La Charte de l'Éco-Jardinier : Cultiver la Biodiversité pour un Avenir Durable

L'éco-jardinage représente un engagement profond envers la nature, une révolution dans la manière de prendre soin de son espace vert. Il ne s'agit pas d'une simple tendance, mais d'une prise de conscience grandissante de l'impact de nos actions sur la planète. En France, avec 13 millions de jardiniers gérant plus d'un million d'hectares - soit quatre fois la superficie des réserves naturelles - le potentiel de chaque jardinier à protéger la nature à son échelle est immense. Que ce soit par des gestes quotidiens simples, comme planter des œillets d'Inde près des pieds de tomates ou accrocher un nichoir, ou par une refonte totale de ses pratiques, l'éco-jardinage vise à limiter l'utilisation des pesticides et à favoriser la biodiversité en accueillant oiseaux, abeilles, papillons, hérissons et autres auxiliaires précieux.

Illustration d'un éco-jardin luxuriant avec une diversité de plantes et d'animaux

Les Fondations d'un Éco-Jardin : Connaissance et Préparation du Sol

L'éco-jardinage prend ses racines dans une bonne connaissance de son sol. Chaque sol est unique, avec sa propre composition et ses caractéristiques qui déterminent la croissance des plantes. Comprendre le type de sol que vous avez - qu'il soit argileux, sableux, limoneux ou un mélange - est essentiel pour le préparer de manière optimale. Une analyse de sol peut être une excellente première étape pour déterminer les nutriments présents et ceux qui manquent dans votre terre. De plus, cela vous aidera à choisir les plantes les plus adaptées à votre sol et à comprendre comment améliorer sa structure et sa fertilité de manière naturelle et éco-responsable. Dans cette perception, le sol n’est pas qu’un substrat. Il est l’élément primordial, la base de toute vie végétale. Les habitants du sol sont respectés, et l'on œuvre pour les faire prospérer afin qu’ils rééquilibrent les déséquilibres, transforment les matières organiques en compost de qualité, et apportent les nutriments et la santé aux arbres et aux plantes. Il est crucial d'éviter de bouleverser les différentes strates du sol, afin de préserver l’humus et la vie souterraine. Si votre sol est nu, pauvre ou fatigué, il est indispensable d'étudier sa composition pour lui apporter les soins nécessaires. En éco-jardinage, connaître et préparer son sol est une étape cruciale pour une croissance saine et durable de votre jardin.

Schéma illustrant les différents types de sols (argileux, sableux, limoneux) et leurs caractéristiques

Enrichissement Naturel et Durable des Sols

Un aspect fondamental de l'éco-jardinage est l'enrichissement naturel du sol. Le compostage des déchets de cuisine et de jardin est une excellente méthode pour améliorer la qualité du sol et favoriser la croissance des plantes. En plus de fournir des nutriments essentiels, le compost aide également à améliorer la structure du sol, augmentant sa capacité à retenir l'eau et les nutriments. Pour un jardin vraiment écologique, vous pouvez faire votre compost. Épandu au sol, il le fertilise naturellement et favorise ainsi la croissance de vos plantes. Dans un bac ou dans un composteur, jetez vos biodéchets (épluchures de légumes, marc de café, pain, croûtes de fromage, filtres en papier…) et vos déchets verts (d’ailleurs, sachez que ces derniers ne doivent pas être brûlés, car leur combustion émet des particules fines !). Mélangez le tout régulièrement et surveillez votre compost qui apportera de nombreux nutriments à vos plantes.

Le paillage est une autre technique efficace pour préserver l'humidité du sol, limiter le développement des mauvaises herbes et enrichir le sol à mesure que le paillis se décompose. La technique du paillage consiste à couvrir le pied de vos arbustes, rosiers, massifs, jardinières ou votre potager avec des paillis, constitués de différents matériaux organiques ou minéraux : paille, copeaux de bois, tonte de gazon, feuilles mortes, billes d’argiles… Le tout doit être épandu sur une hauteur d’environ 4 cm. L’intérêt du paillage, c’est qu’il permet de retenir l’eau dans la terre, en réduisant son évaporation, de limiter la repousse des mauvaises herbes, de faire fuir les rongeurs, et de nourrir votre sol. S’il faut l’éviter par temps de gel, le paillage présente de nombreux intérêts pour votre jardin écologique, le reste de l’année ! Il est important de rappeler que des sols sains sont la base d'un jardin éco-responsable, capable de soutenir une vie végétale robuste tout en minimisant l'impact sur l'environnement.

