Bouillie Bordelaise et Permaculture : Un Dilemme pour le Jardinier Conscient

La bouillie bordelaise est l'un des produits de traitement pour les jardins parmi les plus connus et utilisés. Elle est très efficace contre le mildiou et contre certaines bactéries, ce qui est une qualité fort appréciable pour nos légumes ! Mais plus précisément, quelles sont les utilisations de la bouillie bordelaise au potager et comment s'en sert-on ? Bien connue des jardiniers, la bouillie bordelaise est un produit de traitement extrêmement répandu et efficace contre bon nombre de maladies. Ce pesticide autorisé en agriculture biologique est utilisé de manière préventive dans les cultures de fruits et légumes ainsi que de certaines plantes d’ornement. Cependant, ce produit est de plus en plus décrié, car le cuivre qu’il contient est toxique pour l’environnement et la biodiversité.

Bouillie bordelaise sur une vigne

Origine et Composition de la Bouillie Bordelaise

La bouillie bordelaise est utilisée contre le mildiou de la vigne depuis les années 1880. À cette époque, les vignes françaises étaient décimées par cette maladie, et le remède a été trouvé de façon tout à fait fortuite : les vignerons avaient pour habitude d'appliquer un produit sur leurs pieds de vigne pour faire fuir les voleurs. Il s'agissait d'un produit bleu qu'ils nommaient "vitriol", pour effrayer, qui était constitué d'un mélange de sulfate de cuivre et de chaux. C'est à tout hasard que ce "vitriol" a été expérimenté pour lutter contre le mildiou. De couleur bleue, la bouillie bordelaise est un pesticide fabriqué à base de chaux et de sulfate de cuivre, qui se présente sous la forme d’une poudre bleue que l’on dilue dans de l’eau. On vaporise ensuite la solution sur les végétaux. La bouillie bordelaise se compose d’eau, de sulfate de cuivre et de chaux sous la forme de poudre ou de micro-granulés de couleur bleue (à cause du cuivre) qu’il faut diluer et utiliser en pulvérisation. Le cuivre qui la constitue permet de stopper la germination des champignons et de limiter la prolifération de certaines bactéries qui atteignent les arbres fruitiers à noyau.

Utilisations et Efficacité au Jardin et au Potager

La bouillie bordelaise est aujourd'hui utilisée couramment dans les jardins, les vergers et les planches potagères, tant pour ses qualités de fongicide contre divers champignons pathogènes que pour lutter contre des maladies bactériennes. Elle est notamment utilisée pour lutter contre les maladies cryptogamiques, c’est-à-dire causées par des champignons (cloque du pêcher, mildiou, tavelure…), ainsi que contre certaines maladies bactériennes (bactérioses…). Que ce soit sur les arbres fruitiers, les vignes, les tomates, les pommes de terre ou encore les fraises, la bouillie bordelaise est utilisée quasiment dans toutes les cultures de fruits et légumes, y compris en culture dite “bio” ou “naturelle”.

Action Préventive

C'est en prévention que la bouillie bordelaise est employée contre les maladies dues à des champignons. En effet, le cuivre qu'elle contient atteint les spores de ces champignons lorsqu'ils sont en surface des tissus végétaux et bloquent leur processus de germination. Ne pouvant pas se reproduire, leur atteinte est minime. Le cuivre permet de bloquer la germination des champignons et d'éviter qu'ils ne se reproduisent, il restreint la possibilité d’émergences des maladies cryptogamiques. Contre les bactéries, la bouillie bordelaise sera également utilisée à titre préventif. Le cuivre a un effet négatif sur la respiration de ces pathogènes comme sur leur production de protéines et nuit à leur reproduction.

Limites de l'Action Curative

Une fois que les champignons sont dans les tissus par contre, la bouillie bordelaise ne peut plus agir, elle ne pourra donc pas être utilisée en curatif lorsque le champignon est installé. En revanche, l’utilisation de la bouillie bordelaise n’est pas efficace contre les insectes qui attaquent les plantes comme les pucerons ou les acariens.

