Le Pommier Bonsaï : Un Festival de Couleurs et de Fruits Tout au Long de l'Année

Pommier bonsaï en fleurs printanières

Le bonsaï, un art millénaire, offre la possibilité de contempler la majesté de la nature à une échelle miniature. Parmi la multitude d'espèces adaptées à cette pratique, le pommier (genre Malus) se distingue par ses nombreux atouts, souvent méconnus ou négligés par les passionnés. Loin d'être un "azalée du pauvre", comme on le surnomme parfois, le pommier bonsaï est un arbre généreux, capable d'embellir une collection tout au long de l'année grâce à sa floraison spectaculaire, son feuillage changeant et ses petits fruits colorés. Sa culture est relativement simple, ce qui en fait un excellent choix pour les débutants souhaitant s'initier à cet art.

Pourquoi choisir un pommier pour le bonsaï ?

Le pommier est un bonsaï d'extérieur qui prospère sous le soleil et supporte bien le gel, pouvant rester dehors toute l'année. Cet arbre caduc au port évasé est principalement recherché pour la beauté de ses fleurs, mais aussi pour ses fruits et son feuillage qui se transforme à l'automne. Ses feuilles sont ovoïdes, alternées, simples, dentées, d'un vert foncé vibrant au printemps et en été, virant au jaune orangé éclatant à l'automne.

Un bonsaï à fleurs fait toujours son effet au sein d’une collection, et le pommier ne fait pas exception, offrant un véritable délice du printemps jusqu'à l'hiver. C'est un arbre qui est beau toute l'année. C'est donc un bonsaï que nous conseillons souvent aux débutants, car il tiendra une place de choix au sein de la collection. Et surtout, il est très facile de culture, pousse rapidement, et sa floraison et ses petits fruits sont un véritable plaisir.

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Choix des variétés : l'importance des petits fruits

Lorsqu'il s'agit de choisir une variété de pommier pour le bonsaï, il est crucial de privilégier les espèces à petits fruits pour garantir des proportions harmonieuses avec la taille de l'arbre. Les variétés à fruits de taille normale posent des problèmes de proportion et épuisent l'arbre. Les variétés naines sont une fausse bonne idée, car ce sont également des cultivars dont le but est de vous donner des fruits, et ce sont également des variétés qui poussent lentement. De plus, ces variétés sont souvent greffées, et le point de greffe est souvent situé assez haut, avec des fruits qui sont trop gros par rapport à la hauteur du bonsaï et qui n'arriveront jamais à maturité.

Pour le bonsaï, privilégiez les variétés à petits fruits (pommiers d’ornement), qui produisent des fruits proportionnés à la taille de l'arbre. Les pommiers bonsaïs sont souvent des variétés sauvages ou des hybrides sélectionnés pour la taille réduite de leurs fruits. Les variétés les plus populaires sont :

  • Malus Coccinella : Cette variété est appréciée pour son feuillage pourpre au printemps et un festival de fleurs allant du rose au rouge. L’avantage de ces variétés est qu’elles ne sont pas greffées et produisent de petites pommes, qui ne sont guère plus de 2 à 3 centimètres de diamètre.
  • Malus Halliana : Appréciée pour ses fleurs roses doubles et ses petits fruits.
  • Malus Cerasifera : Produit des pommes ressemblant à des cerises.
  • Malus Evereste : Une variété rustique, produisant de petits fruits.
  • Malus Red Sentinel et Malus Gorgeous : Également des pommiers d'ornement à petits fruits.
  • Malus baccata : Pommier cerise, pommier sauvage de Sibérie.
  • Malus floribunda : Pommier corail, pommier japonais.
  • Malus sylvestris : Pommetier, pommier sauvage. Une des espèces à l'origine de la culture de la pomme, avec des fruits un peu plus gros. L'écorce du pommier sauvage est tellement attirante qu'on en oublie le besoin de fleurs ou de fruits.
  • Malus Liset : Fleurs et fruits rouges.
  • Malus domestica : Le pommier fruitier caduc commun.
  • Pommier noir du Tibet.

