La multiplication du Lonicera nitida : techniques et périodes optimales

Le Lonicera, ou chèvrefeuille, est une plante appréciée pour sa floraison souvent parfumée et généreuse, ainsi que pour sa robustesse. Il se présente sous diverses formes : lianes grimpantes, arbustes compacts ou couvre-sols densifiants. Parmi les espèces arbustives à feuillage persistant, le Lonicera nitida est particulièrement intéressant pour sa capacité à former facilement des topiaires ou des haies basses, constituant une alternative crédible au buis. La multiplication de cette plante est une méthode fiable, économique et à la portée de tous, avec plusieurs techniques et périodes idéales à considérer pour un succès optimal.

Illustration des différentes formes de Lonicera (grimpant, arbustif, couvre-sol)

Le marcottage : la méthode la plus accessible

Le marcottage est assurément la technique la plus accessible au débutant pour multiplier un chèvrefeuille, avec un taux de réussite très élevé. Les chèvrefeuilles grimpants, qu'ils soient caducs ou persistants, se propagent très facilement par cette méthode, en serpenteau ou à long bois, réalisée à l'automne.

Comment procéder au marcottage ?

Il est important d’entailler légèrement l’écorce à intervalles réguliers (entre les yeux) sur la partie du rameau qui va se trouver au contact du sol. Les rameaux marcottés sont ensuite enterrés de 5 à 10 cm de profondeur et maintenus en place par des cavaliers réalisés avec du fil de fer. Cette technique permet souvent d'obtenir plusieurs jeunes plantes sur la même tige. Le sevrage des nouvelles plantes se pratique un an après, avec de préférence une mise en pot pendant une saison complète pour favoriser leur développement.

Le bouturage du Lonicera nitida : une méthode efficace

Le bouturage est une méthode de multiplication largement utilisée pour les chèvrefeuilles, notamment les espèces arbustives et grimpantes à feuillage persistant comme le Lonicera nitida, L. pileata, L. henryi ou L. japonica.

Période optimale pour le bouturage du Lonicera nitida

Pour les chèvrefeuilles arbustifs et grimpants à feuillage persistant, le bouturage s'effectue idéalement entre mi-juillet et fin septembre. C'est la période où les rameaux semi-aoûtés sont bien formés, c'est-à-dire souples à la base mais commençant à durcir, et non fleuris. La meilleure période pour bouturer un chèvrefeuille se situe généralement de la fin du printemps à la fin de l’été, soit de juin à septembre. Bien que le bouturage en automne ou en hiver soit possible, il est moins recommandé car la croissance ralentit avec le froid. Pour une réussite optimale, privilégiez une température ambiante comprise entre 18 et 22°C.

Préparation des boutures

Prélevez une tige semi-ligneuse de l’année, non fleurie, d’environ 15 à 20 cm de long. Pour les Lonicera nitida, des boutures d’extrémités de rameaux de 6 à 10 cm de long sont recommandées. Ne conservez que deux feuilles seulement sur la partie supérieure de la bouture et retirez les feuilles situées sur la moitié inférieure de la tige.

Processus de bouturage

Après avoir été enduites d’un peu de poudre d’hormone de bouturage à la base (facultatif mais recommandé pour augmenter le taux de réussite), les boutures sont placées en terrine dans un mélange à parts égales de sable de rivière et de tourbe blonde, ou dans un terreau spécial bouturage ou un mélange sableux bien drainant. Arrosez doucement pour humidifier le substrat sans le détremper. Pour un bouturage à l'étouffée, maintenez les boutures sous un film plastique ou dans une miniserre.

Schéma de la préparation d'une bouture de chèvrefeuille

Où placer les boutures ?

Placez votre pot ou votre terrine à l’abri du vent et du soleil direct, dans un endroit lumineux. En intérieur, privilégiez une véranda ou une serre tempérée. À l’extérieur, optez pour une zone protégée et ombragée. Les boutures peuvent aussi prendre en pleine terre, même dans une terre pauvre, comme certains témoignages l'indiquent, avec un taux de réussite élevé. L'enracinement peut prendre environ 4 semaines.

