
La multiplication des plantes est un enjeu clé en horticulture et en agriculture. Dans la nature, les plantes se reproduisent spontanément par semis ou par marcottage. Le jardinage est pour une large part l'art de reproduire les espèces et les variétés, pour les faire fructifier, fleurir… La multiplication, que ce soit par semis, par bouturage, par marcottage, par division ou par greffe est le moyen le moins onéreux dans le jardin pour avoir des fleurs et des légumes. D'autant plus que ces méthodes de multiplication ne demandent pas un matériel sophistiqué. Les plantes ne se reproduisent pas nécessairement au moyen d’une fleur ou d’un fruit ; en effet, certaines variétés n’en ont pas besoin et poussent à partir d’une branche, d’une feuille ou d’une racine. Quand une branche ou une feuille est coupée, la plante peut fabriquer des racines à partir de la coupure.
Les plantes ont une capacité remarquable : celle de régénérer des parties abîmées ou perdues, comme une racine sectionnée, une tige cassée ou un bourgeon arraché. Contrairement aux animaux, elles ne peuvent pas fuir un danger ou se déplacer pour éviter un stress. Cette aptitude naturelle repose sur ce qu’on appelle la plasticité cellulaire. Cela signifie que certaines cellules végétales peuvent, en réponse à une blessure, se transformer et donner naissance à de nouveaux tissus spécialisés. Ce phénomène, lorsqu’il se produit sans intervention humaine, est une forme de reproduction végétative naturelle. L’être humain a très tôt compris qu’il pouvait reproduire et canaliser ces mécanismes à son avantage. Le bouturage et le greffage sont deux techniques essentielles en jardinage et en agriculture, et s'appuient sur des mécanismes physiologiques similaires, en particulier la réaction de cicatrisation et la régénération de tissus après une blessure.
Le Bouturage : Cloner une Plante à l'Identique
Le bouturage est une méthode de multiplication végétative qui consiste à prélever un morceau d’une plante (la bouture) - par exemple une tige, une feuille ou une racine - et à le placer dans des conditions favorables pour qu’il développe de nouvelles racines. Cette technique est utilisée depuis des siècles en pépinière et en jardinage, car elle permet de reproduire fidèlement des variétés sélectionnées pour leur goût, leur floraison, leur vigueur ou leur résistance. Le bouturage consiste à créer une plante entière, à partir d'un fragment de plante prélevé sur la plante mère. Les boutures de racines ou de feuilles peuvent se faire toute l’année. En revanche, les boutures de tiges se font plutôt au printemps pour les herbacées (aromatiques, ornementales, grimpantes…) et à l’automne pour les ligneux (grands arbres et arbustes).

Le premier intérêt du bouturage, c'est qu'il donne lieu à une multiplication d'un végétal à l'identique. Les plantes bouturées seront identiques à la plante mère, avec toutes ses caractéristiques (couleur, odeur…). Le bouturage est un clone de la plante mère, il n’y a donc pas de brassage génétique. Il est déconseillé de planter un jardin de romarin ou un chemin d'arbres dont tous les individus proviennent du même individu, pour un brassage génétique plus important.
Processus Biologiques du Bouturage
Quand une bouture est prélevée, cela provoque une blessure au niveau du point de coupe. Dans les jours qui suivent, certaines cellules autour de la blessure entrent en division rapide. Elles forment un tissu de réparation appelé cal. Les cellules méristématiques se modifient donc et se transforment en ébauches de racines, puis en bourgeons radiculaires et enfin en racines adventives, prêtes à alimenter le reste de la bouture en eau et oligo-éléments pour la faire grandir.
Le déclenchement de l’enracinement dépend fortement des phytohormones, les molécules de signalisation produites par la plante. L’auxine, notamment sous forme d’IAA (acide indole-3-acétique) ou d’IBA (acide indole-3-butyrique), s’accumule près du site de coupe. Elle stimule les cellules à se diviser et oriente leur différenciation vers la formation de racines. Les cytokinines, quant à elles, ont un effet opposé : elles freinent la formation des racines lorsqu’elles sont présentes en grande quantité.
