Guide pratique de l'utilisation du cuivre contre le mildiou : Optimiser la protection des vignobles et cultures

Le mildiou, causé par le champignon Plasmopara viticola, est un redoutable fléau pour de nombreuses cultures, notamment la vigne, les tomates, les pommes de terre et divers arbres fruitiers. Originaire d'Amérique du Nord, ce champignon est apparu dans les vignobles du Bordelais au XIXe siècle et a tendance à se propager dans des conditions d'humidité persistante. Pour les viticulteurs et les jardiniers, la lutte contre cette maladie cryptogamique est primordiale pour assurer la pérennité des récoltes. Le cuivre, sous diverses formes, est depuis longtemps reconnu pour ses propriétés fongicides, inhibant les zoospores de mildiou et protégeant les organes végétaux. Cependant, son utilisation doit être réfléchie et optimisée en raison de sa toxicité potentielle pour les micro-organismes du sol et les organismes aquatiques. Ce guide propose d'explorer les stratégies de lutte, les modes d'action du cuivre, les précautions d'emploi et les innovations pour une gestion durable du mildiou.

Comprendre le mildiou et ses symptômes

L'observation de l'état sanitaire de la parcelle est primordiale pour une intervention efficace. Le mildiou se manifeste par des symptômes distincts sur la vigne et d'autres cultures. Sur la face externe de la feuille de vigne, ce champignon apparaît sous forme de taches huileuses décolorées. De l'autre côté de la feuille, un duvet blanc est visible. Les autres organes de la plante, tels que les inflorescences, sont aussi touchés. Il est important d'être vigilant dès le débourrement pour éviter que le mildiou ne s'installe. Le mildiou est favorisé par une atmosphère chaude et humide, ainsi que par les pluies ou une humidité persistante. Si le mildiou est déjà installé dans une parcelle, le cuivre ne fera que ralentir sa progression, d'où l'importance d'une application préventive.

Symptômes du mildiou sur une feuille de vigne

Le cuivre : un fongicide de contact aux multiples formes

Le cuivre est un fongicide qui permet de lutter contre les maladies fongiques ou cryptogamiques. Il tue les spores de mildiou et de black-rot. Les produits cupriques ont un mode d'action fongicide de contact : ils se déposent à la surface des organes végétaux. Lors des pluies ou d'une humectation, des ions Cu2+ sont libérés. Ces ions en solution inhibent les zoospores de mildiou. L'application du cuivre doit donc être faite de façon préventive, avant les pluies qui vont générer des contaminations.

Le cuivre existe sous différentes formes, chacune ayant ses spécificités :

  • Sulfate de cuivre : C'est la forme présente dans la bouillie bordelaise.
  • Hydroxyde de cuivre
  • Oxyde cuivreux
  • Oxychlorure de cuivre

Le mode d'action du cuivre se décline en plusieurs étapes. La première, primordiale, consiste en sa solubilisation. Celle-ci va dépendre du pH de l'eau apportée par la pluie ; en effet, plus celui-ci sera acide, meilleure sera sa solubilisation. Il est bon de noter que le pH a un impact plus fort sur le cuivre sous sa forme hydroxyde que sous sa forme sulfate (bouillie bordelaise). Une fois soluble, sous forme d'ions Cu2+, le cuivre peut se fixer à la surface des spores et exercer son activité fongicide via de multiples sites d'action. En étant adsorbés sur la surface cellulaire, les ions Cu2+ peuvent se substituer aux ions H+, K+, Ca2+ et Mg2+, ce qui permet d'altérer la semi-perméabilité de cette membrane et ainsi faciliter la pénétration du cuivre dans les cellules.

La bouillie bordelaise : un allié historique

Connue par de nombreux jardiniers grâce à son action sur certaines maladies des végétaux, notamment le mildiou, la bouillie bordelaise se repère à sa caractéristique teinte bleue. Fabriquée à partir d'eau, de sulfate de cuivre et de chaux éteinte, la bouillie bordelaise est utilisée contre le mildiou de la vigne depuis la fin du 19ème siècle. Cette propriété a été trouvée un peu par hasard : les vignerons médocains appliquaient alors un mélange de sulfate de cuivre et de chaux sur les vignes pour dissuader les voleurs, faisant courir le bruit qu'il s'agissait de vitriol. Des expériences réalisées sur les vignes pour trouver un remède à cette maladie trop répandue ont mis en lumière l'efficacité de ce "vitriol" pour toute autre chose que faire peur aux voleurs de raisin ! Elle a trouvé depuis nombre d'autres utilisations contre divers pathogènes qui s'attaquent aux cultures.

