Le bonsaï, dont le nom signifie littéralement « planté dans un pot », est un lien entre la terre et le ciel. Symbole d’éternité, il conduit le jardinier vers le spirituel. Grâce au bonsaï d’extérieur, offrez une véritable œuvre d’art végétale à votre terrasse ou votre balcon. Cet arbre miniaturisé venu d’Orient confère un cachet intemporel au décor. Contrairement aux idées reçues, la culture du bonsaï n’est pas réservée qu’aux spécialistes. En notant que vous avez un peu le pouce vert, l’un de ces arbres peut tout à fait décorer votre intérieur ou votre jardin.

Les spécificités des bonsaïs à fleurs et à fruits
Ce sont certainement les bonsaïs préférés des débutants car ils sont magnifiques au printemps lorsqu'ils se recouvrent de fleurs de différentes couleurs. C'est un moment magique, point culminant d'une année de culture. De petits fruits commencent alors à se former, ce qui procure un nouvel intérêt à l'automne (surtout sur les pommiers). Cet aspect spectaculaire leur donne vraiment un intérêt dans une collection de bonsaïs.
Les bonsaïs à fleurs sont très appréciés et les fruits sur des arbres miniatures fascinent presque tout le monde. En général, les espèces à fleurs et à fruits sont traités et stylisés en utilisant les mêmes techniques que pour les autres espèces d’arbres. Il faut toutefois noter que si les feuilles peuvent se miniaturiser, souvent les fruits conservent leur taille réelle, créant un contraste saisissant comme cette « grosse pomme sur un petit bonsaï » qui semble parfois « photoshopée ».
Comment tailler un bonsaï : toutes les étapes de la taille des bonsaïs - Truffaut
Les besoins particuliers des essences fleuries
Pour réussir la culture de ces sujets, il faut porter une attention particulière à plusieurs points techniques :
- Fertilisation : Utilisez un engrais spécifique pour les plantes à fleurs et à fruits (peu d’azote, beaucoup de phosphore et de potassium).
- Hydratation : Assurez-vous que les arbres reçoivent assez de lumière et ne jamais les laisser sécher, en particulier quand les fleurs et les fruits se développent.
- Protection des fleurs : Quand l’arbre est en fleurs, ne pas laisser les fleurs se faire mouiller pour éviter qu’elles ne fanent rapidement. Protéger les arbres en fleurs de la pluie, arroser seulement le substrat et il sera possible de profiter du spectacle bien plus longtemps.
- Gestion de la charge : Si un arbre devait fleurir trop abondamment ou porter un grand nombre de fruits, il faudrait diminuer le nombre de fleurs et de fruits afin d’éviter que l’arbre ne s'affaiblisse. Les fleurs et les fruits devraient se distribuer uniformément sur l’arbre et atteindre la même taille.
Sur les arbres à fleurs qui ne portent pas de fruits, il faut retirer les fleurs quand la plupart ont fané. Pour des espèces comme le houx du Japon, qui est dioïque, seuls les plants femelles porteront des baies rouges, à condition qu'un plant mâle fleurissant au même moment soit placé à proximité pour assurer la pollinisation.
Techniques de taille et de mise en forme
La taille du bonsaï est tout un art. Si la taille de formation du bonsaï est affaire de spécialiste, soyez attentif à conserver sa forme, à fortifier sa ramure tout le nanifiant. Il s’agit de pincer les nouvelles pousses, généralement au printemps, de pratiquer une taille en vert du feuillage en été pour limiter la taille des feuilles ou éclaircir la ramure, et enfin de raccourcir ou d’éliminer des rameaux du printemps jusqu’en automne selon l’essence.
- L'Azalée (Rhododendron indicum) : Elle pousse avec une dominance basale, contrairement à la plupart des autres espèces. Cela veut dire que les branches inférieures poussent avec plus de vigueur que l’apex, qui ne doit pas être taillé trop drastiquement.
- L'Abricotier du Japon (Prunus mume) : Il fleurit en fin d’hiver ou en début de printemps avant que les feuilles n’apparaissent. L’on peut raccourcir les branches après la floraison, mais il faut repérer les bourgeons à feuilles et s’assurer qu’il en reste au moins un à l’extrémité du rameau.
- Ligatures : Les passionnés peuvent continuer à « sculpter » leur bonsaï en ligaturant le tronc et les branches avec du fil de cuivre ou de laiton. Ces ligatures forment l’arbre et ralentissent sa croissance en gênant la circulation de la sève.