Bouturage en hiver : une option pour les Lonicera caducs

Les chèvrefeuilles arbustifs et grimpants à feuillage caduc (Lonicera tatarica, L. caprifolium, L. periclymenum, L. xylosteum) sont plutôt bouturés en janvier/février à partir de portions de rameaux de 30 cm de long (boutures à bois sec comportant au moins trois yeux viables). Il est bon de prélever dès la chute des feuilles les tiges qui serviront à la multiplication et de les enjauger dans du sable au pied d’un mur exposé au Nord pour les maintenir en dormance.

Avantages du bouturage en pleine terre

L'avantage du bouturage en pleine terre est que la plante est tout de suite endurcie et se débrouille sans aucune assistance par la suite. Ses racines sont immédiatement adaptées à la terre existante. Cela peut éviter les problèmes de pourrissement en terre argileuse si l'hiver est rigoureux, car les boutures en pleine terre peuvent mieux gérer l'humidité.

Le semis : une méthode plus ardue

Le semis du chèvrefeuille n’est pas la méthode de reproduction la plus répandue. Elle est considérée comme plus ardue, car la plante ne se ressème pas facilement seule dans la nature, ni dans votre jardin. Cela est dû au besoin de stratification des graines.

La stratification des graines

La stratification est l'action que produit la nature sur l'enveloppe des graines pour lever leur dormance et favoriser la germination. Pour recréer cette stratification, on peut utiliser une méthode dite stratification froide, réalisée avec du sable, de l'eau et un réfrigérateur. Théoriquement, si le sac est parfaitement zippé et fermé, il ne doit pas perdre son humidité.

Une autre méthode consiste à procéder, dès l'automne, à la stratification en plaçant dans des pots une alternance de couches de sable humide et de quelques enveloppes de graines. Ces pots sont ensuite stockés à l'ombre, de préférence en exposition nord dans le jardin. En mars-avril, les graines auront théoriquement commencé à germer.

BOUTURER le chèvrefeuille

Caractéristiques générales du Lonicera

Le genre Lonicera rassemble une grande diversité de plantes, appréciées pour leur robustesse et leurs floraisons généreuses.

Diversité des ports et usages

Le Lonicera offre une diversité de ports et d’usages. Les formes grimpantes habillent rapidement les structures verticales, créant une ombre légère et rafraîchissante pour les façades ou terrasses. Les formes arbustives, persistantes ou semi-persistantes, structurent l’espace en haies, massifs ou écrans, tout en étant sobres en eau une fois établies. Les couvre-sols densifiants sont efficaces pour stabiliser les talus et fermer le sol.

Exemples d'espèces et leurs caractéristiques

  • Lonicera x heckrotii 'American Beauty' : un excellent choix en jardin sec, semi-persistant à persistant selon le climat, avec une floraison tubulaire rouge-orangé très visitée par les pollinisateurs. Très sobre en eau après implantation et non envahissant.
  • Lonicera × brownii ‘Dropmore Scarlet’ : un hybride vigoureux avec une floraison longue et lumineuse, résistant à la chaleur et à la sécheresse. Idéal pour les pergolas, câbles inox ou treillages contemporains.
  • Lonicera henryi : un grimpant persistant au feuillage vert sombre élégant, tolérant à la mi-ombre lumineuse.
  • Lonicera periclymenum (et cultivars comme ‘Serotina’, ‘Belgica’, ‘Graham Thomas’) : réputé pour ses parfums puissants, très recherchés pour les soirées d'été. Tolère la sécheresse modérée après enracinement et apprécie un sol drainant et une aération suffisante pour limiter l’oïdium.
  • Lonicera etrusca : pour les régions douces, il offre un beau parfum et une bonne tolérance au sec dans les climats méditerranéens, sur sols filtrants.
  • Lonicera nitida (‘Maigrün’) : persistant, très apte à la taille, il constitue une alternative crédible au buis en haie basse ou bordure.
  • Lonicera pileata : avec son port étalé et son feuillage persistant, c'est un couvre-sol arbustif idéal pour les talus, pieds de haies et massifs. Il supporte très bien la canicule en sol drainant.
  • Lonicera fragrantissima et Lonicera × purpusii (‘Winter Beauty’) : ces arbustes fleurissent en fin d'hiver, offrant des fleurs très parfumées qui prolongent la saison d'intérêt.

