
Le bouturage, cette technique horticole millénaire, offre aux jardiniers la possibilité de transformer une simple section de tige en une plante entière en un temps relativement court. C’est une méthode de multiplication fascinante qui permet de conserver toutes les caractéristiques des plantes mères, qu'il s'agisse de la couleur des feuilles et des fleurs, ou du port des plantes. Cet élément est particulièrement intéressant pour réaliser une bordure ou une haie, où tous les végétaux pourront afficher la même vigueur. Cependant, le succès de cette opération repose sur une compréhension approfondie de phénomènes physiologiques essentiels, dont la transpiration foliaire joue un rôle central.
La transpiration, chez les plantes comme chez les humains, est un processus fondamental. Sur les feuilles des plantes se trouvent de petits trous appelés stomates, par lesquels l'eau s'échappe sous forme de vapeur. Cette évaporation crée un phénomène d’aspiration qui permet à l’eau puisée dans le sol par les racines de monter dans les tiges. Pour les boutures, qui n’ont pas encore de racines pleinement fonctionnelles, la gestion de cette transpiration est un défi majeur.
Le Bouturage : Principes et Préparation
Le bouturage consiste à sectionner une partie d’une plante et à la stimuler à produire des racines et de nouvelles tiges. Pour les plantes d’intérieur, particulièrement accessibles en toute saison, cette méthode est souvent couronnée de succès, surtout lorsque la plante est en période de croissance, au printemps et en été.
Choix et Préparation du Matériel
Pour démarrer, le choix du contenant est primordial. Un pot de plastique classique est parfaitement adapté, mais des solutions improvisées comme un pot de yogourt peuvent aussi faire l'affaire, à condition de percer un trou de drainage au fond. Il est crucial d'éviter les gros pots, car le terreau a tendance à y rester détrempé, ce qui peut nuire à l'enracinement. Les petits pots de 6 à 10 cm de diamètre sont préférables, car ils permettent au terreau de s’assécher plus rapidement.
Une fois le pot sélectionné, il faut le remplir d'un terreau approprié. Un terreau pour plantes d’intérieur ou pour semis, ou même un mélange de perlite ou de vermiculite, sont d'excellentes options. Ensuite, un trou est percé dans le terreau pour accueillir la bouture.
Prélèvement de la Bouture
Le prélèvement de la bouture est une étape délicate qui demande précision. À l'aide d'un couteau ou d'un sécateur bien aiguisé, on prélève une tige saine ayant au moins trois nœuds, et de préférence quatre ou cinq. Le nœud est l’emplacement sur la tige où des feuilles sont fixées ou ont déjà été fixées.
Avant d'insérer la bouture, il est impératif de la préparer. Les fleurs et les boutons floraux doivent être supprimés, car ils saperaient l’énergie de la plante. De même, toute feuille qui se trouvera couverte de terreau doit être retirée. Pour les plantes que l’on souhaite voir se ramifier abondamment, comme les coléus et les hibiscus, pincer l’extrémité de la bouture la stimulera à produire plusieurs nouvelles tiges.
L'Utilisation des Hormones d'Enracinement
Les plantes à tiges molles, sans écorce, comme le philodendron, le coléus, les piléas et les bégonias, sont généralement «faciles à bouturer» et produisent des racines facilement, souvent sans aide supplémentaire. Cependant, pour les plantes ligneuses (les «plantes à bois»), comme l’hibiscus, le dracaena et le croton, l’utilisation d’une hormone d’enracinement peut être nécessaire. Ces hormones, autrefois commercialisées en poudre et désormais disponibles en gel pour une application plus facile, stimulent l’émission des racines, améliorant ainsi le taux de reprise des boutures. Il convient de noter qu'en août 2018, la commercialisation d'hormones de bouturage était difficile à trouver.
Pour appliquer l'hormone, badigeonnez la partie inférieure de la bouture avec le produit à l'aide d'un coton-tige après avoir mouillé la base. Secouez pour éliminer le surplus de poudre, ne laissant qu’une fine pellicule blanche. Ensuite, glissez la bouture, partie inférieure vers le bas, dans le trou préparé, jusqu’au deuxième ou troisième nœud. Tassez doucement le terreau pour que la bouture se tienne debout.