Gérer l'Eau : Stratégies pour un Jardin Résilient à la Sécheresse

L'eau est une ressource précieuse qu'il faut savoir économiser. Avec le changement climatique, la sécheresse est de plus en plus présente. Il est donc judicieux de privilégier des plantes résistantes à la sécheresse. Ces plantes, souvent des espèces locales ou méditerranéennes, ont une consommation en eau réduite et sont donc plus adaptées à un jardinage respectueux de l'environnement. De plus, elles s'intègrent harmonieusement dans l'écosystème existant et contribuent à la biodiversité locale. Elles attirent aussi les insectes pollinisateurs, essentiels à la survie de notre planète.

En éco-jardinage, l'idée est de minimiser l'arrosage pour préserver cette ressource précieuse. Pour cela, on peut opter pour des plantes qui nécessitent peu d'eau, comme les espèces xérophiles qui sont naturellement adaptées à des conditions sèches. De même, mettre en place des techniques d'arrosage économes en eau comme le goutte-à-goutte ou le paillage, qui conserve l'humidité du sol et limite l'évaporation, est essentiel. Il est également judicieux d'organiser son jardin de façon à regrouper les plantes ayant des besoins en eau similaires, pour optimiser l'arrosage.

Pour économiser l’eau, on privilégie l'arrosage tôt le matin ou tard le soir pour minimiser l'évaporation. Cela permet d'optimiser chaque goutte, en fournissant l'eau dont les plantes ont besoin sans gaspillage. On peut aussi récupérer l'eau de pluie pour l'arrosage du jardin. Installer un système de récupération d'eau de pluie est un investissement durable qui vous permettra de réduire votre consommation d'eau potable. De plus, l'eau de pluie est généralement plus douce et contient moins de minéraux, ce qui est bénéfique pour les plantes. Pour ce faire, vous pouvez installer un collecteur sur l’une de vos gouttières qu’il vous suffit de relier à un réservoir : avec 100 m² de toiture, vous pouvez récolter 70 m³ d’eau par an en moyenne. La cuve enterrée ou la cuve en surface, installée sur votre terrain, fonctionne très bien aussi. Grâce à ces solutions, vous n’avez plus qu’à vous servir en eau, en fonction des besoins de vos plantes. Arrosez plutôt en soirée ou tôt le matin, aux heures les moins chaudes de la journée. Visez le pied plutôt que les feuilles et adaptez la fréquence d’arrosage aux besoins de vos plantes et à la météo. Entre deux arrosages, pensez aussi à biner le sol, pour une meilleure infiltration de l’eau dans la terre.

Technique de collecte et d’utilisation des eaux de pluies au Niger par l’IRD

Les Alliés du Jardinier : Compagnonnage et Lutte Biologique

Certaines plantes ont la capacité de se protéger mutuellement contre les parasites ou d'améliorer leur croissance lorsqu'elles sont plantées ensemble. Cette technique, appelée "la culture en compagnonnage", est très utilisée en éco-jardinage. Par exemple, la tomate et le basilic font bon ménage dans le potager. Mais ce ne sont pas les seuls. Les carottes et les poireaux sont aussi d'excellents partenaires car les poireaux repoussent les mouches de la carotte, tandis que les carottes éloignent la teigne du poireau. Il existe de nombreux autres exemples de compagnonnage, et les connaître peut transformer votre potager en un écosystème harmonieux et productif. Pour un jardinage écologique, vous pouvez même pratiquer le « compagnonnage » : il s’agit de faire cohabiter certains végétaux susceptibles de se protéger mutuellement. Par exemple, des plantes aromatiques comme le cerfeuil, la mélisse, la sauge, la lavande et le thym éloignent de nombreux nuisibles.