Tomates saines et tomates atteintes du mildiou

Cibles Spécifiques au Potager

C'est contre le mildiou que la bouillie bordelaise est le plus couramment utilisée au potager, mais ce n'est pas sa seule cible ! Le mildiou est une maladie cryptogamique, donc provoquée par un champignon (en réalité il s'agit d'un pseudo-champignon, un organisme aquatique proche des algues brunes). Mildiou est un nom générique, car il y a presque autant de formes, certes très proches, de maladie, que de champignons différents et d'hôtes différents ! Un grand nombre de végétaux sont susceptibles d'être atteints de mildiou : mildious de la carotte, mildiou de la pomme de terre, mildious de la tomate, mildiou de l'épinard, du fraisier, de la mâche, de l'oignon, du céleri.

Vous utiliserez également la bouillie bordelaise contre la bactériose de la tomate, de la scarole ou du melon, la maladie des taches angulaires du fraisier, et autres maladies cryptogamiques ou bactériennes. Pas toutes les maladies cependant, et elle n'est d'aucune utilité contre les parasites.

Pour les rosiers, le rosier peut souffrir de la maladie des taches noires. Si votre rosier en a souffert l’année dernière, pulvérisez le traitement à la fin de l’hiver, après avoir taillé votre plante et avant que les bourgeons se soient ouverts. Le marronnier et le framboisier peuvent souffrir du chancre bactérien. Traitez vos arbres fruitiers entre l’automne et le début du printemps.

Préparation et Application de la Bouillie Bordelaise

Il est très facile de réaliser soi-même sa bouillie bordelaise (recette pour 10 litres) :

  1. Versez dans un seau en plastique 6 litres d'eau et 300 g de chaux éteinte, mélangez, vous obtenez un lait de chaux.
  2. Versez dans un autre seau en plastique de 10 litres 4 litres d'eau et 200 g de sulfate de cuivre.
  3. Versez lentement le lait de chaux dans le seau contenant le sulfate de cuivre dilué, en remuant. Ce faisant, vous neutralisez le sulfate de cuivre.
  4. Laissez reposer 24 heures avant d'utiliser.

Une autre recette suggère pour la confection de 5 litres de bouillie bordelaise d'utiliser 100g de sulfate de cuivre et de 150g de chaux éteinte. Mettez vos protections et versez 3 litres d’eau dans un des seaux. Ajoutez la chaux éteinte et mélangez. Versez 2 litres d’eau et le sulfate de cuivre dans l’autre seau. Mélangez le sulfate de cuivre avec le lait de chaux.

La préparation de ce mélange requiert les mêmes précautions que l'application de la bouillie bordelaise : port de lunettes, gants, masques et vêtements couvrants.

Dosage Recommandé

Le dosage de bouillie bordelaise va dépendre du légume hôte et de la maladie (les dosages ci-dessous sont donnés à titre indicatif, suivez les dosages prescrits par le fabricant). Les fabricants conseillent en général entre 4 et 25g de bouillie bordelaise en poudre par litre d’eau. Si des gouttes bleues se forment au bout des feuilles lors de la pulvérisation, c’est qu’il y a trop de produit et qu’il y a un risque de pollution de sol.

  • Contre le mildiou de la pomme de terre, 25 g par litre à partir de la floraison.
  • Contre le mildiou de la tomate et de l'aubergine, 6 g par litre d'eau à partir de la plantation puis tous les 10 jours. On peut même descendre à 2g par litre si les pieds de tomate ne sont pas trop attaqués.
  • Contre la bactériose de la tomate, 20 g par litre d'eau tous les 10 à 15 jours.
  • Contre la bactériose des laitues, chicorées, mâches, frisées, 12 g par litre d'eau à renouveler 2 à 3 fois tous les 10 à 15 jours.
  • Contre la bactériose du melon, 4 g par litre d'eau 1 fois par semaine.
  • Contre la maladie des taches angulaires du fraisier, 12 g par litre d'eau après le repiquage.
  • Contre la bactériose des céleris (raves, branches), 12,5 g par litre d'eau tous les 10 jours.
  • Contre la bactériose des haricots, 10 g par litre d'eau tous les 10 jours.

