L'art du bonsaï, qui consiste à cultiver des arbres miniatures en pot, exige une attention particulière au choix du substrat. Un mélange de substrat adéquat est primordial pour subvenir aux besoins de l'arbre en nutriments, tout en assurant un drainage convenable, une aération suffisante et une bonne rétention d'eau. Traditionnellement, l'akadama, une argile japonaise dure, est le substrat de référence. Cependant, son coût élevé et sa tendance à se déliter au fil du temps ont poussé de nombreux passionnés à rechercher des alternatives. Parmi ces recherches, l'utilisation de certaines litières pour chat a émergé comme une solution potentiellement viable, soulevant un intérêt croissant dans la communauté des bonsaïstes.

Les fondamentaux d'un substrat idéal pour bonsaï
Avant d'explorer les alternatives, il est essentiel de comprendre les caractéristiques d'un substrat idéal pour bonsaï. Un bon substrat doit répondre à plusieurs exigences pour garantir la santé et la vitalité de l'arbre.
Bon drainage : Éviter l'excès d'eau
L'eau en excès doit être immédiatement drainée hors du pot. Les substrats qui manquent de faculté de drainage sont trop rétenteurs en eau, manquent d’aération et sont sujets à une concentration de sels. Un drainage efficace est crucial pour prévenir la pourriture des racines et l'accumulation de minéraux toxiques.
Bonne aération : Une respiration racinaire optimale
Les grains utilisés dans un substrat pour bonsaï devraient être de taille suffisante pour permettre la présence de minuscules trous, ou poches d’air, entre chaque grain. Un substrat inorganique, en grains et bien structuré permet un drainage rapide et laisse l’air frais entrer en continu dans le substrat. Cette aération constante assure un apport suffisant en oxygène aux racines, essentiel à leur métabolisme.
Rétention d'eau et de nutriments
Parallèlement au drainage et à l'aération, un bon substrat doit également avoir la capacité de retenir l'eau et les nutriments essentiels. Un équilibre délicat est nécessaire pour éviter que l'arbre ne souffre de sécheresse tout en empêchant l'engorgement. La sphaigne, la perlite et le sable sont des composants organiques qui peuvent contribuer à cette rétention.
Quel Substrat Choisir pour un Bonsaï – Référentiel Bonsaï Épisode 7 🌱 NEJIKAN BONSAI 🌱
Les composants traditionnels du substrat pour bonsaï
Plusieurs matériaux sont couramment utilisés dans les mélanges de substrats pour bonsaï, chacun apportant des propriétés spécifiques.
L'akadama : Le standard japonais
L'akadama est une argile japonaise dure, spécialement produite pour les besoins du bonsaï et disponible dans la plupart des magasins de bonsaï. Il doit être tamisé avant utilisation pour éliminer les fines particules. Il faut garder à l'esprit qu’après deux ans environ, l'akadama commence à se déliter, diminuant sensiblement l’aération. Ce qui implique qu’un rempotage régulier est nécessaire pour maintenir la structure du substrat. L'akadama est assez cher et par conséquent remplacé parfois par des argiles similaires que l'on trouve aisément dans les jardineries.
La pumice et la pouzzolane : Des roches volcaniques aux multiples atouts
La pumice est une roche volcanique tendre, qui absorbe assez bien l'eau et les nutriments. Les roches volcaniques plus dures retiennent l’eau et amènent une bonne structure si utilisées dans un mélange de substrat pour bonsaï. Sur ParlonsBonsai, la pumice et la pouzzolane ont l'air de faire l'unanimité pour leur durabilité et un coût raisonnable, en faisant des alternatives intéressantes à l'akadama.

