Cultiver des arbres et arbustes fruitiers permet de bénéficier de récoltes de fruits tout en maîtrisant la façon dont ils sont traités. Vos fruitiers sont la cible d’indésirables ? Vos récoltes sont menacées par des nuisibles ? Que ce soit des chenilles qui dévorent les bourgeons, des champignons qui tachent les feuilles ou de petits insectes qui pourrissent les fruits, il existe toujours une solution écologique (et économique !) aux problèmes. Le traitement des arbres et arbustes fruitiers permet de protéger les cultures contre les maladies et les nuisibles qui pourraient compromettre votre récolte de fruits. Il est cependant à noter que les arbres fruitiers peuvent parfois être capricieux, il faut ainsi éviter de leur infliger un soin sans une bonne raison. Privilégiez toujours une observation minutieuse avant tout traitement curatif, même bio.

Principes fondamentaux de la santé au verger
Pour limiter au maximum les risques de maladies des fruitiers, respectez leurs conditions de culture. Le pommier réclame une terre franche sans excès de calcaire. Plantez sur une butte en terrain humide. Évitez les sols secs et les murs exposés au Sud. Le poirier préfère une terre poreuse, fertile, argilo-limoneuse, fraîche en profondeur l'été. Il a besoin d'une période au froid en hiver, il résiste jusqu'à -26°C. Le pêcher aime les sols profonds, drainants, au pH neutre. En plein soleil, au chaud et au sec, il offre une belle fructification. Un printemps humide le fragilise. Le châtaignier est planté en automne ou à la fin de l'hiver, dans un terrain acide, siliceux et bien drainé, à l'abri des vents froids.
Il existe 3 grandes familles de maladies chez les fruitiers :
- Les maladies fongiques : aussi appelées maladies cryptogamiques, ce sont des infections causées par des champignons microscopiques.
- Les maladies bactériennes : ce sont des infections causées par des bactéries microscopiques qui pénètrent dans l'arbre, généralement par des blessures.
- Les maladies physiologiques : ce sont des troubles non parasitaires (sans pathogène) causés par des conditions environnementales défavorables ou des déséquilibres nutritifs.
Les maladies fongiques : identification et gestion
La tavelure est une maladie fongique courante. La tavelure survient généralement par temps humide et doux. Les spores du champignon hivernent dans les feuilles tombées et les débris végétaux au sol. Au printemps, elles se dispersent dans l'air et infectent les nouvelles pousses. Les pluies printanières favorisent la propagation de la maladie. Les feuilles se remplissent de petites taches brunes à vert olive, veloutées, au contour diffus. Après les feuilles, ce sont les fruits qui sont atteints par des taches qui durcissent avec le temps, formant une croûte brune. Des fissures peuvent s'ouvrir. Ramasser et éliminer les feuilles tombées à l'automne pour réduire le nombre de spores qui passeront l'hiver.
La moniliose est une maladie fongique également connue sous le nom de "pourriture des fruits" ou "pourriture brune". Le champignon hiverne dans les fruits momifiés et les chancres sur les rameaux. Au printemps, les spores sont libérées et se propagent par le vent, la pluie ou les insectes. Sur les pommiers, des taches rondes et brunes commencent à apparaître et couvrent peu à peu le fruit. Le fruit finit par pourrir et forme une momie qui reste attachée au rameau. Désinfecter les outils de taille après chaque arbre fruitier et appliquer un mastic cicatrisant après avoir supprimé les rameaux infectés.
L'oïdium est aussi appelé "maladie du blanc" ou "pourriture blanche" en raison de l'aspect poudreux blanc ou grisâtre qu'il forme sur les parties affectées de la plante. Au printemps, les jeunes feuilles se couvrent, sur les deux faces, d'un feutrage blanc, puis se recroquevillent sur elles-mêmes. Les pulvérisations d'un traitement au soufre sont couramment utilisées en préventif comme en curatif. Elles doivent être effectuées par temps sec, car le soufre est moins efficace sous la pluie.
Utilisation des tisanes et purins en verger
Les menaces bactériennes et les troubles physiologiques
Le feu bactérien est une infection très grave qui affecte principalement les arbres fruitiers à pépins, notamment les pommiers, poiriers et cognassiers. Elle se caractérise par un brunissement rapide des fleurs, des feuilles et des jeunes pousses qui semblent avoir été brûlées. Les rameaux infectés se recourbent en forme de crosse. En France, cette maladie est considérée comme un organisme nuisible de quarantaine, ce qui implique une déclaration obligatoire auprès des services de protection des végétaux. Coupez les parties malades 30 cm sous la zone atteinte. Brûlez immédiatement tous les déchets de taille. Désinfectez les outils entre chaque coupe.