Les Conditions Favorables à l'Enracinement
- Humidité : La bouture, privée de racines, ne peut pas absorber d’eau. Une humidité élevée (souvent maintenue par un dôme ou un sac plastique) est essentielle pour éviter qu’elle ne se dessèche. Il faut placer le pot dans un sac transparent, exemple un sac de congélation maintenu fermer avec un élastique ou une ficelle pour favoriser l'augmentation de taux de l'humidité ambiante et diminuer ainsi l'évaporation. Effectuer quand même quelques petits trous dans le sac pour aérer et éviter le développement des moisissures et des pourritures. Cette installation crée en effet une atmosphère confinée plus chaude, gardant l'humidité autour de la bouture, soit une atmosphère plus propice à son développement.
- Température : Une température modérée favorise la division cellulaire. En général, on recommande 20 à 25°C pour l’air ambiant, et un peu plus pour le substrat.
- Lumière : Une lumière vive mais indirecte est idéale. Trop de soleil peut provoquer un dessèchement rapide, mais trop peu de lumière freine la croissance.
- Âge et état de la plante mère : Les tissus jeunes (comme les extrémités tendres d’une pousse) ont souvent un meilleur potentiel d’enracinement que les bois plus âgés. Dans l’idéal, il faut éviter la période de floraison pour effectuer votre bouturage.
Méthodes de Réalisation du Bouturage
Pour bouturer, il faut partir d'un morceau d'une plante mère afin de reproduire le végétal à l’identique. Bien que chaque plante ait un fonctionnement propre, il faut en général procéder au prélèvement d’une belle pousse sans fleur d’une taille de 10 à 15 cm. La coupe doit être tranchante propre, nette et située sous un œil, à réaliser donc avec des outils bien nettoyés comme un sécateur ou une serpette. Retirez les feuilles tout au long de la tige, sauf 2 - 3 feuilles à l’extrémité. Si les feuilles sont grandes, couper les feuilles en deux. La plante n'ayant pas de racine, donc n'ayant aucun moyen de pomper de l'eau, il faut diminuer la surface d'évaporation et il faut également enlever les bourgeons, car toute l'énergie doit être consacrée à la production du système racinaire.
Il est préférable de replanter le brin sélectionné dans un terreau spécial semis afin de faciliter son redémarrage. Il faut légèrement tasser le terreau et creuser un trou de 5 cm à l’aide d’un petit bâton. Une fois la bouture en place, retassez de nouveau tout autour. L'arrosage est presque quotidien. Un peu de patience ! Pour que ça fonctionne, vous devrez parfois attendre 1 à 2 mois avant d’avoir les premiers résultats. Lorsque les boutures émettent leurs premières racines (entre 4 semaines et deux mois), les boutures sont transférées dans une serre d'acclimatation.
Bouturage dans l'eau
De très nombreuses plantes peuvent se bouturer dans l'eau. Au lieu de planter directement vos boutures, vous pouvez les faire enraciner dans de l'eau avec si vous en avez, un petit morceau de charbon de bois pour éviter le pourrissement dans un récipient où ne pénètre pas la lumière, un bocal enveloppé dans d'une feuille d'aluminium. Laissez les tiges 15 jours dans l'eau pour qu'elles commencent à faire des racines puis mettez-les en terre. Ceci est à réaliser sur les impatiens, fuchsias, lauriers roses et bien d'autres ; pour les souchets et papyrus il faut les mettre à l'envers avec la tête immergée.
Différents types de boutures de tiges
- Bouture herbacée : Elle se pratique lorsque la tige est verte et non lignifiée, au printemps ou en début d'été notamment sur des plantes ne se lignifient pas (plantes molles).