La Transpiration et l'Enracinement : Un Équilibre Délicat
La transpiration foliaire est le processus par lequel l'eau, puisée dans le sol par les racines, remonte dans la plante et s'évapore principalement par les stomates des feuilles. Pour une bouture dépourvue d'un système racinaire pleinement développé, cette perte d'eau peut être fatale.
L'Importance de l'Humidité
La vaste majorité des boutures s’enracinent mieux sous une forte humidité. En effet, sans racines fonctionnelles, les boutures s’assèchent très rapidement, surtout si elles ont des feuilles minces. Dans une serre, l’air est très humide, ce qui limite la perte d’humidité par transpiration et offre à la bouture une meilleure chance de reprise. Pour recréer cet environnement, il est conseillé de recouvrir le pot d’un dôme ou d’un sac de plastique transparent, créant ainsi une mini-serre où l’humidité relative sera à presque 100%.
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Ce milieu confiné et saturé d’eau limite le phénomène d’évaporation-transpiration et évite concrètement à la bouture de se dessécher. Il est important de placer le pot dans un emplacement bien éclairé, mais à l’abri du soleil direct, et relativement chaud (entre 21 et 24 °C).
Cas Particuliers : Cactées et Succulentes
Les boutures de cactus et de succulentes constituent une exception notable. Elles prennent racine de préférence dans un terreau sec et n’ont pas besoin d’une forte humidité pour s’enraciner. Au contraire, elles peuvent même pourrir si elles sont bouturées à l’étouffée. Pour ces plantes, il est conseillé de laisser sécher la coupe pendant quelques jours avant de la placer verticalement dans le sol.
Le Mythe du Bouturage dans l'Eau
Une longue tradition horticole consiste à faire des boutures dans un verre d’eau. Bien que cela puisse sembler fonctionner au début, les racines produites dans un milieu aquatique sont fragiles et survivent difficilement à la transplantation. Ces racines s'acclimatent à un environnement aquatique, et lorsqu'elles sont transférées dans un pot de terreau, elles sont souvent endommagées et pourrissent. La jeune plante doit alors recommencer à zéro en produisant un nouveau lot de racines.
Il est préférable de transplanter rapidement dans du terreau dès l'apparition des premières racines, c'est-à-dire quand elles ne sont encore que de petites bosses blanches ou jaunes sur la tige. Il ne faut pas attendre que les racines s’allongent dans l’eau.
La Transpiration en Profondeur : Un Phénomène Complexe
La transpiration n'est pas un simple échauffement de l'eau, mais une sécrétion active de la plante, comparable aux transpirations sensibles et insensibles des animaux. Les végétaux transpirent non seulement par leurs feuilles, mais aussi par les jeunes branches, les fleurs et les fruits. Les feuilles, cependant, sont les principaux organes de cette sécrétion.
Preuves et Expériences Historiques
Dès le XVIIIe siècle, des scientifiques comme Mariotte, Hales, Bonnet et Guettard ont mené des expériences pour prouver et comprendre la transpiration des plantes.
Mariotte a démontré que des branches coupées, dont l'extrémité était mastiquée pour empêcher toute évaporation par la coupe, perdaient du poids au fil des jours et se fanaient, indiquant une dissipation de substance par transpiration insensible. Ses observations ont montré qu'une branche pouvait perdre plusieurs cuillerées d'eau en quelques heures par temps chaud.
Cependant, d'autres ont soulevé que cette perte de poids pourrait être une simple évaporation, similaire à celle d'un linge mouillé, sans implication d'organes spécifiques. Des expériences plus sophistiquées ont été nécessaires pour confirmer la nature de cette sécrétion.
M. Hales, par exemple, a introduit des bouquets de feuilles et leurs branches dans des globes de verre qui empêchaient la dissipation de la liqueur de transpiration, permettant ainsi de la recueillir et de l'analyser. Il a mené une expérience emblématique avec un pied de tournesol (Corona solis) cultivé en pot. En pesant la plante et le pot soir et matin pendant quinze jours, il a pu mesurer la quantité d'humidité s'échappant par transpiration. Il a remarqué que l’évaporation était significative par temps chaud et sec, mais inexistante ou même inversée (gain de poids) lors de nuits humides ou pluvieuses.