La bouillie bordelaise est couramment utilisée comme fongicide, pour détruire les champignons qui provoquent les maladies dites "cryptogamiques" : mildiou, tavelure du pommier, cloque du pêcher. Le cuivre de la solution a un effet sur les spores des champignons, il bloque leur germination, les empêchant donc de se reproduire. Il agit par contact et ne pénètre pas dans la plante. La bouillie bordelaise est dans ce cas utilisée en prévention, car elle agit avant que le champignon ne se soit reproduit ; elle ne pourra pas agir une fois que cela est fait car alors le champignon est à l'intérieur des tissus de la plante. La bouillie bordelaise est également employée pour combattre certaines maladies bactériennes, cette fois encore de manière préventive. Le cuivre est capable de bloquer la respiration des bactéries et a une action sur la production des protéines. Une partie du cuivre qu'elle contient se libère lentement, à condition toutefois de ne pas être rincée par des précipitations (cela permet également de ne pas brûler les végétaux du fait d'une trop forte dose de cuivre) ; elle a une action d'environ 3 semaines.

Bien que son utilisation ne soit pas anodine pour tout ce qui est vivant, elle est autorisée en agriculture biologique et dans tous les jardins, à condition de la doser avec modération.

Préparation de la bouillie bordelaise

Optimisation des traitements cupriques en viticulture

La réglementation européenne limite les apports de cuivre à 28 kg/ha sur 7 ans (2019-2025), soit une moyenne de 4 kg/ha/an. L'ensemble des viticulteurs, que ce soit en viticulture biologique ou conventionnelle, est concerné par cette limitation. Cette contrainte réglementaire, associée à la toxicité du cuivre sur les micro-organismes du sol et les organismes aquatiques, impose de réfléchir et d'optimiser l'utilisation des traitements cupriques. La récolte française de vin a connu des baisses significatives, comme en 2021 où elle a chuté de 24 % à 30 %, évoquant un niveau de rendement d'une faiblesse jamais vue depuis 45 ans, ce qui renforce la nécessité d'une protection efficace et ciblée.

Le positionnement des traitements arrive bien avant la dose ou la formulation de cuivre dans la réussite de la protection contre le mildiou. Toute la végétation doit être bien couverte avec ce produit de contact. Pour cela, les traitements sont réalisés en face par face (direct ou indirect par croisement). Il est nécessaire d'appliquer le produit avant la pluie contaminatrice annoncée et avant que la vigne n'ait développé du nouveau feuillage. La pousse de la vigne engendre le développement de nouveaux organes, qui, s'ils ne sont pas protégés, seront attaqués par le champignon. Le cuivre étant un produit de contact, il ne protège que les organes ayant reçu du produit lors du dernier traitement. Il est important de surveiller la cinétique de pousse de la végétation et les moments de forte pousse.

Aujourd'hui, la quantité de cuivre métal appliquée par traitement est encore définie de façon empirique. Récemment, certains outils ont été développés pour accompagner les viticulteurs dans le choix de leurs doses. Les doses de produits appliquées sont adaptées en fonction de la surface foliaire mais aussi du risque (pluies prévues, stade phénologique…). Lors des premières applications, elles varient en général entre 50 g et 150 g de cuivre métal par hectare. En pleine végétation, lors de risques importants, les doses employées sont proches de 400 g à 500 g.

Lorsque la pression mildiou est élevée et que la pluviométrie annoncée sur la semaine est conséquente, il est risqué d'attendre les conditions optimales pour intervenir. Dans cette situation, un traitement cuprique, en présence d'une forte humidité, voire sous une petite pluie (dans la limite de ce qui est autorisé réglementairement), est à considérer avant de poursuivre la protection dans de meilleures conditions. Certains viticulteurs se sont équipés de quads avec pulvérisateur porté ou traîné pour être plus réactifs et plus légers, et pouvoir intervenir là où un tracteur interligne ne pourrait pas entrer. Ce type d'application n'est certes pas d'aussi bonne qualité qu'avec un pulvérisateur classique, mais peut rattraper une situation critique. Par ailleurs, le quad est à privilégier par rapport à l'atomiseur à dos, qui ne permet pas de gérer une vitesse d'avancement homogène.

