Comprendre la présence des champignons dans le compost et la pelouse

Vous avez peut-être remarqué que des champignons poussaient dans votre tas de compost ou votre bac de compostage, et vous vous demandez pourquoi cela se produit et si c’est une mauvaise chose. Les champignons se développent dans des conditions de température fraîche, d’humidité élevée et de présence de matières organiques en décomposition. Ainsi, après de fortes pluies, ou bien, si vous vivez dans une région au climat frais et humide, vous pourriez remarquer des champignons dans votre compost. Il est important de noter que tous les champignons ne sont pas identiques, et bien que tous les champignons fassent partie du règne des fungis, ils ne produisent pas tous de sporophores (la partie visible du champignon). Différentes espèces de champignons se nourrissent de différentes matières organiques à divers stades de décomposition. Les champignons lignivores (décomposeur primaire) préfèrent la matière fraîche, alors que les champignons de compost (décomposeurs secondaires) préfèrent la matière âgée. Vous pourriez donc trouver plusieurs espèces de champignons dans votre compost.

Schéma illustrant le réseau mycélien et la décomposition de la matière organique

Rôle écologique des champignons dans le compostage

Les champignons jouent un rôle important dans la décomposition de la matière organique, et leur présence dans le compost n’est donc pas mauvaise. Au contraire, ils peuvent même accélérer le processus de compostage. Ils font partie d’un réseau d’organismes qui aident ces déchets à redevenir des ressources pour les autres êtres vivants, comme les insectes ou les plantes. Lorsqu’ils sont utilisés dans des jardins potagers bien paillés, ils augmentent souvent le rendement des cultures, en décomposant rapidement la matière organique pour la restituer aux plantes.

  • Accélération du processus de décomposition : Les champignons contribuent activement à la décomposition des matériaux ligneux dans le compost, tels que les feuilles et les branches. En décomposant ces matières plus résistantes, les champignons permettent d’accélérer le processus de décomposition et d’obtenir un compost mature plus rapidement.
  • Création de réseaux de mycélium : Les champignons forment des réseaux de mycélium, constitués de filaments fongiques, à l’intérieur du compost. Ces réseaux de mycélium aident à répartir les nutriments et l’humidité de manière uniforme dans le compost, ce qui favorise une décomposition homogène et efficace.
  • Apport de nutriments et de minéraux : Les champignons, lorsqu’ils se décomposent, libèrent des nutriments et des minéraux essentiels, tels que le cuivre, le phosphore, le potassium et le sélénium. Ces éléments nutritifs sont bénéfiques pour la croissance des plantes et sont intégrés au compost fini.

Dans un compost, il y a presque toujours des champignons, mais ils sont pratiquement invisibles. Si les champignons ont mauvaise réputation au jardin, il faut savoir que certains d’entre eux sont indispensables à la vie du sol et sont le signe d’un sol riche en humus et en matière organique, donc vivant. Certaines variétés de champignons sont utiles non seulement pour réduire les déchets verts mais aussi pour améliorer la qualité du sol au potager et vous permettre de vous régaler en automne.

Gestion et précautions liées aux champignons

Si les champignons qui poussent dans votre compost ne sont pas mauvais et présentent souvent plusieurs avantages, il convient néanmoins de rester prudent. Certains champignons sont extrêmement toxiques, voire mortels. Comme de nombreux champignons sont toxiques, vous devez être prudent, surtout s’ils sont à portée des enfants ou des animaux domestiques. Si vous êtes absolument certain d’avoir identifié correctement les champignons comme étant comestibles, vous pouvez les manger. Si vous n’êtes pas sûr de vous, vous pouvez demander à un pharmacien compétent ou à une association de mycologie. Ne prenez pas de risque. N’oubliez pas d’observer régulièrement, car vous devez récolter les coprins chevelus lorsqu’ils sont jeunes et les utiliser dans les quelques heures qui suivent.

Pour limiter leur prolifération, vous pouvez retourner régulièrement votre tas de compost. Essayez d’ajouter des vers et de pratiquer le lombricompostage. Utilisez la méthode du compostage à chaud et maintenez des températures entre 60 et 80°C. La plupart des champignons ne pourront pas pousser dans votre compost, car ils ne peuvent pas survivre à ces températures. Oui, vous pouvez composter les champignons, qu’ils soient comestibles ou sauvages. Certaines personnes jettent les épluchures de champignons ou les champignons véreux sur le compost.

RÉALISER SON COMPOST EN 5 MOIS - Déchets de cuisine, déchets végétaux, etc...

