Guide complet sur la culture et la gestion des variétés de cannabis à autofloraison

Les variétés de cannabis à floraison automatique connaissent un succès grandissant en raison de leur cycle de vie court et de leur capacité à fleurir indépendamment de la photopériode. Depuis leur apparition au début du siècle, les variétés à autofloraison ont parcouru un long chemin. Dans un premier temps, les growers ne leur accordaient qu’une attention distraite. Aujourd’hui, en revanche, beaucoup y voient le meilleur moyen de produire du cannabis sans difficulté. Mais les mythes et préjugés concernant les graines à floraison automatique sont encore nombreux et il n’est parfois pas simple de distinguer le vrai du faux.

Schéma explicatif illustrant le cycle de vie court des variétés autoflorissantes comparativement aux variétés photopériodiques

Origines et mécanismes de l'autofloraison

Bien avant la domestication humaine du cannabis, cette espèce végétale a vu le jour sur le plateau tibétain oriental. À partir de là, la dispersion naturelle a permis à la plante de dépasser ses frontières archaïques et de voyager jusqu’en Russie, en Inde, en Corée du Sud et dans le sud-est de l’Europe. Parmi les sous-espèces émergentes, celles qui se sont développées dans ce qui est de nos jours la Russie ont développé ce qui est peut-être l’adaptation la plus unique. Auparavant, les plants de cannabis dépendaient des cycles lumineux saisonniers décroissants pour déclencher la floraison. Cependant, une combinaison de mutations génétiques, de sélection naturelle et de pression environnementale a donné naissance à des plants qui fleurissent en se basant sur leur horloge génétique interne. Des programmes modernes de sélection ont depuis croisé ce ruderalis pur avec d’autres sous-espèces de cannabis. Au contraire des cultivars photopériodiques et comme leur nom l’implique, ces plantes ne dépendent pas des cycles lumineux extérieurs pour forcer leur floraison.

Le débat sur le bouturage des autofloraisons

Si vous vous demandez si vous pouvez cloner des plants à autofloraison, il serait utile de revenir au commencement. La science du clonage de l’herbe implique de prélever des boutures sur un pied mère. Ce matériel végétal possède exactement le même génome que son pied mère. Il s’agit là simplement de multiplier le plant d’origine.

Techniquement, oui, on peut cloner des plants à autofloraison. Les plants à autofloraison ne diffèrent pas des autres types pour ce qui est du processus de clonage. Prélever une bouture sur un plant à autofloraison donnera, si tout est fait correctement, un clone sain. Ces boutures sont capables de produire des racines et de connaître une croissance végétative dans de bonnes conditions. Cependant, cette même caractéristique d’autofloraison les rend incompatibles avec le clonage pratique. L’auto moyenne possède une durée de vie d’environ 10-12 semaines de la germination à la récolte. Il faudra environ 3-4 semaines pour qu’un plant pousse assez pour prélever une bouture viable. Un enracinement réussi et le développement du clone prendra encore 1-2 semaines. Cela ne laisse que huit semaines grand maximum pour que la bouture se développe en un plant mature en floraison.

Dans le pire des cas, le spécimen n’aura que six semaines avant d’arriver à la fin de la période de floraison. Une fois les boutures suffisamment installées, vous n’aurez à peine plus que quelques pré-fleurs sur l’extrémité d’une branche. Comme la phase végétative aura eu lieu avant le prélèvement des boutures par le cultivateur, le clone ne présentera que peu ou pas de développement végétatif et ne pourra pas grandir et maturer correctement. Par contraste, les plants photopériodiques sont parfaitement compatibles avec le clonage. Rappelez-vous qu’ils ne fleurissent pas selon une horloge génétique interne. En revanche, ils dépendent de signaux lumineux externes sous la forme d’une réduction du cycle lumineux. Prélever des boutures sur des autos ne donne pas grand-chose d’autre qu’une perte de temps.

Le développement des 1ers organes d'une plante en accéléré‬

Optimisation de la culture et techniques de gestion

On déconseille généralement le recours à certaines techniques de culture avec les autos en raison de leur cycle de vie court : disposant de peu de temps pour se développer, ces plantes devraient consacrer toute leur énergie à leur croissance et à leur floraison et ne supporteraient pas le stress. La plupart des growers évitent donc de stresser leurs autos.

Gestion de la lumière

Les autofloraisons sont particulièrement faciles à cultiver car elles sont capables de fleurir en l’absence d’obscurité. Beaucoup ont surinterprété ce fait, affirmant qu’elles ont besoin de 24 heures de lumière pour se développer de façon optimale. C’est tout simplement faux. En fait, les variétés à floraison automatique ont simplement besoin de plus de 16 heures de lumière pour se développer. La plupart d’entre elles sont parfaitement adaptées à un 16/8, tandis que d’autres préfèrent recevoir plus de lumière et poussent donc idéalement avec un cycle 18/6. D’autres encore se développent parfaitement en 20/4.

