Le BRF : Une Révolution Verte pour des Sols Fertiles et Durables

Le terme BRF, ou Bois Raméal Fragmenté, représente une approche écologique et économique novatrice pour l'amélioration des sols, dont les racines se trouvent au Québec dans les années 1970. Cette méthode, loin d'être un simple paillis ou compost, vise à reproduire la richesse et la vitalité des sols forestiers directement dans nos jardins et potagers. L'engouement autour du BRF s'est intensifié au fil des décennies, notamment grâce aux recherches du professeur Gilles Lemieux et à des pionniers comme Ida et Jean Pain qui, bien avant la formalisation du terme, ont démontré l'efficacité du compost de broussailles pour transformer un terrain rocailleux en un jardin luxuriant.

Illustration du sol forestier riche en matière organique

Origines et Découverte du BRF

L'histoire du BRF est intrinsèquement liée à la volonté de comprendre les mécanismes naturels de fertilité des sols. Le concept de "bois raméal fragmenté" a été inventé et documenté par le professeur Gilles Lemieux, de la faculté de foresterie de l'Université Laval. Ses recherches étaient motivées par le désir de recycler les énormes quantités de branches délaissées par l'industrie forestière et d'explorer leur rôle dans la pédogenèse, c'est-à-dire la formation de sols fertiles. Il a constaté que les terres les plus fertiles de la planète proviennent des forêts, ce qui a orienté ses travaux vers le rôle du bois raméal dans l'aggradation des sols, en opposition à leur dégradation.

Une anecdote fascinante entoure la genèse des expériences sur le BRF. Sous l'impulsion d'Edgar Guay, sous-ministre adjoint au ministère des Terres et Forêts du Québec, des observations sur des fraisiers poussant avec une vigueur étonnante sur des tas de déchets de copeaux de bois dans une distillerie d'huile de pin ont piqué sa curiosité. Il a voulu comprendre ce processus encore inconnu qui permettait à de simples fraisiers d'atteindre de telles proportions sur un substrat si peu commun. C'est de cette découverte accidentelle et de cet esprit d'observation que l'idée du BRF est née.

Dans les années 1980, les premiers comptes rendus des recherches ont été publiés, révélant des résultats impressionnants : une augmentation de la résistance au gel et aux maladies, ainsi qu'une amélioration significative de la structure du sol grâce à un formidable apport d'humus. Ces expériences se sont multipliées et ont même conduit au dépôt d'un brevet pour le "sylvagraire". Cependant, malgré ces excellents résultats, le BRF est resté cantonné outre-Atlantique pendant un certain temps. Il a fallu attendre 2004 pour que la pratique se diffuse en Europe, notamment grâce à l'ingénieur agronome belge Benoît Noël et à l'agriculteur français Jacky Dupéty, qui ont expérimenté avec succès l'emploi du BRF sur des terres difficiles et ont largement contribué à sa diffusion.

Quels matériaux pour le BRF? | Agriculture durable (Bois raméal fragmenté)

Qu'est-ce que le Bois Raméal Fragmenté (BRF) ?

Le BRF est un mélange de résidus de broyage de rameaux de bois frais et de jeunes branches. Selon la définition d'Eléa Asselineau et Gilles Domenech, pionniers en France sur le sujet, les BRF sont "le résultat du broyage frais (ou copeaux) de rameaux et petites branches vertes d'un diamètre inférieur à 7 cm, avec ou sans feuilles". Ces branches proviennent principalement d'essences d'arbres feuillus (Angiospermes dicots). Il est toutefois possible d'utiliser un peu de conifères (Gymnospermes) en mélange, à hauteur de 20%. Ce broyat est destiné à être appliqué au sol.