Méthode et Période d'Application

La bouillie bordelaise est vendue sous forme d'une poudre bleue, elle est à diluer dans de l'eau puis versée dans un pulvérisateur. La bouillie bordelaise agit par contact et est nettoyée lorsqu'il pleut. Les applications seront réalisées tous les 15 jours et stoppées 3 à 20 jours avant la récolte, en fonction des légumes. S'il pleut fort dans l'intervalle, pensez à refaire une application.

L'ajout de ce que l'on appelle "un agent mouillant" dans le pulvérisateur est de ce fait très judicieux, cela va améliorer l'adhérence aux feuilles du végétal traité et limiter le lessivage : savon noir, lait écrémé, produit à la résine de pin. Un mouillant augmentera l’adhérence du produit sur le feuillage et évitera ainsi à la bouillie d’être lessivée par la moindre pluie : cela limite très fortement le nombre de traitements à appliquer.

Vous éviterez l'application par grande chaleur ou en plein soleil, ainsi que lors de journées venteuses. En été, il est cependant préférable d’appliquer le traitement tôt le matin ou tard le soir. En hiver, essayez de ne pas traiter vos fruits et légumes avant une pluie car cela enlèverait le produit et vous seriez obligés de recommencer.

Pour pulvériser la bouillie bordelaise sur les tomates : Avec une buse fine, pulvérisez le feuillage en déplaçant le pulvérisateur ou son embout de bas en haut, afin d'entourer le plant d'un brouillard, sans que le liquide ne coule sur les feuilles.

La bouillie bordelaise en automne

Précautions d'Utilisation

Le cuivre n'est pas un produit anodin pour l'environnement en général comme pour l'homme en particulier. Il convient donc de respecter des précautions dans l'emploi de la bouillie bordelaise au potager.

L'application en elle-même doit être accompagnée du port d'équipements de protection : gants, lunettes, masque, jambes et manches longues, chaussures fermées. La bouillie bordelaise peut en effet provoquer des irritations et troubles respiratoires à l'inhalation, et des atteintes cutanées ou au niveau des yeux et des muqueuses.

Ne pas appliquer sur un terrain en pente ou n'importe quel type de terrain où il y a un risque que le produit soit entraîné vers un point d'eau.

Une fois que la pulvérisation est terminée, rincez le pulvérisateur à l'eau claire et videz-le en pulvérisant la zone traitée. Rincez soigneusement à l'eau claire les légumes traités.

Bouillie Bordelaise en Agriculture Biologique et ses Controverses

La bouillie bordelaise peut être employée au potager bio, elle est d'ailleurs toujours autorisée dans l'agriculture biologique, à condition d'une utilisation raisonnée : seulement sur les cultures qui durent plus de 5 ans et dans la limite de 6 kg/ha/an. Ce fongicide minéral est cependant à éviter au jardin !

Toxicité du Cuivre

Il y a quelques années, il a été question d’interdire la bouillie bordelaise en France (dans d’autres pays d’Europe, c’est déjà le cas), mais le projet a été abandonné. Pourtant, il n’y a pas de fumée sans feu : que reproche-t-on donc exactement à ce produit ?

La bouillie bordelaise est employée en maraîchage et surtout en viticulture depuis le début du XXe siècle. Son usage est courant et banal, mais sa toxicité est paradoxalement encore mal cernée. Si le cuivre est, à faible dose, un oligo-élément indispensable à la vie, à des doses plus élevées, il présente une toxicité importante pour l’environnement. Un usage répété de la bouillie bordelaise conduit à une accumulation du cuivre dans le sol, car ce métal lourd ne se dégrade pas, hormis en milieu acide, et est conservé dans le sol. Une étude de l’INRA a trouvé plus de 200 mg de cuivre par kg de sol (sa teneur naturelle variant de 2 à 60 mg/kg). Ces concentrations peuvent être toxiques pour les micro-organismes du sol, pour la vigne elle-même ainsi que pour les animaux et les poissons. Le cuivre peut aussi tuer les vers de terre qui jouent un rôle important dans l’entretien du sol, de même qu’il inhibe l’activité de nombreuses bactéries et champignons utiles et auxiliaires.

