L'horticulture, domaine de culture et d'embellissement, représente un secteur d'activité essentiel, alliant savoir-faire traditionnel et innovations scientifiques. Au cœur de cette discipline, la culture du rosier occupe une place privilégiée, symbolisant à la fois la beauté, l'histoire et une expertise technique de pointe. Cet article explore les différentes facettes de cette filière, depuis les parcours de formation professionnelle jusqu'à l'histoire fascinante des grandes dynasties de rosiéristes qui ont façonné le paysage floral mondial, en passant par le dynamisme de l'horticulture régionale.
Le CAP Horticulture : Un Tremplin vers les Métiers du Végétal
La formation professionnelle joue un rôle déterminant dans la transmission des compétences et l'adaptation aux exigences du marché du travail. Le CAPA Métiers de l’Agriculture option maraîchage et horticulture est un diplôme professionnel de niveau 3 qui se prépare en deux ans après la classe de 3ème, offrant une voie structurée vers les professions du végétal. Ce parcours permet aux jeunes apprenants d'acquérir les bases fondamentales et les techniques spécifiques nécessaires à l'exercice des métiers liés à la production horticole et au maraîchage.
Le principe pédagogique de l’alternance est d’utiliser au maximum ce que l’apprenti a vu en entreprise pour l’aider à mieux comprendre les cours. Cet aller-retour entre théorie et pratique consolide les apprentissages et offre une immersion concrète dans le monde professionnel. Après le temps en entreprise, l’apprenti va pouvoir échanger en classe sur son vécu, ses expériences, permettant ainsi une mutualisation des connaissances et une analyse approfondie des situations rencontrées. Cette approche concrète favorise non seulement l'assimilation des savoirs théoriques mais aussi le développement des compétences pratiques indispensables.
Un suivi rigoureux est mis en place pour accompagner chaque apprenti tout au long de son parcours. Le carnet de liaison, toujours dans le cartable de l’apprenti, est visé à chaque session par les trois partenaires (parents, maître d’apprentissage et formateur CFA MFR) et permet de suivre au plus près le déroulement de la formation de l’apprenti. Cette collaboration tripartite assure une coordination optimale et un soutien constant. Les relations parents / équipe pédagogique / entreprise sont primordiales pour la réussite des jeunes. Dans ce cadre, le formateur-responsable de classe joue un rôle d’interlocuteur privilégié avec les familles et les entreprises partenaires, veillant à la bonne intégration et à l'épanouissement de l'apprenti. Il est essentiel de noter que le taux de rupture de contrat peut être supérieur au taux d’abandon. Lors d’une rupture de contrat, nous accompagnons l’apprenti dans la recherche d’un maître d’apprentissage, garantissant ainsi la continuité de son parcours de formation.
Divers établissements proposent ces formations essentielles. Parmi eux, l'Agrocampus de Tours-Fondettes (37) propose des formations allant de la seconde au BTSA, offrant ainsi un éventail complet de possibilités d'apprentissage et de spécialisation dans les domaines de l'agriculture et de l'horticulture. Ces institutions sont des piliers pour la pérennité et le développement des métiers du végétal.
La Rose au Cœur de la Formation : Pratique et Savoir-faire
Les rosiers, avec leur diversité infinie de formes, de couleurs et de parfums, représentent un sujet d'étude et de pratique essentiel dans les formations horticoles. Les classes de CAPa Jardinier Paysagiste sont souvent en ébullition dans les roseraies ! C'est sur le terrain que les apprentis acquièrent les gestes précis et les connaissances spécifiques à la culture de ces arbustes emblématiques.
La taille d’un rosier est une étape importante dans la vie de l’arbuste car c’est elle qui va permettre d’avoir de belles roses aux beaux jours. Une taille correctement réalisée favorise une floraison abondante et une meilleure santé de la plante. En effet, la taille de rosiers se fait à la fin de l’hiver, en février ou en mars selon les régions, ou au tout début du printemps. Nos deux classes de CAPa Jardinier Paysagiste sont donc à l’heure, à l'affût du moment propice pour intervenir ! Les techniques de taille varient selon le type de rosier, nécessitant une observation attentive et une compréhension des besoins spécifiques de chaque variété.
