Les Chenilles du Prunier en Mai : Identification, Dégâts et Stratégies de Lutte

Le prunier, malgré sa facilité de culture, est parfois victime de parasites et de maladies, notamment lorsqu'il est affaibli par des conditions climatiques particulières ou de mauvaises conditions de culture. Parmi les nuisibles les plus préoccupants, les chenilles occupent une place importante, pouvant compromettre sérieusement la récolte. Le mois de mai est une période cruciale pour la surveillance et la gestion de ces ravageurs, car c'est souvent le début de l'activité de plusieurs espèces.

Le Carpocapse des Prunes (Cydia funebrana) : Le Ravageur Interne des Fruits

Cycle de vie du carpocapse des prunes

Le carpocapse des prunes, Cydia funebrana, est un micro-lépidoptère de couleur sombre, mesurant 8 à 9 mm de long, avec une envergure d'environ 15 mm. Ses ailes antérieures sont triangulaires et étroites à la base, gris brun foncé s’éclaircissant vers l’apex en formant une tache gris cendré, au centre de laquelle on trouve quatre petits bâtonnets noirs horizontaux. Les ailes postérieures sont gris brunâtre. La face inférieure du corps et les pattes sont grisâtres.

Ce papillon hiberne sous forme de chrysalide, généralement au sol ou caché sous l'écorce du prunier, à l'abri dans un cocon protecteur. Au mois d’avril, une première génération de papillons (G1) voit le jour. Les papillons apparaissent entre les mois d’avril et juin, et sont les plus nombreux deux semaines après la floraison des pruniers, étant alors en pleine période de reproduction. Les papillons se déplacent à la tombée du jour. Le risque de pontes est nul tant que les températures crépusculaires sont inférieures à 14°C.

La ponte débute généralement lorsque les prunes atteignent un diamètre de 10 mm et s’étale sur un mois environ. Les femelles pondent en moyenne 45 œufs chacune. Ces œufs sont aplatis et blanchâtres, déposés isolément sur la partie inférieure des fruits. Une phéromone d'oviposition empêche le dépôt de plusieurs œufs sur le même fruit. La fécondité moyenne est de 30 à 50 œufs par femelle fécondée. La durée de vie moyenne des femelles est de 8 à 11 jours et passe de 9 à 15 jours pour les mâles. L’œuf éclôt au bout de 4 à 15 jours. Il peut avorter si le cumul de température nécessaire à son éclosion (70°C en base 10) n'est pas atteint dans les délais (9 à 10 jours). La durée du jour (photopériode) influence la fécondité des futurs papillons : plus cette durée sera importante, plus la fécondité sera élevée et inversement.

Les œufs donnent naissance à une jeune larve, de couleur blanche avec une tête noire. Cette larve juvénile va alors se déplacer autour de la prune au minimum 3 heures et au maximum 12 heures, c'est le stade baladeur. Après cette période, elle perfore l’épiderme, sans l’ingérer, et pénètre à l’intérieur du fruit. Les chenilles mesurent de 10 à 12 mm de long. Leur dos est rose vif, le ventre plus pâle, et leur tête est brun foncé. De fines soies sont réparties sur tout le corps. La chenille pénètre très rapidement dans la pulpe du fruit, avant de se diriger vers la base du pédoncule, où elle sectionne des faisceaux de vaisseaux qui alimentent normalement le fruit.

Identifier et éliminer le carpocapse ou ver de la prune

Les dégâts des chenilles sont caractéristiques : elles dévorent les prunes de l’intérieur en créant des galeries "sales" contenant les excréments de la larve. Les fruits présentent des écoulements de gomme caractéristiques, correspondant à une défense naturelle des fruits, ainsi que des galeries superficielles. Le point de piqûre sur le fruit forme une tâche puis une dépression causée par la pourriture des tissus. Les fruits prennent une couleur foncée, cessent leur développement et tombent à terre prématurément. Courant mai, les premiers fruits attaqués tombent en partie, souvent confondue avec la chute physiologique. Les fruits attaqués plus tardivement en juin et juillet subissent des dépréciations qualitatives lorsqu'ils ne chutent pas prématurément avant la récolte.

Après 20 à 25 jours de développement, les larves quittent les fruits, perforant l'épiderme pour en sortir, et se nymphosent dans l’écorce ou sur le sol. La chrysalide est contenue dans un petit cocon soyeux. Le papillon émerge après 10 à 15 jours. Il y a deux générations par an. Le verger est ainsi soumis à deux générations annuelles : en mai/juin, puis en juillet/août. La deuxième génération de carpocapse débute avec le vol des adultes issus de la première génération, et le cycle décrit ci-dessus se reproduit. Une attaque sérieuse peut sérieusement compromettre la récolte, et les fruits infestés ne sont pas comestibles. Ce ravageur est spécifique du prunier, bien que d'autres arbres fruitiers comme les pommiers, poiriers et même noyers peuvent être sensibles.