Hales a également déterminé que la surface des feuilles est un facteur clé de la transpiration. Une plante avec une plus grande surface foliaire transpirera davantage dans les mêmes conditions. Il a estimé que la vitesse à laquelle la sève entre par les racines pour compenser la transpiration est d'environ cinq fois la vitesse à laquelle la transpiration s'échappe des parties aériennes de la plante.
Comparant la transpiration du tournesol à celle du corps humain, Hales a conclu que le tournesol transpirait bien plus que l'homme, attribuant cette différence à la température corporelle plus élevée des animaux. Cependant, après avoir pris en compte la masse, Hales a calculé qu'une plante transpire et attire l'eau 17 fois plus qu'un homme à masses égales. Cette transpiration prodigieuse est essentielle pour les plantes, car c'est leur seule voie pour se décharger des substances inutiles à leur nutrition, contrairement à l'homme qui dispose de multiples voies d'excrétion.
Des études sur le chou ont montré que la sève doit entrer dans les racines 11 fois plus vite qu'elle ne sort par les feuilles, et que la vitesse de la sève dans le tronc est considérablement plus élevée que la vitesse de la sécrétion par les feuilles.
Facteurs Influant sur la Transpiration
Les expériences de Hales et Guettard ont mis en évidence plusieurs facteurs qui modulent la transpiration :
- Chaleur et Soleil : La transpiration est plus intense par temps chaud et ensoleillé. Un ciel serein et une exposition directe au soleil augmentent significativement le taux de transpiration.
- Humidité de l'Air : Une atmosphère sèche favorise la transpiration, tandis qu'une humidité élevée la réduit. C'est pourquoi les boutures s'enracinent mieux en milieu très humide.
- Vent : Le vent augmente la transpiration en éliminant rapidement la couche d'air saturée d'humidité autour des feuilles, favorisant ainsi une évaporation continue.
- Température de la Feuille : Les feuilles peuvent avoir une température légèrement inférieure à celle de l'air en raison du refroidissement par évaporation. Cependant, à la lumière, la température de la feuille augmente brutalement, puis diminue à mesure que la transpiration s'intensifie.
- État de l'Eau dans le Sol : Une transpiration trop abondante fatigue les plantes, surtout si leurs racines ne trouvent pas suffisamment d'humidité dans la terre pour compenser cette perte de substance.
- Saison : La transpiration diminue à mesure que l'on avance dans l'automne. Une plante transpire significativement moins fin octobre qu'en août.
- Sève Abondante : Tant que les arbres poussent et abondent en sève, les fruits ne parviennent pas à une parfaite maturité. La transpiration, en influant sur le mouvement de la sève, est donc cruciale pour la fructification.

De la Bouture à la Plante Adulte : Les Étapes Clés
Une fois que les racines commencent à se pointer, le bouturage est en bonne voie. Le succès est confirmé lorsque de nouvelles feuilles apparaissent, signe que les racines ont commencé leur travail. Si l'on tire légèrement sur la tige et qu'il y a une résistance, cela confirme l'enracinement.
Gestion de l'Environnement pour l'Enracinement
Pour les producteurs de boutures non enracinées, plusieurs facteurs environnementaux sont à maîtriser pour assurer un enracinement de qualité :
- Substrat : Un bon substrat doit avoir une excellente capacité de rétention d’eau et une porosité à l’air élevée. Des mélanges à base de tourbe (pour la rétention d'eau) et de perlite ou vermiculite (pour la porosité à l'air) sont idéaux. Un substrat saturé par une pulvérisation/brumisation excessive peut retarder l'enracinement.
- Température : La température du substrat est cruciale, idéalement entre 20°C et 25°C (68°F - 77°F). Des températures chaudes accélèrent la division cellulaire, la cicatrisation et le développement racinaire initial. La température de l'air est moins critique pour l'enracinement initial (entre 18°C et 24°C, soit 65°F - 75°F), mais devient importante une fois que de nouvelles pousses apparaissent.