La carence en fer, également appelée chlorose ferrique, se manifeste par un jaunissement des feuilles, affectant la photosynthèse et, par conséquent, la santé et la productivité de l'arbuste. Cette carence se produit lorsque l'arbre ne peut pas absorber suffisamment de fer. Les sols calcaires ou alcalins (pH supérieur à 7) rendent le fer insoluble, donc non assimilable par les racines. Améliorer l'acidité du sol avec des amendements acides et faire un apport en fer chélaté, sous forme de granulés ou de pulvérisation foliaire, sont des solutions efficaces.
Lutte contre les ravageurs : insectes et autres nuisibles
Le carpocapse est un ravageur redoutable. La peau présente des zones rongées (brun rouge) ou piquées, parfois gommeuses, cachant des galeries internes. Les fruits, encore jeunes, tombent prématurément. Afin d'assurer une protection de vos arbres fruitiers face à ces ravageurs, la meilleure solution consiste à installer des pièges à phéromones. L’emploi des pièges à phéromones bloque donc la reproduction des insectes et vos fruits seront préservés.
Les pucerons (cendrés ou verts) provoquent un gaufrage des feuilles qui s'enroulent puis jaunissent. Lors des fortes attaques, le développement des pousses peut s'interrompre. Il arrive, régulièrement, qu'une moisissure noire apparaisse : c'est la fumagine. Cette dernière attire les fourmis. La présence des pucerons est visible : ce sont de petits insectes ronds, gris, bruns ou verts, et presque immobiles. Quelques astuces complémentaires : ensacher les fruits affine leur épiderme et les protège des nuisibles. Un collier de glu autour du tronc de vos arbres fruitiers stoppe la progression des insectes rampants et vous permet d'estimer leur population.

Gestion des indésirables au sol : le cas des blattes de jardin
Traiter une infestation sans modifier les conditions qui l’ont créée, c’est garantir son retour. Les dalles de terrasse sont l’habitat favori des blattes de jardin. Pour les en exclure durablement, trois actions sont nécessaires. D’abord, rejointoyez les dalles dont les joints sont dégradés ou absents : utilisez un mortier joint stabilisé qui résiste à l’humidité. Ensuite, vérifiez que l’eau de pluie s’écoule correctement et ne stagne pas en surface ou en sous-face.
Un compost bien géré n’attire pas les cafards, mais un compost mal géré en est un foyer. Ne mettez jamais de viande, poisson, produits laitiers ou matières grasses dans votre compost. Le cabanon est souvent l’épicentre d’une infestation de jardin. Il offre obscurité permanente, température stable et protection contre les intempéries - tout ce que les blattes cherchent. Pour l’en protéger durablement, surélevez tout ce qui est stocké au sol sur des étagères ou des crochets muraux. Posez des pièges collants dans les quatre coins intérieurs et vérifiez-les mensuellement.
La terre de diatomée agit par abrasion sur l’exosquelette des insectes, ce qui les déshydrate progressivement. En extérieur, son efficacité chute fortement après la pluie, l’arrosage ou une forte humidité. Elle est donc plus utile sous un abri, dans un cabanon ou sous un rebord protégé. Les méthodes décrites dans ce guide fonctionnent sur les infestations légères à modérées. Mais il y a des situations où continuer seul vous fait perdre du temps et de l’argent sans résultat. Nos techniciens certifiés identifient l’espèce, localisent les foyers, traitent simultanément l’extérieur et les voies d’entrée, et établissent un rapport officiel. Éradiquer les cafards en extérieur demande bien plus qu’un simple spray ou piège mal positionné.
Tableau récapitulatif des interventions au verger
| Arbre fruitier | Partie atteinte | Maladie ou ravageur |
|---|---|---|
| Pommier | Tronc et rameaux | Chancre à nectria |
| Pommier | Feuilles | Oïdium, Puceron cendré ou vert, Tavelure |
| Pommier | Fruit | Moniliose, Carpocapse |
| Poirier | Feuilles | Entomosporiose, Psylle du poirier |
| Pêcher | Feuilles | Cloque du pêcher, Criblure |
| Prunier | Fleurs | Moniliose |
| Prunier | Fruits | Hoplocampe |
| Cerisier | Fruits | Mouche du cerisier |
| Framboisier | Fleurs et fruits | Ver de la framboise |
Le traitement des arbres fruitiers suit en général le calendrier de la taille. Il est essentiel de respecter ces périodes pour garantir une protection maximale contre les maladies et les ravageurs. Il est aujourd’hui très facile de trouver des produits bio et efficaces pour assurer la protection de vos arbres et arbustes fruitiers. La bouillie bordelaise est un traitement bio qui est un peu l’équivalent pour les arbres fruitiers de notre aspirine. Composée de cuivre et de chaux, elle possède une action fongicide. Au printemps jusqu’au début de l’été, elle permet de lutter contre l’oïdium. Le purin d’ortie, quant à lui, est à utiliser comme engrais au début de toute culture et sur les plantes à feuilles afin de renforcer la résistance globale de l'arbre.