En éco-jardinage, l'adage "prévenir plutôt que guérir" est un pilier fondamental. On préfère anticiper les maladies et attaques de parasites plutôt que de les combattre après coup. Pour cela, on mise sur des stratégies préventives telles que la rotation des cultures au potager, qui perturbe le cycle de vie des nuisibles. On privilégie également une diversité de plantes pour éviter la propagation rapide d'une maladie ou d'un ravageur. Enfin, une bonne aération du sol est indispensable pour maintenir un équilibre biologique et favoriser le développement des micro-organismes bénéfiques. La prophylaxie est une étape essentielle pour préserver la santé des végétaux au jardin. Elle consiste à prévenir l’apparition et la propagation des maladies par des gestes simples et rigoureux. Parmi eux, le nettoyage régulier des outils de taille à l’alcool est indispensable : désinfecter les lames entre chaque plante, voire entre chaque sujet sensible, permet d’éviter la transmission de champignons, bactéries ou virus.

La lutte biologique consiste à utiliser des organismes vivants pour contrôler les populations de parasites. Par exemple, les coccinelles sont de véritables prédatrices de pucerons. C'est une méthode naturelle et respectueuse de l'environnement. En intégrant des auxiliaires de culture comme les coccinelles, les nématodes ou les guêpes parasitoïdes, vous pouvez significativement réduire les infestations de parasites tout en préservant l'équilibre délicat de votre écosystème de jardin. Certaines espèces animales ont la capacité de protéger votre jardin écologique en faisant fuir les nuisibles : installez des nichoirs pour chasser les chenilles et les moustiques dont les oiseaux raffolent ; faites des tas de branches pour attirer les crapauds et les hérissons qui sont des prédateurs pour les limaces ; mettez en place un tas de pierres, pour les lézards, friands d’insectes ; retournez des pots en terre cuite remplis de paille, pour faire venir les perce-oreilles qui sont de grands mangeurs de pucerons. Favoriser l’habitat de ces espèces vous permet ainsi de préserver la biodiversité de façon naturelle, sans avoir à utiliser de produits chimiques.

Accueillir la Faune et la Flore : Créer un Refuge pour la Biodiversité

Un éco-jardin est un lieu où la biodiversité est reine. On y accueille avec plaisir les oiseaux, les insectes, les vers de terre… qui sont de précieux alliés pour la pollinisation, la décomposition de la matière organique ou la lutte contre les parasites. C'est également un refuge pour les espèces menacées, renforçant ainsi notre rôle dans la préservation des écosystèmes. Des aménagements simples, comme des nichoirs ou des tas de bois, peuvent faciliter leur installation. Aménagez différents habitats pour attirer de nombreuses et diverses espèces de plantes comme d'animaux ou insectes : mare, haie champêtre, prairie fleurie, nichoirs, mangeoires… Accueillez dans votre jardin : papillons, bourdons, et autres pollinisateurs, et encouragez la présence des vers de terre et autres travailleurs du sol… Ainsi, accueillir la faune et la flore, c'est contribuer activement à l'équilibre naturel et à la richesse de notre environnement. Le paysagiste écologique peut aussi choisir d’incorporer un point d’eau, tel qu’une fontaine ou une mare. Cela sera particulièrement favorable dans les régions où le climat est très sec.

Pour favoriser la biodiversité et l'adaptation au climat local, rien de mieux que de planter des espèces d'arbres et de végétaux locaux ou anciens. Non seulement ils sont plus résistants, mais ils contribuent aussi à préserver le patrimoine végétal de votre région. Par ailleurs, ces espèces autochtones ont co-évolué avec la faune locale, favorisant ainsi un écosystème équilibré et résilient. Les plans de plantation proposent une diversité végétale, y compris et surtout dans le cas de haies linéaires. À contrario, les monocultures sont pourvoyeuses de maladies et de déséquilibres ; en prélevant dans le sol le même type de nutriments, elles provoquent une carence et finissent par s’affaiblir, voire même dégénérer dans certains cas. L’apport d’engrais s’apparente alors à une mise sous perfusion.