Le genre Malus compte environ 50 espèces et plusieurs centaines, voire mille variétés. Un certain nombre de ces espèces et variétés conviennent très bien à la formation en bonsaï par ses fleurs et ses petits fruits.

Différentes variétés de pommes miniatures sur un bonsaï

Emplacement idéal et protection hivernale

Le pommier est un bonsaï d'extérieur et doit vivre en extérieur toute l'année. Comme tous les arbres à fruits tempérés, il a besoin d’une période de froid hivernal (vernalisation) pour fleurir et fructifier correctement. En été, le pommier sauvage doit être placé en plein soleil. En hiver, garder le pommier sauvage à l’extérieur, sous une couche froide.

Au printemps et en été, placez votre bonsaï de pommier en plein soleil. Contrairement à beaucoup de feuillus, le pommier a besoin d’un maximum d’ensoleillement pour produire ses fleurs et éventuellement des fruits. Un emplacement recevant au moins 6 heures de soleil direct par jour est nécessaire pour une bonne floraison.

Le pommier est un arbre rustique qui supporte des gelées importantes, jusqu’à -20 °C en pleine terre. En pot, protégez les racines lorsque les températures descendent sous -5 °C en enterrant le pot ou en l’isolant. Attention cependant aux gelées tardives du printemps : si votre pommier est déjà en fleurs, une nuit de gel détruira les fleurs et vous perdrez la fructification de l’année.

En été, le pommier tolère bien la chaleur modérée. Choisissez un emplacement bien aéré pour limiter les risques de maladies fongiques (tavelure, oïdium), auxquelles le pommier est très sensible. Le pommier aime le plein soleil. L'exposition directe est indispensable à la floraison et surtout à la maturation et à la coloration des fruits. Il a besoin de beaucoup d'air et de ventilation pour éviter les maladies fongiques (comme l'oïdium) auxquelles il est sujet. Le pommier est extrêmement rustique. Dans une tente en aluminium non chauffée, il n'y a pas de problèmes. Même à des températures de -20°C, nous n'avons jamais observé de dégâts causés par le gel. Protéger la ramure du poids de la neige. Remarque : il arrive que des souris grignotent l'écorce en hiver.

Arrosage : un équilibre vital

Le pommier a des besoins en eau réguliers et assez importants, surtout lorsqu’il porte des fruits. Il a besoin de beaucoup d'eau, et surtout lorsqu'il forme ses fruits. Ce besoin en eau fait qu'il faut éviter de cultiver un pommier dans une poterie bonsaï trop plate qui va sécher très vite en été. Il est un grand buveur, surtout lorsqu'il porte des fruits. Arrosez abondamment dès que la terre se dessèche en surface. Pendant l'été, s'il a beaucoup de pommes, ne le laissez jamais complètement sec, sinon il laissera tomber les fruits pour survivre.

Au printemps, pendant la floraison et le débourrement, arrosez régulièrement en veillant à ne pas mouiller les fleurs, ce qui pourrait favoriser les maladies fongiques et empêcher la pollinisation. En été, les besoins en eau sont maximaux, surtout si l’arbre porte des fruits. Un pommier chargé de fruits peut nécessiter deux arrosages quotidiens par temps chaud. Les fruits en développement consomment beaucoup d’eau, et un manque d’arrosage provoquera leur chute prématurée. En automne, après la récolte des fruits et la chute des feuilles, réduisez progressivement l’arrosage.

L’eau du robinet convient parfaitement au pommier, qui n’est pas sensible au calcaire. Il n'est pas particulièrement exigeant, mais préfère une eau pas trop calcaire. Un excès de calcaire peut entraîner une chlorose ferrique. Un point important : ne laissez jamais le substrat passer de très sec à très mouillé brutalement, surtout lorsque l’arbre porte des fruits. Arroser abondamment, car le pommier sauvage aime l’eau. Attention que l’eau ne stagne pas dans le pot, ce qui pourrait faire pourrir les racines.