La partie vivante de l'arbre est située juste sous l'écorce : le cambium, cette mince couche de tissu végétal très actif qui produit du bois vers l'intérieur et de l'écorce vers l'extérieur. Ainsi, plus les branches sont minces, plus elles comportent de cambium et d'éléments nutritifs essentiels tels que les sucres, l'amidon, la cellulose, l'hémicellulose, les protéines, les acides aminés, les enzymes et les sels minéraux. Il est donc évident que les branches fraîchement coupées sont préférables aux branches mortes. Le déchiquetage favorise leur contact avec le sol, et le BRF obtenu produit un humus durable de très haute qualité. Cette qualité est due à la présence de lignine, une substance qui sera transformée par des champignons, puis par toute la chaîne alimentaire du sol : nématodes, insectes, vers de terre, arachnides, etc. Il est important de noter que le bois raméal des conifères, dont la lignine est différente de celle des arbres feuillus, est à déconseiller car il peut avoir des effets inhibiteurs sur la croissance des plantes. C'est pourquoi un mélange ne dépassant pas 20% de résineux est recommandé.

BRF : Ni Compost, Ni Paillis

Il est crucial de distinguer le BRF du compost et du paillis, bien que ces techniques aient toutes un impact positif sur le jardin.

Différence avec le compost : Le BRF se distingue clairement du compost, qui résulte de la fermentation après montée en température de matériaux divers putrescibles (déchets verts, fumiers, boues d'épuration, déchets de l'industrie alimentaire, carcasses, etc.). Leur impact sur le sol est de ce fait complètement différent : les composts sont en grande partie minéralisés et, s'ils influent positivement sur la vie bactérienne au sol, leur action est plus sensible sur l'alimentation des végétaux. Le BRF est une matière fraîche, proche du bois encore vivant. Son action sur le sol permet d'accélérer la stimulation de sa vie, à l'exemple des sols forestiers. C'est pourquoi il est à considérer comme un "aggradant" (capable d'agir contre la dégradation) plus que comme un amendement, stimulant la vie cryptogamique des sols et favorisant la pédogenèse.

Différence avec le paillis (mulch) : On confond également souvent BRF et mulch ou paillis. Ce dernier terme recouvre toute couverture du sol essentiellement destinée à protéger le sol, réguler sa température, ralentir l'évaporation de l'eau, limiter les adventices et freiner la battance. On peut employer à cet effet bien des matériaux différents : tontes, paille, carton, laine, feuilles mortes, plastique, etc. À terme, les mulchs naturels ont bien sûr un effet positif sur la vie du sol, mais le processus diffère nettement du BRF. La particularité du BRF réside dans sa capacité à stimuler spécifiquement la vie fongique et microbienne du sol, conduisant à la création d'un humus durable de très haute qualité.

Diagramme comparatif BRF, compost et paillis

Les Vertus du BRF pour le Sol et les Cultures

L'utilisation du BRF produit des améliorations remarquables dans la structure de tous les types de sols. C'est une technique écologique et économique qui offre une multitude d'avantages pour le jardinier, reproduisant la richesse de l'humus des forêts dans son propre jardin.

Amélioration de la Structure du Sol et de la Fertilité

Le BRF restaure les sols de culture épuisés. Votre terre devient fertile, facile à manipuler et souple. Il reproduit le cycle naturellement présent en forêt. En se décomposant, il attire les champignons qui, à leur tour, attirent la pédofaune du sol. Une symbiose se met en place. Le cycle de vie de la pédofaune engendre la vie et la mort d'êtres vivants qui restituent à la terre leur eau biologique, ce qui explique pourquoi la terre recouverte de BRF est souple et toujours légèrement humide. De l'humus se crée : une matière souple, saine, aérée, riche en carbone organique, qui absorbe et retient l'eau. Le principe du BRF repose sur l'observation que "la clé de voûte de la pédogenèse (donc en forêt) est la lignine (les polyphénols) et les champignons capables de la transformer". Or, il n'y a quasiment pas de production de lignine dans les potagers. Les jeunes branches fraîches, particulièrement quand la sève descend en automne ou au début de l'hiver, sont très riches en lignine. Il devient alors tentant de les broyer pour les incorporer au sol et relancer ainsi le long et complexe cycle de reformation du sol. C'est cette vie cryptogamique relancée qui fait du BRF une méthode totalement nouvelle.

