Les géraniums vivaces se cultivent en pleine terre partout sous nos climats en raison de leur rusticité, alors que les géraniums de balcon ou pélargoniums sont bien plus frileux et se cultivent en plantes annuelles, parfois en massif sous les climats les plus tempérés et le plus souvent en potées ou en jardinières. Pour une culture réussie, retour sur les maladies et ravageurs du géranium de balcon et les soins à apporter. Qu’il s’agisse d’un géranium zonale, odorant, lierre ou d’un géranium des fleuristes, la frilosité n’est pas le seul élément à prendre en considération quand il en vient à l’entretien de vos pélargoniums. Une inspection régulière et quelques signes extérieurs vous permettront de repérer facilement les maladies communes de vos géraniums de balcon et apporter les soins adéquats.

Les maladies courantes des pélargoniums et leurs traitements
La rouille
Son nom est explicite à souhait puisque ce champignon, friand de pélargonium et plus particulièrement de géranium zonal, laisse sur le feuillage des taches jaunâtres et des amas circulaires, des sortes de pustules couleur rouille. Une surveillance régulière dès le printemps et une action immédiate s’imposent.
- Signes : Tâches et pustules, ralentissement de la croissance et de la floraison, dépérissement localisé et progressif.
- Facteurs aggravants : Chaleur, humidité, mauvaise aération.
- Traitements préventifs : Ne pas arroser le feuillage, ne pas planter densément, favoriser une bonne aération, désinfecter les outils entre chaque utilisation.
- Traitements curatifs : Suppression immédiate des parties atteintes dès apparition des dégâts.
Le phytophtora
Membre actif de la grande famille des pourritures des racines, le phytophtora est un micro-organisme qui attaque bon nombre de plantes ornementales, fleuries ou potagères tout au long du système racinaire jusqu’au collet, la base de la tige. Il se développe particulièrement lorsque les températures sont fraîches (de 13 à 16°).
- Signes : Décoloration du feuillage, brunissement ou rougeoiement ; noircissement de la tige ; dessèchement de la plante ; dépérissement parfois rapide.
- Facteurs aggravants : Humidité ambiante persistante ; arrosage trop fréquents.
- Traitements préventifs : Prévoir un drainage important pour assurer une bonne évacuation de l’eau en excès (billes d’argile au fond des contenants) ; ne pas blesser racines et tiges ; assurer une bonne aération.
- Traitements curatifs : Débarrassez-vous du plant tout entier et du substrat.
Les intumescences
Il ne s’agit pas d’une maladie à proprement parler mais plutôt d’un dysfonctionnement qui atteint plus particulièrement le géranium lierre et qui provoque une succession de petits œdèmes sur la partie aérienne de la plante.
- Signes : Petites hernies, petits boutons sur le revers de la feuille ; brunissement des feuilles qui finissent par se recroqueviller ; ralentissement de la floraison.
- Facteurs aggravants : Humidité par temps frais, excès de fertilisant ou fertilisation azote/potasse mal équilibrée.
- Traitements préventifs et curatifs : Réduire voire stopper l’arrosage par temps frais, humide et couvert, s’assurer d’un bon drainage et d’un milieu bien aéré, ne pas fertiliser en période de croissance lente ; faire un apport de calcium et potasse.
TACHES NOIRES sur les FEUILLES DES PLANTES (3 Causes et Solutions ✅)
Les ravageurs du pélargonium à surveiller
Papillon, chenille, mouche ou encore puceron, le pélargonium plaît aux insectes. Focus sur 3 d’entre eux à ne pas laisser s’installer.
Le brun du pélargonium
Il a bien des appellations - mineuse des tiges ou encore Lycène des géraniums… Il s’agit d’un papillon brun d’Afrique du Sud, très invasif, qui attaque spécifiquement et uniquement les pélargoniums (à l’exception des odorants) en y déposant ses œufs qui donneront des chenilles vertes très ravageuses.
- Signes : Tiges minées et feuilles perforées ; déformation des boutons floraux ; dessèchement et dépérissement généralisé.
- Facteur aggravant : La chaleur.
- Traitements préventifs : Décoction de tanaisie ou purin de fougères en pulvérisation sur le feuillage.
- Traitements curatifs : Suppression des parties atteintes dès apparition des dégâts, pulvérisation de bacilles de Thuringe (Bacillus Thuringiensis), un micro-organisme insecticide également utilisé dans le traitement de la pyrale du buis.
L’aleurode
Cette minuscule mouche blanche se déplace en bande et c’est en nuée qu’elle investira vos plantations. En plus de causer d’importants dégâts, cet insecte est porteur et transmetteur d’un virus s’attaquant aux végétaux.
- Signes : Colonies visibles ; feuilles collantes ; survenue de la fumagine repérable à la présence d’une fine poudre noire ; dépérissement généralisé.