Conditions de culture et rusticité

La plupart des Lonicera sont rustiques jusqu’à -15/-20 °C en climat tempéré. Ils nécessitent impérativement un bon drainage du sol. Les sols lourds requièrent un travail de décompactage et d’allègement par l'incorporation de matériaux drainants comme la pouzzolane, le gravier ou le sable grossier. En sols filtrants, un apport de compost mûr (20-30 %) améliore la rétention d’eau sans compromettre l’aération.

Exposition et sol

  • L. × brownii 'Dropmore Scarlet' : soleil non brûlant à mi-ombre, sols pauvres à neutres, très drainants, pH 6-8.
  • L. periclymenum (cultivars parfumés) : mi-ombre lumineuse à soleil doux ; sol drainant, supporte le calcaire.
  • L. nitida : plein soleil à mi-ombre ; sol drainant, même pauvre. Sa taille est facile (2-3 fois par an pour une haie nette).
  • L. pileata : soleil à mi-ombre ; sol très drainant, talus, pH neutre à calcaire.

Plantation et entretien du Lonicera

Période de plantation

La période idéale pour la plantation est l'automne (sol tiède, pluies régulières) car elle favorise un enracinement profond. Au printemps, la plantation est préférable dans les climats froids.

Mise en place

Creusez large et profond, positionnez le collet de la plante au niveau du sol fini. Le premier arrosage doit être copieux (10-15 L par plant) pour chasser l’air et mettre la terre en contact avec les racines.

Espacement

  • Grimpantes : 1,0-1,5 m le long d’un support.
  • Haies : 40-60 cm (double rang en quinconce pour une densité maximale).
  • Couvre-sols : 50-70 cm.

Supports et palissage

Les grimpants exigent un support solide comme des câbles inox, des grillages rigides ou des pergolas robustes. Guidez les jeunes tiges à l’horizontale pour multiplier les départs florifères.

Paillage

Un paillage de 5-8 cm d’épaisseur est recommandé. En jardins secs, le paillage minéral (pouzzolane, gravier, ardoise) réduit l’évaporation, réfléchit la lumière et limite les maladies cryptogamiques. Les paillages organiques grossiers conviennent aussi si le site n’est pas brûlant.

Arrosage

Pendant la phase d’établissement (12 à 24 mois), privilégiez des arrosages profonds et espacés pour pousser les racines vers le bas. Le premier été, arrosez 10-15 L/semaine en l'absence de pluie ; la deuxième année, tous les 10-15 jours selon la chaleur et le vent. Une fois établi, la plupart des Lonicera recommandés se passent d’arrosage, hors canicules prolongées. Surveillez les signes de stress (flétrissement en milieu de matinée, bords nécrosés, chute précoce). Évitez d'arroser souvent et peu, car cela entretient des racines superficielles et accroît le stress en canicule.

Fertilisation

Restez sobre en fertilisation. Un surfaçage au compost mûr (1-2 cm) au printemps est généralement suffisant.

Exemple de Lonicera nitida en haie basse

Taille du Lonicera

La taille du chèvrefeuille n’est pas toujours obligatoire. Généralement, on supprime les bois morts en fin d'hiver.

Taille des grimpants

Pour les grimpants (L. × brownii, L. periclymenum, L. henryi), palissez les deux premières années et orientez les charpentières à l’horizontale pour stimuler la floraison. Taillez légèrement après la première vague de fleurs : supprimez le bois mort, aérez le centre et raccourcissez d’un tiers les tiges trop longues. Tous les 2-3 ans, éliminez 1-2 vieilles charpentières à la base pour rajeunir l'arbuste. Une taille hivernale sévère chez L. periclymenum compromet la floraison, car les grimpants fleurissent mieux au soleil doux ou à la mi-ombre lumineuse.

Taille des arbustes

Le L. nitida accepte très bien la taille de haie (2-3 passages par an selon la vigueur). Pour rajeunir un sujet dégarni, effectuez un recépage à 20-30 cm en fin d’hiver. Le L. pileata se contente d’une taille annuelle de contention.

