Guide complet de création et d'entretien du Bonsaï Genévrier en cascade

Le Juniperus, ou genévrier, est sans aucun doute l’un des arbres les plus appréciés par les amateurs de bonsaï du monde entier. Sa grande robustesse, sa beauté naturelle et sa capacité incroyable à être façonné en font un choix idéal. Le Juniperus est un conifère très populaire et répandu dans le magnifique art du bonsaï. En bonsaï, le Juniperus peut adopter de très nombreux styles différents, allant du droit formel, au droit informel, ou même à la cascade complète. Le genévrier compte environ 50 à 70 espèces au sein de la famille des cyprès. Les espèces populaires sont le genévrier de Chine (Juniperus chinensis) et le genévrier japonais (Juniperus sargentii). Le Shinpaku Itoigawa est très populaire en raison de son feuillage vert émeraude délicat.

Travailler un Juniperus, c’est avant tout chercher le bon équilibre entre la sculpture de l’arbre et le respect de son rythme biologique. Avant de tailler ou de ligaturer un Juniperus, il est absolument essentiel de comprendre précisément la manière dont il se développe. Ce conifère pousse en grande partie à l’extrémité de ses branches.

Schéma illustrant la croissance apicale du genévrier et le positionnement des plateaux de feuillage

Les fondamentaux de la culture et de l'emplacement

Le Juniperus est une variété de bonsaï très apprécié pour sa beauté naturelle et sa grande robustesse. Des caractéristiques qui en font un excellent choix, que vous soyez débutant ou déjà expert. Le point de départ idéal est toujours un jeune Juniperus déjà bien vigoureux. Outre le Kit Zen Bonsaï dans lequel vous pouvez le trouver, le Kit Bonsaï Premium de Cultivea inclue aussi des graines de Juniperus.

Emplacement : Placez l'arbre à l'extérieur, toute l'année, dans un endroit lumineux avec beaucoup de soleil. Le genévrier ne peut pas vivre à l’intérieur. Pendant l'hiver, protégez l'arbre une fois que les températures descendent en dessous de -10 degrés C. Certaines espèces changent leur couleur de feuillage pendant les périodes de gel en un brun violacé qui est lié à leur mécanisme de protection contre le gel. Les genévriers ont un grand besoin de lumière. Les cultiver à l’ombre est le début des problèmes : étiolement, pas de pousse, feuillage faible, donc arbre faible.

Maîtriser l'arrosage et la fertilisation

Le facteur limitant dans une bonne culture c’est l’eau. Les genévriers ont besoin de beaucoup d’eau et quelque soit la variété. N’hésite pas donc à arroser fréquemment, 1 ou 2 arrosages par jour ne suffise clairement pas, surtout quand nous sommes sur une phase de croissance. En plein été les plants manqueront obligatoirement d’eau, ce qui ralentira fortement la pousse. En revanche, le genévrier aime moyennement les excès d’eau, et suivant la région où vous habitez, les pluies abondantes au printemps ou à l’automne peuvent être problématique. Le genévrier en bonsai aime l’eau mais sans excès. Avant d'arroser, le sol doit sécher légèrement.

En ce qui concerne la fertilisation, un apport nutritif régulier favorise une croissance saine et harmonieuse. Utilisez des boulettes d'engrais organiques normales tous les mois pendant la saison de croissance ou un engrais liquide chaque semaine. J’utilise et j’utiliserai, une fertilisation poussée, avec de l’engrais organique et chimique, avec des engrais faiblement dosés.

La technique du style cascade

Le style cascade est l’un des plus impressionnants dans l’art du bonsaï. L’arbre plonge nettement vers le bas, rappelant un conifère accroché à une falaise. Définir le style dès le départ vous aide grandement à décider quelles branches vous devez conserver, raccourcir ou rediriger.

Pour la mise en forme, inspirez-vous de formes que vous appréciez en bonsaï. Le but de ce travail est de donner juste un mouvement. On ne va pas jusqu’au point de rupture, même si parfois le résultat est superbe. Le genévrier fonctionne avec un système de veine. C’est à dire qu’une branche est alimentée par une veine du tronc qui descend jusqu’au racinaire. Lors de la mise en forme, les mouvements doivent se faire quand le fil est à l’extérieur de la courbe.

