Le bouturage consiste à couper une partie d’une plante pour qu’elle fabrique de nouvelles racines. C’est une méthode de clonage : on obtient la même plante, avec les mêmes caractéristiques. Une plante ne se reproduit pas nécessairement au moyen d’une fleur ou d’un fruit ; en effet, certaines variétés n’en ont pas besoin et poussent à partir d’une branche, d’une feuille ou d’une racine. Quand une branche ou une feuille est coupée, la plante peut fabriquer des racines à partir de la coupure. Le bouturage est une méthode simple et économique qui permet de reproduire des végétaux à l’identique à partir d’un fragment de la plante mère. Contrairement à ce que l’on croit parfois, c’est un geste simple, à la portée du jardinier débutant.

Les principes fondamentaux du bouturage
Bouturer consiste simplement à multiplier une plante mère en une ou plusieurs nouvelles plantes, les fameuses boutures, avec les mêmes caractéristiques que le plant de départ. Avant de vous lancer, vérifiez que l’espèce se prête au bouturage. Rien ne sert de vous acharner à faire une bouture de coquelicot, de feuille d’Echeveria ou de tige de bananier. L’opération n’a aucune chance de réussir. Vous perdriez votre temps et ne récolteriez que de la frustration.
Il existe différentes sortes de boutures :
- Un fragment de tige ou de rameau, dans plus de 90 % des cas.
- Une feuille ou un fragment de feuille (succulentes, saintpaulia, certains bégonias…).
- Un fragment de racine (cœur de Marie, pavot d’Orient, corète du Japon…).
Dans tous les cas, les plantes obtenues sont identiques à la plante mère, avec toutes ses caractéristiques (couleur, odeur…), ce qui n’est pas toujours le cas lorsqu’on fait un semis.
Le matériel et la préparation de la bouture
Pour réussir, le choix des outils est primordial. Utilisez toujours un couteau ou un sécateur bien aiguisé pour couper les boutures de plantes. Si l’opération est, a priori, indolore, elle n’est pas sans risque. En effet, le prélèvement laisse une plaie et il peut aussi provoquer des maladies. Pour que votre plante cicatrise plus facilement et qu’elle ne soit pas contaminée par un champignon, utilisez toujours un instrument propre et affûté. Désinfectez vos ciseaux, votre couteau ou votre sécateur avec de l’alcool avant de vous en servir.
Bien que chaque plante ait un fonctionnement propre, il faut en général procéder au prélèvement d’une belle pousse sans fleur d’une taille de 10 à 15 cm. Dans l’idéal, il faut éviter la période de floraison pour effectuer votre bouturage. La coupe doit être tranchante, propre, nette et située sous un œil - le point d’attache de la feuille ou du rameau sur la tige - à réaliser donc avec des outils bien nettoyés. Les nœuds concentrent une plus grande quantité d’auxine, une hormone sécrétée naturellement et qui permet le développement du système racinaire.
Bouturer des Rosiers 🌹 Quand et Comment faire ? [4 étapes]
Le bouturage dans l’eau : la méthode la plus accessible
La technique la plus simple et rapide est le bouturage dans l’eau. Elle est particulièrement adaptée pour les jardiniers en herbe. Elle consiste à placer une extrémité de tige dans de l’eau pour déclencher l’apparition de racines.
- Préparation : Prélevez sur le plant mère de belles extrémités de tiges saines d’une dizaine de centimètres, sans parasite, sans fleur, coupées en biseau juste en dessous d’un nœud. Dans l’idéal, il faut 3 niveaux de feuilles. On ne garde ensuite que les feuilles du haut, que l’on peut même couper en deux si elles sont grosses pour limiter l’évaporation et concentrer l’énergie de la tige à la fabrication de racines.
- Mise en eau : Placez la bouture dans un pot transparent - ce qui permet de suivre l’évolution des racines et la qualité de l’eau - rempli d’eau tiède, suffisamment pour que plusieurs nœuds soient immergés.
- Entretien : Pour maintenir la qualité de l’eau, deux solutions : placer un morceau de charbon de bois au fond du récipient ou changer l’eau régulièrement. Elle doit rester propre et claire. Placez le pot dans un endroit lumineux et chaud (aux alentours de 19°C), mais sans soleil direct.
- Rempotage : Lorsque les racines atteignent environ 4 à 10 cm, replantez délicatement la bouture dans un terreau léger.
Le bouturage en terre : une approche plus naturelle
Le bouturage en terre prend plus de temps qu’en eau, mais il permet à la plante de s’acclimater directement à son environnement final.
- Substrat : Du terreau spécial semis peut convenir, mais vous pouvez aussi mélanger 2/3 de terre du jardin avec 1/3 de sable ou de perlite. Le vieux terreau ne peut plus être utilisé car il ne retient plus l’eau et ne contient plus de nutriments.
- Technique : Insérez profondément la tige dans un pot rempli de substrat. Utilisez un crayon pour creuser un trou de 5 cm afin de ne pas endommager les tissus lors de l’insertion. Tassez légèrement le terreau tout autour.
- L’étouffée : Pour augmenter la chaleur et le taux d’humidité (100%), recouvrez le pot d’un sac plastique transparent ou d’une cloche, en veillant à ce qu’il ne touche pas la plante. Cela permet aux boutures de se développer plus rapidement. N’oubliez pas d’aérer tous les deux jours pour éviter la pourriture.

Les spécificités des succulentes et des plantes grasses
Les cactus et autres plantes succulentes se bouturent de plusieurs manières, majoritairement par les feuilles.
- Sélectionnez une ou plusieurs feuilles entières et saines.
- Installez la feuille coupée dans le substrat en l’enfonçant légèrement, partie coupée dans la terre.
- Maintenez le substrat humide en vaporisant régulièrement.
Contrairement aux plantes tropicales, ces espèces demandent un substrat très drainant, composé par exemple de sable ou de perlite, pour éviter que les tissus ne pourrissent par excès d'humidité.
Calendrier et facteurs de réussite
Le bouturage dépend fortement de la saison. Les boutures de feuilles et de racines peuvent se faire toute l’année. En revanche, les boutures de tiges se divisent en trois périodes :
- Printemps (mai-juin) : Boutures herbacées ou « en vert ». Idéal pour les vivaces et plantes d’appartement.
- Été/Automne (mi-août à mi-octobre) : Boutures semi-aoûtées, à partir de rameaux commençant à durcir. Concerne la plupart des arbustes et rosiers.
- Automne/Hiver : Boutures ligneuses ou « bois sec ». Pour les arbres et arbustes à feuilles caduques.
Conseils pour éviter l’échec
Le bouturage est loin d’être une science exacte. Il arrive parfois que les boutures ne prennent pas racine. C’est pourquoi il est toujours sage de prendre plus de boutures que nécessaire.
- Signes d’échec : Si la tige commence à noircir et que les feuilles tombent, c’est que le bouturage n’a pas fonctionné. Il faut jeter, tout nettoyer et recommencer.
- Surveillance : Si vous voyez des racines brunes, c’est un signe de pourriture. Agissez rapidement et coupez les racines pourries avec des ciseaux propres.
- Patience : Il faut parfois attendre 1 à 2 mois avant d’avoir les premiers résultats. Ne soyez pas pressé de rempoter ; attendez que le système racinaire soit suffisamment fourni.
N’oubliez pas que l'hormone de bouturage - l’auxine - n’est pas indispensable et peut être réservée aux boutures les plus difficiles. Une fois la bouture en place, assurez-vous de maintenir une humidité constante sans jamais détremper le substrat, et offrez une lumière vive mais tamisée à vos jeunes pousses pour garantir leur vigueur.