Problèmes courants et solutions

Oïdium

L’oïdium apparaît en début de printemps ou à l’automne, périodes sujettes à de grands changements de températures et à une alternance de sec et de pluvieux. Il se manifeste généralement lorsque les températures douces ou chaudes côtoient des périodes humides. Il est fréquent sur L. periclymenum par été chaud et stagnant.Prévention : assurez une exposition aérée, effectuez des tailles d’éclaircie et arrosez au pied le matin.

Acariens (araignées rouges)

En période très sèche, privilégiez une bonne biodiversité et limitez le stress hydrique.

Pourritures racinaires

Elles sont presque toujours liées à un sol gorgé d’eau. Remédiez par un drainage adéquat et un paillage adapté.

Sécurité et toxicité

Les baies de nombreux Lonicera sont potentiellement toxiques pour l’humain et les animaux domestiques. Il est important de sensibiliser les enfants et les visiteurs à ce risque.

Utilisation en jardin sec et associations végétales

Le Lonicera s’adapte très bien en conteneur pour terrasses et patios si le volume est suffisant (40-60 L minimum pour une grimpante, 25-40 L pour L. nitida en topiaire ou L. pileata retombant) et le drainage parfait. Le substrat idéal se compose de 50 % de terreau drainant, 30 % de fibre végétale ou de compost mûr, et 20 % d’agrégats minéraux (pouzzolane, perlite). Couvrez la surface de 5 cm de paillage minéral.

Les Lonicera en jardins secs

La réussite du Lonicera en jardin sec repose sur la qualité du drainage et l’adéquation exposition/espèce. Positionnez les grimpants à un endroit où l’air circule sans courant d’air desséchant, et réservez la mi-ombre lumineuse aux cultivars très parfumés (L. periclymenum, espèces d’hiver). Sur un mur chaud, préférez des grimpants tolérants à la chaleur comme L. × brownii ‘Dropmore Scarlet’.

Associations végétales harmonieuses

Le Lonicera aime la lumière, les sols bien drainés et une irrigation parcimonieuse une fois établi. Les compagnes idéales partagent ces exigences, limitent le travail d’arrosage et créent une partition de textures et de couleurs harmonieuses.

  • Arômes et textures méditerranéennes : lavandes (Lavandula angustifolia, L. × intermedia), sauges (Salvia officinalis, S. microphylla), cistes (Cistus), romarins (Salvia rosmarinus), santolines, hélichrysums, teucriums.
  • Graminées graphiques : Stipa tenuissima, Pennisetum alopecuroides (‘Hameln’), Helictotrichon sempervirens, Festuca glauca, Panicum ‘Squaw’.
  • Vivaces sobres et pollinifères : nepeta, gaura (Oenothera lindheimeri), achillées, perovskia (Salvia yangii), euphorbe characias, sedums, eryngiums, phlomis.

Exemples d'aménagements

  • Haie basse de L. nitida 'Maigrün' (80 %) en bordure d'allée, avec Lavandula angustifolia 'Hidcote' (20 %) pour le parfum.
  • Treillage corten avec L. henryi (50 %) et Stipa tenuissima (50 %) en pied.
  • Clôture habillée de L. × brownii ‘Dropmore Scarlet’ (60 %) et massifs de Salvia microphylla ‘Hot Lips’ (40 %).
  • Lisières de L. pileata avec des touches d'Eryngium planum pour le contraste.
  • Petite cour urbaine (20 m²) : un treillage mural avec Lonicera japonica 'Hall's Prolific' crée une colonne florale, tandis que deux bacs de 50 L accueillent des L. nitida taillés en cubes. Au sol, gravier clair et bandes de L. pileata dans une jardinière longiligne.
  • Talus ensoleillé de 30 % de pente : plantation en quinconce de L. pileata à 70 cm, paillage à la pouzzolane 7-15 mm, goutte-à-goutte saisonnier la première année. En haut de talus, haie mixte de L. nitida et cistes pour le coupe-vent.
  • Pergola de 12 m² plein sud : double plantation L. × brownii ‘Dropmore Scarlet’ aux pieds opposés, palissage horizontal, irrigation de reprise la première année. Sous la structure, assises en bois et massifs de lavandes/graminées.

Exemple d'association de Lonicera avec des plantes méditerranéennes

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