite du redémarrage pour créer de la nouvelle pousse et des nouvelles branches.
La taille de forme (rameaux et feuilles/épines) se fait pendant la période de végétation : printemps et début de l’été. Elle sert à modeler les volumes de la végétation afin de lui donner la forme, le volume et la densité voulus.
La taille d'entretien
Le but de la taille d’entretien est de maintenir et d’affiner la forme d’un arbre. Pour ce faire, il faut simplement tailler les branches / les pousses qui ont dépassé la taille désirée de couronne ou de forme, en utilisant des ciseaux fins ou un ciseau normal. Sur un arbre en finition, cette taille vise à contenir les repousses, équilibrer les plateaux, affiner la ramification. La priorité est à la densité contrôlée, à la lecture claire de la structure, à la lumière qui circule. Les erreurs sont plus visibles à ce stade, car l’arbre est mieux défini. Chaque geste doit être sérieusement réfléchi. On évite ici de trop perturber le flux de sève, on suit le rythme naturel de l’arbre, sans trop intervenir. Paradoxalement, c’est souvent en taillant moins qu’on obtient le meilleur effet.
La défoliation
La défoliation est une autre méthode de taille des bonsaïs, qui consiste à retirer les feuilles d’un caduc pendant l’été pour obliger l’arbre à faire pousser de nouvelles branches. Cette technique conduit au final à la réduction de la taille des feuilles et à la densification de la ramification.
Quand tailler son bonsaï ?
Avant de prendre ses ciseaux, il faut surtout prendre le temps. Tailler un bonsaï n’est jamais un geste anodin. Cela modifie l’énergie, la forme et le devenir de l’arbre. Chaque branche retirée ne repousse pas forcément. L’objectif détermine les gestes : s'agit-il d'une taille de formation, une taille d’entretien, un pincement pour favoriser la ramification, ou une taille pour rééquilibrer les forces ? On ne taille pas de la même manière un arbre jeune en cours de formation et un bonsaï en finition.

Dans la vie d’un arbre, il y a ces deux grandes périodes de croissance : le printemps et l’automne. Entre elles, deux phases plus calmes : l’été avec une pause plus ou moins marquée selon la chaleur, et l’hiver avec une vraie dormance. Toute intervention (taille, ligature, rempotage) vient puiser dans les réserves de l’arbre.
Fin d'hiver (mi-février à début avril) : C’est juste avant le démarrage du printemps que l’arbre dispose de la plus grande réserve d’énergie. Il a emmagasiné tout l’automne, s’est reposé tout l’hiver, et s’apprête à lancer sa première pousse. C'est le moment privilégié pour la taille de structure, qui façonne et corrige. Ce type d’élagage fort provoque, au printemps suivant, une réponse végétative vigoureuse. L’arbre concentre alors toute son énergie vers les zones restantes, déclenchant un bourgeonnement souvent explosif. Une arme à double tranchant dont il faut être conscient. Pour les arbres jeunes ou en construction, cet effet est recherché.
Pousse printanière : Durant la pousse printanière, l’arbre dépense énormément d’énergie. Il mobilise une grande partie de ses réserves pour produire feuilles, rameaux, bourgeons. C’est pourquoi il est crucial de ne pas tailler à ce moment-là, sauf cas particulier (arbre très vigoureux, geste très léger).
Fin avril à début juin (après la pousse printanière) : Une fois la pousse terminée, les feuilles deviennent utiles à l’arbre. Elles ne coûtent plus, elles rapportent. C’est à ce moment où ils reviennent en énergie positive que la taille en vert peut commencer, parfois plusieurs fois sur la saison selon les réactions des arbres. Elle sera plus douce, plus mesurée que la taille d’hiver. On peut raccourcir, nettoyer, équilibrer, mais toujours avec discernement. Pour les feuillus à floraison printanière (azalées, prunus, pommiers), la taille doit intervenir juste après la floraison mais avant la formation des bourgeons pour l’année suivante.
Été : L’été est généralement une période de repos végétatif, mais son intensité est variable d’une année à l’autre. Les fortes chaleurs ralentissent la circulation de sève, les arbres se protègent en réduisant leur activité. Toute l’attention est alors souvent portée sur l’arrosage.
