Le phénomène de retrait-gonflement des argiles (RGA) représente aujourd'hui un défi majeur pour la gestion du territoire et la pérennité du parc immobilier français. Le ministère de la Transition écologique a ouvert à la consultation publique la nouvelle carte d’exposition au phénomène de retrait-gonflement des argiles. Il s’agit d’une mise à jour de la carte annexée à l’arrêté du 22 juillet 2020 disponible sur le site Géorisques. Cette cartographie permet en particulier d’identifier les secteurs, les zones d’exposition moyenne à forte, où s’appliquent les obligations prévues par la loi Elan pour prévenir certains effets du RGA sur les constructions.

Le RGA constitue ces dernières années le phénomène le plus coûteux pour le régime d’indemnisation des catastrophes naturelles (Cat Nat). La part du coût lié au RGA a atteint 70% pour les cinq dernières années, soit environ 1,1 milliard d’euros par an, relève le ministère. La sécheresse de 2022 a coûté à elle seule plus de 3,5 milliards d’euros aux assureurs.
Une vulnérabilité accrue des maisons individuelles
Les maisons individuelles sont particulièrement touchées, puisqu’elles disposent le plus souvent de fondations plus légères que les bâtiments collectifs. 10,4 millions de maisons individuelles (hexagone et Corse) se situent ainsi actuellement en zones d’exposition moyenne ou forte selon le classement actuel établi par le croisement de la susceptibilité et de la sinistralité (enregistrée sur la période 1989-2017).
Pour intégrer les effets du changement climatique, la mesure cinq du troisième Plan national d’adaptation au changement climatique (Pnacc) prévoit notamment la mise à jour de la carte d’exposition au RGA, de façon à prendre en compte la forte sinistralité de ces dernières années. Entre 2018 et 2022, environ 240.000 sinistres RGA ont été enregistrés, soit 58% de la totalité des sinistres RGA depuis 1989.
Évolution de la cartographie nationale
Sans surprise, la nouvelle carte dévoilée témoigne d’une augmentation des zones d’exposition moyenne et forte, celles soumises aux obligations constructives de la loi Élan. Ces zones représentent dorénavant 55% du territoire hexagonal, contre 48% en 2020. Elles concernent désormais 12,1 millions de maisons individuelles existantes, soit 61,5% des maisons individuelles, contre 10,3 millions en 2020, soit 52,5% des maisons individuelles.

Cette augmentation est particulièrement marquée dans les régions Auvergne-Rhône-Alpes (49% de la superficie contre 33% avec la carte en vigueur), Bourgogne-Franche-Comté (74% de la superficie contre 58%), Grand Est (53% de la superficie contre 41%) et Centre-Val de Loire (90% de la superficie contre 82%). Un arrêté du 9 janvier 2026 met à jour la carte d’exposition au retrait-gonflement des argiles (RGA) afin de tenir compte de la forte sinistralité de ces dernières années due aux effets du changement climatique.
Impacts sur la construction et outils de prévention
L’impact sur la construction de maisons individuelles est "limité", tempère le ministère. Environ 9% des maisons individuelles construites chaque année sont situées dans les nouvelles zones d’exposition moyenne et forte.
Particuliers et professionnels sont familiers du Géoportail de l'Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) pour y trouver une grande diversité d'informations spatialisées. Cette nouvelle carte, à l’échelle du 1:250 000, affiche les principaux types de sols de France métropolitaine selon une légende qui présente les grandes familles de sols selon la classification pédologique des sols.
Cette carte est dynamique : en double-cliquant sur n'importe quel point sur la carte, on accède à des informations dont le type de sol dominant en ce point et ses caractéristiques, tel que présenté pour un « calcosol ». La carte des sols de France n'était disponible jusqu'à présent qu'à l'échelle du 1 :1 000 000. Les fiches qui s'ouvrent par double-clic sur la carte précisent également les coordonnées des organismes à contacter pour aller plus loin dans l'utilisation des données sur les sols.
Diversité géologique et pédologique des sols français
La répartition des types de sols est fortement marquée par la grande diversité des roches que l’on rencontre en France : les roches quartzitiques sableuses des Landes et de Sologne, les granites et granulites de Bretagne et des Vosges, les schistes des Alpes, de Bretagne et du Massif central, les calcaires durs du Bassin parisien et du Midi, les craies de Champagne, les marnes à l’Est et en Limagne, les basaltes du Massif central, les limons éoliens des Bassins aquitain et parisien et d’Alsace, les alluvions fluviatiles et fluviomarines de Camargue et des marais de l’Ouest.
Qu’est-ce qu’un risque majeur ?
Sur un tiers du territoire, les formations superficielles limoneuses se sont déposées sur des épaisseurs d’un demi à plusieurs mètres d’épaisseur. Ces limons datent de l’ère Quaternaire (entre -50 000 et -10 000 ans) et marquent les sols de Beauce, d’Île-de-France et de Picardie. Cette carte est issue du RESF. Ce travail de cartographie fine est essentiel pour anticiper les risques futurs et adapter les techniques de fondation aux spécificités pédologiques locales. La compréhension des sols n'est plus seulement une affaire de géologues, mais devient un pilier de la stratégie de résilience du bâtiment face à un climat en mutation.