Rempotage : le secret d'une croissance saine

Le rempotage du bonsaï de pommier s’effectue au début du printemps, avant le gonflement des bourgeons, généralement entre fin février et fin mars. Le rempotage se fait en automne (après la chute des feuilles) ou au printemps (avant l'ouverture des bourgeons, en mars). Rempotez tous les ans ou tous les deux ans pour les jeunes plantes, car les racines poussent très fort et remplissent le pot. Nous rempotons les pré-bonsaïs pommiers tous les ans. La croissance des racines est forte et il est possible d'obtenir une bonne ramification fine avec un rempotage régulier. Les bonsaïs pommiers plus âgés sont généralement rempotés au bout de 3 ans.

Le substrat doit offrir un excellent drainage tout en retenant suffisamment d’humidité pour les besoins du pommier. Un mélange de 50 % d’akadama, 25 % de pumice et 25 % de terreau végétal décomposé ou compost bien mûr constitue une bonne base. Le pommier sauvage exige un substrat grossier au fond du pot. Une bonne porosité est souhaitée et l’aération est importante. Un sol grossier facilite la floraison. L'akadama est un terreau idéal pour les bonsaïs. Pour les grands bonsaïs de pommes, la granulométrie moyenne convient pour garantir une bonne perméabilité à l'eau et à l'air.

Lors du rempotage, taillez les racines avec modération : ne supprimez pas plus d’un quart à un tiers du volume racinaire. Lors du rempotage, une taille des racines doit être effectuée. Souvent, un tiers voire la moitié des racines est enlevée. Les racines d'un bonsaï pommier sont charnues. La croissance des racines est forte et le rempotage doit être effectué avec une taille sévère des racines, sinon le pot est rapidement plein de racines. Le pommier reprend bien après le rempotage à condition de maintenir le substrat humide et de protéger l’arbre pendant les semaines suivantes.

Un point important pour la fructification : un pommier trop souvent rempoté aura tendance à privilégier la croissance végétative au détriment de la floraison. Choisissez un pot relativement profond pour offrir un bon volume de substrat. La surface des racines près de la base du tronc (Nebari) du bonsaï pommier peut facilement être améliorée par la technique du tourniquet. Les nouvelles racines se forment rapidement, souvent après 2 mois. Malheureusement, un certain nombre d'épaississements bulbeux se forme sur les nouvelles racines. Ceux-ci peuvent être enlevés à la main ou coupés. Un bonsaï pommier peut également être planté dans le sol du jardin à l'automne. Le pommier sauvage peut être difficile à cueillir, car des racines superficielles poussent autour du tronc et de grosses racines pivotantes en-dessous. Il importe d’effectuer la cueillette tôt au printemps avant que les bourgeons ne gonflent.

Rempotage d'un bonsaï pommier avec taille des racines

Taille : sculpter la forme et favoriser la fructification

La taille du bonsaï de pommier vise deux objectifs complémentaires : maintenir une forme compacte et favoriser la floraison et la fructification. En hiver, vous pouvez faire une taille de structure pour éliminer les branches superflues, mais une taille trop sévère peut compromettre la floraison. Les bourgeons à bois sont plus petits et collés au rameau.

Taille de structure : Pratiquez-la en fin d’hiver (janvier-février), avant le débourrement, lorsque la structure des branches est bien visible. Le pommier cicatrise correctement mais appliquez du mastic sur les coupes de plus de 5 mm. Le bois est assez dur. Supprimez les branches inutiles et raccourcissez les branches longues. Ne pas tailler trop sévèrement lorsque l’arbre est en dormance, car il aura moins d’énergie pour les fleurs, à cause de la cicatrisation.

Taille de fructification : C’est la particularité du pommier. Les boutons floraux se forment sur le bois de deux ans et plus, principalement sur les coursonnes (petites branches courtes). Ne supprimez jamais toutes les coursonnes lors de la taille d’entretien, sous peine de perdre la floraison de l’année suivante. Les fleurs poussent essentiellement sur les pousses courtes du pommier. Les boutons floraux se forment de juin à juillet. Si vous voulez avoir beaucoup de fleurs l'année suivante, ne coupez pas les petites pousses trop tard.