Automne : L’arbre est à nouveau actif, mais il ne pousse pas pour grandir. Il travaille à reconstituer ses réserves avant l’hiver. C’est pourquoi les tailles automnales doivent être rares et stratégiques. On peut éliminer quelques branches malades ou gênantes, nettoyer un peu la ramification, mais on évite les grosses coupes. Toute blessure à ce moment sera refermée lentement, avec une perte de réserves précieuses dont l’arbre aurait peut-être besoin pour le printemps ou pour mieux supporter un hiver rude.
Toujours observer et adapter. Deux arbres de la même espèce, plantés côte à côte, peuvent avoir des rythmes très différents. L’un sera vigoureux, l’autre fatigué. Un arbre faible, stressé, ou convalescent ne doit pas être taillé. La taille consomme de l’énergie et déclenche des réactions, de repousse ou de défense. Si l’arbre n’a pas les réserves suffisantes, on risque de l’affaiblir davantage. Toutes les essences ne réagissent pas pareil.
Comment tailler son bonsaï ?
La manière la plus courante pour former un arbre est de le tailler régulièrement. Les arbres ont une tendance naturelle à distribuer davantage de croissance vers le sommet de l’arbre et la périphérie, ce qui est appelé la « dominance apicale ». Ce mécanisme naturel encourage les arbres à pousser plus haut pour se prémunir de la concurrence d’autres arbres et éviter de se retrouver à l’ombre.
Dans un premier temps, une fois que l'arbre est acclimaté à son pot et à son emplacement (deux mois), on peut commencer à le former. Il sera nécessaire de couper les branches qui sont trop larges et dont le diamètre est identique ou quasi identique au tronc. Ensuite, il faut tailler les branches qui partent de la base du tronc du bonsaï. De cette façon, le bonsaï pourra capter plus de lumière et se développera plus facilement.
Il faut toujours tailler en fonction de la vigueur de l’arbre, et non d’un idéal esthétique abstrait. Un arbre affaibli peut ne pas encaisser une taille importante, ou alors y répondre par un bourgeonnement anarchique. À l’inverse, un arbre en grande forme peut supporter des interventions plus ambitieuses, mais ce n’est pas une raison pour en abuser. Tailler trop sévèrement ou trop, en termes de quantité de branches supprimées, peut entamer très sérieusement les réserves de l’arbre. Le bourgeonnement coûtera alors bien plus d’énergie que nécessaire. Mieux vaut des tailles légères et régulières qu’une grosse un peu brutale.
Tailler les feuillus
On pince les extrémités des feuillus du bout des doigts. Les nouvelles pousses se coupent avec les ciseaux à feuilles. Pour les coupes moins fines, employez une pince concave. Pour le pin, il faut "pincer" les bouts des rameaux afin de provoquer les ramifications.
Tailler les conifères
Pincez avec les doigts les pousses des mélèzes, des épicéas, des genévriers, etc. pour les raccourcir d’environ 2/3. Contrairement aux arbres caducs, les pins, les conifères, doivent être pincés à la main. Utiliser des ciseaux pour tailler des conifères mènerait à un feuillage sec et brun à l’endroit des coupes.
Principes généraux de coupe
- Branches inférieures : Les branches basses ne doivent pas être les plus longues mais elles doivent diminuer graduellement vers le haut.
- Distribution des branches : Les branches ne doivent jamais se superposer directement mais être distribuées régulièrement sur le tronc.
- Coupes importantes : Lorsque l'on taille des branches de diamètre conséquent, prendre soin de bien couper à ras du tronc autant pour des raisons esthétiques que pour des raisons pratiques : en effet, cela sera plus facile pour le bonsaï de cicatriser.
- Pâte cicatrisante : Toujours appliquer du mastic de cicatrisation à chaque coupe ; cela évite les maladies, les parasites, aide à cicatriser et diminue grandement les cicatrices. Sur les endroits taillés plus importants (branches) appliquez de la pâte cicatrisante après la taille.

La ligature et le haubanage
La ligature d'un jeune bonsaï permet d'adapter sa forme à sa convenance. Pour donner aux branches la forme ou la direction souhaitées, on les entoure de fil. L’épaisseur du fil varie de 1 à 5 mm en fonction de la résistance au pliage de la branche. Il est vivement conseillé de ne pas attendre le développement du bonsaï pour ligaturer. Le ligaturage d'un jeune bonsaï permet d'adapter sa forme à sa convenance.
Comment ligaturer ?