Infographie montrant différents habitats et espèces animales et végétales à favoriser dans un éco-jardin

Les Principes Fondamentaux de la Charte de l'Éco-Jardinier

La Charte des Jardins est un document qui explique dix bonnes pratiques à adopter pour favoriser la nature dans un jardin. Ce n'est pas une liste d'exigences à remplir pour obtenir un label qui sera contrôlé, ni un document juridique : en la signant, on s'engage moralement à en suivre les principes. Un jardin écologique est un jardin pensé, organisé et géré selon des pratiques durables. Il présente de nombreux avantages, pour vous comme pour la planète, car il est conçu pour : respecter l’environnement (sans fertilisants ou engrais chimiques) ; protéger la biodiversité (en créant un espace sain pour les espèces végétales et animales) ; être économe en ressources naturelles (comme l’eau) ; limiter votre production de déchets (grâce au compostage, par exemple) ; favoriser vos économies (en privilégiant les solutions naturelles). La création d’un jardin écologique implique de mettre en place quelques principes du développement durable et d’y associer certains écogestes.

Voici une synthèse des principes clés de l'éco-jardinage, tels que définis par la Charte et les pratiques recommandées :

1. Connaître et Préparer son Sol : L'éco-jardinage prend racine dans une bonne connaissance de son sol, élément primordial et base de toute vie végétale. Une analyse de sol peut être une excellente première étape pour déterminer les nutriments présents et ceux qui manquent dans votre terre.

2. Enrichir son Sol Naturellement : Le compostage des déchets de cuisine et de jardin est une excellente méthode pour améliorer la qualité du sol. Le paillage est une autre technique efficace pour préserver l'humidité du sol, limiter le développement des mauvaises herbes et enrichir le sol.

3. Privilégier des Plantes Adaptées au Climat : Avec le changement climatique, la sécheresse est de plus en plus présente. Il est donc judicieux de privilégier des plantes résistantes à la sécheresse, souvent des espèces locales ou méditerranéennes, qui s'adapteront bien aux conditions climatiques de votre région et à l'exposition de votre jardin.

4. Créer un Jardin qui Demande Peu d'Arrosage : L'idée est de minimiser l'arrosage pour préserver cette ressource précieuse. Optez pour des plantes qui nécessitent peu d'eau, et mettez en place des techniques d'arrosage économes en eau comme le goutte-à-goutte.

5. Économiser l'Eau : L'eau est une ressource précieuse qu'il faut savoir économiser. Privilégiez l'arrosage tôt le matin ou tard le soir pour minimiser l'évaporation et récupérer l'eau de pluie pour l'arrosage du jardin.

6. Connaître les Plantes Compagnes : Certaines plantes ont la capacité de se protéger mutuellement contre les parasites ou d'améliorer leur croissance lorsqu'elles sont plantées ensemble. Cette technique, appelée "la culture en compagnonnage", est très utilisée en éco-jardinage.

7. Prévenir Plutôt que Guérir : L'adage "prévenir plutôt que guérir" est un pilier fondamental. Anticipez les maladies et attaques de parasites par des stratégies préventives telles que la rotation des cultures et une diversité de plantes.

8. Adopter la Lutte Biologique : La lutte biologique consiste à utiliser des organismes vivants pour contrôler les populations de parasites, comme les coccinelles qui sont de véritables prédatrices de pucerons.

9. Accueillir la Faune et la Flore : Un éco-jardin est un lieu où la biodiversité est reine. Accueillez avec plaisir les oiseaux, les insectes, les vers de terre qui sont de précieux alliés. Aménagez différents habitats pour attirer de nombreuses et diverses espèces.

10. Planter des Arbres et des Végétaux Anciens ou Locaux : Pour favoriser la biodiversité et l'adaptation au climat local, plantez des espèces d'arbres et de végétaux locaux ou anciens. Non seulement ils sont plus résistants, mais ils contribuent aussi à préserver le patrimoine végétal de votre région.

11. Faire le Choix des Pesticides Naturels et du Désherbage Manuel : Interdits pour les particuliers depuis le 1er janvier 2019, les pesticides chimiques de synthèse peuvent tout à fait être remplacés par des solutions naturelles. Le désherbage manuel permet de supprimer les mauvaises herbes manuellement et de préserver mieux l’écosystème de votre terrain.