Pour les rosiers buissonnants ou arbustifs, les élèves ont privilégié une sélection des branches les plus vigoureuses pour favoriser la croissance du jeune bois. Cette pratique assure un renouvellement constant de la structure de l'arbuste, stimulant la production de nouvelles tiges florifères. Sur le campus, on rencontre également des rosiers grimpants. Pour ces variétés, il faut donc sélectionner des tiges à tailler et conserver le palissage des branches charpentières. Le maintien d'une structure solide est crucial pour supporter le poids des fleurs et garantir l'esthétique de la plante le long de son support. Au-delà de la taille, les étudiants participent à toutes les étapes de l'entretien des rosiers. Ils ont également désherbé, biné et décomposté le sol et fertilisé. Ces opérations sont fondamentales pour maintenir un sol sain, riche en nutriments et exempt de compétiteurs, assurant ainsi une croissance optimale et une floraison éclatante.

Un cadre d'apprentissage privilégié est souvent offert par les institutions de formation. Inaugurée en 1996, la roseraie du CHEP compte plus de 2000 pieds. C’est un véritable laboratoire à ciel ouvert pour les apprentis, où ils peuvent mettre en pratique leurs connaissances sur une grande diversité de variétés. Et c’est un lieu très apprécié par nos jeunes pendant leurs temps de pause, aussi : pas droit à l’erreur !! La responsabilité de prendre soin de ces milliers de rosiers inculque un sens aigu du professionnalisme et de la précision.
L'Horticulture en Région Centre-Val de Loire : Un Secteur Dynamique
La région Centre-Val de Loire est un territoire où l'horticulture et la pépinière occupent une place significative dans l'économie agricole. Cette vitalité se manifeste par une concentration d'entreprises spécialisées et une production diversifiée. En 2021, la région recensait 163 horticulteurs et pépiniéristes ayant une activité de production. Ce chiffre témoigne de l'importance du secteur et de sa capacité à générer de l'emploi et de la valeur ajoutée sur le territoire.
La répartition géographique de ces entreprises est un indicateur de leurs dynamiques locales. Le Loiret concentre quasiment la moitié des entreprises horticoles et, dans une moindre mesure, le Loir-et-Cher, l'Indre-et-Loire, le Cher, l'Indre et l'Eure-et-Loir. Cette concentration dans le Loiret peut s'expliquer par des facteurs historiques, géographiques ou logistiques favorables à l'établissement de ces activités. Cependant, tous les métiers horticoles sont représentés, avec une répartition "équilibrée" entre horticulture et pépinières, ce qui garantit une offre complète et une diversification des compétences au sein de la région.
La pépinière régionale se caractérise également par la présence d'entreprises spécialisées en production de jeunes plants de pépinières (2e région française et 20% de la valeur française) et de rosiers (Bellegarde, 45). Cette spécialisation souligne l'expertise de la région dans des niches de marché spécifiques, contribuant à son rayonnement national. Plus d’1/3 des entreprises se situe dans le Loiret, confirmant sa position de leader régional. Par contre, en terme de surface, le Loir et Cher compte 743 ha contre 654 ha dans le Loiret. Cette donnée suggère que si le Loiret abrite un grand nombre d'entreprises, le Loir-et-Cher dispose de surfaces plus vastes dédiées à la culture, indiquant peut-être des exploitations de plus grande envergure ou des productions nécessitant davantage d'espace.

Les débouchés commerciaux sont également un pilier de ce dynamisme. Le marché "régional" (rayon de 200 km) constitue le premier débouché pour les producteurs de la région. Cette proximité avec les clients favorise les circuits courts et renforce les liens économiques locaux. De plus, 30,4% des ventes concernent des ventes sur le marché local (rayon inférieur à 10 km), ce qui illustre l'importance des ventes directes et des marchés de proximité pour les horticulteurs et pépiniéristes.
