La capucine, et tout particulièrement sa variété grimpante à fleurs rouges, occupe une place de choix dans le cœur des jardiniers, qu'ils soient amateurs ou chevronnés. Véritable fleur à tout faire, cette plante herbacée appartient au genre Tropaeolum, qui regroupe près de 90 espèces originaires d'Amérique du Sud. Introduite en France depuis le Pérou à la fin du XVIIe siècle, elle a trouvé sa place dans les jardins des monastères capucins. C’est d'ailleurs de là que lui vient son nom : l'éperon de sa fleur rappelle le capuchon de l'habit de moine.

Identité botanique et caractéristiques physiques
La grande capucine, ou Tropaeolum majus, est une plante annuelle non rustique sous nos latitudes. Elle craint le gel, ce qui la qualifie de plante « gélive ». Si l'on s'attarde sur sa carte d'identité, on note qu'elle fait partie de la famille des Tropaeolacées. Ses tiges volubiles sont capables de prouesses remarquables : elles peuvent mesurer jusqu'à 4 mètres de hauteur et s'étaler sur 1,50 mètre de largeur.
Le feuillage est dense, composé de feuilles caduques, arrondies et peltées, arborant une teinte vert bleuté avec des nervures rayonnantes. Ces feuilles, portées par de longs pétioles, sont très décoratives et, fait notable, parfaitement comestibles. La floraison, qui s'étend de juin jusqu'aux premières gelées, est le point d'orgue du spectacle. Les fleurs, en forme d'entonnoir, mesurent de 3 à 10 cm de diamètre. Elles sont composées de 5 pétales dentés, souvent chiffonnés, et se déclinent dans une palette allant du blanc crème au rouge vermillon éclatant.
La Capucine Grimpante Rouge : Un atout décoratif et structurel
La « Capucine Grimpante Vigoureuse » est une plante idéale pour décorer treilles, pergolas et murs, avec sa floraison rouge vermillon éclatante. Cette variété se distingue par sa vivacité et son contraste saisissant avec le feuillage vert clair. En quelques semaines seulement, elle habille un treillis, une clôture, un grillage ou un tipi, apportant une verticalité bienvenue aux massifs.
Pour ceux qui souhaitent apporter de la couleur à leur terrasse, la culture en pot est également possible. Il est intéressant de noter que la capucine grimpante peut être conduite sans support, comme une rampante, afin de servir de couvre-sol efficace. Sa croissance rapide permet d'atteindre 3 à 4 mètres en un rien de temps, faisant d'elle un choix privilégié pour ceux qui recherchent une couverture végétale dynamique et colorée tout au long de l'été.
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Culture, semis et entretien au jardin
La culture de la capucine est aussi facile en pot qu'en pleine terre. Bien qu'elle ne soit pas exigeante et qu'elle accepte la plupart des sols, elle se développe de façon optimale sur un sol frais. Attention toutefois : si le sol est trop riche, le feuillage prendra le pas sur les fleurs. Les capucines sont des plantes de soleil, mais une ombre partielle est également acceptée. Il est préférable de les placer à l’abri des vents, car les tiges sont cassantes.
Techniques de semis
Les semis se font en pleine terre à partir de la mi-avril et jusqu’en juin. La pratique du semis « en poquet » est recommandée : elle consiste à grouper les graines par 4 ou 5 dans un même trou, en respectant une distance de 50 cm entre chaque poquet. Pour ceux qui disposent d'un abri chauffé ou d'une véranda, il est possible d'anticiper les semis dès mars en godets, pour un repiquage en mai, après les dernières gelées. Si les hivers sont doux, vous pourrez aussi profiter des semis spontanés.
Entretien quotidien
L'entretien est simple mais demande une certaine régularité :
- Arrosage : Effectuez des arrosages réguliers au démarrage, puis de temps en temps, surtout en période sèche, pour favoriser le développement des tiges et la floraison. Maintenez un sol humide, mais pas détrempé.
- Taille : Supprimez au fur et à mesure les fleurs fanées pour encourager une croissance dense et maintenir une belle forme.
- Surveillance : Surveillez les attaques de limaces sur les jeunes feuilles, ainsi que l’apparition des pucerons.
La capucine comme auxiliaire biologique
La capucine est une véritable alliée du jardinier. Elle joue un rôle important dans la lutte biologique contre certains insectes indésirables. Sa faculté d’attirer les pucerons permet de les tenir éloignés des fèves, des haricots verts ou même des rosiers.
Le jardinier a alors deux options : soit sacrifier les capucines en les brûlant après qu'elles ont été colonisées par les pucerons, soit les conserver pour offrir un garde-manger aux auxiliaires comme les coccinelles, instaurant ainsi un équilibre biologique naturel. Cette plante renferme des substances qui, par leur action, protègent les plantes avoisinantes des moucherons blancs, faisant du jardin un véritable havre de paix pour la biodiversité.

Propriétés médicinales et usages culinaires
Tout se mange chez Tropaeolum majus. Les feuilles ont une saveur proche de celle du cresson des fontaines, tandis que les fleurs poivrées apportent une touche colorée et gustative aux salades estivales. Les boutons floraux, confits dans du vinaigre, peuvent être utilisés comme des câpres.
Au-delà de l'assiette, la capucine possède des vertus médicinales reconnues. Riche en vitamine C, elle est utilisée pour ses propriétés antiseptiques, expectorantes et diurétiques. Elle renferme des substances antibactériennes qui renforcent le système immunitaire et participent à la guérison de la grippe et des refroidissements. Son utilisation est préconisée dans le traitement des inflammations rénales, intestinales, auriculaires ou des amygdales. Le jus frais de la plante, à raison de 30 à 50 g par jour, peut être utilisé pour lutter contre les infections urinaires et des bronches. Les graines, quant à elles, agissent comme un antibiotique naturel contre certains micro-organismes comme les staphylocoques ou les salmonelles.
Écologie et interactions naturelles
Il est fascinant d'observer les interactions de cette plante avec son environnement. Au Pérou, son pays d'origine, la capucine est pollinisée par les oiseaux-mouches. En Europe, ce sont les bourdons qui s'acquittent de cette tâche. La fleur sécrète son nectar tout au bout d'un interminable éperon. Certains bourdons, dont la langue est trop courte, n'hésitent pas à percer un trou sur le côté de l'éperon pour accéder au nectar, illustrant une adaptation comportementale remarquable.
La plante contient de la glucotropaeoline et une enzyme, la myrosinase, qui produisent des molécules présentant une activité toxique pour les insectes herbivores et certains pathogènes. C'est ce mécanisme de défense naturel qui en fait une plante si résiliente et utile au jardinage biologique.
La capucine dans la culture populaire
La capucine n'est pas seulement une plante de jardin, elle est ancrée dans le patrimoine culturel. En Maine-Anjou, elle a donné naissance à la comptine « Dansons la capucine », devenue nationale. Cette chanson évoque, à travers ses personnages, la pauvreté et les difficultés du quotidien, tout en utilisant l'image de la fleur et du vêtement moine pour ponctuer le récit. Le « You ! » final de chaque couplet, qui accompagne l'accroupissement des enfants, renforce le lien ludique entre la fleur, le vêtement et le jeu enfantin. Que ce soit pour sa beauté, ses usages culinaires ou son rôle écologique, la capucine reste une plante incontournable qui continue de traverser les époques et les jardins avec éclat.