L’horticulture, le paysagisme et l’art floral constituent ce que l’on nomme communément la « branche verte ». Ces métiers sont étroitement liés à d'autres secteurs de l'économie tels que la construction, l'architecture, l'environnement et l'aménagement du territoire. Le marché du travail est en constante évolution, et la branche verte est indissociable de l'environnement. Elle requiert des compétences de plus en plus en adéquation avec l'évolution de la conscience environnementale et des objectifs politiques en matière de biodiversité et de préservation des espaces de vie.

Les fondements de la formation : CFC et AFP
En Suisse, il existe des formations de différents niveaux permettant de s'insérer et d'évoluer professionnellement dans ce secteur. Le parcours professionnel habituel repose sur deux piliers principaux : le Certificat fédéral de capacité (CFC) et l'Attestation fédérale de formation professionnelle (AFP).
Le CFC d’horticulteur ou d’horticultrice est une formation de référence. Les horticulteurs ou horticultrices, option paysagisme, aménagent et entretiennent des jardins et des espaces verts. Ils construisent des places, des allées, des plans d'eau, plantent des arbres et autres végétaux, ensemencent les surfaces vertes et s'occupent de la taille des arbres et des haies. Leurs lieux de travail sont aussi variés que l'importance des chantiers, allant de l'entretien d'une villa aux vastes parcs des cités, en passant par la cour d'un établissement scolaire.
Il est possible de poursuivre une formation professionnelle supérieure : plusieurs brevets et diplômes fédéraux, comme celui de maître jardinier-ère DF, sont proposés. Des filières en cours d’emploi sont aussi possibles en école supérieure. De nombreuses formations continues existent dans des domaines variés, notamment en lien avec la biodiversité et la durabilité.
Changement de cap et reconversion professionnelle
Si vous avez envie de bifurquer vers les métiers de l’horticulture et que vous cherchez une entreprise où vous former, vous trouverez une liste des places d’apprentissage disponibles pour l’ensemble de la Suisse et pour toutes les orientations. Sur le site internet www.votre-jardinier.ch, vous trouverez également les entreprises de votre voisinage qui forment des apprentis.
Pour ceux qui viennent d’une branche différente, il est conseillé de faire un stage dans la branche verte avant de s'engager dans une formation supplémentaire. Dans ce cas, la formation complète est recommandée : 3 ans pour le CFC et 2 ans pour l’AFP. Par ailleurs, si une personne en possession d’un diplôme en horticulture (orientation Production) veut changer pour devenir Paysagiste, ou vice-versa, JardinSuisse recommande une formation supplémentaire de deux ans. Pour changer à l’intérieur de l’orientation Production, une année de formation supplémentaire serait nécessaire. Toutefois, la décision finale concernant le raccourcissement de la formation appartient à l’office cantonal de la formation professionnelle.
Les Métiers de l’Architecture : Paysagiste Concepteur
L'Office de la formation professionnelle, en accord avec l'entreprise formatrice et l’apprenti, peut décider d’écourter le temps de formation. Si vous avez prévu de faire une formation supplémentaire dans la branche verte, contactez l’Office de la formation professionnelle de votre canton et renseignez-vous sur les différentes possibilités.
Procédures spécifiques et accès alternatifs
Conformément à l’art. 32 de la loi fédérale sur la formation professionnelle, il est possible de se présenter aux examens sans avoir de contrat d’apprentissage. Les conditions requises sont précisées dans l’ordonnance sur la formation des horticulteurs. Il existe des conditions d’admissions particulières pour la procédure de qualification sans passer par une filière de formation réglementée.
De plus, suite à la révision du règlement d’examen de la formation professionnelle supérieure, il est possible, depuis 2017, d’accéder à l’examen professionnel d’horticulteur sans avoir fait de CFC d’horticulteur. Il est également possible de commander le manuel pratique des cours interentreprises ou de s'informer sur l’application JApp pour se préparer concrètement à une formation dans la branche verte.
Le préapprentissage d’intégration est une formation destinée aux jeunes issus de la migration, pour faciliter leur entrée dans le monde professionnel et leur offrir une perspective d’avenir. Il s’adresse aux personnes ayant reçu le statut de réfugié ou provisoirement acceptés en Suisse, pour autant qu’ils disposent des capacités physiques nécessaires, possèdent des compétences sociales, soient autonomes, s’intéressent à la branche verte et aient des compétences linguistiques au niveau A2.
Évolution de carrière et formation supérieure
Une fois le Certificat fédéral de capacité (CFC) obtenu, de nombreuses possibilités de progresser s'offrent au professionnel. Le système modulaire de la formation professionnelle supérieure prévoit des modules obligatoires et optionnels sur des thèmes généraux ou spécifiques, choisis en fonction des intérêts personnels ou de l'environnement professionnel.
Les perspectives professionnelles incluent les postes de paysagiste dans une entreprise, chef d'équipe, paysagiste indépendant, responsable des parcs et jardins, ou spécialiste en entretien des cimetières. Pour le perfectionnement, on trouve le brevet fédéral de contremaître paysagiste, le diplôme fédéral de maître jardinier paysagiste, ou encore le diplôme ES en conduite de travaux.
La maturité professionnelle peut être effectuée parallèlement à la formation initiale, après l’obtention du CFC en cours d’emploi (2 ans) ou à plein temps (1 an). Les orientations possibles sont :
- Technique, architecture et sciences de la vie
- Nature, paysage et alimentation
- Économie et services
- Arts visuels et arts appliqués
- Santé et social
La « Passerelle » est un examen complémentaire qui donne accès, en combinaison avec le certificat de maturité professionnelle, aux études dans les hautes écoles universitaires de Suisse. Par ailleurs, la formation de technicien/ne ES est un cursus axé sur la pratique qui débouche sur un diplôme de formation professionnelle supérieure. Elle nécessite de posséder un CFC ainsi qu’une certaine expérience pratique.

Au niveau universitaire, il est possible d'accéder à des cursus de Bachelor en architecture paysagère ou en ingénierie de l'environnement, avec la possibilité de poursuivre jusqu’au Master.
Modèle de formation en école d'horticulture
Créée en 1887, l’École d’horticulture offre une formation complète et généraliste dans les métiers de l'horticulture et de l'agriculture, incluant le paysagisme, la pépinière, la floriculture, la culture maraîchère et l’arboriculture fruitière.
Dans le cadre de la formation à plein temps (voie CFC/Diplôme), l'école propose un cursus de quatre ans menant à la certification fédérale de CFC d’horticulteur·trice en Production de plantes ou en Paysagisme. Durant les deux premières années, la formation se concentre sur un tronc commun pour donner les bases des métiers. La seconde partie de la deuxième année est consacrée à des stages en entreprises. Pour gérer les situations professionnelles courantes, les apprentis acquièrent et développent des compétences opérationnelles définies dans le plan de formation, lesquelles constituent les exigences minimales pour la formation.
L'horticulture, le paysagisme et l'art floral accueillent des professionnels d’autres secteurs, et l’attestation fédérale de formation (AFP) ou le certificat fédéral de capacité (CFC), comme le CFC de Fleuriste, sont également accessibles aux adultes. La branche verte continue d'évoluer en intégrant des compétences technologiques et environnementales, garantissant ainsi que les professionnels formés soient en mesure de répondre aux défis sociétaux de demain.
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