Organigramme des 10 principes de l'éco-jardinage

Au-delà du Jardin Individuel : Le Réseau et l'Engagement Collectif

Idéalement, la Charte des Jardins est gérée localement par une commune, une association de quartier ou un groupement d'habitants. L'un des buts de la charte est de mettre les jardins en réseau, car la petite faune a besoin d'un espace de survie qui dépasse généralement l'offre d'une seule propriété. Ainsi, lorsqu'une commune gère la charte, elle est bien placée pour la diffuser.

Pendant longtemps, les sympathiques visiteurs des jardins que sont les hérissons, les écureuils, les oiseaux ou les papillons ont trouvé assez facilement de quoi se nourrir en périphérie des habitations, ainsi que des endroits où se reproduire et passer l'hiver. Mais les lieux favorables à la petite faune se raréfient, notamment parce que les coins de nature situés entre les zones habitées et les zones cultivées régressent sous la pression de l'urbanisation. De plus, les grandes propriétés se morcellent pour donner des parcelles plus petites et plus cloisonnées. Or, cette parcellisation provoque la disparition des haies sauvages, des vieux arbres, des prairies rarement tondues, et des tas de branches et de pierres si importants pour la survie et la reproduction des petits animaux.

Parallèlement à la diminution de la taille des parcelles se produit une augmentation de leur aménagement : gazon entretenu jusqu'aux limites de propriété ; haies exotiques choisies uniquement pour leur capacité à cacher les voisins ; massifs de plantes non indigènes qui ne favorisent pas la reproduction des papillons et qui donnent trop peu de fruits pour nourrir la faune ; arbres trop parfaitement taillés qui n'offrent pas d'abris ; éclairage nocturne aux quatre coins du terrain ; usage immodéré des herbicides et des pesticides sur le gazon, les dalles et les rosiers. La Charte des Jardins invite à renoncer aux herbicides et aux pesticides. Si nécessaire, utiliser seulement des traitements naturels. Ne pas installer de plantes exotiques envahissantes (liste noire).

La Charte des Jardins peut s'appliquer sur n'importe quel terrain, petit ou grand, anciennement ou nouvellement planté. Vous pouvez adhérer à la Charte des Jardins de façon individuelle, ou en tant que représentant d'une collectivité (commune, entreprise, association…). Le formulaire peut être rempli soit en ligne, soit à la main. Toute personne peut télécharger la charte, placer son emblème à la vue de tous, et appliquer ses bonnes pratiques sur le terrain qu'elle occupe.

Depuis 2016, la commune du Pallet est adhérente à la charte de l’Eco Jardinier. La collectivité est engagée dans une politique « Zéro phyto ». La Charte de l’éco-jardinier doit permettre de fédérer et sensibiliser les particuliers dans la réduction de l’usage des pesticides comme le fait déjà la commune. Elle s’adresse à tous les habitants, qu’ils disposent ou non d’un jardin car l’objectif est de comprendre les pratiques d’un jardinage au naturel pour le potager, le gazon, les toitures et façades, …

Technique de collecte et d’utilisation des eaux de pluies au Niger par l’IRD

Les Professionnels de l'Éco-Jardinage : Une Expertise au Service du Vivant

Des entreprises comme JJBIO, dirigée par Julien Goy, titulaire du Certiphyto, incarnent cette démarche en concevant et entretenant des jardins écologiques, esthétiques et durables. Leur mission est de transformer chaque espace vert en un lieu vivant qui favorise la biodiversité, respecte les cycles naturels et s’adapte au climat local. Ils accompagnent particuliers et professionnels pour créer des jardins qui font du bien à la nature, au sol et à ceux qui en profitent.

Concernant la gestion des sols, ces professionnels maintiennent les sols vivants grâce aux paillages vivant et amendements organiques issus de l’agriculture biologique. En outre, ils valorisent des déchets verts en compost ou paillage grâce à leur outillage adapté. Ils pratiquent une gestion raisonnée de l’arrosage afin d’économiser l’eau. Grâce à une programmation adaptée aux besoins des plantes, un arrosage tôt le matin pour limiter l’évaporation, en plus, ils installent des équipements à faible débit et contrôlent régulièrement les installations pour éviter les fuites.

