Le Philadelphus, plus communément appelé seringat, est un arbuste au feuillage caduc reconnu pour sa floraison printanière très abondante et surtout très parfumée. Ses fleurs blanches apportent de la douceur au jardin. On le trouve essentiellement dans les haies champêtres ou en isolé, mais il peut aussi bien servir d’assises aux massifs. Le seringat demande peu de soins et se plaît dans tous les types de sols à condition qu’il soit bien drainé. Une exposition ensoleillée ou légèrement ombragée lui convient parfaitement. Il se développe partout en France.
Le bouturage est une méthode simple et économique qui permet de reproduire des végétaux à l’identique à partir d’un fragment de la plante mère. Contrairement à ce que l’on croit parfois, c’est un geste simple, à la portée du jardinier débutant. Il suffit de connaître la marche à suivre et de se lancer ! Dans tous les cas, les plantes obtenues sont identiques à la plante mère, avec toutes ses caractéristiques (couleur, odeur…), ce qui n’est pas toujours le cas lorsqu’on fait un semis.

Les différentes méthodes de bouturage du seringat
Tu rêves d’avoir plusieurs seringats dans ton jardin sans dépenser un centime ? La solution est toute trouvée : la bouture ! Cette technique facile et économique te permettra de multiplier ton bel arbuste aux fleurs blanches si délicieusement parfumées.
La bouture dans l’eau : une méthode ludique et gratifiante
Tu veux voir tes racines se développer comme par magie ? La bouture de seringat dans l’eau est super pratique et ultra satisfaisante ! C’est une méthode que beaucoup apprécient, car tu peux observer l’évolution des racines jour après jour.
Pour réussir cette opération :
- Prélever sur le plant mère de belles extrémités de tiges saines d'une dizaine de centimètres, sans parasite, sans fleur, coupées en biseau juste en dessous d'un nœud.
- Débarrasser de ses feuilles toute la partie de la bouture qui sera dans l’eau.
- Mettre la bouture à tremper dans un verre d’eau (à changer tous les 3-4 jours pour éviter la prolifération de bactéries).
- Placer le récipient dans un endroit lumineux et chaud, aux alentours de 19°C.
- Patienter le temps que des racines apparaissent et se développent. En général, les premières racines apparaissent au bout de 3 à 5 semaines.
- Lorsqu’elles atteignent environ 3 à 4 cm, replanter délicatement la bouture dans un terreau léger.
Pour maintenir la qualité de l’eau, on a deux solutions : soit placer un morceau de charbon de bois au fond du récipient, soit changer l’eau régulièrement. Si la tige commence à noircir et que les feuilles tombent, c’est que le bouturage n’a pas fonctionné. Il faut jeter, tout nettoyer et recommencer.
Cultiver le Seringat
Les boutures semi-aoûtées et ligneuses
La période optimum est juillet/août avec des pousses semi-aoûtées (mi vertes - mi bois). L’été est parfait pour faire ces boutures, c’est-à-dire avec des tiges qui commencent tout juste à durcir. Veille à ce que le substrat reste humide mais pas détrempé. Cette technique donne généralement 70-80% de réussite !
En hiver, on fait des boutures de bois sec (sur bois dormant). Le bouturage du seringat se fait à partir de bois sec, quand la plante est en repos végétatif. Repiquez les boutures en hiver à l’abri des vents froids et secs dans un mélange de terre de jardin et de sable de rivière. Vous pouvez utiliser une hormone de bouturage pour une efficacité maximale. Les boutures vont s’enraciner au printemps et tu pourras les transplanter à l’automne suivant. C’est la méthode la plus économique et naturelle !
Préparation et soin des boutures
Le fragment de tige ou de rameau prélevé est d’abord convenablement préparé, puis planté dans un substrat adéquat. Sur une plante mère parfaitement saine, sélectionnez une tige ou un beau rameau de l’année, défleuri ou n’ayant pas porté de fleurs. Munissez-vous d’un sécateur bien affûté et désinfecté.
Étapes clés de la préparation
- Prélèvement : Prélevez à l’extrémité de la tige ou du rameau un fragment de 10 à 15 cm de long, en le coupant en biais sous un départ de feuille ou un bourgeon. Dans certains cas, une « bouture à talon » a plus de chances de réussir : elle se fait à partir d’un rameau secondaire, en conservant à la base un fragment du rameau principal.
- Préparation : Étêtez la bouture en la coupant juste au-dessus d’un bourgeon (environ 15 cm). Éliminez toutes les feuilles sauf deux ou trois au sommet. S’il s’agit de grandes feuilles, les couper en deux pour limiter l’évaporation.
- Hormones : Afin de favoriser la production de racines, on peut tremper la base de la bouture dans une poudre d’hormone de bouturage vendue en jardinerie. Il faut alors prendre la précaution de tapoter légèrement la bouture avec le doigt pour éviter un surplus néfaste d’hormones.
- Plantation : À l’aide d’un crayon, creusez un trou dans le substrat, puis glissez la bouture dedans. Tassez légèrement le substrat autour de chaque bouture et arrosez sans noyer la bouture.

Le marcottage : une alternative naturelle
Tu savais qu’il existe une technique encore plus simple ? Le marcottage est presque infaillible avec le seringat ! C’est parfait si tu as un arbuste bien établi dont certaines branches touchent presque le sol. En quelques mois, des racines vont se développer au niveau de la partie enterrée. À l’automne ou au printemps suivant, tu pourras sectionner la branche entre la marcotte et le pied mère, puis transplanter ton nouveau seringat où tu veux !
Conseils pour une installation réussie
Une fois bien enraciné, ton jeune seringat pourra être planté en pleine terre. Choisis un emplacement ensoleillé ou mi-ombragé et un sol bien drainé. Le seringat supporte mal les terres sèches, notamment en été. Veillez donc à un arrosage régulier sans inonder la plante pour autant car elle craint également l’excès d’eau !
Le seringat n’est pas sujet aux maladies cryptogamiques. En revanche, il est très sensible aux pucerons. Pour lutter contre ces insectes, vous pouvez dans un premier temps exposer votre arbuste à la fraîcheur. Ensuite, pulvérisez de l’eau savonneuse ou bien un mélange d’eau et d’huile d’olive qui, en plus, nourrira votre plante. Si toutefois ces traitements n’étaient pas assez efficaces, vous pouvez toujours utiliser un insecticide spécial anti-pucerons.

En respectant ces quelques conseils, qu'il s'agisse de la méthode douce dans l'eau ou des boutures plus traditionnelles en terre, tu seras bientôt l’heureux propriétaire d’une véritable collection de seringats au parfum enivrant. Patience et observation restent les maîtres mots pour réussir la multiplication de cet arbuste emblématique.