Taille d’entretien : Au printemps et en été, raccourcissez les pousses végétatives vigoureuses à 2-3 feuilles après qu’elles en aient développé 6-8. Conservez les pousses courtes qui porteront les fleurs futures. Pendant la période de croissance, les nouvelles pousses deviennent très longues. Raccourcissez-les à 2 ou 3 feuilles lorsqu'elles commencent à se lignifier à la base. Le pommier a tendance à produire beaucoup de pommes. Certaines vont se faire manger par les oiseaux, mais n’hésitez pas à en éliminer une partie s’il y en a trop.

Les pommiers poussent très vite, surtout les jeunes plants. Les nouvelles poussées peuvent être supprimées aussi bien en été que pendant la phase de repos. Pendant la phase de culture, il n'est pas nécessaire d'appliquer un produit cicatrisant sur les coupes importantes. Pour tailler le bonsaï pommier, vous avez besoin d'une pince pour bonsaïs. Taillez l’arbre à la mi-août pour lui donner le temps de produire de nouveaux bourgeons terminaux qui seront prêts pour le printemps suivant. Ne pas tailler les branches faibles, mais les laisser pousser. La défoliation nuit à la formation de fleurs.

Éclaircissage des fruits : préserver la vigueur de l'arbre

Si votre pommier a été pollinisé et porte des fruits, éclaircissez-les impérativement pour ne garder qu’un ou deux fruits maximum sur un bonsaï. Un arbre en pot n’a pas la capacité de nourrir de nombreux fruits, et une surcharge fruitière épuise l’arbre et peut compromettre sa survie. Les pommiers ont une tendance à produire beaucoup de pommes. D'ailleurs les fruits n’arriveront jamais à maturité pour les variétés greffées à gros fruits. La plupart des bonsaïs pommiers, ainsi que les variétés ornementales de pommiers, portent beaucoup de fruits. La plupart des bonsaïs sont des pommiers d'ornement avec de très petits fruits de 1cm, maximum 2cm, ce qui est très approprié pour les petits bonsaïs. Les pommes sont toujours suspendues à l'arbre bien après l'automne, souvent jusqu'au printemps de l'année suivante. Même les petits bonsaïs ont souvent 50 fruits ou plus. Comme cela demande beaucoup d'énergie à l'arbre, il est conseillé de ne pas laisser trop de fruits sur l'arbre : 20-30 pommes sont un bon compromis.

Règle d'or : la maturation des fruits coûte énormément d'énergie à l'arbre.

  1. Éclaircir les fruits en juin : n'en laisser qu'un ou deux par bouquet.
  2. Si l'arbre est faible ou doit être travaillé, supprimez TOUS les fruits.

Ligature : guider la forme des branches

Le pommier se ligature assez bien. Les branches sont relativement souples lorsqu’elles sont jeunes. Ligaturez de préférence en automne ou au début du printemps, et retirez le fil avant qu’il ne s’incruste. Les jeunes branches sont flexibles et se lient bien au printemps/été. Attention : l'écorce est vivante et pousse rapidement, le fil de fer s'incarne rapidement en laissant de vilaines marques. Vérifiez souvent. C'est le point faible du pommier.