- Bouture semi-ligneuse ou semi-aoûtée : Elle se pratique lorsque la tige est en train de se lignifier ou tout juste lignifiée, cette lignification survient vers le mois d'août. L'enracinement se fait dans 1 à 2 mois qui suivent.
- Bouture ligneuse ou aoûtée : Se dit lorsque la tige est complètement lignifiée, c'est-à-dire à l'automne, juste avant l'hiver. Pépins Production conseille de bouturer le plus tôt possible après la taille et à la saison où la bouture est la plus propice. Oui, il est possible de garder des boutures de tiges ligneuses au frigo, dans une certaine mesure, mais les boutures ligneuses vont plutôt en terre !
- Bouture à talon : Comme précédemment, mais il faut casser la tige à un embranchement en laissant un petit bout de la tige restante. Le petit renflement à l'embranchement est favorable à l'enracinement.
- Bouture d’un œil : C’est une bouture d’un seul œil, de chaque côté duquel on ménage un centimètre de bois.
- Bouture avec un sarment ordinaire : Figure 16 illustre une bouture de vigne avec sarment ordinaire. Ces boutures de vigne avec des sarments ordinaires, coupées à deux yeux et plantées dans un sol meuble et bien préparé, donnent d’excellents résultats.
Boutures spécifiques
- Bouture de racine : Elle est assez similaire à la bouture de tige, mais elle s'effectue sur des racines plutôt charnues. Comme il s'agit cette fois-ci de faire apparaître un bourgeon, on n'enterre pas complètement la racine, on la laisse affleurer la surface.
- Bouture de cactus : Les cactus n'ont pas besoin de beaucoup d'eau. Quand la bouture est prélevée, il faut patienter quelques jours avant de la planter, en la plaçant à l'air libre, à l'ombre pour permettre à la plaie et à la sève de sécher. Ensuite, il faut juste poser ou légèrement enterrer pour la maintenir en place sur un substrat assez sableux maintenu légèrement humide.
- Bouture sur œil : Un œil est prélevé en ménageant un centimètre de bois de chaque côté. Ces boutures sont mises dans la terre sous cloches à bonne exposition.
Hormones de bouturage et astuces
Il existe un moyen naturel pour empêcher le développement de moisissures, en mettant dans votre terre ou terreau une petite quantité de cannelle en poudre, elle va se comporter exactement comme une hormone de bouturage. Pour les rhododendrons, comme les feuilles sont particulièrement grandes, il est préférable de les couper en deux avant le bouturage. Enfin, pour le camélia ou le magnolia, ces derniers peuvent être difficiles à bouturer en raison de leur bois dur.
Le Greffage : Une Union pour la Vigueur
Le greffage est une autre méthode de multiplication végétative, mais son principe diffère fondamentalement du bouturage. Cette technique repose sur la capacité des plantes à réparer leurs tissus après une blessure, en établissant une continuité entre deux systèmes vasculaires. Le greffage consiste à mettre en contact étroit les tissus d'une ou plusieurs plantes pour qu'ils se soudent entre eux. Le greffon développe tige et feuilles, le porte-greffe fournit les racines. Ce procédé permet de reproduire les végétaux qui ne se reproduisent pas fidèlement, par semis, ou à bouturage difficile. Le greffage se fait principalement sur les arbres et les plantes ayant une tige. La greffe de plantes d'intérieur n'est pas possible et n'est pas courante dans la plupart des cas. La seule plante que vous pouvez greffer est le Ficus.

Principes Fondamentaux du Greffage
La greffe est la mise en contact des mêmes tissus d’un autre végétal, afin de se souder et de faire corps avec lui. Les conditions de réussite essentielles sont les suivantes : le sujet et le greffon doivent coïncider entre des couches parfaitement définies, notamment le cambium. Cette compatibilité génétique est cruciale : plus les deux plantes sont proches, plus elles ont de chances de réussir leur union. Les greffes entre variétés d’une même espèce ou d’un même genre sont généralement compatibles. Les monocotylédones n’ont jamais été observées dans le cadre de greffage réussi.