Les dégâts de la première génération passent souvent inaperçus, la chute des fruits étant confondue avec la chute physiologique (fruits non fécondés par exemple). Les chenilles de la seconde génération occasionnent des pertes importantes pour les variétés plus tardives : le fruit attaqué prend d’abord une coloration foncée, ne se développe pas complètement et quelques gouttelettes gommeuses caractéristiques coulent par l’orifice de pénétration de la chenille. Le fruit tombe alors prématurément.

La Petite Tordeuse des Fruits (Cydia lobarzewkii)

Une autre chenille foreuse répandue dans les vergers de prunier d'Ente est la petite tordeuse des fruits, Cydia lobarzewkii. Les fruits attaqués par cette espèce présentent également des galeries superficielles et des écoulements gommeux. Les dégâts sont comparables à ceux du carpocapse des prunes, mais il est important de noter que les carpocapses attaquent les fruits très précocement, dès la fin de la floraison.

Autres Chenilles du Prunier en Mai : Une Diversité de Ravageurs

Outre le carpocapse des prunes, d'autres espèces de chenilles peuvent être rencontrées en verger de prunier en mai, certaines se nourrissant du feuillage (phytophages) et d'autres formant des "nids" ou "cocons".

Chenilles Phytophages du Feuillage

  • Les Mineuses : Ces chenilles creusent des galeries dans l'épaisseur des feuilles, laissant des traces caractéristiques.
  • Les Hyponomeutes : Ces chenilles vivent en groupe, dans une toile soyeuse. Dans les pommiers et les poiriers, on peut parfois trouver des petits « nids » de chenilles blanc crème ou jaunâtres, couvertes de points noirs : ce sont les Hyponomeutes (Yponomeuta malinella et Y. padella dans le cas des fruitiers). Dépourvues de poils, elles ne sont pas du tout urticantes, mais peuvent défolier très rapidement des branches d’arbre. Il est important de noter que les hyponomeutes qui se nourrissent de fusains (Yponomeuta cagnagella, Y. irorrela et Y. plumbella) sont monophages et ne se nourrissent pas d’autres arbustes. Ainsi, si des hyponomeutes sont trouvées dans un fusain à proximité de fruitiers, il n’y a a priori pas de raison de s’inquiéter pour ces derniers.

La Cheimatobie (Cheimatobia brumata)

La Cheimatobie hiverne sous forme d'œufs (vert pâle puis rose saumon) qui éclosent entre mi-mars et mi-avril. Dès le mois de mai, les jeunes chenilles se nourrissent des bourgeons. Les stades larvaires suivants s'attaquent aux feuilles et aux fruits. Les larves mesurent de 25 à 30 mm de long à leur complet développement. Elles sont de couleur vert tendre, avec deux bandes longitudinales jaunâtres. Entre fin mai et début juillet, les chenilles tombent au sol et s'enterrent de 5 à 10 cm dans le sol. Elles subissent alors leur nymphose qui dure tout l'été, voire qui se prolonge jusqu'à l'automne de l'année n+1. Les mâles sont d'un gris-brun terne et les ailes des femelles sont atrophiées, ce qui les oblige à remonter dans l'arbre le long du tronc et des branches. Sauf cas exceptionnels, en verger de prunier d'Ente, les populations de ces différentes chenilles sont restreintes et ne nécessitent ni le respect de mesures prophylactiques, ni une protection spécifique du verger sur des arbres adultes.

Chenilles Formant des "Nids" ou "Cocons"

Plusieurs espèces de chenilles peuvent être rencontrées dans les arbres fruitiers et se caractérisent par la formation de nids ou cocons sur les troncs ou dans les branches. Ces espèces sont grégaires : la femelle adulte pond tous ses œufs au même endroit, et les jeunes chenilles tissent une toile de soie dans laquelle elles passeront une partie ou la totalité de leur vie larvaire.

  • Le Bombyx cul-brun (Euproctis chrysorrhoea) : C'est la seule espèce vraiment urticante que l’on peut rencontrer en grand nombre dans les arbres fruitiers. On le reconnaît à ses deux points rouges sur le dessus du corps, visibles même chez les jeunes individus, et à ses lignes de courtes soies blanches sur les côtés du corps. Il possède sur le corps de plus longues soies orangées. On peut le rencontrer sur de nombreuses espèces d’arbres car il est assez polyphage. Les arbres finissent par s’en remettre, et des études ont remarqué que les ravages sont souvent sévères pendant deux ou trois ans, puis les colonies s’effondrent sans que l’on sache pourquoi. Il ne faut jamais les manipuler à mains nues, les allergies étant fréquentes chez l'homme.