Pour soutenir et développer ce secteur, des structures d'accompagnement sont essentielles. Le CDHR Centre-Val de Loire, Comité de Développement Horticole de la région Centre-Val de Loire, basé à Saint-Cyr en Val dans le Loiret, favorise la mise en œuvre de nouvelles pratiques sur les entreprises. Il joue un rôle d'interface entre la recherche, les acteurs économiques et les pouvoirs publics pour promouvoir l'innovation et la durabilité. Par ailleurs, les CAP Filières en Centre-Val de Loire (Contrats d’Appui au Projet des Filières) structurent la politique agricole régionale. Chacune des grandes filières régionales est couverte par un CAP Filière de 4 ans, offrant un cadre stratégique pour le développement à long terme de l'horticulture et des autres filières agricoles.
L'Épopée des Rosiéristes Lyonnais : Des Racines à la Renommée Mondiale
L'histoire de la rose est indissociable de celle de grands noms qui, par leur passion et leur persévérance, ont élevé la création de nouvelles variétés au rang d'art et de science. Lyon et sa région ont été le berceau de plusieurs de ces figures emblématiques, dont l'héritage continue d'embellir les jardins du monde entier.
Joseph RAMBAUX, Pionnier Discret
L'aventure commence d'abord avec Joseph RAMBAUX (1820-1878) qui débuta comme simple jardinier au Parc de la Tête d’Or vers 1850. Ce n'était pas un simple métier pour lui, mais une véritable vocation, et il se piqua d’amour pour la rose. Son engagement et sa curiosité le poussèrent à se lancer dans l'hybridation, rêvant de nouvelles formes et couleurs. Malheureusement, Joseph ne voit pas ses variétés prendre leur envol planétaire, son travail restant principalement reconnu dans les cercles locaux. Il pose néanmoins les premières pierres d'une tradition lyonnaise de rosiéristes qui allait connaître un essor sans précédent.
Francis DUBREUIL : L'Art de la Diffusion et de la Création
L'héritage de Joseph Rambaux trouva un fervent défenseur en la personne de son gendre, Francis DUBREUIL. Devant la qualité et le potentiel des créations de son beau-père, Francis DUBREUIL décide de faire connaître les variétés de son beau-père et quitte le métier de tailleur qu’il tenait de son père. Ce changement de carrière audacieux marqua le début d'une ère nouvelle pour la rose lyonnaise. Il agrandit les cultures et fait imprimer vers 1867 un catalogue annuel où il vante les mérites des nouvelles roses découvertes par la famille avec un bon de commande à entête « F. DUBREUIL Fils ». Cette initiative commerciale et marketing avant-gardiste permit de diffuser ces merveilles végétales bien au-delà des frontières locales.
Les créations de Francis Dubreuil elles-mêmes connaîtront un succès retentissant. En 1887, il édite un Polyantha abricot, quasiment sans épines « PERLE D’OR ». Cette rose, par sa beauté délicate et l'absence presque totale d'épines, représenta une avancée majeure. Celui-ci est la première variété de la famille à avoir un retentissement international. En effet, dès 1891, 4 ans après sa parution officielle dans « Le Journal des Roses », la variété est déjà sur le « Journal of The Senate and Assembly of the Legislature of the State of California », témoignant de sa reconnaissance rapide aux États-Unis.
Mais l'ingéniosité de Francis Dubreuil ne s'arrêta pas là. À partir de géniteurs soigneusement sélectionnés dans les collections lyonnaises pour leurs qualités de résistance, de beauté, de floribondité ou de parfum, Francis DUBREUIL crée la superbe et novatrice variété qui portera son nom - on n’est jamais mieux servi que par soi-même - « FRANCIS DUBREUIL » éditée en 1895. Cette rose thé rouge cramoisi, pourpre et veloutée, avec des reflets cerise vif amarante, est un chef-d'œuvre de l'époque, alliant robustesse et une esthétique saisissante. C'est le résultat d'une recherche appliquée et d'une vision artistique.