Webinaire BasIC : Témoignage & stratégies de réduction du cuivre en viticulture biologique

Le lessivage du cuivre : un facteur à considérer

Le cuivre appliqué sur les surfaces végétales est rincé au fur et à mesure des pluies qui succèdent l'application. Le lessivage du cuivre n'est pas linéaire : la quantité de cuivre diminue de moitié lors des 5 premiers millimètres de pluie ! Il a également été démontré (Molot, 2009 et Davy, 2012) que la dose initiale de cuivre, sa forme, l'intensité de la pluie, le régime des pluies et l'intervalle entre le traitement et la pluie n'ont pas d'influence sur le pourcentage de pertes dues au lessivage. Le lessivage du cuivre est un phénomène qui est en majeure partie causé par les premiers millimètres de pluie qui éliminent 25 à 40% du cuivre déposé sur le feuillage après 2 mm. À partir de 5 mm, le taux de cuivre résiduel diminue beaucoup plus lentement pour se stabiliser vers 40% de la dose initiale. Ce phénomène souligne l'importance d'une application préventive et la nécessité de renouveler le traitement si la pluviométrie est trop importante après l'application.

Résidus de cuivre et impact sur la vinification

Les apports de cuivre réalisés lors des traitements anti-mildiou peuvent laisser des résidus dans la vendange. De récents travaux menés par l'IFV Occitanie montrent que la quantité totale de cuivre apportée sur la campagne semble peu impacter l'importance des résidus retrouvés sur les raisins. Une quantité importante de cuivre au dernier traitement paraît cependant favoriser la présence de cuivre à la récolte. Lors des vinifications, en traitement non excessif à la vigne, aucune conséquence sur les fermentations alcooliques ou malolactiques n'a été démontrée. En revanche, la présence de cuivre dans les moûts, notamment en blanc et en rosé, entraîne des conséquences sur les arômes des vins avec des productions moindres en esters et acétates et surtout en composés thiolés. Il est donc crucial d'optimiser les doses pour minimiser ces impacts potentiels sur la qualité aromatique des vins.

Les outils d'aide à la décision (OAD) et le biocontrôle

Afin de mieux gérer l'utilisation du cuivre, des outils d'aide à la décision (OAD) ont été développés. Pendant trois ans, de 2017 à 2020, un réseau d'expérimentation en viticulture biologique en Nouvelle-Aquitaine a testé l'OAD DeciTrait, dans le cadre des essais Opticuivre, pour déclencher les traitements et pour moduler les doses de cuivre. Les premiers résultats montrent que la modulation des doses ne semble pas être le facteur le plus impactant pour diminuer la dose globale de cuivre. Ces outils sont néanmoins précieux pour affiner les stratégies de traitement en fonction des conditions météorologiques, du stade phénologique de la vigne et de la pression mildiou.

En complément des traitements cupriques, le biocontrôle offre des alternatives intéressantes. Actuellement, 6 matières actives classées biocontrôle sont utilisables contre le mildiou. Ces solutions, souvent d'origine naturelle, permettent de réduire la dépendance au cuivre et de limiter son impact environnemental. L'intégration de ces approches dans une stratégie de lutte intégrée est essentielle pour une viticulture durable. Le projet Off Intrants Viti, financé par l'Europe et la région Nouvelle Aquitaine, a réalisé le "Mémo cuivre en viticulture 2022", un document de 36 pages présentant un panorama des connaissances actuelles sur le cuivre et son usage en viticulture pour lutter contre le mildiou, ainsi que des stratégies pour réduire l'usage du cuivre.

Précautions d'emploi et impact environnemental

Bien que la bouillie bordelaise soit autorisée en agriculture biologique, l'utilisation du cuivre n'est pas anodine pour tout ce qui est vivant. La dose appliquée est extrêmement importante, car la bouillie bordelaise peut avoir une action délétère sur le métabolisme de n'importe quel organisme vivant. Une utilisation trop fréquente ou trop importante entraîne une accumulation de cuivre dans le sol, étant donné que le cuivre ne se dégrade pas. Un taux important de cuivre est toxique pour les végétaux, pour les micro-organismes qui vivent dans le sol, les vers de terre, bactéries et champignons, tous indispensables à la formation de l'humus, et à très forte dose il peut être fatal pour des mammifères (les ruminants notamment). Le cuivre peut finir par se retrouver dans les nappes phréatiques et peut faire des dégâts au niveau des organismes aquatiques, végétaux, poissons et autres.