- Facteurs aggravants : Chaleur ; excès en eau ; végétaux affaiblis par d’éléments nutritifs ; présence d’un grand nombre de plantes hôtes, entre autres potagères comme les choux ou la tomate.
- Traitements préventifs : Décoction de tanaisie ou purin de fougères en pulvérisation sur le feuillage.
- Traitements curatifs : Suppression des parties atteintes dès apparition des dégâts, pulvérisation de Bacillus Thuringiensis.
Le puceron
Célèbre petit insecte qui attaque le végétal par aspiration de son suc, le puceron comprend de nombreuses espèces dont l’une d’entre elle est très présente sur les géraniums de balcon au printemps. S’il est redoutable, il existe bien des méthodes naturelles pour s’en débarrasser.
- Signes : Feuilles déformées, frisées, maladives ; présence d’un dépôt gluant ; affaiblissement et retard de croissance.
- Facteurs aggravants : La belle saison ; les engrais azotés ; la sécheresse ; la profusion de plantes hôtes du puceron.
- Traitements préventifs : La lutte biologique, très efficace en matière de prévention d’infestation de pucerons.
- Traitements curatifs : Suppression à la main des colonies, passage du jet d’eau, pulvérisation d’un insecticide naturel à base d’huile de colza si invasion trop importante.

Focus sur les vers blancs : ravageurs souterrains
Fléau du jardin, les vers blancs s'attaquent principalement aux légumes à tubercule et aux racines des végétaux. Les vers blancs qualifient communément les larves de hanneton et les larves d'otiorhynques qui dévorent les racines de nos plantes et de nos légumes, principalement en printemps et en été.
La larve de hanneton
Insecte coléoptère appartenant à la famille des Scarabéidés, cette larve est reconnaissable par sa couleur blanc crème et son corps complètement courbé. Elle présente une tache noire sur une de ses extrémités et sa tête marron foncé se trouve de l'autre côté de son abdomen. La larve de hanneton se déplace grâce à ses longues pattes. Elle peut mesurer jusqu'à 4 cm à la fin du stade larvaire. Le stade larvaire du hanneton dure 2 ans.
La larve d'otiorhynque
Autrement appelée charançon ou Otiorhynchus, cet insecte ravageur est de couleur blanche. Sa tête est marron et luisante. Il ne possède pas de pattes, il avance donc en rampant. Son corps est légèrement courbé, et bien dodu. Il mesure entre 10 et 14 mm. Les femelles pondent jusqu'à 500 œufs, directement dans les graines des plantes.
Symptômes d'une attaque
Les larves de hannetons et d'otiorhynques sont particulièrement friandes des plantes potagères à tubercules et des légumes racines. Soyez donc particulièrement vigilants et observez vos plants pour détecter leur présence. Le premier symptôme d'une attaque de vers blancs se situe au niveau des racines de vos plantes et légumes. Si ces zones sont grignotées, voire complètement sectionnées sur de jeunes plants, il s'agit probablement d'une attaque de vers blancs. Le deuxième symptôme concerne la santé globale de votre plante : si vous constatez qu'elle jaunit et se flétrit, c'est une conséquence de la détérioration de ses racines.
Méthodes de lutte contre les vers blancs
Les nématodes
La solution biologique la plus efficace contre les vers blancs consiste à arroser les cultures de nématodes Hb. Ces organismes microscopiques sont naturellement présents dans le sol mais en trop petite quantité pour pouvoir endiguer les attaques de vers blancs. Ce sont néanmoins de puissants parasites qui ciblent les larves de hannetons et d'otiorhynques. Il est important de bien humidifier la terre avant et après l'application des nématodes.
Les auxiliaires du jardin
Les oiseaux et les chauve-souris en raffolent : prélevez manuellement les vers blancs repérés au pied de vos plants après avoir biné la terre, et posez-les dans une coupelle. Les hérissons sont également friands de vers blancs, pensez à leur aménager un abri pour les accueillir au jardin. Bien que les taupes ne soient pas les meilleures amies des jardiniers, elles sont pourtant redoutables contre les larves de hannetons et d'otiorhynques.

Les plantes comme alliées
Il est possible d'attirer les larves d'otiorhynques et de hannetons vers une plante en particulier afin de les éloigner des autres plants. La Bergénie à feuilles charnues (Bergenia crassifolia ou Oreilles d'éléphant) attire les vers blancs et agit donc comme un piège. Une astuce de grand-mère consiste à disposer des feuilles de navets et de choux hachées autour des semis, à peine enterrées dans le sol. Elles ont la réputation d'être des répulsifs contre les vers blancs, tout comme les géraniums que vous pouvez planter près des plants à risque pour les protéger.
Distinguer les vers blancs : amis ou ennemis ?