Résistance à la Sécheresse et Économie d'Eau

L'une des améliorations les plus notables est une meilleure résistance à la sécheresse. Grâce à la capacité de l'humus à retenir l'eau, les sols recouverts de BRF nécessitent moins d'arrosage. Les cultures s'épanouissent avec moins - voire plus du tout - d'apport d'eau. Ce matériau permet d'économiser l'eau, un avantage considérable pour les municipalités qui auraient tout intérêt à en distribuer pour encourager leur utilisation.

Biodiversité et Santé du Sol

On observe également une augmentation de la biodiversité. Le BRF attire une multitude de micro-organismes, nématodes, insectes, vers de terre et arachnides, créant un écosystème souterrain riche et équilibré. Cette richesse favorise l'apparition naturelle de mycorhizes, des champignons bénéfiques qui vivent en symbiose avec les racines des plantes, améliorant leur absorption des nutriments et leur résistance. Cette augmentation de la biodiversité contribue à la réduction des ravageurs, car un sol sain et équilibré est moins propice au développement des maladies et des parasites.

Infographie sur la chaîne alimentaire du sol stimulée par le BRF

Rendements Accrus et Qualité des Produits

Le BRF contribue à une augmentation des rendements et à une amélioration de la qualité des produits. En fournissant un sol riche en nutriments et en favorisant une meilleure santé des plantes, le BRF permet aux cultures de se développer de manière optimale, produisant des légumes plus sains et plus savoureux. Les cultures s'épanouissent avec moins - voire plus du tout - d'apport d'engrais et même de pesticides. Les "mauvaises herbes" et les maladies sont neutralisées dans ce sol enrichi.

Régulation du pH

Enfin, pour les sols acides, le BRF entraîne une augmentation du pH, contribuant à un environnement plus équilibré pour la croissance des plantes.

L'Application du BRF : Paillage ou Incorporation ?

L'application du BRF peut se faire de différentes manières, et chaque méthode a ses avantages. Les expériences à l'Université Laval ont favorisé l'incorporation au sol avec des résultats étonnants et moins de travail, tandis que d'autres jardiniers, y compris Edith Smeesters, biologiste et pionnière en horticulture écologique au Québec, s'en servent essentiellement comme paillis.

Le BRF en Paillage

Utiliser le BRF comme paillis est une méthode simple et efficace. Il suffit de l'étaler en surface en une couche de quelques centimètres, même 1 ou 2 cm peuvent suffire, sans le mélanger à la terre. Cette méthode est particulièrement adaptée pour les jardiniers qui souhaitent une approche moins laborieuse. Lorsque le BRF est appliqué en surface, il se décompose petit à petit et ne crée pas de "faim d'azote" chez les plantes, contrairement à une incorporation trop rapide sans précaution.

Exemple d'application de BRF en paillage autour de plantes

Le paillis de BRF génère des économies d'arrosage, de désherbage, d'engrais et réduit considérablement le travail du sol. Les sols recouverts de BRF conviennent à la plupart des légumes qui se repiquent (tomates, aubergines, choux…), qui se plantent (pommes de terre) ou aux semis à grosses graines (fèves, betteraves, potirons, courgettes, haricots…). Pour les semis plus fins, il est conseillé soit d'attendre que le BRF soit entièrement décomposé (ce qui peut prendre jusqu'à la saison suivante), soit d'écarter le BRF pour faire apparaître la terre et semer directement.

