L'Art du Bonsaï Japonais : Entre Tradition et Innovation

L'art ancestral du bonsaï, qui consiste à cultiver des arbres miniatures en pot tout en reproduisant l'esthétique des grands arbres dans la nature, fascine des passionnés à travers le monde. Ce voyage au cœur du bonsaï japonais révèle un univers de patience, de technique et de profonde connexion à la nature, où chaque arbre raconte une histoire.

Arbre bonsaï majestueux sur un fond naturel

Les Premiers Pas dans l'Univers du Bonsaï : Une Quête de Compréhension

Pour beaucoup, l'aventure du bonsaï débute par une rencontre fortuite, souvent avec un arbre acheté en jardinerie. Une telle acquisition peut vite se transformer en un questionnement profond si l'arbre ne survit pas, plongeant le nouvel adepte dans une interrogation essentielle : comment vit un bonsaï ? Quelles sont les techniques pour en prendre soin ? Ces premières questions marquent souvent le début d’un véritable cheminement, poussant à la recherche de savoir et de partage.

L'immersion dans cet art peut s'enrichir au contact de clubs de passionnés, où l'accueil chaleureux et les encouragements sont monnaie courante. C'est dans ces cercles que se découvrent l’univers des expositions et les techniques spécifiques qui permettent de maintenir la vie et la beauté de ces arbres. Ce partage d'expériences devient alors une source d'inspiration pour, à son tour, transmettre et partager cette passion.

L'Éveil d'une Passion pour les Jardins Japonais et le Bonsaï

Une sensibilité profonde à la nature, cultivée depuis l'enfance au sein de racines familiales agricoles et d'une vie en milieu rural, prédispose souvent à l'appréciation des paysages et des plantes. L'installation dans une maison avec jardin peut alors déclencher une passion naissante pour les jardins japonais et les plantes ornementales, comme les érables et les cerisiers. C'est parfois par une simple vidéo de bonsaï que cet art fascinant se révèle, un véritable coup de foudre qui marque le début d’une collection d’arbres et d’une passion dévorante. Cette passion peut s'épanouir au sein de plusieurs associations, permettant de partager et d'approfondir les connaissances.

Sébastien Chemin : L'Art du Bonsaï et des Jardins Japonais en France

Sébastien Chemin, un jardinier paysagiste de formation, est une figure reconnue dans le domaine du bonsaï et des jardins japonais en France. Élu meilleur talent Bonsaï France en 2014, ce passionné est un spécialiste des niwaki, ces arbres taillés en nuage, qui sont une composante essentielle de l'esthétique des jardins nippons.

Bonsaï & Jardins : Une Expertise au Service de la Nature

Sébastien Chemin a créé sa société Bonsaï&Jardins en 2017, une entreprise située en Essonne qui propose ses services de valorisation des jardins et espaces verts en région parisienne et dans les départements limitrophes du sud du 91. Il offre une grande variété d’espèces et de tailles différentes de bonsaïs pour tous les budgets, et prodigue des conseils adaptés à tous les niveaux, du débutant à l’initié. Son objectif est d'aider chacun à obtenir ou conserver l’esthétique de ces arbres exceptionnels. Sébastien intervient également dans toute la France pour les salons consacrés au bonsaï, où il procure conseils et vend en direct des bonsaïs, dont certains sont disponibles en ligne sur sa boutique.

Exemple de niwaki, épicéa pugens taillé en nuage

Les Services de Création de Jardin

La création de jardins est un domaine d'expertise de Sébastien Chemin, où il travaille en étroite collaboration avec ses clients pour concevoir des espaces extérieurs uniques. Le processus inclut le choix des végétaux (arbres, arbustes, plantes…) adaptés au terrain et aux envies, permettant d'élaborer des créations minérales ou végétales, dans la proportion qui conviendra. Ses aménagements extérieurs sont visibles sur son blog, et il est possible de prendre rendez-vous pour le rencontrer à domicile ou dans sa pépinière, située 4 impasse du clos de la girafe à Ballancourt-sur-Essonne.

L'Entretien des Aménagements

Au-delà de la création, Sébastien Chemin assure également l'entretien des jardins, préservant et améliorant la santé et l’esthétique des aménagements. Son objectif est de permettre aux propriétaires de profiter sans effort de leur jardin, qui peut devenir une véritable pièce supplémentaire de la maison.

