Les plantes d’intérieur nous offrent une diversité botanique exceptionnelle. Si l'on parle souvent des hoyas, qui sont des plantes d’intérieur attrayantes, parfois fleuries et de culture facile, on en parle tellement qu’on oublie parfois de parler à sa cousine, que dis-je, de sa sœur, le Dischidia, de culture presque aussi facile. Appartenant au genre des Apocynacées, cette plante de petite stature demeure relativement inconnue et est encore peu étudiée. Originaire des régions tropicales d'Asie du Sud-Est, d'Indonésie, de Malaisie, des Philippines et d'Australie, le Dischidia est une plante succulente épiphyte qui vit spontanément dans les forêts tropicales humides, au creux des branches d'arbres ou dans les anfractuosités de roches.

Comprendre la nature myrmécophile du Dischidia
De nature épiphyte, c’est-à-dire que la plante pousse sur l’écorce d’un autre arbre ou au creux d’une branche, sans pour autant parasiter son hôte, le Dischidia peut être grimpant ou retombant. Là où les dischidias se distinguent des hoyas, c’est par l’asymétrie de certaines feuilles : chez plusieurs espèces, il pousse une fois de temps en temps une feuille beaucoup plus grosse et creuse, dont la fonction dans la nature est de former un genre de poche où peuvent se réfugier les fourmis.
En échange, les fourmis peuvent défendre la plante contre les parasites, la nettoyer ou la nourrir de leurs excréments. On dit de ces dischidias qu’ils sont myrmécophytes, c’est-à-dire qu’ils ont une relation symbiotique, mutuellement positive, avec les fourmis. Les principales variétés qui sont myrmécophytes sont D. major, D. vidalii (aussi appelée D. pectinoides ou "plante-escargot"), D. platyphylla, D. complex, D. imbricata et D. astephana.
Espèces prisées et variétés esthétiques
Il est plutôt rare de trouver ces plantes si particulières dans les centres de jardinage. Certaines espèces sont recherchées pour leurs fonctions esthétiques uniquement, car elles ne sont pas myrmécophiles.
- D. ruscifolia : Aussi appelée « plante aux mille cœurs » (Million Hearts), ses fleurs cordiformes poussent densément sur les pétioles très courts.
- D. nummularia : Avec ses feuilles plus petites et son port bien dense, on la retrouve verte ou panachée de blanc.
- D. ovata : Ses petites feuilles pointues sont garnies de veines blanches qui font un peu penser à la peau d’une pastèque.
- D. hirsuta : Ses feuilles texturées sont parfois couvertes de petits poils.
Guide technique : Le bouturage dans l’eau
Le Dischidia se multiplie facilement par boutures de tiges. Bien qu'il soit possible de bouturer dans le terreau, la technique dans l'eau est souvent privilégiée pour sa simplicité et son succès. Voici les étapes à suivre :
- Préparation du matériel : Nettoyez vos ciseaux à l’eau chaude avec un peu de savon. Ensuite, désinfectez-les avec de l’alcool pour éviter la propagation de bactéries.
- Prélèvement : Prélevez une ou plusieurs tiges d’au moins 10 cm. Plus vous faites de boutures, plus vous aurez de chances que le processus aboutisse.
- Mise en eau : Placez les tiges dans un récipient rempli d'eau. Il est crucial de retirer les feuilles du bas pour qu’aucune ne touche l’eau ; celles-ci risqueraient de pourrir et d’épuiser la bouture.
- Enracinement et rempotage : Au bout de quelques semaines, des racines vont apparaître. Quand elles mesurent 3 à 5 cm, vous pouvez planter les boutures dans un pot avec un substrat frais et drainant.
Bouturage de succulentes : Techniques simples pour les débutants
Conditions de culture et entretien optimal
Les dischidias demandent peu d’entretien, mais quelques règles doivent être respectées pour garantir leur santé sur le long terme.
Lumière et Température
Contrairement aux hoyas qui acceptent bien la lumière faible, les dischidias préfèrent une lumière vive avec un peu de soleil direct le matin ou en fin de journée. Ils s'épanouissent dans une plage de température allant de 15°C à 32°C. Il est fortement déconseillé de les exposer à des températures inférieures à 16°C, car ce sont des plantes frileuses.
Arrosage et Humidité
Cette plante strictement succulente demande que le terreau s’assèche avant qu’on ne l’arrose. À part pour les variétés à petites feuilles, on peut attendre que les feuilles se rident légèrement. À la différence d’autres succulentes, les dischidias poussent beaucoup mieux sous une humidité ambiante élevée. L'arrosage par brumisation d'eau non calcaire est idéal pour maintenir ce taux d'hygrométrie nécessaire.
Substrat et Rempotage
Un terreau très drainant est absolument nécessaire pour cultiver ces plantes épiphytes. Il est conseillé d'utiliser un mélange pour épiphytes imitant l'écorce des arbres, composé par exemple d'écorces de pin, de perlite, de sable de rivière ou de sphaigne. Le rempotage est rarement nécessaire, sauf si les racines dépassent amplement par les trous de drainage ou si la plante devient trop à l'étroit, idéalement au début du printemps.

Gestion de la croissance et soins particuliers
Les dischidias ne poussent pas très vite et n’ont pas un système racinaire très développé. Pour obtenir une potée bien garnie, vous pouvez raccourcir les tiges trop longues afin d’encourager la plante à développer des ramifications. Attention : les tiges coupées produisent une quantité copieuse de sève laiteuse qui peut être irritante.
Pour les variétés panachées, il est recommandé de retirer les tiges entièrement vertes, plus entreprenantes, qui pourraient finir par dominer la plante et lui faire perdre son aspect bicolore. Si les plantes qui poussent contre un mur tentent d’y adhérer à l’aide de leurs racines adventives, c’est tout à fait naturel, surtout en condition d’humidité élevée. Mis à part leur sève parfois irritante, les dischidias ne sont pas toxiques, ce qui en fait des compagnons de choix pour les intérieurs.