Les branches du bonsaï pommier sont relativement souples. Après le retrait du fil de ligature, les branches ont tendance à reprendre leur forme initiale. Pour cette raison, il est conseillé de ligaturer un pommier uniquement au début de l'été (fin mai à fin juin). L'avantage est que, comme la croissance en épaisseur des branches est lente, le fil peut rester longtemps sur l'arbre. En été, les pousses en formation peuvent se lignifier et durcir. Si le fil ne s'incruste pas dans la branche, il peut rester sur l'arbre au moins jusqu'à l'automne. L'inconvénient est qu'en été, les feuilles interfèrent avec l'analyse de la structure et de la ligature. Comme les bonsaïs pommiers en bonne santé sont très vigoureux, vous pouvez les défolier en coupant les feuilles. La ligature fonctionne beaucoup mieux par la suite. En raison de l'écorce lisse, nous recommandons d'utiliser un fil d'aluminium pour ligaturer le bonsaï pommier. Il n'est pas trop rigide et n'appuie pas aussi fort que le fil de cuivre en raison de son plus grand diamètre. Le pommier sauvage peut être ligaturé en été, s’il est gardé au soleil. Il faut cependant surveiller le fil, car la croissance des branches est très rapide. Le fil peut parfois être retiré après 1 à 2 semaines. Il est préférable de haubaner les branches de 2 à 4 cm. Ligaturer avec prudence si cette opération est effectuée au cours de la période où les bourgeons gonflent, car ils peuvent facilement casser et se détacher des branches. Après cette période, le bois est très cassant. L'écorce est généralement très lisse. Il faut donc veiller à ce que le fil n'endommage pas trop les branches pendant la ligature.

Fertilisation : nourrir pour la floraison et la fructification

La fertilisation du bonsaï de pommier est décisive pour obtenir une belle floraison et une éventuelle fructification. Les pommiers aiment l’engrais, et il est nécessaire de bien fertiliser pour avoir une bonne floraison et des fruits qui vont tenir jusqu’à l'hiver.

Au début du printemps, avant la floraison, appliquez un engrais équilibré (NPK 5-5-5) pour soutenir le débourrement et le développement des fleurs. En phase de croissance, nous fertilisons le pré-bonsaï pommier avec un engrais azoté. En bonsaï, surtout lorsqu'il est censé avoir des fleurs et des fruits, une bonne fertilisation est également importante. Ici, nous recommandons un engrais pour bonsaï plus équilibré.

Après la floraison (mai-juin), si l’arbre porte des fruits, augmentez la fertilisation avec un engrais enrichi en potassium et phosphore (type 3-6-6 ou 4-8-8). Le potassium et le phosphore soutiennent le développement des fruits et renforcent l’arbre. En été, fertilisez toutes les 3 à 4 semaines avec un engrais organique solide. Vous pouvez alterner avec un engrais liquide dilué toutes les deux semaines pour un apport plus régulier. Les engrais liquides pour bonsaïs disponibles dans le commerce sont bien adaptés. En été, nous recommandons d'administrer deux fois plus que ce qui est indiqué sur le flacon. Les engrais sous forme de pellets provenant du Japon, comme Biogold et Hanagokoro, conviennent également très bien.

À partir de septembre, passez à un engrais riche en potassium (type 0-5-10) pour favoriser la maturation du bois et le stockage des réserves avant l’hiver. Pour stimuler la floraison l’année suivante, réduisez fortement l’azote à partir de la mi-juillet. Un excès d’azote tardif entraîne une croissance végétative prolongée et empêche la formation des boutons floraux. C'est une plante "affamée". Fertilisez généreusement. Au printemps, utilisez un engrais organique équilibré. Après la floraison, attendre que les petits fruits soient attachés (de la taille d'un pois) avant de recommencer, sinon la poussée végétative risque de les faire tomber. La croissance du pommier sauvage est vigoureuse lorsqu’il est bien fertilisé. La tête de l’arbre ne doit pas être trop forte afin de le garder en santé. Il importe de laisser pousser des gourmands, qui pourraient un jour remplacer une tête trop forte. Le fertilisant doit avoir un ratio de 1-2-3 (ex. 5-10-15). L’apport en magnésium est important. L’azote ne doit être ajouté qu’au moment du débourrement des bourgeons.

Engrais organique pour bonsaï

Maladies et ravageurs : une vigilance constante

Le pommier est malheureusement l’un des arbres fruitiers les plus sensibles aux maladies, et cette fragilité est accentuée en culture bonsaï. Le pommier sauvage, comme la plupart des arbres fruitiers, est menacé par des maladies fongiques comme la tavelure, l’oïdium et la rouille. Le feu bactérien est aussi une maladie qui peut l’atteindre.