La Réalisation de Projets Spécifiques : L'Exemple du Jardin Sec à l'Ambassade du Japon

Bonsaï & Jardins a réalisé des aménagements zen remarquables, comme un jardin sec sur une terrasse au cœur de l'ambassade du Japon à Paris. Pour cette réalisation, l'utilisation de l'acier Corten s'est imposée en raison de sa facilité de mise en œuvre, mais aussi de son aspect intemporel et authentique. Les cheminements, allées et massifs ont été entièrement délimités avec des voliges / bordures de jardin APANAGES JARDIN par ce spécialiste reconnu des jardins japonais, jardins secs et jardins zen. Ces bordures sont utilisées pour sublimer les réalisations, et l'entreprise vend ses créations de bonsaï, arbustes taillés en nuage (Niwaki) et pré-bonsaï partout en France.

L’acier Corten, avec son aspect rouillé, s’intègre parfaitement à ces compositions. La chaude ocre-roux qu'il affiche apporte un peu de chaleur en hiver à cet univers minéral et se coordonne aux coloris des feuilles des érables japonais l’automne venu. Cet acier est autopatinant, ce qui signifie qu'une fois oxydée, la couche de corrosion formée protège l’alliage du métal et le rend pérenne. C’est d’ailleurs pour cela qu’il est si souvent utilisé pour réaliser du mobilier urbain. Les différentes hauteurs de bordures disponibles permettent de s’adapter à toutes les envies et toutes les situations, qu'il y ait des différences ou non de niveaux entre les parterres. Les longueurs de bordures de 2,5 mètres et les raccords invisibles permettent d’avoir un alignement continu quelle que soit la longueur du projet, sans pertes dues à des chutes inexploitables. Les pinces de fixation permettent une pose à sec sans mortier, offrant un gain de temps et de poids.

Transformation d'un patio en espace zen minéral avec bordures en acier Corten

Ô GARDEN Design® : Rendre la Culture du Bonsaï Accessible

Ô GARDEN Design® est l'histoire de deux amoureux du végétal qui se sont lancés dans une aventure commune : rendre accessible la culture du bonsaï à tous et partager leur passion pour les plantes et le jardin. Basés à Bordeaux, ils sont paysagistes d'intérieur et d'extérieur et sont spécialisés dans le bonsaï, avec une boutique dédiée à Beautiran. On y retrouve tout le matériel, les pots, les accessoires, les engrais nécessaires pour les bonsaïs. Leur expérience de la botanique et de l'entretien des plantes vertes, tropicales et exotiques en tant que paysagiste d'intérieur est un atout pour bon nombre de leurs clients, leur permettant d'obtenir des contrats d'entretien notamment auprès des professionnels.

Ô GARDEN Design® est également paysagiste d'extérieur, proposant du coaching de jardins à domicile, le relooking des extérieurs paysagers avec la réalisation et l'aménagement de jardins, et l'assurance de conseils avisés. Ô GARDEN Design® aspire à devenir la marque incontournable pour toutes les envies végétales.

Ateliers et Formations avec Sébastien Maimaran

Pour permettre au plus grand nombre de découvrir l'art du bonsaï, Ô GARDEN Design® organise régulièrement des ateliers personnalisés animés par Sébastien Maimaran, un intervenant extérieur. Amateur de bonsaïs depuis près de 30 ans, Sébastien est un passionné et formateur de club sur Bordeaux. Il aime partager les connaissances que lui ont apportées des professionnels français, offrant ainsi aux participants l'opportunité d'apprendre et de s'améliorer dans la culture de ces arbres miniatures.

L'Apprentissage au Japon : Immersion dans la Pépinière Taisho-en

La quête de la maîtrise de l'art du bonsaï mène souvent au Japon, berceau de cette discipline. Des séjours dans des pépinières renommées, comme celle de Nobuichi et Taiga Urushibata, située à Shizuoka, sont des expériences inestimables. Ces immersions permettent de comprendre non seulement les techniques, mais aussi la philosophie et la culture qui sous-tendent cet art.

Hommage à Asanuma-san

Le départ d'une figure emblématique d'une pépinière est une grande tristesse pour tous ceux qui ont eu la chance de la rencontrer. Un homme discret mais très attentif aux autres, entièrement dévoué à la transmission de l’art du bonsaï par son travail quotidien, laisse un vide immense. Sa gentillesse et sa générosité, son accueil bienveillant envers tous les étudiants venus de Taisho-en, et ses précieux conseils restent gravés dans les mémoires. Son sourire et son sens de l’humour sont des souvenirs précieux. Le fameux van d’Asanuma-san symbolise une partie de cette époque et de ces voyages.