- Humidité Ambiante (Brumisation) : Une pulvérisation ou brumisation fréquente est essentielle au début pour minimiser la transpiration et maintenir la turgescence de la bouture. La fréquence doit être ajustée en fonction du substrat et des besoins spécifiques de la bouture, l'objectif étant de garder le substrat humide sans le saturer. Une humidité trop élevée favorise cependant l'apparition de pourritures et de maladies foliaires.
- Lumière : La lumière est importante pour l'enracinement. En hiver, un éclairage additionnel peut accélérer le processus de 10 à 14 jours. En été, surtout dans les climats chauds, une lumière trop intense peut endommager les boutures par transpiration excessive ou accumulation de chaleur.

Nutrition des Boutures
Le statut nutritionnel des plantes mères influence celui des boutures. Si les plantes mères présentent des carences, les boutures enracinées déclineront rapidement. De plus, une brumisation continue peut lessiver les engrais de démarrage du substrat. Il est recommandé d'appliquer 50-100 ppm d'azote au substrat lors de la formation des cals, puis 100-200 ppm d'azote une fois que les racines émergent. Lorsque les racines se sont développées au fond du godet d'enracinement, une fertilisation continue de 100-200 ppm d'azote dans l'eau d'irrigation est conseillée jusqu'à la transplantation. Ces taux doivent être ajustés en fonction des besoins spécifiques de chaque plante.
Variantes de Bouturage
Au-delà de la bouture de tige simple, il existe d'autres techniques :
- Bouture de tête simple : Couper la tige à 2 ou 3 mm sous un nœud.
- Bouture à crossette : Pour des arbustes plus délicats comme le lilas, conserver un tronçon de 2 ou 3 cm du rameau porteur à la base de la tige. Repiquer immédiatement en pépinière et recouvrir d’un plastique transparent.
- Bouture de feuille : Pour les vivaces à feuilles charnues et épaisses comme le sedum, prélever des feuilles saines. Les feuilles détachées créent leurs propres racines et se développent pour devenir une plante. Pour les succulentes, les laisser d'abord sur le terreau jusqu'à l'apparition des racines, puis les placer verticalement. Pour les sansevieria ou cactus, laisser sécher la coupe quelques jours avant de les planter debout. Pour les bégonias ou peperomia, les couper en morceaux et les poser sur le sol avec les nervures des feuilles vers le bas.
Optimisation de la Transpiration pour des Espèces Spécifiques
Chaque plante a ses particularités en matière de bouturage et de gestion de la transpiration.
- Aubriète : Les touffes, souvent dégarnies au centre, ne se divisent pas aisément. Remplir un pot ou une mini-serre de sable et de tourbe. Effeuiller les boutures à leur base et les enterrer après avoir fait un avant-trou avec un bâtonnet. Couvrir d’un plastique et placer à la mi-ombre.
- Campanule des murailles : Si elle est cultivée entre les pierres d’une rocaille, la division des souches est difficile. Piquer les boutures sous châssis, dans un mélange de sable et de tourbe et maintenir à 15 °C.
- Chrysanthème : Effeuiller la base des boutures et placer chacune dans un pot contenant du sable et de la tourbe. Mettre à l’étouffée. À l’apparition des nouvelles feuilles, rempoter dans un mélange de terre et de sable et tailler l’extrémité.
- Coléus : Enlever les feuilles du bas et réduire de moitié les plus grandes. Environ un mois plus tard, quand les racines ont 4 cm de longueur, regrouper trois boutures, dans un mélange de terre, de terreau et de tourbe.
- Delphinium : Pour conserver les coloris des fleurs, augmenter le nombre de pieds, et éviter la division des souches. Tremper la racine dans de la poudre d’hormones vers la mi-juin, lorsque de nouvelles feuilles apparaissent.
- Héliopsis : Pour obtenir de nombreux pieds pour ensoleiller les massifs. Supprimer les feuilles de la base. Piquer les tiges dans une mini-serre dans un mélange de tourbe et de sable, après avoir fait un avant-trou.