La bouillie bordelaise ne doit pas être utilisée à proximité d'un point d'eau, ni dans une pente menant à un point d'eau. Le cuivre, qui est le principe actif de la bouillie bordelaise, peut entraîner des problèmes de croissance chez certains végétaux, notamment les pêchers et les poiriers. Ce n'est cependant pas le cas de tous : les cerisiers et les abricotiers ont une croissance légèrement ralentie et le cuivre n'a pas d'incidence sur le développement de la vigne, des tomates et autres solanacées, des courgettes et autres cucurbitacées.

Il est fortement recommandé de se protéger lors de l'application de ce produit qui peut provoquer des conjonctivites, des dermites, des eczémas, ainsi que des problèmes respiratoires. Portez donc lunettes, masque, gants et manches longues ; la bouillie bordelaise ne doit pas entrer en contact avec la peau, les muqueuses, les yeux. Une fois le produit utilisé, rincez le pulvérisateur plusieurs fois à l'eau, et pulvérisez cette eau sur les végétaux traités.

Utilisation du cuivre dans d'autres cultures

Le mildiou n'est pas l'apanage de la vigne. De nombreux jardiniers et agriculteurs sont confrontés à cette maladie sur d'autres cultures importantes.

Au jardin d'ornement

C'est entre autres pour lutter contre le chancre bactérien et contre le mildiou que l'on traite les végétaux du jardin d'ornement à la bouillie bordelaise.

  • Sur les rosiers : Le rosier peut être victime de quelques maladies cryptogamiques à traiter avec ce produit : le marsonia ou maladie des taches noires, la rouille. En cas d'attaque l'année précédente, il faudra réaliser une première pulvérisation à la fin de l'hiver, après la taille et avant l'ouverture des bourgeons, puis 2 traitements entre le printemps et la fin de l'été, à 15 jours d'intervalle.
  • Sur le marronnier ou le châtaignier contre le chancre bactérien : Ces arbres, comme le framboisier, le prunier, le pommier, peuvent être atteints de chancre bactérien. Il faudra les traiter à l'automne, avant la chute des feuilles.
  • Sur l'hortensia contre la maladie du corail : Après avoir coupé toutes les parties atteintes, pulvérisez l'ensemble de l'arbuste avec de la bouillie bordelaise, en complément avec un arrosage au purin de prêle.

Rosiers traités à la bouillie bordelaise

Au verger

La bouillie bordelaise y est employée pour protéger les arbres fruitiers de diverses maladies : la cloque du pêcher pour pêcher et abricotier, la tavelure pour le pommier et le poirier, la gommose pour les arbres à noyaux, la criblure pour les mêmes, la moniliose, le botrytis de la vigne et des fraisiers.

Les arbres fruitiers peuvent être traités à la bouillie bordelaise principalement entre l'automne et le tout début du printemps, avant que les bourgeons n'apparaissent et après la taille. Le traitement d'automne va avoir pour but de débarrasser l'écorce des fruitiers des champignons et parasites en hibernation et il sera fait après le nettoyage des feuilles et fruits tombés au sol. Les traitements se réalisent en 2 ou 3 applications espacées de 15 jours. De nombreux arbres fruitiers sont traités avant la floraison et après la récolte pour ne pas toucher les fruits.

  • Contre la pourriture grise sur la vigne : Pulvérisez les pieds au moindre signe d'infestation ; elle peut enrayer la propagation de la maladie à ce stade.
  • Contre la tavelure du pommier : C'est en fin d'été début d'automne, avant la chute des feuilles que vous agirez sur les pommiers, poiriers ou pruniers atteints de tavelure, lorsque le temps devient humide et doux.
  • Contre la moniliose : Le premier traitement se réalisera au cours de la chute des feuilles des poiriers, abricotiers, cerisiers ou autres fruitiers ; le second aura lieu avant que les bourgeons ne commencent à gonfler.
  • Contre la cloque du pêcher : Il y a deux moments propices pour agir contre cette maladie : en début d'hiver, lorsque les feuilles ont toutes chuté, ou bien en début de printemps, avant le débourrement (l'ouverture des bourgeons).