  • Tavelure (Venturia inaequalis) : C’est la maladie la plus répandue et la plus redoutée du pommier. Elle provoque des taches brunes olivâtres sur les feuilles et les fruits, qui se déforment et craquellent. Traitez préventivement avec de la bouillie bordelaise en fin d’hiver et au printemps. Évitez de mouiller le feuillage lors de l’arrosage.
  • Oïdium du pommier (Mildiou blanc) : Un feutrage blanc poudreux recouvre les jeunes pousses, les feuilles et parfois les fleurs. Les pousses atteintes sont déformées et rabougries. Il est très résistant au froid. On voit souvent des infestations de mildiou dans les pommiers. Il peut être facilement combattu en pulvérisant des fongicides à base de soufre ou de cuivre, disponibles dans le commerce. Traitez avec du soufre mouillable ou du bicarbonate de potassium.
  • Feu bactérien (Erwinia amylovora) : Cette maladie bactérienne grave provoque le noircissement brutal des pousses, des fleurs et des feuilles, comme si elles avaient été brûlées. Les rameaux atteints se recourbent en forme de crosse. Supprimez immédiatement les parties atteintes en taillant à 30 cm sous les symptômes visibles. Désinfectez vos outils à l’alcool après chaque coupe.
  • Pucerons lanigères : Ces pucerons se cachent sous un amas cotonneux blanc sur les branches et le tronc, provoquant des gonflements et des chancres. Lorsque la fertilisation est riche en azote, des pucerons sont souvent observés pendant la saison de croissance. Ils peuvent être combattus avec un spray anti-pucerons du commerce. Pour traiter une infestation de pucerons, utiliser du savon insecticide.
  • Carpocapse : Ce papillon dont la chenille pénètre dans les fruits (le fameux “ver de la pomme”) est moins problématique sur les bonsaïs que sur les arbres fruitiers de jardin, mais peut occasionnellement s’attaquer aux fruits.
  • Chancre du pommier (Nectria) : Des zones d’écorce nécrosées et crevassées apparaissent sur les branches.
  • Rouille.

Plus de 200 insectes ravageurs peuvent s’attaquer aux pommiers sauvages. En présence de cochenilles farineuses, utiliser un jet d’eau puissant et une solution d’alcool à 0,5 % additionnée de savon à 0,5 %. Nettoyer l’écorce avec une brosse douce. Pour les kermès, utiliser de l’huile de dormance, au printemps 10 à 15 jours après la floraison. Dans le cas des mineuses, utiliser une brosse et gratter délicatement l’intérieur du trou pour tuer les larves.

Styles de bonsaï pour le pommier

Le bonsaï de pommier offre un spectacle saisonnier exceptionnel : bourgeons gonflés au printemps, magnifique floraison rose et blanche, petits fruits colorés en été et automne, et une belle structure hivernale. Les bonsaïs pommiers sont généralement formés en style droit informel ou légèrement penché. Des cascades, semi cascades ou doubles troncs sont également possibles et conviennent bien au pommier. Même une forme en balai n'est pas impossible. Grâce à une croissance vigoureuse des racines, une forme de type - racine sur roche - est possible. Les tailles idéales pour un bonsaï de pommier vont de 30 cm à 60 cm.

  • Moyogi (droit informel) : C’est le style le plus naturel et le plus répandu pour le pommier en bonsaï. Un tronc légèrement sinueux avec des branches bien réparties, portant des grappes de fleurs puis de fruits, offre un tableau champêtre et poétique.
  • Shakan (incliné) : Le pommier au tronc incliné, comme penché par le poids de ses fruits, est un style particulièrement évocateur.
  • Bankan (tronc tortueux) : Les vieux pommiers de verger développent souvent des troncs noueux et tourmentés qui leur confèrent beaucoup de caractère.
  • Kabudachi (multi-troncs) : Un pommier à deux ou trois troncs évoque un vieux pommier de verger dont le tronc s’est divisé avec l’âge.
  • Style cascade ou semi-cascade : Ces styles peuvent mettre en valeur la floraison et la fructification qui pendent gracieusement.
  • Style lettré : Pour ce style, on préférera des pots plats et ronds.