Les risques liés à l’inhalation ne semblent pas avoir été étudiés chez l’homme, mais l’OMS relève qu’une exposition chronique à des aérosols ou vapeurs de “bouillie bordelaise” chez des salariés induit une augmentation de l’absorption et de l’accumulation de cuivre dans l’organisme. En 1988, Holland et White ont montré que l’inhalation par le rat d’un aérosol de chlorure de cuivre, conduisait à des problèmes de reprotoxicité (délétion de la spermatogenèse, diminution du poids testiculaire, chute des hormones sexuelles).

Le cuivre est certes « utilisable en bio », mais d’innombrables études prouvent qu’il s’accumule dans le sol et affaiblit le précieux réseau micellaire (les bons « champignons » ceux qui sont absolument nécessaires à la mycorhization, à la formation d’humus, à la bonne irrigation des racines, etc.). Accessoirement, il est un peu phytotoxique et ralentit la croissance de certains légumes. Alors le cuivre est certes moins méchant pour la santé humaine que les traitements fongicides chimiques de l’agriculture conventionnelle, mais cela n’en fait pas pour autant notre ami. Il est toutefois redoutablement efficace, et peut être utilisé en dernier recours : C’est un peu le mercenaire du jardin bio, il repousse l’ennemi certes, mais sans se soucier des dégâts collatéraux.

Effets du cuivre sur l'environnement

Alternatives à la Bouillie Bordelaise et Approche Permacole

En France, la bouillie bordelaise est autorisée en agriculture biologique dans certaines limites. Depuis 2006, il ne faut plus dépasser 6 kg/ha/an (soit l’équivalent de 2 traitements avec une bouillie concentrée à 20 % de cuivre). Ce fongicide minéral est cependant à éviter au jardin ! En effet, il existe d’autres solutions vraiment naturelles et 100% biologiques.

Purins et Extraits Végétaux

C'est par exemple le cas du purin d’orties qui est, entre autre, un très bon fongicide naturel permettant de lutter efficacement contre le mildiou. Une autre alternative s’offre à vous, il s’agit du purin de prêles qui est également un excellent fongicide naturel qui peut être utiliser toute l’année afin de renforcer la résistance des végétaux aux maladies cryptogamiques telles que le mildiou, la rouille, l’oïdium, la tavelure, la cloque ou encore la moniliose par exemple. Pour certains, les purins d’ortie, de prêle ou autres extraits végétaux ont un rôle de stimulation des défenses naturelles des arbres.

Autres Solutions Naturelles

  • Pulvérisation au lait écrémé ou au petit lait (dilution à 50% avec de l’eau) : Cela fonctionne très bien en prévention et traitement de certaines maladies cryptogamiques (surtout l’oïdium) mais pas sur d’autres.
  • Pulvérisation au soufre mouillable : Mais ça sent l’œuf pourri et ça ne semble pas beaucoup plus efficace sur l’oïdium que le lait ou le petit lait qui, eux, ne sentent presque rien et améliorent de surcroît la vie du sol.
  • Pulvérisation avec du bicarbonate de soude : Peu testé au jardin car il est réputé un peu « indigeste » pour les plantes et pourrait ralentir leur croissance.
  • Pulvérisation au Bacillus Subtilis : Il s’agit d’une sorte de probiotique dont l’efficacité a été homologuée en agriculture bio sur les oïdiums, la tavelure, la pourriture grise de la vigne et la sclérotiniose de la laitue (pourriture du collet).
  • Pulvérisation au bicarbonate de potassium : Peu connu, ce traitement naturel serait actif entre autres sur les oïdiums, la tavelure, la moniliose.
  • Pulvérisation avec une potion d’huiles essentielles aux propriétés anti-fongiques : tea tree, sarriette des montagnes, origan compact, ail, tanaisie, serpolet, girofle, cannelle, géranium d’Egypte, palmarosa. Certaines sont parfois plus actives sur telle maladie plutôt qu’une autre (exemple, tanaisie sur la rouille du poireau, ail sur l’oïdium, sarriette ou origan sur le mildiou et l’alternariose, etc.), et que cela varie aussi en fonction du chémotype.