Transplantation et substrat

Les plantes à floraison automatique peuvent être déplacées d’un pot petit vers un pot plus grand. Sachez néanmoins qu’une transplantation mal réalisée peut ralentir le développement de la plante pendant plusieurs jours, temps qui lui est nécessaire pour se remettre du stress ainsi occasionné. Si vous débutez dans la cannabiculture, cultivez donc ces variétés dans leur pot définitif, celui où elles fleuriront. Mais les plus expérimentés, eux, peuvent se permettre de transplanter une autofloraison si tôt qu’une à deux semaines après la germination.

Taille et palissage

Certains décident malgré tout de tailler leurs autos afin qu’elles développent des plantes moins hautes et plus touffues, tout en maximisant la quantité de colas. Dans ce débat, personne n’a raison, personne n’a tort. Tout dépend de la génétique cultivée. Les rendements des autos peuvent être maximisés via le recours au Low Stress Training (LST), le tout, avec une relative simplicité. Cette technique de palissage consiste à guider délicatement la croissance d’une plante afin d’en encourager la croissance latérale pour obtenir une canopée uniforme et une exposition maximale à la lumière de toutes les branches. Avec une autofloraison, commencez vers la troisième semaine de croissance. C’est le cas, par exemple, du « lollipopping », lequel consiste à éliminer les branches inférieures de la plante afin de rediriger l’énergie de celle-ci vers les parties supérieures plus productives. En outre, la défoliation peut s’avérer particulièrement intéressante, puisque, contribuant à la réduction du taux d’humidité, elle limite le risque de maladies fongiques.

Infographie montrant les étapes du LST et du lollipopping sur un plant d'autofloraison

Stratégies de rendement : la récolte perpétuelle

Lors de la culture de graines à autofloraison, beaucoup de cultivateurs mettent en place un système de récolte perpétuelle. Cela implique de faire germer une graine à autofloraison toutes les 2 semaines environ et de la placer dans la tente sous 20 heures de lumière quotidienne. Une plante est récoltée toutes les 2 semaines, en même temps qu'une nouvelle graine à autofloraison germe. Habituellement, la tente contient 4 à 5 plantes à autofloraison, toutes séparées par une différence d'âge de 2 semaines, toutes poussant sous le même cycle de lumière de cannabis 20/4. Pour le cultivateur, cela garantit un approvisionnement régulier en têtes fraîches et évite les inquiétudes que certains cultivateurs ont quant à la possibilité de manquer de têtes avant la prochaine grande récolte.

Cultivez-les facilement dans des pots en textile ou des airpots de plus de 20 à 30 litres avec des matières organiques à libération lente et la culture ne vous demandera pratiquement aucun entretien. Le fait de cultiver des graines à autofloraison en continu vous permettra d’obtenir un approvisionnement prévisible de plantes en maturation et cela signifie que vous n'aurez jamais à récolter plus d'une plante à la fois.

Évolution génétique et hybrides F1

Alors que le clonage reste inutile quand on cultive des autos, la sélection a fait de gros progrès ces dernières années. Le secteur agricole tire profit des cultures hybrides F1 depuis des décennies. Cependant, dans le monde de l’herbe, il ne s’agit que d’un développement récent. Nos sélectionneurs chez Royal Queen Seeds ont réussi à créer les premiers véritables hybrides de cannabis F1. Ces processus hautement techniques et difficiles commencent en créant plusieurs lignées très pures de génétiques. Non seulement cette vigueur hybride confère aux plants des rendements plus élevés, une croissance plus rapide et une résistance aux nuisibles et maladies accrues, mais cela signifie aussi que les plants possèdent une uniformité sans égal. Les plants à autofloraison ordinaires issus du même lot de graines présentent une grande quantité de variations génétiques : certains sont plus grands et d’autres plus petits, certains sont puissants alors que d’autres manquent de THC et de terpènes. Par essence, les hybrides F1 à autofloraison sont aussi proches du clonage qu’il est possible de l’être en cultivant ce type d’herbe. À chaque fois que vous semez une graine, vous savez exactement ce à quoi vous attendre.

Diagramme représentant la vigueur hybride des variétés F1

Les variétés modernes dépassent souvent de nombreuses variétés photopériodiques pour ce qui est de la puissance et du rendement. Même s’il s’agit de véritables merveilles de la sélection, elles présentent un inconvénient particulier. Les plants à autofloraison produisent une récolte de taille sur une période extrêmement courte. Remettre en question les normes établies et expérimenter diverses méthodes de culture permet au cultivateur de cannabis averti d’exploiter ces génétiques uniques à leur plein potentiel. Kannabia Seed Company vend à ses clients un produit de collection, un souvenir. Nous ne sommes pas responsables de l’utilisation illicite qui pourrait être faite par des tiers des informations publiées ici. La culture du cannabis pour l’autoconsommation est une activité soumise à certaines restrictions légales qui varient d’un État à l’autre.

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