Photo d'Asanuma-san devant son van, souriant

L'Enseignement à Taisho-en : Travail et Partage

Durant une vingtaine d’années, des pépinières comme celle d'Urushibata ont reçu des étudiants du monde entier. Des individus de différentes nationalités, comme un étudiant Australien ou un étudiant Indien en informatique, venaient s’initier à l’art du bonsaï tous les dimanches. En plus des travaux sur les arbres, les étudiants participaient à toutes les activités d’entretien de la pépinière. Le travail était exigeant, mais les petites attentions des maîtres, appelés « Oyakatta », étaient fréquentes, comme des glaces bienvenues après l'effort.

À chaque fin de séjour d’un étudiant, il était de tradition d'être emmené au restaurant pour fêter le départ, immortalisé par la traditionnelle photo souvenir. Les discussions avec Oyakatta, parfois animées pour se faire comprendre, montraient que ses gestes et ses expressions avaient vite fait de franchir la barrière de la langue. Les visites de courtoisie chez des amis d'Oyakatta permettaient de découvrir de magnifiques jardins, offrant des moments de calme et de joie.

La simplicité d'Oyakatta, qui montrait une maison modeste en disant "ici, c'était ma maison d’avant", révélait tout le chemin parcouru. Nobuichi Urushibata, un autodidacte, a bâti patiemment une pépinière reconnue mondialement grâce à force de travail et de volonté. Aujourd'hui, Taiga poursuit l’œuvre de son père.

Un Voyage au Cœur du Japon : Entre Bonsaï et Culture

Un voyage au Japon n'est pas seulement l'occasion d'apprendre sur le bonsaï, mais aussi de s'immerger dans la culture locale. Des départs en pleine nuit pour découvrir "un des plus beaux jardins du Japon" sont des expériences marquantes. Des trajets en bus vers des destinations inconnues, révélant au petit matin la direction de Kyoto, évoquent la richesse des jardins que la ville abrite. Mais parfois, le voyage se prolonge plus à l'ouest, pour des découvertes inattendues. Un petit déjeuner sur une aire d’autoroute où Oyakatta annonce que c’est "le jour de Bouddha" et que l'on va visiter un grand temple Bouddhiste, marque un moment de surprise et d'ouverture culturelle.

L'arrivée au Royal Grand Hall, situé à 70 km au Nord-ouest de Kyoto, édifié juste avant la première guerre mondiale avec le financement de nombreux mécènes de toute l’Asie, est un spectacle impressionnant. La splendeur des "Sakura" en cette saison ajoute à la magie du lieu. La résonance belle et profonde d'une cloche monumentale, sonnée à intervalles réguliers par un énorme tronc de bois actionné par plusieurs moines, est une expérience sensorielle unique.

Le parcours à l’intérieur du temple est ritualisé, avec des moines qui bénissent les visiteurs et des moments de méditation devant un Bouddha de plusieurs mètres de haut dans une salle richement ornée, où les photos sont interdites. Le "Parc aux 500 disciples" est un autre point d'intérêt, témoignant de la richesse spirituelle du lieu.

La gastronomie locale fait également partie du voyage. L'Okonomiyaki, par exemple, est une délicieuse omelette à base de choux, recouverte d'une sorte de mayonnaise et d'une couche de bonite fumée, un vrai régal.

Sakura en pleine floraison au Royal Grand Hall au Japon

Techniques de Greffe en Bonsaï : Améliorer les Arbres

Les techniques de greffe sont essentielles dans l'art du bonsaï, permettant d'améliorer significativement les arbres. Au Japon, l'utilisation de la greffe est très courante pour affiner l'esthétique et la vigueur des bonsaïs.

Quand et Comment Greffer les Conifères

On peut commencer à greffer les conifères à la mi-février ou mars. Selon les observations d'Oyakatta, il suffit d'observer les érables : "Dès qu’ils commencent à débourrer, on peut débuter les greffes sur les conifères". Ce travail pourra s’étaler jusqu’au mois de juin, mais il est préférable de ne pas le faire trop tard dans la saison. Deux types de greffes sont principalement utilisés : la greffe avec greffon et la greffe par approche.

Si l’arbre est déjà bien avancé d’un point de vue esthétique et que ses branches principales sont déjà en place, on optera plutôt pour l’utilisation de greffons, pour un travail plus fin. S’il est encore en construction, on peut privilégier la greffe par approche. Cela permet de travailler dès le début sur une branche assez épaisse, ce qui construit l’arbre plus rapidement qu’avec un greffon, plus petit au départ. Cependant, il n’y a pas de règle absolue, chacun étant libre de décider.