La bouillie bordelaise en automne

Stratégies Permacoles pour la Prévention des Maladies

À l'heure de la permaculture, il est possible de soigner nos fruitiers différemment. Le mildiou est une maladie parfaitement naturelle, elle signe tout simplement la fin de vie d’une tomate. Le problème, c’est quand le mildiou arrive tôt. Dans un potager sans traitements, le mildiou sera donc présent en permanence dans la terre et dans l’air. Il se développera seulement lorsque les conditions météorologiques y seront favorables. La meilleure méthode pour éviter le mildiou dans votre jardin en permaculture reste avant tout de l’éviter ! Il faut donc à tout prix éviter que ses conditions de développement soient réunies.

1. Abri et Aération

Le combo 20°C et humidité élevée est souvent fatal pour les tomates, ce sont les conditions favorables au développement du mildiou. Heureusement, il y a la serre. Les tomates sont à l’abri du champignon tant que le feuillage reste au sec. Sous la serre, les pieds de tomates pourront tenir plus longtemps qu’en extérieur. Une serre ou un abri à tomates permet donc de garantir une récolte tous les ans, même en cas d’été frais et pluvieux. Si vous ne pouvez pas installer de serre chez vous, vous pouvez aussi bricoler des abris de fortune avec bâches transparentes, ça marche aussi.

2. Arrosage et Humidité du Feuillage

Il est primordial de garder au maximum le feuillage de la tomate au sec. Les spores de mildiou se multiplient sur l’humidité résiduelle à la surface des feuilles et des tiges. Lorsque vous arrosez vos plantes, faites-le bien au pied de la tomate, sans trop mouiller le feuillage. Dans tous les cas, l’air doit circuler entre les feuilles de tomate pour sécher. Les tomates sont généralement conduites sur tuteur pour résoudre ce problème.

3. Taille des Tomates

Lorsque l’on taille une tomate, on vient enlever les feuilles du bas du plant et les « gourmands » (branches secondaires qui portent des fruits). Cela permet au pied d’être bien aéré et d’éviter une stagnation de l’humidité. Le mildiou appréciant l’humidité, ses conditions de développement ne seront pas réunies. En revanche, lorsqu’on taille, on vient blesser systématiquement le pied de tomate. Les coupes de taille sont alors une porte d’entrée pour le champignon. Il faut donc toujours privilégier une taille par temps sec, le matin de préférence. La plante cicatrise rapidement si le temps reste sec. Les tomates bien taillées attrapent toujours le mildiou en dernier en extérieur.

4. Choix des Variétés

Il existe des centaines de variétés de tomates disponibles chez les semenciers. Des goûts, des formes, des couleurs, mais surtout des caractéristiques bien différentes. Les tomates précoces assurent une production même si le mildiou survient tôt dans la saison. Il existe notamment la ‘précoce de Quimper’, ‘la stupice’, ‘la précoce glacier’ qui permettent de produire des tomates très tôt dans la saison. La tolérance au mildiou est un critère de sélection variétale depuis des décennies. Certaines tomates résistent mieux que les autres au mildiou. C’est le cas de certaines tomates paysannes comme la ‘Rose de Berne’. Il est aussi possible de créer sa propre variété de tomate résistante au mildiou en partant d’une variété F1 et en récupérant les graines.