Il est judicieux de ne pas traiter systématiquement avec la bouillie bordelaise, car certains champignons et bactéries peuvent développer des résistances. Il est possible d'alterner avec une décoction de prêle, un autre fongicide.

Au potager

Utiliser la bouillie bordelaise au potager est possible mais avec certaines précautions. Tout d'abord, il ne faut pas pulvériser les fruits ou toute partie qui se consomme. En effet, non seulement les légumes pourraient avoir mauvais goût mais ils pourraient également être toxiques, en fonction de la dose utilisée et du délai entre l'application et la consommation. En règle générale, la bouillie bordelaise ne sera pas appliquée plus de 2 fois par mois à partir du printemps, et vous stopperez tout traitement au minimum 15 jours avant les récoltes. Nettoyez soigneusement les légumes avant de les consommer.

  • Sur les tomates contre le mildiou : C'est au cours de l'été que vous appliquerez de la bouillie bordelaise sur les feuilles des plants de tomates, toutes les 3 semaines lorsque les conditions (chaleur et humidité) sont favorables au développement de cette maladie.
  • Contre le mildiou de la pomme de terre : Pulvérisez les plants à partir de la floraison, en renouvelant les applications tous les 15 jours à 3 semaines.
  • Contre la bactériose du melon : Pulvérisez une petite dose (4 g) en prévention 1 fois par semaine.

Tomates et bouillie bordelaise au potager

Le fil de cuivre pour les tomates : une méthode controversée

Afin de prévenir l'apparition du mildiou sur les tomates, certains ont eu recours à la méthode du fil de cuivre, qui consiste à piquer un fil de cuivre dans le pied du plan de tomates à sa base afin que la sève oxyde le cuivre et le fasse circuler dans la plante. L'efficacité de cette méthode est souvent remise en cause et accusée de n'être qu'un traitement dit placebo. Bien que l'idée de faire circuler des ions cuivre à travers la plante soit séduisante, les preuves scientifiques de son efficacité à une échelle protectrice contre le mildiou restent limitées.

Conseils pratiques pour l'application de la bouillie bordelaise

La bouillie bordelaise se présente souvent comme une poudre bleue, en micro-granules voire sous forme liquide, à diluer dans de l'eau. Il faut respecter attentivement la dose indiquée par le fabricant en fonction du végétal à traiter et de la maladie, entre 4 et 25 g de bouillie bordelaise en poudre par litre d'eau. Il est inutile d'augmenter la dose pour plus d'efficacité ; certaines expériences scientifiques ont même démontré que son efficacité était identique pour une moitié de dose.

Il est judicieux d'ajouter au mélange un agent mouillant, un produit qui va améliorer l'adhérence de la bouillie bordelaise sur les feuilles : savon noir, liquide vaisselle, lait écrémé, produit à base de résine de pin. Dans ce cas, vous diviserez par 2 la dose indiquée. Un surdosage involontaire peut se produire, par inattention ou par erreur. Vous vous en apercevrez lors de la pulvérisation, l'extrémité des feuilles traitées vont alors se couvrir de gouttes bleues.

Pour mélanger la bouillie bordelaise, versez l'eau dans le seau puis utilisez le doseur fourni pour verser la poudre dans l'eau. Remuez à l'aide d'un bâton ; il faut que la poudre soit complètement dissoute. Vous pourrez alors verser la préparation dans un pulvérisateur en utilisant un entonnoir. Secouez le pulvérisateur une fois la pompe remise en place. Ne préparez pas de produit à l'avance, seulement de quoi faire votre traitement.

La bouillie bordelaise va être appliquée indifféremment dans la journée, excepté en période chaude ; il sera alors préférable de traiter le matin tôt ou le soir. Évitez également de l'appliquer avant la pluie, celle-ci lessiverait une grande partie du produit et l'application devrait être recommencée. Les journées venteuses sont à proscrire, pour ne pas risquer d'en disperser tout autour, y compris sur vous-même.

Appliquez la bouillie bordelaise par pulvérisations sur l'ensemble du feuillage, y compris le revers des feuilles, ou sur l'écorce des branches et tronc pour le traitement automnal. Utilisez une buse très fine. Pour parvenir à traiter l'ensemble du feuillage, tenez le pulvérisateur verticalement à une vingtaine de centimètres du végétal à traiter et pulvérisez en faisant des mouvements de bas en haut afin que la plante soit entourée d'un brouillard ; elle doit être entièrement mouillée mais sans ruisseler.

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