La pomme de terre, star incontestée de nos assiettes, se décline en une multitude de variétés. Mais au-delà du type de chair, de la couleur ou de la forme, il existe un autre critère essentiel qui influence à la fois sa préparation et sa commercialisation : le calibre. Le calibre d’une pomme de terre est tout simplement sa taille, mesurée par son diamètre. Il est généralement exprimé en millimètres et permet de classer les tubercules en différentes catégories. Cette classification est loin d’être anecdotique, car elle garantit une certaine uniformité dans les sacs de pommes de terre que nous achetons, ce qui est crucial pour les professionnels et les particuliers.
S’il n’y a pas de difficulté à savoir combien de plants il y a dans une clayette de 100 plants ou un filet de 25 plants… il n’en est pas de même pour un sac de 3 ou 5 kg ! Le nombre de tubercules dans un petit sac dépend de la taille de la semence (son calibre). Le calibre est libellé de la façon suivante : 28/35mm : 28 mm sera le plus petit diamètre que l’on pourra trouver dans le sac, 35 mm sera le plus gros diamètre.

Analyse des calibres et densités de plantation
Pour comprendre l'impact du calibre, il faut regarder le poids moyen des tubercules. Un tubercule de calibre 28/35 mm pèse, en moyenne, 25,8 g => dans 3 kg on aura 116 plants et 193 dans 5 kg. Un tubercule de calibre 35/45 mm pèse, en moyenne, 53,9 g => dans 3 kg on aura 55 plants et 92 dans 5 kg.
Le calibre n’est pas qu’une simple donnée technique, il a une influence directe sur le mode de culture et le résultat final. Contrairement à une idée reçue, les gros plants de pommes de terre ne donneront pas de plus gros tubercules à la récolte… C’est même le contraire. En fait, un petit plant de pommes de terre donnera moins de pommes de terre, mais celles-ci seront plus grosses. Et c’est logique : un petit tubercule développera moins de germes - germes qui formeront chacun une pousse. Donc moins il y a de pousses, moins il y aura de pommes de terre sur un pied. Et moins il y a de pommes de terre, plus grosses elles seront (car les nutriments en auront moins à alimenter). À l’inverse, plus un plant de pommes de terre est gros, plus il émettra de pousses et donc il donnera plus de tubercules, mais de tailles moins importantes.
Stratégies de sélection selon les objectifs de production
Le calibre des plants de pommes de terre dépendra de ce que l’on veut faire. D’une manière générale, les petits tubercules seront préférés pour la production destinée à la conservation. Dans ce cas, on plantera serré sur la ligne (les ramifications sont peu nombreuses), c’est-à-dire à 20/30 cm de distance. Pour les pommes de terre nouvelles, on préférera des plants de gros calibres, donnant un grand nombre de pommes de terre (pour les nouvelles, on ne recherche pas à avoir de gros calibres) et plus résistants. De même, du fait de leur meilleure résistance, en terre lourde, les gros calibres sont préconisés.
Le calibre mitraille est le plus petit de la liste, entre 17 et 28 mm de diamètre. Les pommes de terre grenaille, ou de petit calibre, sont comprises entre 28 et 35 mm. Les plants de pomme de terre de calibre moyen (35 à 45 mm) sont un bon compromis entre taille du légume et rendement. Dans la catégorie des poids lourds, le calibre gros concerne les pommes de terre de plus de 45 mm. Celui-ci s'obtient en espaçant chaque plant largement, et dans des conditions idéales pour obtenir un rendement très élevé, dont seule une partie sera de cette taille.
Quand planter les pommes de terre ? Les astuces en fonction de votre région.
Adaptation des pratiques culturales au calibre
Le calibrage n'est pas très important si on prend la peine de ne pas choisir du plant trop petit ou trop gros. Des essais en grande culture ont même démontré qu'il n'y avait pas de différence de rendement avec des plants d'un calibre donné coupé en deux ou non recoupé. Toutefois, certains jardiniers sont adeptes des gros calibres, car ils offrent plus de réserve pour que les germes sortent même en mauvaises conditions. Cela induit plus de tiges par pieds : une moyenne de 3 sur du petit calibre contre une moyenne de 5 sur du gros calibre.