Au tournant du siècle, en 1904, Francis DUBREUIL décide d’éditer le fantastique rosier « CRÉPUSCULE ». Ce rosier, doté d'une vigueur exceptionnelle et d'une floraison généreuse, défia le temps. Aujourd’hui encore, « CRÉPUSCULE » pousse toujours dans plus de 75 roseraies dans le monde ! On peut en voir en AUSTRALIE, au JAPON, au CANADA, aux USA et dans toute l’EUROPE, du nord au sud, prouvant la résilience et l'attrait intemporel de cette création. L'héritage de Dubreuil est donc marqué par l'innovation, la diffusion et la création de roses d'une qualité exceptionnelle, jetant les bases pour la génération suivante de rosiéristes.
Il était une fois... Lyon capitale mondiale de la rose
La Dynastie MEILLAND : Entre Tradition et Innovation
L'histoire de la rose française est inextricablement liée à la famille Meilland, une dynastie de rosiéristes qui a non seulement perpétué un héritage, mais a aussi révolutionné le monde de l'horticulture grâce à des innovations audacieuses et une vision internationale.
Antoine MEILLAND, "Papa MEILLAND" : La Vision d'un Maître
Non loin de là, Antoine MEILLAND (1884-1971), dit « Papa MEILLAND », avait rêvé durant toute son enfance à CHAMBOEUF, de devenir rosiériste en feuilletant les catalogues de Francis DUBREUIL. Cette inspiration précoce l'a conduit à suivre les traces de son mentor et à s'immerger dans l'art de la rose. Après 9 ans passés chez Francis DUBREUIL, Antoine demande la main de sa fille, Claudia, et entre de plein pied dans la grande famille des rosiéristes lyonnais. Cette alliance maritale scella non seulement un lien personnel mais aussi professionnel, enrichissant l'expertise et la tradition familiale.
Cependant, le destin mit à l'épreuve cette jeune famille. En 1914, Antoine doit partir à la guerre et laisse sa femme Claudia avec son jeune fils Francis. Cette période difficile, marquée par les épreuves du conflit mondial, n'a pas entamé leur passion pour la rose. La résilience et l'amour du métier ont permis à la famille de traverser ces temps incertains. Après la guerre, la collaboration et l'apprentissage continuèrent. En 1929, Antoine et Francis sont invités chez Charles MALLERIN, qui devient le mentor du jeune homme. Cette rencontre fut déterminante pour Francis, lui offrant de nouvelles perspectives et un approfondissement de ses connaissances. En admiration devant la rose « Mme P.S. DU PONT », Francis Meilland commence à envisager de nouvelles possibilités pour la création de variétés. En 1932, Claudia s’éteint dans la maison familiale, en faisant promettre à son fils Francis et son mari Antoine d’aller voir le monde et surtout la Cote d’Azur qui la faisait tant rêver. Cette promesse, empreinte d'émotion, allait marquer un tournant dans l'orientation géographique et stratégique de l'entreprise familiale. Et c’est le cœur lourd qu’Antoine et Francis prennent la route vers ANTIBES, où les attendent des clients qu’ils ne connaissent que par courrier. Cette expédition vers le sud de la France fut l'occasion de découvrir de nouveaux marchés et de nouer des liens précieux, notamment avec la famille PAOLINO, producteur de roses de fleurs coupées, qui utilise déjà les variétés MEILLAND et crée aussi des variétés dédiées à la production de fleurs fraîches. Cette collaboration fut mutuellement enrichissante, ouvrant de nouvelles voies pour la production et la commercialisation des roses.