Le gravier fin : Pour le drainage et l'aération
Le gravier fin a une grande importance pour obtenir un substrat de bonsaï bien drainant et aéré. Il assure une structure stable et permet une bonne circulation de l'air et de l'eau.
Mélanges de substrats adaptés aux différentes espèces
Des espèces différentes demandent des substrats différents. Il est crucial de consulter un guide des espèces en bonsaï pour trouver le mélange optimal pour chaque arbre. Cependant, deux mélanges de substrats principaux peuvent être définis : un pour les espèces caduques et l'autre pour les conifères. Il est important de noter que ces mélanges peuvent et devraient être adaptés aux conditions locales de culture. Par exemple, si l'on ne peut pas s'occuper de ses arbres deux fois par jour, il est conseillé d'ajouter plus d'akadama (ou même du terreau organique) au mélange, pour augmenter sa capacité de rétention d'eau.
L'émergence des litières pour chat comme alternative
La recherche de substrats alternatifs à l'akadama a conduit certains membres de la communauté bonsaï à explorer des options inattendues, dont certaines litières pour chat. L'idée est de trouver des matériaux qui partagent les propriétés drainantes, aérantes et de rétention d'eau des substrats traditionnels, mais à un coût plus abordable.
La diatomite : Un espoir pour les bonsaïstes
Certaines marques de litières pour chat utilisent en effet de la diatomite, une roche contenant de la silice. La diatomite est connue pour avoir de très bonnes propriétés pour les bonsaïs, notamment en termes de structure poreuse qui favorise le drainage et l'aération tout en retenant l'eau et les nutriments. C'est cette composition qui en fait un candidat intéressant pour un substrat alternatif.
Le piège de la bentonite : Une composition à éviter
Le problème majeur rencontré en France est que la majorité des litières sont fabriquées à partir de bentonite. La bentonite est absolument à proscrire pour les bonsaïs. Elle est trop calcaire et surtout, une fois détrempée, elle forme un agglomérat compact et lourd qui en séchant devient comme du béton. Cela étouffe les racines et empêche tout drainage et aération, conduisant inévitablement à la mort de l'arbre. Il est donc crucial de vérifier la composition de la litière avant toute utilisation.
Une expérience avec la litière Cat…n
Un passionné a décidé de tester une litière de la marque Cat…n qui utilise une sorte de craie. Au prix de 4,70 € les 10 litres, cette option est considérablement plus économique que l'akadama. Après tamisage pour retirer les fines particules, la litière a été séparée en trois granulométries : la grosse (> 5 mm), la moyenne (entre 3 mm et 5 mm) et la fine. L'espoir est que cette litière conserve sa tenue au bout d'un an, ce qui validerait son utilisation comme substrat alternatif. La couleur blanche de la litière a été notée, avec l'espoir qu'elle se fonce avec le temps.

Application de la litière comme substrat alternatif
L'expérimentation avec la litière a été menée sur différents sujets, illustrant des approches adaptées à la granulométrie.
Semis : Utilisation de la granulométrie fine
La plus fine granulométrie de la litière a été utilisée pour de nouveaux semis, notamment un Orme de Chine et un Pin Thunbergii. Pour les jeunes plantes, un substrat avec des particules plus petites peut être bénéfique pour un bon enracinement initial.
Arbres établis : Granulométrie grosse et moyenne
La grosse et moyenne granulométrie ont été utilisées pour un sapin blanc qui avait été cultivé pendant un an dans un mélange de terreau et de terre de jardin. Le processus de rempotage a impliqué plusieurs étapes importantes.
Préparation de l'arbre et du pot
L'arbre a été dépoté de son ancien mélange, qui a été décrit comme "beurk!" en raison de sa texture et de son manque d'aération. Le bac, fabriqué l'année précédente, avait précédemment contenu de gros graviers dans le substrat, faute d'akadama, soulignant la recherche constante de solutions alternatives.
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Nettoyage et taille des racines
Une fois les racines nettoyées, une étape cruciale du rempotage, le pivot du conifère a été coupé d'un tiers. Il est impératif de ne jamais couper davantage sur un conifère, car le pivot est nécessaire à sa survie et à son ancrage. Cette précision met en lumière les connaissances spécifiques requises pour chaque type d'arbre lors du rempotage. L'utilisation de cette litière en tant que substrat alternatif sur un arbre établi permet d'évaluer sa performance sur le long terme en termes de maintien de la structure, de drainage et d'aération, des facteurs critiques pour la survie et la croissance du bonsaï.