JJBIO met également en œuvre plusieurs actions structurantes. Notamment, des actions visant à réduire l’impact environnemental des déplacements. Ils optimisent leurs tournées par secteur, planifient géographiquement pour limiter les kilomètres inutiles et mutualisent les chantiers. En outre, l’entreprise prévoit aussi de renouveler progressivement sa flotte avec des véhicules électriques. De plus, leur parc matériel est composé de 40 % de matériels électriques et ils utilisent les technologies LED pour les éclairages de jardin.

Ces professionnels valorisent les déchets verts à 100% (ce qui représente environ entre 40 et 50 tonnes) par an. Tous les déchets évacués le sont vers deux sites de recyclage réservés aux professionnels en compte qui sont : Les eaux du sage à Cugnaux et Fournier Métaux à Toulouse. Lorsque nécessaire, grâce à leur broyeur, ils réalisent du BRF (Bois Raméal Fragmenté) avec les branchages du petit élagage qu'ils utilisent comme paillage organique. Pour assurer des conditions de travail équitables et sécurisées, un Plan de Prévention des Risques Professionnels encadre l’ensemble de leurs activités.

Le Jardin en Permaculture : Un Modèle d'Écosystème Durable

Un potager en permaculture, basé sur les principes du développement durable, est inspiré des écosystèmes naturels. Il s’agit d’un potager respectueux de la biodiversité environnante et de l’humain. La création d’un jardin durable se définit par son impact neutre sur l’environnement et sa participation positive à la biodiversité, dans une démarche de durabilité. Les jardiniers paysagistes mettent ainsi en place des techniques uniques pour conceptualiser ces oasis de verdure propices à la faune et à la flore locales.

L’une des règles du jardin durable est de permettre à la nature de s’auto-gérer. Un environnement écologique et durable ne doit donc pas nécessiter d’intervention humaine trop lourde. Pour créer un jardin en autogestion, il est toutefois nécessaire de mettre en place un écosystème interdépendant. Des fleurs doivent être plantées pour attirer les insectes pollinisateurs, essentiels à la biodiversité. Si l’aménagement d’un potager est envisagé, il sera préférable de le réaliser en permaculture pour éviter le bêchage et l’arrosage (grâce à la formation d’une butte pérenne pour les plantations et au paillage du sol, entre autres). La présence de murs végétaux aide quant à elle à limiter la sécheresse du sol et apporte de l’ombre lors des journées ensoleillées.

Avoir un potager en permaculture est l’un des meilleurs moyens pour diversifier les végétaux, encourageant ainsi la présence des insectes et de la faune sauvage. Le fait de sélectionner des végétaux endémiques, non-invasifs et de les placer de façon réfléchie permet d’attirer des espèces variées d’animaux et d’insectes. Certains jardins durables peuvent également accueillir un poulailler ou des ruches.

Utiliser des matériaux durables est un autre précepte essentiel à la réalisation d’un jardin écologique. Pour tous les jardins impliquant une construction (patio, bancs, pots de fleurs, composteur, poulailler…), il est nécessaire de se poser la question de la durabilité et de l’impact sur l’environnement. C’est pourquoi le choix des matériaux utilisés est crucial. Ils doivent être non polluants, solides, et de préférence fabriqués par un constructeur local. Le bois traité de façon naturelle, le composite ou encore le métal peuvent notamment être envisagés.

Une gestion optimisée de l’entretien et de l’arrosage est un autre facteur important dans la conception d’un jardin durable. Le paillage du sol et le choix des plantes joueront ainsi un rôle majeur, mais il est aussi essentiel de veiller à récupérer l’eau de pluie. Cela permet en effet de rendre le jardin autonome. L’arrosage pourra alors s’effectuer via un système d’irrigation raisonnée (asperseur, arroseur, goutte-à-goutte…). D’autre part, la tonte et l’entretien mécanisés d’un espace vert doivent être limités le plus possible, afin de respecter le principe du jardin durable. Pour les grands espaces, il est possible de créer des prairies sauvages, à faucher seulement deux fois par an, ou encore d’accueillir des moutons, qui permettront un entretien naturel du terrain. Pour les petits jardins, il existe également des tondeuses manuelles. Le dernier précepte clé pour l’aménagement d’un jardin durable est lié à l’utilisation de produits naturels pour remplacer les pesticides ou autres désherbants chimiques, très néfastes pour l’environnement. Leur effet est souvent dévastateur, car ils polluent les sols, l’eau et peuvent parfois s’avérer dangereux pour les animaux. Le désherbage manuel pourra ainsi se substituer aux herbicides.