Processus Biologiques du Greffage
La réussite d’un greffage repose sur une séquence d’événements biologiques bien coordonnée, en réponse à la blessure provoquée par la coupe.
- Réaction à la blessure : Immédiatement après la mise en contact, les cellules des deux plantes réagissent à la blessure. Une fine couche nécrotique (faite de cellules mortes) se forme au niveau de la coupure.
- Formation du cal : Dans les tissus proches de la blessure (notamment le cambium), certaines cellules se réactivent et commencent à se diviser. Elles forment un tissu de réparation appelé cal. Le cal continue de se développer des deux côtés de l’union.
- Différenciation vasculaire : Progressivement, il comble l’espace entre greffon et porte-greffe. Une nouvelle couche de cambium se différencie au sein du cal. Cette nouvelle couche va générer du xylème et du phloème, les tissus conducteurs de sève.
- Reconnexion vasculaire : Une fois les connexions établies, la plante redevient fonctionnelle comme un tout. Les sèves brute (eau et minéraux) et élaborée (sucres) peuvent à nouveau circuler entre le porte-greffe et le greffon.
Rôle des Phytohormones et des Sucres
- Auxine : L’auxine est cruciale pour déclencher la formation de tissus vasculaires. Elle est produite dans le greffon et migre vers le point de greffe.
- Cytokinines : Les cytokinines, fabriquées principalement dans les racines, favorisent la formation des vaisseaux, surtout du xylème.
- Sucres : Les sucres, produits par la photosynthèse dans les feuilles du greffon, sont aussi indispensables : ils fournissent l’énergie pour la division cellulaire et servent de molécules de signalisation.
Échec et Incompatibilité
Parfois, malgré des conditions idéales, la greffe échoue. On parle alors d’incompatibilité. C’est le cas, par exemple, des pêchers qui greffent mieux sur amandier ou cerisier Sainte-Lucie, que sur merisier, Cerasus avium ou Prunus avium.
Matériel et Période de Greffage
Le matériel nécessaire pour les greffes est constitué d’un greffoir, d’une serpette, d’une scie à main ou égoïne (à utiliser avec modération car elle déchire les tissus), d’un couteau à greffer, d’un sécateur, de ligatures et d’engluements pour protéger les plaies occasionnées par l’opération. Le mastic à employer à chaud est un mélange de cire jaune, de résine, de saindoux et de térébenthine. Le mastic à employer à froid est un mélange de terre glaise, de fiente de vache fraîche, de foin haché, d'huile de lin ou de noix, qui doit être suffisamment ramolli. Le tout doit se faire lentement en remuant constamment à l’aide d’une spatule. Pour une préparation de mastic Georges Truffaut, les ingrédients nécessaires sont la colophane (750 g), la poix de Bourgogne (125 g), la cire jaune (125 g) et le suif (75 g). La craie ou le blanc d’Espagne peuvent être remplacés par le même poids de cendre de bois tamisée.
L’époque du greffage par rameaux détachés n’est pas fixée dans le temps. On pourrait, à la rigueur, greffer toute l’année. Néanmoins, il est recommandé de prélever les rameaux en décembre pour les greffes devant être faites au printemps.
Techniques de Greffage
On distingue trois grandes catégories de greffes : la greffe par approche, la greffe par scion détaché ou individualisé et la greffe appelée G. à l’œil.
Greffe par approche
Le but de la greffe par approche est de mettre en contact deux sujets qui doivent fournir les éléments nécessaires à leur croissance.
- Greffe en approche ordinaire (Figure 18) : On pratique sur chacun des sujets, à la même hauteur et sur la même ligne, une entaille délimitée, sans toucher à l’aubier. Les deux plaies juxtaposées doivent coïncider parfaitement dans toutes leurs parties.