L'arrosage : une question de doigté
L’arrosage doit se faire avec doigté, car le bonsaï craint les excès d’eau qui font pourrir ses racines. Les feuilles finissent alors par sécher. Souvent, on arrose alors davantage pensant que le bonsaï a soif ! Attendez que la surface du substrat sèche légèrement pour arroser à nouveau. Évitez de laisser de l’eau dans la soucoupe. N’arrosez jamais quand il gèle. Si un arrosage par semaine suffit en hiver, passez à une fréquence quotidienne en été.
L’arrivée de l’été et des grandes chaleurs est le signe que votre bonsaï réclame une attention toute particulière. Pensez à arroser votre plant 2 à 3 fois par jour. Une autre méthode, si la terrine est trop sèche, consiste à littéralement plonger la plante dans un seau d’eau. Des bulles d’oxygène vont remonter à la surface, signe que la terrine absorbe l’eau. Retirez la plante du seau dès que vous ne voyez plus aucune bulle remonter.
Le rempotage : renouveler le cycle de vie
Le rempotage est nécessaire afin de renouveler le substrat de la plante et de lui offrir un peu plus de place pour ses racines. Généralement, il faut rempoter tous les 3 ans les bonsaïs au feuillage caduc et les jeunes conifères. Pour les conifères plus âgés, vous pouvez les rempoter tous les 5 à 8 ans.
C’est le moment de rempoter quand les racines ont colonisé le pot. Taillez environ un tiers des racines à l’aide d’une paire de ciseaux ou d’une pince adéquate pour les racines plus imposantes. Occupez-vous surtout des racines les plus longues sans toucher aux plus petites. Pour finir, arrosez abondamment votre bonsaï. Inutile de mettre du sable pour les arbustes à fleurs et les fruitiers. Protégez du soleil direct, arrosez peu, mais bassinez fréquemment et ne fertilisez pas pendant 6 à 8 semaines après l’opération.
Protection et hivernage
La majorité des bonsaïs d’extérieur sont adaptés à la vie à l’extérieur toute l’année et sont résistants au gel. Néanmoins, certaines espèces (agrume, jasmin, olivier) craignent le froid. Facteur aggravant : le faible volume de substrat protège mal les racines et diminue la rusticité naturelle de l’arbre.
Protégez ces bonsaïs du gel en plaçant leur coupe dans une caisse emplie de paillis. En climat froid (continental ou montagnard), hivernez le bonsaï dans une pièce claire non chauffée. Conseil important : si vous protégez votre bonsaï d’extérieur du gel dans une pièce chauffée, ne le laissez pas plus de trois jours. En effet, ce printemps artificiel va provoquer une mise en végétation précoce et le sensibiliser encore plus au froid hivernal.

Prévention des maladies et parasites
Un bonsaï, même bien entretenu et inspecté régulièrement, peut être attaqué par des parasites (pucerons, araignées rouges, cochenilles, aleurodes, chenilles) et des maladies peuvent apparaître (oïdium, rouilles, fumagine).
Pour prévenir l’apparition de maladies ou de parasites, nous vous conseillons d’éviter de placer votre bonsaï sur le sol, sous une plante, sous un arbre ou à l’ombre d’une haie. Nettoyez également vos outils après chaque utilisation. Si vous voyez des insectes ou si les feuilles sont collantes, le bonsaï souffre probablement de poux ; vérifiez alors vos autres plantes d’intérieur, car il arrive souvent que plusieurs plantes soient touchées. Si la plante peut être pulvérisée, c'est un bon moyen de prévenir les parasites. Si cela ne suffit pas, combattez-les avec un pesticide biologique ou chimique.
Historique et symbolique
L’histoire du bonsaï est riche et remonte à l’ère de la dynastie Han (-206 à 220 après J-C). Le mot bonsaï vient de l’art chinois du « Penjing » ou « Punsai », qui consistait à mettre en pot des graines d’arbres sauvages trouvées dans la nature pour créer de véritables paysages. C’est durant la période de Kamakura (1185-1333) que cet art vit le jour au Japon.
En Europe, la première apparition des bonsaïs eut lieu lors de la troisième Exposition universelle de Paris en 1878. C’est John Yoshio Naka qui a principalement répandu la taille et la codification actuelle. Il reste une référence dans l’art du bonsaï. La forme du triangle est omniprésente et prend différentes formes selon la silhouette du bonsaï. Chez les sujets à tronc unique, on trouve quatre styles principaux : « Chokkan » au tronc vertical, « Shakan » au tronc penché, « Kengai » retombant ou cascade et « Bankan » enroulé en torsade.

Choisir son bonsaï d'extérieur
Il existe trois types de bonsaïs selon leur taille. Les plus petits, appelés « Shohin », font de 5 à 15 cm de hauteur. Ce sont les plus délicats en extérieur vu leur faible quantité de terre qui les rend sensibles à la sécheresse. Ils sont à réserver aux collectionneurs. Le bonsaï classique mesure jusqu’à 60 cm tandis que les plus grands dépassent 1,20 m, de véritables bonsaïs géants d'extérieur.
Placez votre « arbre » en hauteur sur une table ou une étagère, à l’abri des parasites et des animaux domestiques. Vous profiterez ainsi mieux de sa beauté. Les soins sont aussi plus faciles à hauteur. Choisissez un emplacement lumineux et abrité des courants d’air froids et évitez de le changer ensuite de place. Quel que soit votre choix, la beauté, ça se mérite ! Soyez aux petits soins pour le conserver longtemps.