5. Fertilisation Équilibrée

Chaque plante a besoin d’un certain nombre de nutriments pour bien se développer. Une culture comme la tomate est gourmande, généralement, on aime avoir un sol riche pour la planter. Pourtant, il faut tout de même faire attention aux dosages. Une plante qui a une très grande quantité d’azote disponible poussera vite et aura de grandes feuilles, mais elle sera aussi plus fragile. Un excès d’azote peut donc affaiblir une plante qui sera donc plus sujette au mildiou. Faites donc attention en fertilisant à ne pas trop surdoser.

6. Rotation des Cultures et Paillage

En maraîchage, une rotation des cultures sur les zones de tomates est préconisée. Cela s’explique par le fait que lorsqu’un plant de tomate attrape la maladie, les spores du mildiou se retrouvent dans le sol. L’année suivante, si les conditions météo sont réunies, il se développera rapidement et plus facilement. Cependant, à petite échelle, il vaut mieux partir du principe que des spores du champignon sont présents partout dans le sol. Sur notre ancien terrain, les tomates étaient plantées tous les ans au même endroit pendant près de 20 ans. Cela ne nous empêchait pas d’avoir des tomates jusqu’en novembre. Le sol était par contre paillé comme il faut pour éviter les éclaboussures de terre sur les plants : elles sont remplies de spores. Pailler généreusement ses plants atteints par la maladie permet d’éviter la contamination des bulbes par la maladie cryptogamique. En effet, lors des pluies et des arrosages, les spores de mildiou sont lessivées et tombent dans le sol. Une fois dans le sol, les tubercules vont laisser apparaître des taches brunes.

7. Gestion des Déchets Végétaux

Un rien démuni face à la moniliose, le jardinier est toutefois invité à inspecter son verger pour limiter les sources de contamination du champignon. On peut ainsi ramasser pour les brûler les feuilles mortes des arbres atteints, les fruits momifiés, les rameaux desséchés.

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La Bouillie Nantaise

On préparait autrefois de la bouillie nantaise, encore appelée bouillie sulfocalcique, à base de chaux et de soufre, pour lutter contre presque toutes les maladies des arbres fruitiers. Disparu, ce produit revient en force aujourd’hui et on trouve de nombreuses recettes d’élaboration de ce fongicide maison. Attention : la bouillie nantaise est très dangereuse lors de sa fabrication (le mélange est corrosif) comme lors de son application. Voilà pourquoi, depuis des décennies maintenant elle a été retirée de la vente.

Les Remèdes de Grand-Mères contre la Cloque du Pêcher

Les coquilles d’œufs pendues aux branches du pêcher sont censées lutter contre la cloque. Et, sur un piquet dans le potager, éloigner les vers du poireau. Ou les piérides du chou. Elles seraient efficaces contre la rouille du rosier. Une polyvalence que l’on explique facilement : les coquilles d’œufs sont une superstition qui remonte aux Romains, qui accrochaient dans les arbres ou fichaient sur des pieux des crânes d’animaux censés effrayer et repousser toutes les « pestes ». La coquille d’œuf n’a hélas pas plus d’effets que ces squelettes. Mais tel est le propre d’une croyance : si l’on ne peut pas démontrer son efficacité, il est difficile de convaincre de son inutilité.

Le Badigeon Arboricole

Blanc arboricole à base de chaux, badigeon maison à base d’argile, de cendres de bois, du lait. On a longtemps utilisé ces pâtes de fabrication artisanale, pour enduire, au pinceau, des troncs et grosses branches préalablement débarrassées de leurs lichens et mousses. Le but ? Protéger le tronc des arbres contre les coups de soleil, contre les aléas climatiques, mais surtout pour détruire les formes hivernantes des ravageurs et les spores des maladies. On recommandait ainsi un badigeonnage annuel en fin d’hiver : en février-mars. Outre que l’on peut douter de l’efficacité des badigeons contre les pucerons, acariens et autres ravageurs, le « nettoyage » préalable des écorces détruit aussi les insectes auxiliaires, des végétaux, des bactéries. Tout un microcosme indispensable à la santé de l’arbre.

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