Pour produire une quantité importante de « frites », on choisira les écartements dans la ligne plus élevés. Si, à l’inverse, on souhaite davantage de calibre moyen, on réduira la distance dans la ligne. Dans les sols légers, les sols où l’on craint la sécheresse, ou ceux où l’on plante tard et lors de l’utilisation de plants matures : la distance de plantation dans la ligne sera adaptée vers le haut (plus écartée de 1 à 2 cm). Dans les sols lourds et sans risque de manque d’eau, lorsque l’on plante tôt, avec du plant vieux (ou déjà égermé), on plantera plus serré (moins écarté de 1 à 2 cm).
Gestion sanitaire et économie de semences
Vouloir faire des économies en faisant son plant soi-même est une très mauvaise idée. Ce sont des économies de bout de chandelles dans le sens où la qualité sanitaire est aléatoire avec du plant fait maison. Bien sûr, il est tout à fait possible de bien réussir son propre plant, mais sur 10 années, combien seront-elles irréprochables ? La qualité sanitaire est primordiale pour éviter la dégénérescence des variétés.
La pomme de terre exige un sol profond, non calcaire, très meuble et enrichi, bien qu'elle pousse partout. Les tubercules de pommes de terre se plantent à environ 12 cm de profondeur, germes dirigés vers le haut. Si votre sol est à tendance humide, plantez en billons, c’est-à-dire sur des buttes que vous aurez préalablement formées. Chaque type de légume ayant ses propres exigences, une rotation des cultures tous les ans évite au sol d’être carencé en certains éléments nutritifs. L’année suivante, les plantes dites légumineuses remplaceront les pommes de terre. La dernière année sera consacrée aux plantes racines et à bulbe qui se nourrissent de l’azote de profondeur.

Facteurs influençant le rendement final
Si le calibre est un critère de choix pour le consommateur, il est aussi un indicateur de la qualité de la production. Un producteur qui parvient à obtenir un calibre homogène pour l’ensemble de sa récolte est souvent synonyme d’une bonne maîtrise technique de la culture. La taille d’une pomme de terre est influencée par plusieurs facteurs, dont le type de sol, l’irrigation et la fertilisation.
La pomme de terre est un légume facile à cultiver et régénératrice de sols, mais elle nécessite beaucoup d’énergie et de nutriments pour pousser correctement. Vous aurez donc besoin d’utiliser des engrais pour optimiser votre récolte. L’azote est absolument essentiel, puisqu'il favorise la croissance des tubercules, tout comme le phosphore pour le système racinaire. Un mélange de compost et de sang séché, incorporé à la terre dès la plantation, donnera un très bon début de croissance. L’amendement du sol en amont ou pendant la phase de préparation du sol est également essentiel à la bonne croissance de vos plants.
Protection contre les pathogènes et conservation
Les pommes de terre sont sensibles aux attaques des animaux et insectes nuisibles ainsi qu’aux maladies, comme le mildiou. Dès le début, vous aurez à les protéger contre les insectes rampants, comme les taupins et la mouche de la carotte. Au moment de la pousse, vous devrez faire particulièrement attention aux doryphores, et à leurs larves poussant sur les feuilles de vos plants. Enfin, l’une des principales plaies affectant la pomme de terre est le mildiou. Cette maladie peut se répandre très vite à tout votre potager, et avoir des conséquences désastreuses sur vos plants. Heureusement, il existe des solutions simples à mettre en place. La bouillie bordelaise est l’un des seuls traitements préventifs efficaces contre cette maladie. Si elle a déjà commencé à s’installer, un mélange de bicarbonate de soude et d’eau fonctionne, tout comme le purin d’orties.
Une fois récoltées, vous voudrez sans doute conserver vos pommes de terre le plus longtemps possible, sans doute tout l’hiver. Il vous faudra tout d’abord les laisser sécher à l’air libre pendant au moins 24 h, pour limiter les risques de moisissure. Si vous ne souhaitez pas qu’elles germent trop tôt, vous pouvez diffuser un produit antigerme, à base d’huile essentielle de menthe, ou à base d’argile calcaire. Ils permettent aussi une meilleure conservation des tubercules en asséchant l’épiderme et en créant un milieu sain.