Francis MEILLAND et l'Aube d'une Ère Nouvelle
L'impulsion de Francis Meilland fut cruciale pour l'expansion internationale de l'entreprise. En 1933, Francis rencontre en France Robert PYLE, ami de Charles MALLERIN venu lui rendre visite. Cette rencontre avec l'Américain Robert Pyle, un éminent rosériste et entrepreneur, fut le prélude à une collaboration fructueuse qui allait changer le cours de l'histoire de la rose. Au Printemps 1935, Francis fait son premier voyage aux USA. Ce voyage exploratoire fut une révélation. Il parcourt en deux mois plus de 20 000 kms en voiture et revient avec des idées révolutionnaires pour l'époque en Europe ! Il a compris l'immense potentiel du marché américain et la nécessité d'innover en matière de production et de commercialisation.
Ces idées se concrétisent rapidement. A l'automne 1936, Francis MEILLAND sort en Europe le premier catalogue de vente par correspondance en couleurs. C'était une véritable révolution marketing, offrant aux clients la possibilité de visualiser les roses dans toute leur splendeur avant l'achat. En couverture, la rose de Charles MALLERIN « BRASIER » captait l'attention et illustrait la qualité des offres. Le catalogue présentait également d'autres nouveautés remarquables, fruits de collaborations et de la vision de Francis Meilland : « FEU PERNET » (Ch. MALLERIN, 1935), « SIGNORA PIERO PURICELLI » (D. ASELLI, 1936), « NINON VALLIN » (J. GAUGARD, 1936), « ROSE D’AMOUR » (J. GAUJARD, 1936), « JEAN CÔTE » (J. GAUJARD, 1936), « ROCHEFORT » (Ch. MALLERIN, 1936) et « MADAME JOSEPH PERRAUD » (J. GAUJARD, 1936). L'enthousiasme fut immédiat et sans précédent. 23 jours après, il ne lui reste plus aucun rosier à vendre, c'est un succès inespéré ! Ce triomphe confirmait la pertinence de ses innovations et l'appétit du public pour des roses nouvelles et magnifiquement présentées.
"PEACE" : Une Rose, un Symbole Universel
L'apogée de cette période fut la création d'une rose exceptionnelle, destinée à devenir un symbole mondial. En 1942, la toute nouvelle rose se voit décerner le 1er Prix, à savoir la Médaille d’Or, au Concours International de Roses Nouvelles de LYON avec la mention « Plus Belle Rose de France ». Cette distinction prestigieuse consacrait la qualité inégalée de cette variété, alors connue sous le numéro d'obtention 3-35-40. À l’automne 1942, Francis publie la variété au catalogue MEILLAND, sous le nom de feu sa mère : Mme A. MEILLAND. C'était un hommage poignant à Claudia, sa mère bien-aimée.

Cependant, la guerre empêchait sa diffusion internationale, mais son destin était déjà en marche. Mais après la guerre, Francis MEILLAND reçoit une nouvelle inattendue de Robert PYLE : le rosier numéro 3-35-40 a été nommé « PEACE ». Ce nom, choisi pour symboliser l'espoir et la fin du conflit mondial, résonnait avec une force particulière. En effet, reconnaissant ses qualités exceptionnelles, l’ARS l’American Rose Society a présenté la rose à PASADENA en CALIFORNIE, marquant son entrée officielle sur la scène mondiale. Mais plus encore, l’ARS offre une rose « PEACE » à chaque délégué de la conférence de la future ONU à SAN FRANCISCO qui a lieu d’avril à mai 1945. Chaque rose « PEACE » est alors accompagnée de ce message du Dr. RC ALLEN, Président de l’ARS : « Ceci est la Rose « PEACE » qui a été baptisée à l’exposition de la « Pacific Rose Society » à PASADENA le jour de la chute de BERLIN. Nous espérons que la Rose « PEACE » influencera les pensées des hommes pour la paix mondiale. » Ce geste puissant conféra à la rose une dimension symbolique universelle, bien au-delà de sa simple beauté horticole. En 1946, « Mme A. Meilland / PEACE » devient la seule gagnante de l’AARS, la All American Rose Selection, confirmant son statut de variété d'exception et sa capacité à s'adapter à diverses conditions climatiques.