Illustration d'un potager en permaculture avec différentes buttes, paillage et diversité végétale

Le Jardin Partagé Fridolin : Un Exemple Concret d'Éco-Jardinage Communautaire

Le jardin partagé Fridolin est un projet collectif : jardiner pour rencontrer, partager, transmettre, produire et expérimenter. Le jardin est un îlot de verdure situé dans un tissu urbain dense. Les jardiniers et les jardinières cherchent à y favoriser l’accueil de la biodiversité. L’adhésion permet de devenir jardinier, de participer à la vie et aux activités du jardin. L’adhésion est sujette à cotisation annuelle. On ne peut jardiner sans adhérer. Elle est ouverte aux personnes physiques résidant à proximité ainsi qu’aux personnes morales. Les adhérents physiques sont les membres actifs. Compte tenu de la superficie du jardin, le nombre de jardiniers est limité à 15 jardiniers maximum (enfants et personnes morales non comprises).

Les créneaux de jardinage collectif ont lieu tous les samedis matin de 10h30 à midi. Chaque fin de réunion, l’animateur et le secrétaire de la réunion suivante sont déterminés sur la base du volontariat. La communication avec les partenaires associatifs et territoriaux est une tâche partagée. Les jardiniers et les jardinières s’engagent à participer aux réunions mensuelles pour faire le point sur les plantations et les projets à venir. Les décisions structurelles du jardin qui vont avoir un impact sur du long terme (plus d’un an), doivent être prises lors de la réunion mensuelle avec au moins la moitié des jardiniers présents ou ayant donné leur avis en amont. En cas d’absence prolongée les jardiniers·ères préviennent le groupe. Une période de six mois d’absence signifie un désengagement de fait.

Tous les jardiniers et les jardinières ont accès librement au jardin en semaine pour jardiner et se ressourcer, trouver un lieu de calme en adéquation avec les valeurs du jardin. En lien avec les structures du quartier et des différents partenaires, le jardin pourra accueillir des groupes (50 pers. max.) pour des activités spécifiques à visée pédagogique et environnementale. Les projets qui permettent de « faire vivre » notre jardin pourront être accueillis favorablement. Ainsi, outre les activités de jardinage, chacun pourra s’investir dans les tâches qui lui correspondront le mieux. Les enfants peuvent participer aux activités de jardinage au même titre que les adultes sur l’ensemble du périmètre du jardin. Les achats de plants et semences seront uniquement issus de l’agriculture biologique. L’eau et l’électricité seront gérés dans l’esprit « durable ». L’eau du jardin n’est pas potable.

La charte environnementale n’est pas une simple déclaration d’intention : elle guide chacune des actions sur le terrain. De la gestion raisonnée de l’eau au choix de matériaux durables, en passant par la préservation des sols et de la biodiversité, l’écoresponsabilité est au cœur de cette stratégie.

L'Évolution Législative en Faveur de l'Éco-Jardinage

Les années récentes ont été marquées par une évolution significative de la réglementation concernant l'utilisation des pesticides, soulignant l'engagement croissant des pouvoirs publics en faveur de l'éco-jardinage.

Depuis le 1er janvier 2017, la vente en libre-service des pesticides chimiques n’est plus autorisée. Ces produits sont délivrés après un conseil personnalisé donné par un vendeur certifié. Les produits de bio-contrôle et produits utilisables en agriculture biologique ne sont pas concernés par cette mesure.

Puis, depuis le 1er janvier 2019, la vente et l’usage des pesticides chimiques sont interdits aux particuliers. Cette interdiction marque une étape majeure dans la promotion des pratiques de jardinage plus respectueuses de l'environnement, incitant les jardiniers à se tourner vers des solutions naturelles et alternatives pour l'entretien de leurs espaces verts. Ces mesures législatives renforcent les principes de la Charte de l'Éco-Jardinier, en transformant des recommandations en obligations, et en encourageant une transition collective vers un jardinage plus durable et plus sain.

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