L'univers des végétaux comestibles dépasse largement le cadre classique des légumes de potager. Parmi les trésors que la terre nous offre, les bulbes occupent une place de choix. Qu’il s’agisse de variétés destinées aux récoltes traditionnelles ou de curiosités florales, la culture des bulbes répond à des règles botaniques précises.

Principes fondamentaux de la plantation des bulbes
Ces bulbes doivent être mis en place à l'automne. Les bulbes sont assez tolérants au niveau du sol. Toute terre de jardin saine convient. Reste qu'une terre bien drainée est préférable. Au jardin, les bulbes apprécient les sols sablonneux et bien drainés. La partie plate de l'oignon se nomme le "plateau". C'est à ce niveau que surgiront les racines. Il convient de le poser à plat, au fond du trou.
Vous pouvez indifféremment pratiquer des trous individuels (avec l'outil adapté ou à la pelle à main), ou bien pratiquer un large trou, y déposer plusieurs bulbes puis recouvrir de terre. Dans tous les cas, un petit conseil : ne rebouchez vos trous qu'une fois la plantation terminée : il est plus fréquent qu'on ne le croit de creuser à nouveau au même endroit. Côté profondeur de plantation, comptez généralement entre 2 et 3 fois la hauteur du bulbe mis en place. En effet, planter trop profondément un bulbe gêne ses tiges pour sortir et chercher la lumière ce qui épuise tout ou partie des réserves.
Pour la plupart des variétés de plantes à bulbes, la floraison a lieu vers le printemps. Les plantes à bulbe ne demandent pas beaucoup d’entretien. Il y a plusieurs écoles au sujet de la conservation des bulbes. Certains laissent les bulbes en terre à l'année, d'autres se font une religion de les sortir après floraison. Si la terre est bien drainée, le bulbe ne risque rien. Pour qu'il refasse ses réserves d'une année sur l'autre, il faut dans tous les cas attendre que le feuillage ait jauni. Une fois passé, le bulbe ne gêne en rien.
La famille des Alliacées : piliers de la cuisine
Je vais commencer cette liste de fleurs à bulbes comestibles par la famille des alliacées car on les connaît déjà même si, la plupart du temps, ce ne sont pas les fleurs qu’on mange.
L’oignon Cuisse de Poulet du Poitou est une variété savoureuse et productive aux bulbes allongés typiques. Parfait pour une culture facile et des récoltes parfumées en cuisine. L'oignon jaune doux de Lézignan est une variété ancienne au bulbe généreux et aplati, à la tunique jaune pâle et à la chair blanche délicatement sucrée.
Pour les amateurs de saveurs douces, plusieurs options s'offrent au jardinier :
- Oignons de printemps : Les bulbes sont petits à moyen, blancs avec des formes rondes et à la chair ferme. Le feuillage est vert foncé et bien dressé. Les feuilles peuvent se consommer comme la ciboule. Cette variété de printemps est hâtive et de bonne conservation.
- Variété italienne : Produit des bulbes blancs sphériques, assez homogène. Sa saveur est douce et sucrée, ce qui le rend idéal en salade.
- Rosé des Sables : Cette ancienne variété originaire de l'Île d'Oléron offre de beaux oignons rosés, au goût particulièrement doux aussi bien cru que cuit. Se plaira d'autant mieux dans une terre sableuse à argilo-limoneuse.
- Oignon rouge : Il existe des variétés produisant des bulbes de couleur rouge, ronds et légèrement aplatis, parfaits pour les salades grâce à leur douceur.