En remuant votre compost, vous apercevez des vers blancs et vous pensez tout de suite que ce sont des larves de hanneton. Et pourtant, ce n'est pas le cas ! Dans votre compost se trouvent en fait des larves de cétoine. Ce petit insecte n'est pas du tout néfaste pour votre compost, au contraire. La larve de cétoine se nourrit de matière organique et accélère sa décomposition. On la trouve généralement dans des souches de bois mort ou dans des arbres creux, dans lesquels elle trouve du bois en décomposition.
- Reconnaître la larve de cétoine : Sa couleur blanche vire vers le gris, contrairement à la larve de hanneton qui tire plutôt vers le jaune, et la larve d'otiorhynque qui est toute blanche ; ses pattes sont toutes petites, tandis que celles du hanneton sont très grandes et que l'otiorhynque n'en possède pas ; sa tête est petite, ce qui n'est pas le cas pour les deux autres sortes de larves.
Les larves de cétoine sont sans danger pour vos plantes, car elles ne se nourrissent que de végétaux morts. On les appelle des saproxylophages. Votre jardin d'ornement et votre potager ne courent donc aucun risque en leur présence.
Soins et entretien général des géraniums
Les géraniums ont besoin d'une exposition adéquate à la lumière du soleil pour se développer et prospérer. Assurez-vous de planter vos géraniums dans un endroit où ils recevront au moins six heures de soleil direct par jour. L'arrosage régulier est essentiel pour maintenir la santé des géraniums. Veillez à ne pas trop arroser pour éviter les problèmes de pourriture des racines, mais assurez-vous que les plantes reçoivent suffisamment d'eau pour rester vigoureuses. Une fertilisation équilibrée aidera vos géraniums à rester forts et résistants aux ravageurs. Utilisez un engrais spécialement formulé pour les plantes fleuries et suivez les instructions de dosage.

Lorsqu'ils manquent de nutriments essentiels, ils peuvent présenter des signes de carences nutritionnelles. L'azote est un nutriment essentiel pour la croissance des plantes. Lorsque les géraniums manquent d'azote, leurs feuilles peuvent devenir pâles ou jaunes. Le phosphore est un autre nutriment important pour les géraniums. Une carence en phosphore peut entraîner une croissance ralentie, des feuilles plus petites et une coloration pourpre ou rougeâtre des feuilles. Le potassium est essentiel pour de nombreux processus métaboliques des plantes, y compris la régulation de la croissance et la résistance aux maladies. Lorsque les géraniums manquent de potassium, leurs feuilles peuvent présenter des bords bruns ou jaunes, et les plantes peuvent être plus sensibles aux maladies et aux ravageurs.
L'apport de matière organique est un moyen naturel d'enrichir le sol en nutriments essentiels. Ajoutez du compost, du fumier bien décomposé ou d'autres amendements organiques au sol autour de vos géraniums. Le pH du sol joue un rôle important dans l'absorption des nutriments par les plantes. Les géraniums préfèrent un pH légèrement acide à neutre, compris entre 6,0 et 7,0. Si votre sol est trop acide ou trop alcalin, les plantes peuvent avoir du mal à absorber certains nutriments.
Astuces de jardinage et prévention
Pour traiter les géraniums contre les vers blancs qui mangent l'intérieur de la tige, il faut mettre des quartiers de pommes sur le pot et les vers iront se nourrir du fruit. Pour rapidement éliminer les pucerons sans produit chimique, pulvériser de l'eau à laquelle vous aurez ajouté quelque gouttes de produit vaisselle. C'est très efficace et économique ! Pour éviter que les racines de mes boutures ne moisissent dans l'eau, je mets au fond de mon pot un morceau de charbon de bois. Lors du rempotage, mettre au-dessus du terreau une bonne couche de billes d'argile qui garderont la fraîcheur au pied de la plante. Ces billes peuvent être mélangées au terreau et retiennent l'eau à l'intérieur du pot.
TACHES NOIRES sur les FEUILLES DES PLANTES (3 Causes et Solutions ✅)
La rotation des cultures est une pratique agricole qui consiste à changer l'emplacement des plantes d'une année à l'autre. Cette technique permet de prévenir l'appauvrissement du sol en nutriments spécifiques et de réduire les risques de carences nutritionnelles. Lorsque vous plantez vos géraniums, essayez de les placer dans un endroit différent de celui où ils étaient l'année précédente. Maintenir un jardin propre et bien entretenu peut aider à prévenir les ravageurs. En éliminant les feuilles mortes, les mauvaises herbes et les débris végétaux, vous éliminez les cachettes potentielles pour les ravageurs. Certaines plantes ont des propriétés répulsives pour certains ravageurs. En les plantant à proximité de vos géraniums, vous pouvez dissuader les ravageurs de s'approcher. Par exemple, la lavande, la menthe et la citronnelle sont connues pour repousser les pucerons et les thrips.