Fixez bien le fil et entourez-le régulièrement (angle d’environ 45°) autour de la branche jusqu’à son extrémité. Points à respecter : du fil épais jusqu’au fil fin, du bas vers le haut, de l’intérieur vers l’extérieur. L’idéal est de procéder en hiver et de laisser les fils en place pendant au minimum 6 mois.
Retirer le fil
Dès que le fil commence à vouloir s’incruster dans les branches du bonsaï, vous devez le retirer. Selon la variété de l’arbre, cela se produit généralement de six mois à un an après la ligature. Ne déroulez pas le fil des branches, car vous risquez alors de les casser ou d’endommager l’écorce. Généralement, il faut garder six mois les ligatures sur les branches annexes et jusqu'à un an pour les branches principales ainsi que le tronc.
Haubaner les bonsaïs
Comme alternative ou complément à la ligature, vous pouvez également former des courbures par haubanage avec du fil. Protégez auparavant la partie de la branche où vous allez fixer le hauban.
Comment ARROSER son BONSAÏ?
Le rempotage : un renouvellement essentiel
S’il ne restait qu’une seule activité d’entretien des bonsaïs, en dehors de l’arrosage bien entendu, ce serait le rempotage ! Le développement d’arbres en pots nécessite un système racinaire adapté, capable d’absorber principalement l’eau, mais également les éléments nutritifs, dans de bonnes conditions. Le rempotage est une étape essentielle pour assurer la bonne santé de votre bonsaï. Contrairement aux idées reçues, le but n’est pas d’apporter des éléments nutritifs (ils sont lessivés du sol en moins d’un mois), mais de permettre à l’arbre de renouveler son système racinaire.
Cependant, le substrat se dégrade dans le temps et perd de ses qualités ; il devient trop compact. Avec le temps, les racines se développent et finissent par tourner autour du pot en quête de nutriments. Peu à peu, la quantité de terre disponible diminue, rendant l’arrosage moins efficace et obligeant à apporter davantage d’engrais pour compenser cette carence.

Quand rempoter ?
En règle générale, les bonsaïs sont rempotés au printemps avant le débourrement ou juste après la reprise de la croissance. Idéalement, le rempotage doit être effectué juste avant la reprise de la croissance, permettant ainsi à l’arbre de s’adapter rapidement à son nouveau sol. Si, globalement, les caducs se rempotent en mars et les conifères en avril, le principe consiste à surveiller attentivement le grossissement des bourgeons à bois. S’ils commencent à gonfler, c’est le moment de rempoter.
Le rempotage d'un bonsaï doit être effectué tous les deux à trois ans. En moyenne, il doit être réalisé tous les deux à trois ans, bien que les arbres plus âgés puissent rester dans leur pot plus longtemps selon leur variété et leur rythme de croissance. Dans les feuillus, l’intervalle de taille des racines est de 2 à 3 ans, pour les conifères de 5 à 8 ans.
La taille des racines
Dès que le pot est envahi par les racines, il faut les tailler afin de stimuler leur croissance. Les bonsaïs sont insensibles à toutes les tailles et sont conditionnés pour réagir par une nouvelle croissance. Ici, on ne va pas rempoter l'arbre pour lui donner un plus grand pot. On va simplement tailler les racines qui se trouvent contre les parois et le fond du pot.
Les racines des arbres ont trois fonctions principales : assurer l’ancrage au sol, stocker des réserves énergétiques sous forme de glucide, et permettre l’absorption de l’eau et des éléments nutritifs. Dans un pot, l’espace de développement des racines est très limité ; il nous faut donc arbitrer en faveur de la fonction nécessaire à la survie de l’arbre : l’eau et la nourriture. L’assimilation de ces éléments est réalisée au niveau des poils absorbants situés uniquement aux extrémités des radicelles. Plus elles sont nombreuses, plus l’arbre dispose de possibilité de capter les éléments nécessaires à sa bonne santé. Le principal but technique du rempotage est de renouveler et de multiplier les plus fines radicelles.
De combien doit-on réduire les racines ? Il faut généralement réduire environ 1/3 du volume des racines, les différences entre variétés sont très minimes. Éliminez les racines isolées, longues et épaisses, poussant vers le bas. Raccourcissez les racines pivotantes par étapes. Lorsque la masse des racines est très développée, on pourra raccourcir le pivot, racine centrale qui prolonge le tronc, ainsi que les grosses racines latérales.