La LIGATURE pour former un BONSAÏ 🌳AFDB🌳

Taille, ligature et bois mort

La taille est absolument essentielle pour révéler la silhouette définitive de l’arbre. Ne coupez pas le genévrier comme une haie car la suppression de toutes les pointes de croissance affaiblira l’arbre et la coupe brunira les aiguilles. Pour développer les plateaux de feuillage, les longues pousses qui dépassent de la silhouette peuvent être pincées ou coupées à la base avec des ciseaux adaptés tout au long de la saison de croissance. Le pincement ne doit se pratiquer que sur un genévrier que vous allez présenter en exposition, afin de bien délimiter les plateaux et d’avoir une belle finition.

La ligature est la technique clé pour former un Juniperus bonsaï élégant et dynamique. Les branches de Juniperus étant souples, la ligature s’effectue généralement en fil d’aluminium anodisé. Enroulez le fil délicatement autour de la branche, puis mettez-la lentement en forme. Les genévriers conviennent très bien à la création de bois mort (jin et shari). Cela est dû au fait que les veines vivantes sous une branche cassée se dessèchent et meurent, créant un bois mort naturel qui est usé, poli et blanchi par les conditions climatiques.

Rempotage et substrat

Le rempotage se fait au début du printemps, juste avant le démarrage de la végétation. Rempotez une fois tous les deux ans, les arbres plus âgés à des intervalles plus espacés, en utilisant un mélange de substrat basique ou un peu plus drainant. Le genévrier est quand même un bonsai qui n’aime pas les rempotages trop drastiques. Ne coupez pas trop de racines, et ne mettez surtout pas le pain racinaire à nu en essayant de démêler toutes les racines.

Pour les jeunes plants, j’utilise un substrat rétenteur, dans un premier temps 80% fibre de coco et 20% de roche volcanique. La proportion de roche volcanique va augmenter en même temps que les troncs vont grossir. Pour un sujet mature, un substrat composé à 100% de pumice peut être très efficace, car beaucoup plus drainant que les mélanges traditionnels type puzzolane/terreau.

Diagramme comparatif des substrats pour bonsaï : rétention d'eau vs drainage

Étude de cas : évolution d'un sujet en cascade

Un jeune plan acheté en pépinière en janvier 2015 a été positionné dès ce moment-là en cascade par une ligature. Il a ensuite végété jusqu'au printemps 2018. Trois ans sans évolution donc, probablement à cause de successions d'hivers rudes sur un balcon très exposé aux vents glacés. Les saisons de pousses suivantes étaient finalement consacrées à la régénération du système racinaire. À la fin de l'hiver 2018, le feuillage était entièrement marron, à tel point que j'ai cru à la mort de l'arbre. Après un rempotage dans un substrat composé à 100% de pumice, il a pris une belle couleur et un feuillage bien dense depuis. Cela démontre que si les genévriers sont bien entretenus et placés dans un emplacement idéal, ils sont assez résistants aux ravageurs et aux stress environnementaux.

Le genévrier est également un arbre qui se bouture très bien. Lorsque la bouture est bien racinée, n'hésitez pas à la ligaturer pour lui donner du mouvement, même en l'exagérant fortement. En jardinerie ou auprès des professionnels du bonsai, vous trouverez principalement des genévriers à écailles. Ce qui différencie certainement le genévrier des autres essences en bonsai, c’est sa capacité à former des veines vivantes qui courent le long du bois mort. En d’autres termes, la sève circule dans des canaux qui relient directement les grosses racines aux branches. De même, si vous taillez une branche, la partie racinaire associée va mourir. Lorsque l’on regarde un genévrier préparé pour une exposition de bonsai, ce qui saute aux yeux, c’est ce contraste entre le bois mort blanc, les veines vivantes bien rouges et le feuillage d’un vert profond. Il s’en dégage toute une symbolique de la vie qui se fraye toujours un chemin.

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