- Greffe en approche en arc-boutant (Figure 20) : C’est une variante de la greffe en approche ordinaire où l'on entaille sur une longueur de 3 à 4 cm et l'on y insère les greffons. Quatre ou cinq mois après, la reprise est assurée.
Greffe par scion détaché
Ces greffes sont réalisées à partir de scions, c'est-à-dire de jeunes rameaux prélevés sur une plante mère.
- Greffe en fente simple (Figure 21) : La coupe est faite plane ou en biseau, taillée en bec de flûte. On incise le sujet sur une longueur de 3 ou 4 centimètres. Le greffon est taillé de manière à être inséré.
- Greffe en fente double (Figure 23) : Elle est réalisée par deux fentes qui se couperaient à angle droit sur l’axe du sujet.
- Greffe en couronne (Figure 24) : Elle est utilisée sur les sujets à écorce épaisse. On prépare le logement du greffon en incisant l'écorce sur une longueur de 2 centimètres 1/2 à 3 centimètres. Le greffon est inséré de manière à ce que chaque greffon coïncide avec l’aubier du sujet.
- Greffe anglaise (Figure 25) : Elle offre une grande solidité. Les coupes sur le greffon et le sujet sont réalisées au même angle. La greffe anglaise perfectionnée est faite par une fente profonde de 2 cm.
- Greffe en incrustation : Elle est obtenue par une entaille triangulaire de forme telle qu’elle puisse recevoir un greffon taillé en coin. Le greffon doit remplir exactement l’entaille faite sur le sujet. Bien faite, c’est une excellente greffe dont il ne reste pas trace de soudure.
Greffe à l'œil ou en écusson
La greffe en écusson (Figure 26) rend de grands services au pépiniériste dans la multiplication de nos espèces fruitières. L’écusson est un lambeau d’écorce assez étroit, muni d’un œil (Figure 27-1). La meilleure époque pour cette pratique est la fin de l'été, de la mi-juillet à septembre. Le greffage le plus répandu et le moins difficile est le greffage en écusson. Incisez l'écorce du porte-greffe en forme de T avec le greffoir. Soulevez très délicatement l'écorce et débarrassez le greffon de ses feuilles en conservant les pétioles. Glissez doucement le greffon dans le T du porte-greffe en veillant à ce que l'œil du greffon soit dirigé vers le haut. Ligaturez solidement avec du raphia humide ou un lien en plastique souple qui sera enlevé quelques mois plus tard, une fois la reprise du greffon amorcée.
- Greffe à œil dormant : Elle est pratiquée lorsque la végétation commence à se ralentir chez nos espèces fruitières.
- Greffe à œil poussant : Elle est effectuée à l’exposition du nord, pour les greffes à œil poussant. Les écussons sont prélevés au moment même de l’opération, sur ceux de l’année, choisis parmi les mieux aoûtés.
La Greffe par Œil Poussant de M. Tourasse

M. Tourasse (Figure 28-1) a mis au point un système de greffage à œil poussant qui donne d’excellents résultats. Il consiste à abriter les plants sous un hangar roulant sur rails jusqu'à la reprise. Par ce moyen, on obtient des arbres qui fructifient bien plus tôt ; M. Tourasse a obtenu des poires sur un semis de deux ans. Cette méthode est recommandée pour les variétés de poires dans le jardin fruitier.
Le Marcottage : Enraciner avant de Séparer

Le marcottage est une opération qui consiste à faire développer des racines sur des rameaux sans séparer ceux-ci du pied mère. Lorsque la présence des racines est constatée, on procède au sevrage du rameau en le coupant. On obtient ainsi une nouvelle plante en tout point semblable à la plante mère. Le marcottage est plus facile à réussir que le bouturage mais moins "rentable" en nombre de plantes reproduites. Il consiste à provoquer l'émission de racines sur un rameau sans détacher celui-ci de la plante dont il est issu. Il reste ainsi nourri par sa plante mère, tant qu'il n'est pas capable de s'alimenter seul. C'est seulement à ce moment qu'il sera sevré, c'est-à-dire détaché de la plante mère.
