Ces « mauvaises herbes » qui sont de véritables trésors de santé

Pourtant, derrière ces modestes apparences se cachent parfois de véritables trésors de la nature. Les « mauvaises herbes », que l’on nomme plus joliment « herbes folles », sont des adventices, ces plantes sauvages considérées comme nuisibles qui poussent dans un endroit sans y être désirées. En France, plusieurs centaines d’espèces sont répertoriées, dont quelques dizaines dans nos jardins. Nombre d’entre elles recèlent des trésors de bienfaits, qu’ils soient nutritionnels, aromatiques, médicinaux ou plus simplement utilitaires. Elles portent mal leur nom ! Les « mauvaises herbes » sont dans leur majorité des plantes aux nombreuses qualités, dont vous pouvez notamment profiter à table. Leurs feuilles sont souvent plus riches en nutriments que les légumes cultivés.

Plantes sauvages comestibles dans un jardin

L'Ortie, la reine des plantes oubliées

Si l’ortie est utilisée depuis des siècles, et même mentionnée par Dioscoride, un médecin et botaniste grec du 1er siècle de notre ère, elle doit offrir une multitude de bienfaits pour la santé. La grande ortie ou ortie dioïque, Urtica dioica, est une grande plante vivace, tandis que l’ortie brûlante, Urtica urens, est une annuelle plus petite.

Puissance nutritionnelle et composition

Les feuilles d’ortie sont généralement reconnues pour leur richesse en nutriments essentiels tels que les vitamines, les minéraux et les antioxydants. L’ortie est un super aliment souvent méconnu avec une puissance nutritionnelle, ses feuilles contenant jusqu’à 30 % de protéines, ce qui en fait une excellente source de protéines alimentaires pour les végétariens et les végétaliens. Elle possède 18 acides aminés, dont 8 essentiels qui ne peuvent pas être produits par l’organisme, ce qui en fait une protéine très assimilable que l’on peut comparer aux protéines animales. En plus des protéines, l’ortie regorge de minéraux et d’oligo-éléments essentiels tels que le calcium, le magnésium, le potassium, le zinc, le soufre et, surtout, le fer et le silicium. Ses feuilles sont trois fois plus riches en fer que les épinards. L’ortie est également une excellente source de vitamines, notamment les vitamines A, B2, B5, B9, K et surtout la vitamine C. Un autre composant important de l’ortie est la chlorophylle, qui est détoxifiante et a un impact bénéfique sur la muqueuse intestinale et sur l’équilibre du microbiote.

Bienfaits médicinaux

En revanche, les racines d’ortie se distinguent par leurs effets sur le système hormonal, en particulier sur la prostate chez les hommes et sur les hormones sexuelles chez les femmes. Elles sont réputées pour leurs propriétés anti-inflammatoires pour les douleurs articulaires et les troubles inflammatoires. L’inflammation chronique est aujourd’hui considérée comme l’un des mécanismes centraux de nombreuses maladies modernes. L’Agence européenne du médicament reconnaît l’usage traditionnel des orties pour soulager les troubles urinaires et les douleurs articulaires modérées, ainsi que les états cutanés séborrhéiques.

L’ortie peut être testée dans les allergies saisonnières. Elle contient des composés anti-inflammatoires et antihistaminiques naturels, tels que la quercétine, qui peuvent aider à réduire la réponse allergique en bloquant la libération d’histamine dans le corps.

Le Pissenlit : détoxifiant naturel

Le pissenlit, ou plutôt les pissenlits, constituent une espèce collective au polymorphisme exceptionnel. Si le pissenlit nous éblouit de ses soleils jaunes au printemps, ce n’est pas pour rien. C'est la plante par excellence de la détox du foie, engorgé après la sédentarité de l’hiver. Amères, ses racines et ses feuilles stimulent la production de bile, facilitant ainsi la digestion et le transit intestinal.

Fleurs et feuilles de pissenlit

La racine, riche en inuline et sels de potassium, est utilisée pour favoriser l’élimination rénale de l’eau et la digestion. Diurétique sécuritaire, on l’utilise en cas de rétention d’eau. De plus, l’inuline est un prébiotique extraordinaire pour l’intestin qui régularise le taux de cholestérol et la glycémie.

Bardane, Plantain et autres alliés du quotidien

La merveilleuse bardane (Arctium lappa) est encore plus riche en inuline : elle favorise le développement de bonnes bactéries dans la flore intestinale, réduit le taux de lipides sanguins, stimule l’immunité et aide à l’absorption du calcium et du magnésium. Si le pissenlit est la plante du foie, la bardane est la plante du sang.

Le plantain (Plantago major) est merveilleux en utilisation externe pour calmer les démangeaisons et l’inflammation des piqûres d’insectes. Le mélange de la sève de la plante et de notre salive crée un mélange antiseptique qui désinfecte efficacement les petits bobos. En utilisation interne, le plantain répare et adoucit les tissus de la gorge, des bronches et des intestins.

Le pourpier (Portulaca oleracea), plante du régime crétois par excellence, est riche en acide alpha-linolénique, un acide gras essentiel de la série Oméga 3. Il apporte aussi des composés phénoliques aux propriétés antioxydantes.

Intégration en cuisine et culture au jardin

Il apparaît bizarre de parler de semis pour des orties alors que cette plante bio-indicatrice est souvent considérée comme mauvaise herbe. Cependant, la cultiver permet d'avoir ce trésor à portée de main. Dès le mois de mars et ce, jusqu’à juin, semez les graines d’ortie à l’abri dans un pot ou plantez un pied en pleine terre. L’ortie va se plaire dans tous les types de sol.

Témoignage de Chantal - Cueillette et Cuisine des Plantes Sauvages

Les feuilles fraîches d’ortie peuvent être ajoutées aux salades, aux soupes ou aux smoothies verts. On peut également réaliser du pesto d’ortie, l’intégrer dans un cake salé, ou réaliser un jus de légume. Pour ceux qui préfèrent les boissons chaudes, l’infusion d’ortie est une option réconfortante. Le pissenlit se consomme en salade, ses boutons floraux se conservent dans du vinaigre comme des câpres, et ses racines se boivent en décoction.

Il faut bien savoir reconnaître les plantes car des intoxications sont signalées, par exemple à cause d’une confusion mortelle entre l’ail des ours et le colchique. Ce n’est pas parce que c’est naturel que c’est sans danger. Il n’y a pas de plante miracle, chacune a sa personnalité et elles participent à la remise en forme en étant associées à une alimentation équilibrée et de l’activité physique.

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