Lorsque le feuillage est sec, il faut arracher les oignons et les laisser sécher une dizaine de jours avant de couper le feuillage sec pour les stocker. Le fenouil officinale (Foeniculum vulgare Miller) est également une vivace majestueuse grâce à sa taille, jusqu'à 2 mètres en hauteur.
Diversité des plantes à racines tubérisées et fleurs comestibles
Le dahlia ne fait pas spécialement penser à un bulbe; pourtant, on le rapproche des plantes bulbeuses en raison de sa racine tubérisée. Reste que la plantation du dahlia, intéressant en cuisine pour son tubercule ou ses pétales, ne se fait pas à l'automne mais au printemps. La date de plantation est en fait dépendante du climat : pour une pousse correcte, il faut absolument protéger le dahlia des gelées printanières. Pour éviter les impairs, il y a un moyen simple : attendez la floraison des lilas !
Manger des fleurs ? Vous êtes sûr ? Et oui ! Elles sont même délicieuses et bénéfiques pour la santé. Les fleurs comestibles étaient déjà consommées dans l’Antiquité puis cette consommation s’est plus ou moins arrêtée selon les régions du globe. Parmi les fleurs à bulbes comestibles, on citera évidemment la plus connue et la plus utilisée : la capucine. La saveur de cette plante est poivrée et très légèrement piquante. Les fleurs décorent l’assiette, les graines et les boutons se parsèment, pendant que les feuilles sont mises dans la salade.
Moins connu, le lys d’un jour ou hémérocalle est également une plante à bulbe comestible dont les fleurs et les feuilles se mangent aussi bien crues en salade que cuites dans une soupe ou frites. Vous connaissez déjà très certainement le safran en tant qu’épice pour parfumer notamment la paella mais avez-vous déjà entendu parler du crocus de safran ?
Fleurs comestibles d'été
Le meilleur moment de la journée pour récolter les fleurs comestibles, c’est le petit matin. En effet, à cet instant-là, la rosée est encore présente et les plantes sont de pleine fraîcheur. Lors de votre cueillette, munissez-vous d’un plateau que vous aurez préalablement recouvert avec de l’essuie-tout ou du papier absorbant mouillé.
Le cas particulier des bulbes de tulipes : entre histoire et prudence
Le sujet des bulbes de tulipes "comestibles" divise souvent les jardiniers et les gourmets. Résultat : un kilo de bulbes de tulipes attendent depuis quelques semaines d'être plantés. Vous avez vu ? Pas plus d'une à trois pièces par jour et par personne ! Ça coupe déjà un peu l'appétit.
Le site "Naturalbulbs" conseille de récolter les bulbes après la floraison, de les laver, d'enlever la "peau" puis les préparer… comme on le désire ! Il nous est gentiment suggéré d'utiliser Google pour trouver des recettes. Une salade de tomates confites, de fenouil et d’asperges à laquelle on ajoute les bulbes de tulipes coupés en quartiers et frits à la poêle est parfois mentionnée.
Aux Pays-Bas, "manger des bulbes de tulipes" n'est pas vraiment un bon souvenir. Les vieux bulbes tout racornis que les Néerlandais ont dû manger pendant la guerre avaient un goût infect. Les jeunes bulbes n'auraient pas ce mauvais goût ou même presque pas de goût du tout. Toutefois, la prudence est de mise. Sur le site du Centre antipoison belge, on peut télécharger une brochure consacrée aux plantes toxiques. Dans cette brochure, la tulipe est classée dans la catégorie "toxique par ingestion" avec une précision : "surtout le bulbe" ! Sur d'autres sites, j'ai trouvé aussi des informations selon lesquelles les bulbes de tulipes pourraient provoquer des réactions de type allergiques, par contact.

Il est donc difficile d'être catégorique. Si vous utilisez vos fleurs pour cuisiner, pas de souci, mais concernant l'ingestion des bulbes eux-mêmes, le discernement reste nécessaire. Certains experts auraient tendance à dire "toxique mais pas mortel si consommé avec modération". Cependant, la règle d'or reste de se concentrer sur les variétés comestibles reconnues plutôt que de tester des espèces ornementales dont la toxicité peut varier.
Les jacinthes profitent au soleil, mais poussent également vaillamment à mi-ombre. Elles seront plus précoces dans le premier cas, mais c'est sous un arbre que leur floraison durera le plus longtemps. Que vous soyez un jardinier amateur ou un professionnel de la cuisine, la gestion de ces bulbes demande une attention particulière à la saisonnalité et à la nature du sol pour garantir une expérience à la fois esthétique et culinaire.
tags: #bulbes #noires #comestibles