Le marcottage est utilisé principalement pour les plantes grimpantes et les arbustes à branches souples. Avec le marcottage, la plante "bébé" profite de l'énergie de la plante-mère (à laquelle elle est toujours reliée). Cette méthode fonctionne parfois mieux que le bouturage. Mais on ne peut pas toujours marcotter, ni garder ces deux individus côte-à-côte. Cette méthode est conseillée lorsque la plante-mère est dans son jardin et qu'elle est difficile à bouturer (longue formation des racines, terreau peu arrosé…).
Types de Marcottage
Marcotte simple : C’est un rameau qu’on enterre par buttage ou coudage (figure ci-contre) afin de lui faire produire des racines adventives, sans le séparer du pied mère. Lorsque l’enracinement s'est produit, on obtient un nouveau rejeton en retranchant le rameau du pied mère. Au printemps : enterrez sous terre l'extrémité d'un rameau souple d'une plante sans le détacher de la plante mère dans un mélange de sable et de tourbe. On peut aussi utiliser une hormone de bouturage. Arrosez régulièrement. À l'automne : la marcotte pourra être sevrée. Si le rameau est couché ou enterré, le mode de marcottage est alors appelé M. en serpenteaux ou M.
Marcottage aérien : Elle s'effectue au printemps pour propager des plantes d'intérieur à tiges épaisses pour les régénérer lorsqu'elles deviennent longues et dégarnies, elle se pratique également sur d'anciennes variétés d'arbres et d'arbustes, sur des sujets âgés sur lesquels on ne peut pas abaisser les branches. Entailler la tige juste en dessous d'un nœud, soulever la fente ouverte avec un cure-dent. Entourer la plaie avec de la mousse de sphaigne humide. On peut également inciser l'écorce sur tout le pourtour d'une tige, effectuer la même chose 4 à 5 cm plus loin. Entre ces deux entailles, supprimer délicatement l'écorce sur cette portion sans entamer le bois, mettre de la poudre de bouturage et l'entourer d'un manchon de mousse humidifiée. Lorsque les racines se développent dans le manchon, couper la plante en dessous de la motte de racines. Si sur la plante que l’on veut multiplier les branches sont trop élevées, on se sert d'un pot ouvert par une fente latérale, afin de pouvoir faire traverser la branche qui devra y former des racines dans une bonne terre humide.
Marcottage par buttage : À la fin de l'hiver, former autour d'une plante qui pousse en touffe une butée arrondie, composée d'un tiers de terre du jardin, un tiers de bon terreau de feuilles et de un tiers de sable, mélange approprié pour bien conserver l’humidité. Rabattre les tiges à une hauteur de ± 15 cm, arroser régulièrement pour maintenir une humidité constante. Sur les parties qui sont sous terre, des racines se développeront et de nouvelles branches se développeront au niveau des yeux.
Marcottage chinois (North American layering) : Technique de multiplication nord-américaine, il faut rabattre au ras du sol un pied adulte, que l'on recouvre d'un monticule de sable toujours maintenu très humide. Lorsque de nouvelles pousses traversent le sable et que la base se recouvre de racines, détacher les jeunes pousses du pied mère en prenant soin aux jeunes racines et repiquer.