Aujourd’hui « Mme A. Meilland » est la rose la plus vendue au monde, un témoignage éloquent de sa popularité et de sa résilience. Son impact ne s'est pas limité aux jardins. En 1996, pour le 50th anniversaire de l’ONU à Genève, Boutros Boutros GALI a présidé une cérémonie face à 240 adolescents de 197 pays différents, leur présentant le symbole de la rose « PEACE». Ce moment a réaffirmé le pouvoir intemporel de cette rose en tant que messagère de paix et de réconciliation. 2015 a été l’année du 80ème anniversaire de la conception de la rose 3-35-40, et le 70ème anniversaire de son baptême à PASADENA en CALIFORNIE, des jalons qui soulignent sa place unique dans l'histoire de l'horticulture et de l'humanité.
L'Avenir de la Rose : Recherche, Développement et Diversification chez MEILLAND
Fort du succès de "Peace" et d'une vision résolument tournée vers l'avenir, la famille Meilland a continué d'innover, consolidant sa position de leader mondial dans la création et la production de roses.
Une Nouvelle Orientation Stratégique et des Variétés Révolutionnaires
En 1948, Francis décide de quitter LYON et de s’installer à ANTIBES pour se consacrer exclusivement à la recherche et au développent des nouvelles variétés de roses. Ce déménagement stratégique permit de tirer parti d'un climat plus favorable aux cultures et de centraliser les efforts de R&D dans un environnement propice à l'expérimentation. C’est aussi à cette époque que Francis MEILLAND s’associe à Francisque RICHARDIER producteur de rosiers en région lyonnaise, et qui édite aussi un catalogue depuis 1867. Cette collaboration historique donna naissance à une 2ème entreprise : MEILLAND RICHARDIER dédiée à la production de roses et tout est regroupé à TASSIN-LA-DEMI-LUNE. Cette entité renforça la capacité de production et de distribution, tout en conservant les liens avec la tradition lyonnaise.
Le centre de recherche d'Antibes allait rapidement prouver son efficacité. À ANTIBES, du centre de recherche, vont naître en peu de temps des variétés de roses de fleurs coupées qui changeront le métier d’horticulteur producteur comme BACCARA® Meger (1954), CARINA® Meichim (1963), VISA® Meired (1972) et SONIA® Meihelvet (1974)… Ces roses, par leur tenue exceptionnelle, leurs couleurs vives et leur adaptabilité à la culture en serre, sont devenues des standards industriels, marquant une révolution pour l'industrie de la fleur coupée. Elles ont permis aux horticulteurs de répondre à une demande croissante et d'optimiser leurs productions.
La Relève et la Continuité de l'Excellence
Le décès prématuré de Francis Meilland en 1958 aurait pu laisser un vide, mais la force de l'héritage et l'engagement familial ont assuré la continuité. Alain, alors âgé de 18 ans, reprend les rênes de l’entreprise avec l’aide de toute la famille et surtout de sa mère Louisette. Cette jeune relève, portée par le soutien de toute la dynastie, a su perpétuer l'esprit d'innovation et d'excellence. Bien sûr, l’histoire des roses de la famille continue, témoignant de la persévérance et de la passion qui animent chaque génération. Elle avait commencé avec FRANCIS DUBREUIL (1895), Jean-Baptiste MEILLAND (1939), Mme A. MEILLAND (1942), et s'est enrichie de nombreuses autres créations. Louisette avait pour habitude de dire qu’aucune rose n’était assez parfaite pour qu’elle porte le nom de son mari Francis, ce qui témoigne de l'exigence et de l'admiration portées à son travail.