Les champignons dans la pelouse : causes et impacts

Vous remarquez régulièrement l’apparition de champignons au jardin ? Pas de panique ! Cela signifie que votre sol est riche en matières organiques donc vivant et en bonne santé. En effet, ils aiment généralement les sols sableux et pauvres, qui ont une légère humidité stagnante (notamment s’il a plu), exposé au soleil mais avec un peu d’ombre. Le champignon, aussi appelé mycète, se forme d’abord dans le sol à partir de filaments (mycélium). Il se nourrit des nutriments présents dans le substrat. Son développement lui permet ensuite de s’étendre en surface. Apparaît alors son organe reproducteur, une sorte de chapeau appelé carpophore. Certains sont comestibles, d’autres sont dangereux pour la santé.

Les causes principales d’apparition des champignons dans le jardin figurent un excès d’humidité et la présence de nutriments. À l’automne, l’humidité est importante : dès octobre, les pluies sont abondantes en France et favorisent le développement des champignons dans la pelouse. La pelouse est souvent compacte dans le jardin : le passage de la tondeuse et le piétinement entraînent une compaction du gazon qui empêche l’eau de s’infiltrer en profondeur. L’excès d’humidité qui en résulte à la surface favorise la prolifération des champignons. La saison automnale enrichit le sol en nutriments : à cette période de l’année, les végétaux commencent leur décomposition. Les nombreuses feuilles tombées au sol se dégradent peu à peu. Elles sont une importante source de nutriments pour les champignons. L’acidité du sol participe à leur apparition : ces micro-organismes apprécient les substrats acides (pH en dessous de 7). La pelouse le devient lorsque le jardinier a trop utilisé de fertilisants chimiques (ammoniac en particulier) ou lorsque l’arrosage a été trop intense.

Classification et diversité fongique au jardin

Il existe de très nombreuses variétés de champignons. Les champignons peuvent être répartis en trois catégories selon leur type de nutrition :

  • Les champignons parasites : ce sont les champignons ravageurs qui s’attaquent aux végétaux et aux animaux, les faisant dépérir ou mourir.
  • Les champignons saprotrophes : également appelés saprophytes, ils recyclent les matières organiques.
  • Les champignons symbiotiques : ces champignons ont la particularité de vivre en association avec le végétal (arbre, souche, arbuste…) sur lesquels ils ont élus domicile. Ils se nourrissent de son glucose en échange de favoriser la croissance de son hôte en lui apportant de l’eau, des minéraux et en le protégeant des parasites. Les champignons mycorhiziens entrent en symbiose avec les racines des plantes et favorisent leur développement.

Par ailleurs, les champignons dits strophaires augmentent le rendement des légumes lorsqu’ils sont cultivés ensemble au potager. C’est le cas notamment du pleurote, qui mange les nématodes (des petits vers parasites qui rongent les pieds de pommes de terre et de tomates). Certains champignons peuvent abîmer la pelouse comme l'armillaire. D’autres champignons peuvent aussi développer des maladies comme le mildiou. Les maladies cryptogamiques sont les maladies causées par un champignon, telles que le mildiou, l’oïdium et la rouille.

Stratégies d'entretien pour un gazon sain

Un gazon mal nourri offre un tremplin idéal pour les champignons du stress. Pour cette raison, il importe d’effectuer des fertilisations régulières. Il est préférable de les commencer directement en début de saison, au printemps. Pour apporter tous les nutriments nécessaires, utilisez de préférence un engrais complet longue durée. Durant l’été, complétez les fertilisations si besoin avec un engrais organique ou un engrais liquide. À l’automne, un engrais longue durée à forte teneur en potassium est important pour augmenter la résistance des graminées en hiver. Pour les fertilisations, il faut par ailleurs bien respecter les indications portées sur l’emballage. Car une surfertilisation à l’azote peut aussi favoriser les maladies fongiques.

Les champignons se délectent des environnements humides. Si le gazon est arrosé trop tard le soir, il sèche lentement en raison des températures plus fraîches, ce qui constitue une porte d’entrée grand ouverte aux champignons. Il est donc préférable d’arroser le gazon tôt le matin. Il est déconseillé d’arroser en fin de matinée avant midi, au risque de brûler les graminées en été. C’est pourquoi nous vous conseillons d’arroser le gazon de préférence moins souvent, mais plus copieusement. En été, lorsque le temps est chaud et sec, un arrosage deux fois par semaine de 15 litres environ par mètre carré constitue une bonne base, mais dépend bien sûr des intempéries.