- Lavande : Pour renouveler les pieds âgés ou obtenir de nombreuses plantes pour former une bordure. Enlever toutes les feuilles, sauf les terminales. Planter sous châssis dans du sable ou de la perlite et couvrir d’un plastique transparent, à retirer un mois plus tard. Hiverner sous châssis hors gel.
- Lilas : Pour créer une haie peu coûteuse. La poudre d’hormones augmente la réussite. Installer sous châssis, dans de la tourbe et du sable, en couvrant d’un plastique pendant 1 ou 2 mois. Maintenir humide, aérer. À l’automne, rempoter et hiverner sous châssis.
- Pérovskia : Moyen simple et rapide pour obtenir de nombreuses plantes identiques aux parents. Placer les boutures sous châssis, dans un mélange de tourbe et de sable. Arroser peu et aérer souvent. Hiverner à une température de 5 à 10 °C.
- Plectranthus : Pour rajeunir les pieds qui vieillissent vite, obtenir de nombreuses plantes au feuillage bien panaché pour garnir pots et jardinières. Enlever les feuilles de la base. Remplir des pots de tourbe et de sable et piquer dedans de 3 à 5 boutures. Enfermer dans un plastique et placer à 20 °C.
- Salicaire : Pour obtenir de nombreux pieds pour fleurir les berges d’un plan d’eau ou les massifs au sol frais en été. Enlever les paires de feuilles de la base. Garnir une mini-serre d’un mélange composé par moitié de tourbe et de sable et piquer les boutures dedans.
- Sedum (Orpin) : Pour obtenir nombre de plantes identiques pour réaliser une bordure. Prélever les feuilles et laisser sécher les coupes à l’ombre quelques jours le temps qu’elles cicatrisent. Remplir une caissette de 3/4 de sable et de 1/4 de tourbe et piquer la base des feuilles dedans. Arroser légèrement.
- Spirée : Pour créer une haie à partir d’une touffe ou faire des cadeaux. Supprimer les feuilles de la base et les extrémités. Piquer les boutures sous châssis, dans un mélange composé par moitié de tourbe et de sable. Couvrir d’un plastique transparent le temps de la reprise. Arroser et aérer.
Les Implications de la Transpiration sur la Santé Végétale
La transpiration est un processus vital qui influence la santé ou la maladie des plantes. Un excès ou une diminution de la transpiration peuvent causer des déséquilibres.
Nature de la Liqueur de Transpiration
La liqueur de transpiration est principalement de l'eau claire, comme l'ont montré les expériences de Hales, Guettard et de nombreux autres. Cependant, elle peut retenir une légère odeur chez les plantes aromatiques, qui se dissipe rapidement. Cette liqueur, s'échappant des plantes vigoureuses, est souvent considérée comme un excrément dont les plantes ont besoin d'être débarrassées, ou du moins comme un suc surabondant potentiellement nuisible.

Pour recueillir cette liqueur, M. Hales a utilisé des cornues de verre et M. Guettard un ballon tubulé, permettant de condenser et de collecter les vapeurs. Ces dispositifs ont permis de constater que la transpiration nocturne est presque négligeable comparée à celle du jour.
Transpiration et Maturation des Fruits
La transpiration contribue à augmenter le mouvement de la sève dans les arbres. Il a été observé que tant que les arbres poussent et abondent en sève, les fruits ne parviennent pas à une parfaite maturité. Il est donc possible d'envisager de retirer une partie des feuilles d'un arbre pour ralentir ce mouvement de sève et ainsi hâter la maturité de ses fruits. Cette pratique est similaire à d'autres techniques horticoles visant à réduire la transpiration, comme l'ensachage des raisins en automne pour éviter les guêpes, l'emmaillotage des cardons ou le buttage du céleri, qui diminuent la transpiration pour rendre les légumes plus succulentes et tendres, bien qu'avec un goût parfois moins prononcé.
La transpiration foliaire est bien plus qu'une simple perte d'eau pour la plante ; c'est un mécanisme complexe et essentiel qui régule son hydratation, son transport de nutriments et sa croissance. La maîtriser est la clé d'un bouturage réussi et d'une horticulture durable.
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