Cependant, une rose finit par briser cette règle tacite, en raison de ses qualités exceptionnelles. Présentée aux divers concours de Roses Nouvelles à partir de 2003, une pluie de récompenses ne tarde pas à arriver. La rose "FRANCIS MEILLAND" est une célébration de son géniteur. De 2006 à 2012, ce sont 3 Prix du Parfum, une Médaille d’Or et douze citations qui lui ont été décernées. Elle reçoit le 1er Prix Grandes Fleurs de la SNHF (Société Nationale d’Horticulture de France) et un ADR (Allgemeine Deutsche Rosenneuheitenprüfung), preuves de sa résistance aux maladies et de sa performance globale. Ces distinctions confirment que cette rose, incarnant l'esprit de Francis Meilland, est une alliance parfaite de beauté, de fragrance et de robustesse.
L'Innovation Scientifique au Service de la Rose du Futur
La recherche et le développement sont les piliers de l'entreprise Meilland aujourd'hui, garantissant un flux constant de nouvelles variétés toujours plus performantes et adaptées aux attentes des jardiniers et des professionnels. Chaque année, l’équipe de recherche composée de techniciens et d’ingénieurs agronomes effectue 8 000 à 10 000 combinaisons de pieds-mères. Ce processus complexe d'hybridation croisée est le fruit d'une sélection minutieuse des parents, choisis pour leurs caractéristiques désirables : résistance aux maladies, parfum, floraison, forme des fleurs, couleur, etc.

Le travail est ensuite intensif et demande une grande précision. Puis 100 000 à 120 000 fleurs sont fécondées manuellement chaque année d’avril à juillet. Cette étape délicate assure la production de graines porteuses des combinaisons génétiques recherchées. Une fois les fruits récoltés et leurs graines triées et semées, environ 250 000 semis font l’objet d’une sélection extrêmement rigoureuse, d’une durée de 8 à 10 ans pour les rosiers de jardin. Ce long processus permet d'identifier les quelques pépites qui mériteront d'être introduites sur le marché, écartant des milliers d'individus qui ne répondent pas aux critères d'excellence.
Les roses en devenir sont ensuite testées dans une quinzaine de champs d’essais privés aux quatre coins de la planète et sous toutes les latitudes. Cette phase de tests mondiaux est cruciale pour évaluer la capacité des nouvelles variétés à s'adapter à des climats et des sols variés, garantissant ainsi leur succès commercial et leur durabilité. Aujourd’hui ce ne sont pas moins de 1 000 roses qui sont protégées par brevet, assurant la reconnaissance et la protection des créations de l'entreprise. Au total, c’est un million d’euros qui est investi chaque année dans la recherche et l’obtention de roses, démontrant l'engagement financier et stratégique de Meilland dans l'innovation. Et chaque époque amène ses avancées, nécessitant une veille constante et une adaptation aux nouvelles exigences environnementales et esthétiques.
Parallèlement à cette recherche intensive, la diversification de l'offre commerciale est également une priorité. La vente aux particuliers ouvre son catalogue de vente par correspondance à toutes les plantes, arbustes, fruitiers, plantes potagères, fleurs annuelles et bisannuelles, fleurs à bulbes, graines… ce qui permet d’offrir aux clients-jardiniers toute une palette de mille et une combinaisons florales. Cette approche globale répond à la demande croissante des consommateurs pour une offre végétale complète et diversifiée, bien au-delà de la seule rose. Des tendances lourdes que MEILLAND a su anticiper pour proposer des rosiers adaptés, par exemple, à une culture plus facile, plus résistante aux maladies ou nécessitant moins d'entretien.
L'héritage et la vision se transmettent de génération en génération, avec un engagement personnel fort. Un membre de la famille, héritier de cette tradition, exprime cet engagement : « J’ai personnellement repris avec un grand plaisir les hybridations que j’avais commencé avec ma grand-mère quand j’étais un petit garçon de moins de dix ans. Et je regarde les variétés futures dans nos champs d’essais à travers le monde avec le sentiment d’une grande responsabilité et l’envie d’apporter de nouvelles roses toujours plus innovantes, belles et extraordinaires. » Cette déclaration illustre la passion inébranlable et la responsabilité qui animent la famille Meilland dans sa quête perpétuelle de la rose parfaite, continuant à enrichir le patrimoine horticole mondial.
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