Pots : l'écrin du bonsaï

Puisqu'ils appartiennent au bonsaï d'extérieur et ils résistent bien à l'hiver, choisissez de préférence un pot à bonsaï fabriqué à la main, résistant au gel. D'après notre expérience, les pots à bonsaï bon marché (conçus pour les bonsaï d'intérieur) sont également résistants au gel quasiment à 100%. Un pot ovale convient parfaitement aux bonsaïs de pommier, avec leur couronne arrondie. Les pots à bonsaï rectangulaires conviennent également. Pour les pots rectangulaires, nous choisirions un pot avec des coins légèrement arrondis ou éventuellement des pieds avec des jeux de formes. Les pots à bonsaï ronds plus hauts conviennent particulièrement aux bonsaïs pommiers traités en semi-cascade ou en cascade. Pour le style du lettré il est préférable de choisir des pots plats et ronds. Les pots en plastique pour bonsaïs sont appropriés pour les pré-bonsaïs pendant la phase de culture. La couleur brun foncé de ces pots ne s'accorde certes pas très bien avec le tronc gris d'un bonsaï en forme de pomme. En revanche, ces pots en plastique sont absolument résistants au gel et aux UV.

Comprendre le cycle du pommier bonsaï

Le pommier à fleurs (genre Malus) est l'un des bonsaïs les plus gratifiants qui soient. C'est un arbre généreux qui offre du spectacle tout au long de l'année : au printemps, il est couvert de fleurs blanches ou roses s'épanouissant à partir de bourgeons rouges, en été, il a un beau feuillage vert vif, en automne, les feuilles deviennent jaunes et les petits fruits (pommes décoratives) mûrissent et restent souvent sur l'arbre dénudé même en hiver. La floraison a lieu en avril-mai. Les fruits mûrissent en automne.

Propagation

La propagation par semis est facile. Les graines de pomme ne doivent pas se dessécher. Sinon, elles perdent leur capacité de germination. Après 2 ou 3 mois de stratification dans du sable humide au réfrigérateur, à une température variant entre 4 et 6°C, un pourcentage élevé de graines germent généralement. Mais, les pommiers de différentes espèces et variétés sont génétiquement très variables. Seul le nombre de chromosomes varie considérablement. Par exemple, Malus halliana, un bonsaï populaire, compte entre 34 et 49 chromosomes. En conséquence, les pommiers ont des propriétés très variables. Si on sème une graine d'un pommier ornemental, très fleuri, qui n'est pas attaqué par le mildiou, le plant qui va en résulter peut régulièrement avoir du mildiou et des difficultés à fleurir. Il est préférable d'acheter un jeune plant dans une pépinière spécialisée. Ces plantes sont généralement obtenues par multiplication végétative (bouturage etc.), ce qui signifie qu'elles possèdent toutes les caractéristiques de la plante mère. La propagation par boutures fonctionne également assez bien. L'avantage ici est que les jeunes plantes ont les propriétés de la plante mère. Souvent, certaines espèces ou variétés de pommiers sont également greffées. La multiplication du pommier sauvage par marcottage est facile.

Enjeux et conseils supplémentaires

Puis-je manger des pommes de bonsaï ? Oui, elles sont comestibles, mais elles sont généralement très acides et ligneuses, pas aussi bonnes que les pommes de table.

Pourquoi tous les petits fruits tombent-ils en juin ? C'est ce qu'on appelle la "chute". Cela se produit si l'arbre est faible, si vous avez trop fertilisé avec de l'azote pendant la nouaison ou si vous manquez d'eau.

Pourquoi les feuilles ont-elles une poudre blanche ? Il s'agit de l'Oïdium (Mildiou blanc), typique des pommiers.

Pommier bonsaï avec des fruits miniatures

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