Pour que le gazon soit suffisamment oxygéné, il faut éliminer régulièrement le feutrage racinaire et la mousse. Une scarification annuelle au printemps est tout à fait judicieuse. Si le sol a tendance çà et là à se compacter, un aérateur peut s’avérer utile. Plusieurs méthodes permettent aux jardiniers d’éliminer toute trace de champignons dans le jardin. Le ramassage manuel est important, surtout en présence de jeunes enfants ou d’animaux domestiques. Il convient pour cela de se munir de gants, d’une petite pelle. Il vous faut retirer la partie visible à l’aide d’un couteau puis le mycélium du sol, caché dans le substrat. Jetez l’ensemble à la poubelle. Ne le placez pas dans le compost. Vous risqueriez de favoriser sa propagation. Il est recommandé d’intervenir dès l’apparition de la tige du champignon, avant l’ouverture des lamelles. Ainsi, les spores ne sont pas encore expulsées, la propagation est évitée.

Infographie montrant les bonnes pratiques de scarification et d'arrosage pour prévenir les champignons

Identification des espèces communes

Si la plupart des champignons ne sont pas dangereux, ils ne sont pas tous comestibles. Pour savoir si vous pouvez cuisiner ceux qui poussent dans votre jardin, vous devez savoir de quelles variétés il s’agit. Tentez donc de les reconnaître et de chercher dans un livre, une encyclopédie ou sur Internet avant de les cueillir. Vous avez des champignons blancs disposés en cercle ? Ce sont sûrement des mousserons, qui sont tout à fait comestibles. On remarque aussi souvent des rosés des prés dotés de belles lames roses, qui se mangent également. Si vous habitez près d’une forêt, vous avez certainement des russules charbonnières sur votre terrain, reconnaissables à leurs chapeaux gras et colorés avec une chair blanche.

Les agarics, des champignons à surveiller, sont présents dans les jardins à l’automne comme au printemps. Ils ressemblent aux champignons de Paris. Ils sont aussi appelés Boules de neige. Ils se développent en quelques jours, perdurent quelques semaines. Sans danger pour la santé, ils ont un impact sur la pelouse. Ils sont gourmands en eau, en nutriments. Lors de leur développement, ils peuvent appauvrir le sol, entrer en concurrence avec le gazon. Il s’agit de champignons saprotrophes. Si l’agaric se développe de manière isolée, en petite quantité, il a des effets bénéfiques pour le jardin. Il arrive que les agarics se développent en quantité, sous la forme d’un rond de sorcière. Ces amas de champignons occasionnent un grand stress pour le gazon.

Le Marasme des Oréades et son développement en rond de sorcière concerne plus d’une centaine d’espèces. Certains d’entre eux, comme le Marasme des Oréades (ou faux mousseron), poussent dans la pelouse. Ce champignon crée une zone de vide autour de lui, il rejette des substances toxiques pour le gazon. Il est pourtant comestible, classé dans la famille des saprotrophes. D’autres types de champignons en rond de sorcière entraînent un phénomène inverse : la pelouse située dans cette zone devient plus verte, plus dense. L’herbe bénéficie ici d’un important apport d’azote, obtenu via la décomposition de la matière organique par les champignons.

Prévention et traitement des maladies fongiques

Si les champignons classiques sont communs à l’automne, sans grand danger pour la pelouse, l’apparition de maladies fongiques doit vous inquiéter. Elles se manifestent sous la forme de taches :

  • Le développement de taches brunes puis de ramifications rouges est caractéristique de la maladie du fil rouge. Inesthétique, elle se développe entre 15 et 20 °C.
  • Certaines taches brunes aux reflets argentés sont consécutives au développement d’un champignon, dit moisissure des neiges. L’infection se produit en hiver, en présence d’une température comprise entre 0 et 10 °C. Elle disparaît sans traitement pendant l’été.
  • L’apparition de brûlures en plaque dans la pelouse s’explique par la présence de la maladie fongique du même nom. Seul un traitement à base d’engrais azoté ou de chaux pour gazon permet de l’éliminer.

En prévention, vous pouvez traiter le potager avec un fongicide naturel comme la bouillie bordelaise, en faisant attention à ne pas endommager les plantations les plus fragiles comme la vigne ou les fraises. En préventif, faites bouillir 1l d’eau auquel vous ajouterez 10g d’ail entier et 5g de ciboulette mixée. Un sol sain, aéré, limite le risque d’apparition des champignons. Agir sur son drainage participe au traitement. L’utilisation d’un scarificateur facilite le ruissellement de l’eau de pluie. Les excès d’humidité sont évacués. Cela permet aussi de casser le mycélium du champignon. Créez pour cela des trous de huit à dix centimètres de profondeur. L’apport de sable participe lui aussi au drainage de la pelouse. Il peut être placé dans les trous créés durant la phase de scarification. L’ajout de compost ou de fertilisant nourrit l’herbe, lui permet de résister aux attaques des champignons. Pensez aussi à nettoyer le sol. Les résidus de tonte, les feuilles mortes ou les branchages en décomposition favorisent leur apparition.

tags: #champignons #de #la #pelouse #dans #compost