Cependant, il est important de prendre quelques précautions. Une couche épaisse de BRF peut créer un environnement chaud et humide que certains ravageurs apprécient. Il est donc essentiel de ne pas mettre cette couche épaisse de BRF trop près du tronc des arbres, arbustes, et plus généralement des collets des végétaux, afin de permettre leur respiration. Pour les arbres notamment, un espace d'environ 30 cm entre le tronc et le paillage épais de BRF est recommandé. On peut aussi, selon les dimensions des arbres à pailler, installer cette couche épaisse de BRF uniquement en cordon tout autour de l'arbre sur sa ligne d'égouttement.

Le BRF en Incorporation au Sol

D'après Gilles Lemieux, il y a moins de pertes de carbone et d'azote lorsqu'on incorpore le BRF au sol. Cette méthode attire alors certains types de champignons qui stimulent toute la chaîne alimentaire dans le sol. Toutefois, après une incorporation de BRF au sol, il faut laisser le sol "digérer" les matières pendant quelques mois ou lui fournir un apport d'azote. Le professeur Lemieux suggère de faire l'incorporation de BRF frais en automne.

L'incorporation du BRF frais en automne permet au sol de le "digérer" pendant l'hiver, minimisant ainsi le risque de "faim d'azote" au printemps, au moment où les jeunes plants ont le plus besoin de cet élément. Si l'incorporation est faite au printemps, un apport d'azote sous forme d'urine ou de purin d'ortie peut compenser cette faim d'azote temporaire.

La Faim d'Azote : Comprendre et Gérer

La "faim d'azote" est un phénomène qu'il est important de comprendre lorsqu'on utilise du BRF, surtout si on l'incorpore au sol ou si on l'utilise en paillage épais avec des semis délicats. Cette faim d'azote se produit en surface du sol, en début de dégradation, car les bactéries et micro-organismes qui décomposent la matière organique carbonée prélèvent l'azote présent en surface du sol, sous sa forme minérale, pour l'utiliser comme "carburant" dans leur processus de décomposition. L'azote prélevé n'est alors plus disponible en surface pour les jeunes plantes cultivées, qui peuvent montrer des signes de carences comme le jaunissement du feuillage, des baisses de rendements les premiers mois après la mise en place du paillage de BRF ou encore des difficultés à croître.

Cependant, il ne faut pas s'alarmer outre mesure avec la faim d'azote, car elle ne se produit qu'en surface, cela ne dérangera donc pas les plantes vivaces déjà bien installées, dont les racines profondes peuvent accéder à l'azote plus bas dans le sol. Pour ne pas en subir les effets au potager où cela peut poser problème, il suffit d'anticiper l'installation de son paillage de BRF pour que celui-ci soit déjà bien décomposé au moment où l'on devra y installer les jeunes et fragiles plants potagers. L'incorporation en automne, comme le suggère Gilles Lemieux, est une solution efficace pour permettre une décomposition suffisante avant les semis printaniers.

Comment Produire ou Se Procurer du BRF

Pour bénéficier des avantages du BRF, il est essentiel de bien choisir le bois et de le fragmenter correctement.

Choix du Bois

Les branches à broyer doivent être jeunes, du bois tendre et vert, surtout pas sec ou mort. Les branches fraîches sont préférables aux branches mortes car elles contiennent plus de cambium et d'éléments nutritifs. Il faut privilégier les bois nobles d'arbres feuillus comme le chêne, le châtaignier, l'érable, le hêtre, l'acacia, et éviter les grosses branches ainsi que le bois des résineux (pin, épicéa, thuya), dont la lignine est différente et peut avoir des effets inhibiteurs sur la croissance des plantes. Si l'on souhaite incorporer un peu de résineux, un maximum de 20% est recommandé en mélange avec des feuillus.