Marcottage de Myrtillier : Technique de multiplication nord-américaine, utilisée aussi pour la multiplication du Myrtillier qui s'effectue sur des pieds vigoureux à la fin de l'automne ou au début du printemps. Prélever des tiges de 8 à 10 cm de long x 2 à 3 cm. Entailler légèrement une des extrémités des tiges puis les positionner horizontalement dans une caissette, les recouvrir de 1 à 2 cm de sable maintenu constamment humide en utilisant une eau non calcaire ; recouvrir la caissette d'un verre, d'un plexiglas, d'un film plastique pour y maintenir une température entre 14 à 18°C. En quelques semaines, de jeunes pousses se développent ; lorsqu'elles atteignent 4 à 6 cm, l'extrémité va se mettre à flétrir et dépérir, mais des feuilles puis des racines se développent assez rapidement. Pour le favoriser, il faut alors recouvrir la base des pousses, avec un mélange de sable et de terreau humide.
Le Semis : La Multiplication par les Graines

Le semis est la méthode de multiplication la plus courante et la plus naturelle, consistant à faire germer des graines pour obtenir de nouvelles plantes. Après un semis, la racine principale sort de la graine lors de la germination, alors que les racines d'une bouture apparaissent sur l'organe prélevé, parfois à différents endroits. Mais l'architecture racinaire finale sera la même.
Préparation et Conditions de Réussite
Pour les semis, il faut choisir des vases de capacité en rapport avec le volume de semence que l’on veut leur confier. Ces vases doivent être remplis de bonne terre et préparés à l’avance. Une terre légère est préférable pour favoriser la germination. Les pots sont ensuite enterrés les uns à côté des autres dans une terre labourée. Les couches de graines doivent être protégées des froids par d’abondantes litières.
Technique de Semis
Les graines doivent être semées avec soin. Il est important de bien étaler les semences qui demandent beaucoup de temps à germer. Rien ne sert de précipiter le processus, il faut laisser les graines faire leur travail. Il faut veiller à ce que toutes les graines soient utilisées, ou les vases remplis.
Avantages du Semis
Le semis permet un brassage génétique important, car chaque graine est le résultat d'une reproduction sexuée, combinant le patrimoine génétique de deux parents. Cela favorise la diversité et l'adaptation des plantes à leur environnement. Le semis est également une méthode économique pour produire un grand nombre de plantes.
Qu'est-ce que le greffage et le bouturage ? - C'est Pas Sorcier
Marcottage vs Bouturage : Une Question de Survie
Le marcottage et le bouturage sont deux approches complémentaires de la multiplication végétative, qui reposent toutes deux sur la plasticité régénérative des plantes. Face à une blessure, la plante déclenche une série de réponses internes. Qu’il s’agisse d’une bouture isolée ou d’un greffage, le premier réflexe est le même : protéger la zone lésée et amorcer la réparation par la formation d’un cal. Mais ce point commun s’arrête là.
Dans une bouture, l’absence de racines envoie un signal clair : il faut en former de nouvelles. La bouture, privée de racines, ne peut pas absorber d’eau. Le marcottage, en revanche, permet à la future plante de rester connectée à la plante mère, bénéficiant ainsi de son apport en eau et nutriments pendant la phase d'enracinement. Cette connexion assure une meilleure survie des jeunes plants. En culture potagère, ce procédé est employé pour donner aux végétaux une alimentation supplémentaire favorable au développement des fruits et aussi un marcottage, mais dans ce cas, les tiges enracinées ne sont pas détachées de la plante mère.
Le rôle des hormones et des sucres dans la régénération
Dans les deux cas (bouturage et greffage), l’auxine joue un rôle fondamental dans la division cellulaire et la différenciation des tissus. Les sucres jouent aussi un double rôle. Ce ne sont pas seulement des carburants pour la croissance, mais aussi des molécules de signalisation qui influencent la régénération.
Pour aller plus loin : La plasticité cellulaire des plantes
La capacité des plantes à régénérer des parties abîmées ou perdues repose sur ce qu'on appelle la plasticité cellulaire. Cela signifie que certaines cellules végétales peuvent, en réponse à une blessure, se transformer et donner naissance à de nouveaux tissus spécialisés. Ce phénomène, lorsqu’il se produit sans intervention humaine, est une forme de reproduction végétative naturelle.