La bande prédécoupée, très extensible, est utilisée pour envelopper le greffon. L’emplacement de l’incision doit être choisi avec soin : le flux de sève doit être le plus important possible à cet endroit pour donner toutes les chances au greffon de prendre. Sur les genévriers, on peut souvent suivre les lignes de vie de l’arbre, qui mettent en connexion directe les racines et les branches. Évidemment, l’emplacement sur l’arbre, d’un point de vue esthétique, est primordial.

Pour préparer le greffon, une longue coupe est pratiquée sur sa partie la plus irrégulière (la coupe étant droite, elle rattrapera l’irrégularité éventuelle du greffon). L’emplacement de la lame au début de l’opération est crucial : la coupe se pratique en déplaçant la lame en diagonale (vers l’avant et la gauche). Une fois le greffon inséré, si la branche ou l’écorce est trop épaisse (notamment sur les vieux pins noirs), on peut faire l’entaille avec un ciseau à bois.

Diagramme illustrant les coupes pour la greffe de bonsaï

La Greffe sur les Genévriers

Un tosho (Juniperus rigida) peut être greffé par approche d’un plant d’itoigawa. Le pot du jeune plant est souvent enveloppé de vieux linge pour conserver davantage l’humidité. Sur un autre arbre greffé par approche, les deux qualités de feuillage sont bien visibles. La même technique que pour la greffe par approche peut être utilisée avec un simple greffon (emballé). Comme le greffon va être inséré dans le sillon, il faut le tailler des deux côtés.

À Taisho-en, la totalité des greffes sur genévriers sont réalisées avec du Juniperus chinensis itoigawa. Cette variété de chinensis, reconnaissable à son feuillage vert clair et très dense, est très vigoureuse. Il est à noter que des caractéristiques légèrement différentes peuvent exister entre plusieurs plantes présentées comme étant de l’itoigawa. "Itoigawa" désigne une zone géographique au Japon où l’on a trouvé des chinensis ayant des caractéristiques génétiques très intéressantes. À l’usage, on a nommé ainsi toutes les plantes ayant des caractéristiques approchantes, mais venant d’autres endroits, ce qui explique ces différences.

Le Juniperus Sabina et la Greffe d'Itoigawa

Depuis longtemps, on trouve sur le marché du bonsaï des yamadori de Juniperus sabina, souvent appelés "sabina rastrera" en espagnol pour "rampant". Les différences de caractéristiques observées chez l’itoigawa se retrouvent aussi chez le sabina, mais avec des variations plus importantes. On tombe parfois sur des feuillages très tombants et clairsemés, ou qui le deviennent au fil du temps. Dans ce cas, il est conseillé de greffer un meilleur feuillage, comme de l’itoigawa.

Lors d’une démonstration, Gabriel Romero expliquait que les sabina "femelles" avaient toujours une bonne qualité de feuillage. Apparemment, pour les identifier, on peut observer de minuscules pousses en forme de crochets, disséminées parmi le feuillage "normal" de ces plantes femelles. Avec les sabina "mâles", les qualités de feuillage peuvent varier (faible ou fort, tombant ou redressé). Bjorn Bjorholm, expert en bonsaï, estime que tous les sabina devraient être greffés avec de l’itoigawa, car si le sabina a un système racinaire valable, son feuillage, même s'il est parfois assez dense, ne sera jamais aussi puissant qu’un itoigawa.

Greffe sur les Pins

Toutes les techniques de greffes présentées sur les genévriers peuvent être employées de la même façon sur les pins. En septembre, il arrive que les aiguilles jaunissent, signe que la nouvelle pousse n’a pas eu suffisamment de vigueur pour supporter l’été. Des essais de greffe peuvent être faits à différentes périodes, comme en mai ou en février. Il est parfois nécessaire de poser du fil sur la nouvelle branche pour l’abaisser légèrement, avant qu’elle n’épaississe trop.

Initialement, la greffe peut sembler un geste trop technique et délicat pour être tenté sur ses propres arbres. Cependant, au fil des séjours dans des pépinières japonaises comme Taisho-en, on comprend que cette perception est erronée. À la pépinière "Taisho-en", on greffe "à tour de bras", et Nobuichi Urushibata enseigne ces techniques comme des gestes simples, demandant certes un peu de précision et de rigueur, mais largement accessibles aux amateurs, ce qu’il répète souvent. Et même là-bas, le taux de réussite n’atteint pas les 100%.