Le principe « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas » est également applicable à la taille des racines. Ainsi, la taille des racines des arbres à feuilles caduques est proche, dans son principe, à celles des branches : la ramification est relativement facile, le « bourgeonnement » arrière est sereinement envisageable, les grosses plaies doivent être mastiquées. De même, la taille des conifères est plus complexe : la ramification est plus difficile. Il est souvent illusoire d’imaginer faire apparaître des radicelles à l’endroit d’une coupe de grosse racine. Il est plus prudent de s’appuyer sur des racines secondaires pour réduire progressivement la longueur des plus grosses.
Le substrat
Il est important d’utiliser un substrat bien équilibré, combinant un bon drainage (comme l’akadama ou la pumice) et une capacité de rétention d’eau (terreau, tourbe), en fonction du climat de votre région. Le substrat doit être tamisé (du terreau pour plantes vertes convient) pour le rendre fin afin que les petites racines aient un meilleur contact. Attention, cette terre fine est très compacte si on la tasse. Il faut donc y aller doucement.
Tout l’ancien substrat, et surtout celui le plus proche du tronc, doit donc être enlevé pour pouvoir commencer un rempotage efficace. Il peut être intéressant de conserver un peu de l’ancien substrat pour l’ajouter au nouveau de manière à l’ensemencer en mycorhizes. À mesure de l'avancée en âge de l’arbre et moyennant l’utilisation d’un substrat qui ne se dégrade que lentement au cours du temps, il est possible de ne plus effectuer cette mise à nue que lors d’un rempotage sur 2 - voire moins souvent - selon l’état du cœur de la motte.
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Drainage et poches d'air
Si la nécessité d’éviter absolument toute eau stagnante ne fait pas débat, la présence d’une couche de drainage au fond du pot peut être matière à réflexion. En effet, dans des pots plats, d’une hauteur de 2 à 3 cm, introduire une couche de drainage réduit d’autant plus le volume de substrat pouvant être considéré comme utile. Hors, les pots plats drainent plus difficilement l’eau excédentaire que les pots plus profonds : c’est une question de hauteur de colonne d’eau. Le principe est donc de toujours introduire une couche de drainage constituée d’un substrat similaire au principal, mais dans une granulométrie plus élevée.
Lors du remplacement du substrat, un risque est de créer des poches d’air dans le pot. Si elles ne sont pas mortelles, elles ne permettent pas aux racines d’être en contact avec l’eau. Celles qui s’y trouvent emprisonnées dépérissent. Pour éviter de grands espaces creux, faites bien pénétrer le substrat entre les racines à l’aide de bâtonnets en bois de différents formats.
Arrimage du bonsaï après rempotage
Afin que la croissance des racines reprenne, il ne faut pas faire bouger les racines et donc l’arbre. Pour vous en assurer, arrimez le bonsaï avec du fil de fer dans le pot.
Après le rempotage
On admet couramment qu’il faut placer le bonsaï à l’ombre après rempotage, pendant environ un mois, pour lui permettre de reconstituer de nouvelles racines et de retrouver un équilibre avec le volume du feuillage. Cependant, pour un arbre placé à l’ombre, les racines ne se réchauffent pas facilement, surtout au cours du mois d’avril qui suit habituellement la période de rempotage.

Outils et aides pour l'entretien du bonsaï
Deux à trois outils suffisent pour effectuer de nombreux travaux pour les débutant(e)s en bonsaïs. Quand les travaux d’entretien et de création vont s’intensifier, il vous faudra des auxiliaires et des accessoires spécifiques.
Outils pour tailler et ligaturer
- Ciseaux et pinces à bonsaï : ciseaux à feuilles, pince concave, pince à jin (pince plate permettant de travailler les bois morts), pince à fil.
- Fils : fils d’épaisseurs différentes (1 à 5 mm) et de types différents (aluminium, cuivre).
- Protection rembourrée : petits morceaux de tuyau en plastique (environ 0,5 cm) pour protéger la branche lors du haubanage.
Outils pour le rempotage
- Baguettes : Les baguettes sont un incontournable des opérations de rempotage. En début de processus, elles permettent de décompacter la motte et de démêler les racines en minimisant le risque de les casser ou de les blesser. En fin de rempotage, elles aident à pousser le substrat entre les racines, en évitant les poches d’air. Celles en bambou sont les plus utilisées.