Exemple de jeunes rameaux coupés pour le BRF

Quand Couper et Broyer le Bois

La période idéale pour couper le bois pour le BRF se situe entre octobre et février, pendant la période de dormance des feuillus. À cette saison, les bourgeons sont déjà formés, mais protégés par leurs écailles, ils sont assoupis. Il n'y a alors aucun transfert d'énergie entre l'arbre et son futur feuillage. Intervenir à cette saison permet également de stocker des branches et des rameaux sans craindre le dessèchement causé par les UV. Cette possibilité d'emmagasiner et de stocker "tranquillement" permet surtout de prendre le temps de faire du bon travail. De plus, en hiver, la plus grande partie des feuillus a perdu ses feuilles, hormis quelques essences comme le chêne ou le charme.

Il est toujours préférable d'utiliser rapidement les tailles d'arbustes : broyer le bois tant qu'il est frais, au maximum 15 jours à 3 semaines après la coupe. Une fois broyé, il est conseillé d'étaler le broyat dans les 48 heures pour maximiser ses bienfaits. Pour un broyeur électrique amateur, le diamètre des branches ne dépassera pas 3 cm pour ne pas dépasser les limites de la machine.

Se Procurer du BRF

Le BRF est un matériau qui est encore souvent gratuit ou presque, surtout en milieu périurbain auprès des arboriculteurs. Le problème est que le déchiquetage est souvent assez grossier et qu'il faut accepter la livraison d'un camion complet, ce qui n'est pas toujours évident en ville. Dans tous les cas, il faut choisir un entrepreneur qui entretient bien sa déchiqueteuse et qui produit de beaux petits copeaux homogènes.

Vous pouvez trouver sur internet les compagnies qui travaillent dans votre région ou vous informer auprès de votre municipalité pour savoir si elle récolte les branches et ce qu'elle en fait. Certaines villes conservent une provision de BRF pour leur propre usage et elles ont généralement un surplus à partager avec les citoyens. Vous pouvez également récupérer auprès d'élagueurs professionnels soit des rameaux de bois, soit des copeaux de bois. Étant donné qu'ils paient une taxe pour pouvoir se débarrasser de leurs déchets de taille dans les déchetteries, ils seront souvent disposés à vous les céder gratuitement. N'hésitez donc pas à prendre contact avec les élagueurs de votre commune.

Quels matériaux pour le BRF? | Agriculture durable (Bois raméal fragmenté)

Le BRF et l'Horticulture Écologique

Edith Smeesters, biologiste et pionnière en horticulture écologique au Québec, a joué un rôle clé dans la promotion de pratiques respectueuses de l'environnement, y compris l'utilisation du BRF. Elle a fondé et a été présidente de plusieurs organismes environnementaux, comme Nature-Action Québec et la Coalition pour les alternatives aux pesticides, et a été une personne clé dans la création d'un Code de gestion des pesticides au Québec en vigueur depuis 2003. Son expérience et ses recherches ont largement contribué à l'adoption du BRF comme une technique durable.

Au Québec, l'usage des BRF se développe beaucoup en horticulture, et de nombreuses villes s'en servent comme paillis dans les aménagements paysagers. Cela témoigne de la reconnaissance croissante de ses bienfaits environnementaux et agronomiques.

Bonnes Pratiques avec le BRF

Un petit conseil pratique pour ceux qui taillent leurs arbres ou haies : ayez toujours en tête les périodes de taille plus favorables aux oiseaux pour éviter de les perturber dans leurs nidifications - jamais entre mars et fin août. Respecter les cycles de la nature est une composante essentielle de l'horticulture écologique.

En produisant chaque année de petites quantités de BRF en taillant ses haies, on peut les étaler immédiatement sur ses parcelles potagères, soit autour des légumes d'hiver qui sont en train de pousser (choux, poireaux, laitues), soit partout ailleurs sur la féverole (engrais vert) qui n'est pas encore très développée à cette époque de l'année. Cette pratique s'inscrit parfaitement dans une démarche de jardinage durable, où les déchets verts sont recyclés sur place, enrichissant le sol et réduisant la nécessité d'apports extérieurs.

tags: #brf #ca #veut #dire #quoi