Le Village de Bonsaï d'Omiya : Un Lieu Historique

Fin août, après un séjour à Taisho-en (Shizuoka), une journée peut être passée dans un haut lieu du bonsaï : le village d’Omiya. À l’intérieur du musée, dans la galerie principale, des panneaux explicatifs proposent une introduction au bonsaï et retracent l’histoire du quartier d’Omiya. Au bout de la galerie, un comble du raffinement, on peut contempler trois bonsaïs présentés dans des espaces traditionnels japonais. Chaque zashiki-kazari (bonsai display in traditional Japanese room) a un style différent. Shin (shin style room), Gyo (gyo style room) et So (so style room) sont les trois déclinaisons de cet espace qui accueille la présentation. Chacun revêt une fonction sociale différente selon son usage.

  • Shin : un espace strict et prestigieux pour présenter des arbres d’une grande élégance.
  • Gyo : l’ambiance ici est un peu moins formelle que dans le style Shin, l’espace de présentation y est plus ouvert.
  • So : avec ses poutres et colonnes de bois d’essences variées, cet espace est le plus libre des trois. On y placera souvent un arbre, une plante ou une pierre en accord avec cet esprit (comme un bunjin, un ishisuki, un kusamono ou un suiseki). Ce style de pièce est en général utilisé pour la cérémonie du thé.

Dans cet espace du musée, il est interdit de faire des photos. À l’arrière, une zone interdite au public abrite le reste de la collection. Une salle entière est dédiée à la pédagogie en direction du grand public. L’entrée de Mansei-en, la pépinière du regretté Saburo Kato, est un passage obligé. Seiko-en est une autre pépinière très bien tenue et qui vaut le détour. Dernière visite : Fuyo-en, qui appartient à Hiroshi Takeyama, un grand spécialiste des feuillus.

Vue panoramique du village de bonsaï d'Omiya

Soin des Pins Blancs : Humidité et Vigueur

À Taisho-en, les substrats des pins blancs ont tendance à être laissés très secs. Si les pins blancs semblent tolérer d’avoir leurs racines au sec, ils apprécient que leurs aiguilles reçoivent de l’humidité. Ainsi, en été, il n’est pas rare que sur les deux arrosages pratiqués par jour, l’un des deux se limite à mouiller les aiguilles des arbres, sans arroser leur substrat, ou très peu.

En France, des pertes de pins blancs suite à des périodes d’arrosages trop intenses (lors d’arrosages automatiques mal gérés) ont conduit à la conclusion qu’il fallait cultiver ces arbres dans un substrat plutôt sec. Cependant, de nombreux échanges avec des amateurs en France et surtout les informations données par des personnes ayant visité la pépinière de la famille Abe, près de Fukushima, grands amoureux et spécialistes des goyomatsu, ont nuancé cette perception. Chez eux, les arbres reçoivent du soleil le matin, mais sont à l’ombre l’après-midi. Les arrosages sont réguliers et les substrats souvent humides. En France, plusieurs amateurs qui laissaient sécher régulièrement les substrats de leurs pins blancs les ont vus reprendre de la vigueur en les cultivant dans un substrat plus humide.

Les pins blancs sont des pins dits "faibles". Lors du travail d’éclaircissement de l’arbre et de sa mise en forme, les vieilles aiguilles sont retirées, ainsi qu'une partie de celles de l’année. La quantité enlevée dépendra de la vigueur de l’arbre et de son stade de développement. Ce travail permet d’apporter de la lumière à l’intérieur de l’arbre pour favoriser le bourgeonnement. La meilleure période pour ligaturer les pins blancs, préconisée par Bjorn Bjorholm dans sa vidéo "The bonsai art of Japan" (Épisode 29), se situe de fin septembre à début mars. Cela évitera de casser les jeunes pousses émises au printemps.

À Taisho-en, on désaiguille, on taille et on ligature quasiment toute l’année, avec une petite interruption au moment où les nouvelles pousses sont les plus fragiles (avril-juin). Un pin blanc très vigoureux, travaillé en juillet, ne produira évidemment pas de nouvelles pousses après cette période. De nombreux pins blancs sont utilisés par les étudiants pour mettre en pratique les techniques de base enseignées. Des boulettes d’engrais sont disposées dans chaque pot. Un pin blanc plus imposant (70cm), après un travail effectué début avril, peut être légèrement désaiguillé (vieilles aiguilles uniquement), puis ligaturé et greffé.

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