- Crocs : Les crocs sont une version plus puissante et plus ergonomique des baguettes pour le démêlage des racines : ils sont plus pratiques pour travailler des mottes compactes. Disponibles avec une, deux ou trois dents, ils doivent cependant être utilisés avec précaution. La version à une dent est la plus souhaitable à cet égard.
- Ciseaux à racines : Les ciseaux utilisés pour rempoter possèdent des lames plus larges et épaisses que celles des ciseaux utilisés pour la taille des branches. Les pinces peuvent être à lames droites (pinces dites à racines), ou simplement concaves. L’affûtage de ces outils est à soigner autant que pour les autres.
- Godets : Disponibles en plusieurs contenances, les godets facilitent l’introduction du substrat entre la motte et la paroi du pot.
- Truelle : Lorsque le substrat est en place dans le pot et que les dernières poches d’air ont été éliminées par l’usage des baguettes, une truelle est un outil ergonomique pour tasser la surface du sol.

Les soins au quotidien : emplacement, lumière et fertilisation
Pour maintenir un bonsaï en pleine forme, l'emplacement et la lumière sont cruciaux. Il faut les placer près d'une fenêtre pour la luminosité mais en les protégeant de la lumière directe par un voilage. Au cours de l'été, il est bien de les mettre en plein air pour qu'ils profitent d'un ensoleillement direct. Pour éviter tout choc thermique, les sortir progressivement. C'est un peu plus compliqué mais c'est possible. Les températures optimales se situent, selon les espèces, entre 7 et 24° C.
Étant cultivés dans de petits pots, les bonsaïs épuisent rapidement les nutriments présents dans leur substrat. Apportez de l’engrais à votre arbre du printemps jusqu’à l’automne, en espaçant les applications d’environ deux mois. Dans notre pépinière, nous utilisons un engrais pour tomates et fleurs (NPK 12-12-17), particulièrement adapté aux besoins des bonsaïs.
Attention : Ne mettez jamais d’engrais juste après un rempotage ! Les racines fraîchement taillées sont encore en phase de cicatrisation et risquent de brûler au contact de l’engrais.
Reconnaître et traiter les maladies du bonsaï
Quand un bonsaï est malade, il est important dans un premier temps de le mettre à l'abri de la lumière directe, de ne pas lui donner d'engrais, et de diminuer considérablement l'arrosage. Ensuite, il convient de déterminer de quelle sorte de maladie ou de quelle sorte de "mauvais traitements" il souffre.
- Manque d'eau : Situation 1 : les feuilles jaunissent de façon uniforme, se ternissent ou se flétrissent et les racines se rétractent et s'assèchent. Dans ce cas-là, il semble évident que le bonsaï manque d'eau, voire manque cruellement d'eau. Il faut donc le réhydrater. Cependant, il ne servira à rien de le noyer dans 10 litres d'eau. Préférer alors le traditionnel bassinage en pluie fine et intensifier un peu ce dernier.
- Excès d'eau : Situation 2 : de la même façon que lors de la première situation, les feuilles jaunissent, certaines tombent, d'autres flétrissent et virent au marron et la terre s'assèche. Cependant, il y a aussi d'autres symptômes : des champignons ou de la mousse se développent à la surface de la terre et le tronc de l'arbre est gorgé d'eau, un peu gonflé ou carrément moisi.
- Pucerons : Les feuilles du bonsaï sont collantes et jaunes, et ont tendance à tomber. De plus, les fourmis envahissent régulièrement le pot du bonsaï. Si un bonsaï répond à ces caractéristiques, c'est qu'il a été attaqué par des pucerons. Ces derniers peuvent l'empêcher d'absorber l'eau dont il a besoin et il va à terme s'assécher. Pour lutter contre ce phénomène, il faudra tout d'abord prendre soin de bien arroser son bonsaï afin que celui-ci ne se dessèche pas.
Les faux bonsaïs et les pièges à éviter
Faites attention aux faux bonsaïs. Assurez-vous que le bonsaï soit bien fixé dans le pot. Regardez si l'arbre a des cicatrices apparentes sur son tronc. Les branches doivent être distribuées tout autour du tronc. Le feuillage doit être dense. C'est lui qui donne l'état de santé de l'arbre.