  • La Livrée des arbres (Malacosoma neustria) : Contrairement au Bombyx cul-brun, cette chenille est totalement inoffensive pour l’homme ou pour les animaux domestiques car elle ne possède pas de « poils » urticants. Elle est facile à reconnaître avec sa tête bleue ornée de deux points noirs et ses lignes colorées sur le dessus du corps. Elle se rencontre sur l'aubépine, le prunellier, les chênes, le charme, les saules, entre autres.

  • La Grande tortue (Nymphalis polychloros) : Dans les jardins, c’est essentiellement dans les cerisiers que l’on peut rencontrer les chenilles de la Grande tortue. Tout à fait inoffensives, elles se déplacent en groupe sur les feuilles et les branches de leur arbre-hôte. On les reconnaît à leur couleur sombre et à leurs petites soies épineuses oranges sur le dessus du corps, nullement urticantes. Elles ont également une petite tête noire et lisse, bien détachée du reste du corps. Au stade adulte, la Grande tortue est un joli papillon orangé. Elles se nourrissent également des saules, peupliers, ormes, merisiers.

  • La Laineuse du cerisier (Eriogaster lanestris) : En raison des grands cocons de soies qu’elles tissent dans les arbres, les chenilles de la Laineuse du cerisier sont parfois confondues avec les chenilles processionnaires. On les reconnaît à leur couleur gris-bleuté et à leurs petits motifs blancs sur le corps. Les individus plus âgés possèdent des touffes de soies orangées assez courtes sur le dessus du corps, et de plus longues soies blanches éparses. Chez les personnes à la peau sensible, le contact de ces chenilles avec la peau peut provoquer des réactions cutanées légères et sans gravité. Il est préférable d'éviter de les manipuler à main nue, bien qu'il n'y ait aucun risque à les observer. Une espèce très proche, la Laineuse du prunellier, est rare et protégée sur tout le territoire français, ce qui doit inciter à la prudence en cas de destruction. Elles se nourrissent également de l'aubépine, du prunellier, des saules, du sorbier, du bouleau.

  • Le Gazé (Aporia crataegi) : On observe plus rarement les chenilles du Gazé dans les jardins. Autrefois très répandue, c’est une espèce de moins en moins commune qui souffre de la disparition progressive de son habitat naturel causée par l’agriculture intensive. Elle a déjà disparu de Grande-Bretagne et est protégée en Île-de-France. Les chenilles du Gazé sont reconnaissables à leur dessous gris clair et à leur dessus orangé, avec des lignes latérales plus sombres. Elles sont couvertes de soies non urticantes et sont donc inoffensives. Elles se nourrissent de l'aubépine, du prunellier, de l'églantier, de la bourdaine.

Confusion Possible : La Tenthrède du Prunier (Hoplocampa flava)

Les dégâts de la première génération du carpocapse du prunier pourraient éventuellement être confondus avec ceux de la tenthrède du prunier (Hoplocampa flava). Cependant, les tenthrèdes attaquent les fruits très précocement, dès la fin de la floraison, et dans tous les cas, ces dégâts précoces passent souvent pour des chutes physiologiques.

Stratégies de Lutte Contre les Chenilles du Prunier

La lutte contre les chenilles du prunier est avant tout préventive, car il est difficile de traiter les vers à l'abri dans les fruits. Diverses méthodes peuvent être employées, combinant des approches culturales, du biocontrôle et des mesures mécaniques.

Piège à phéromones contre le carpocapse

Prévention Générale et Méthodes Culturales

  • Hygiène du Verger : Supprimer les prunes véreuses tombées de l’arbre au fur et à mesure de la chute avant que les larves ne quittent le fruit.
  • Plantation et Taille : Plantez les arbres à bonne distance et taillez régulièrement pour bien ventiler la couronne, ce qui contribue à la santé générale de l'arbre et réduit la vulnérabilité aux attaques.
  • Variétés Résistantes : Privilégiez des variétés résistantes. Il est recommandé de se renseigner auprès de son fournisseur.
  • Huilages d'Hiver : En prévention, traitez à l'huile blanche en hiver pour éliminer les formes hivernantes de certains ravageurs.
  • Coupe des Parties Atteintes : Coupez les parties fortement atteintes pour limiter la propagation des parasites ou maladies.

Lutte Contre le Carpocapse des Prunes

  • Piégeage des Adultes (Pièges à phéromones) : C'est la meilleure lutte contre le carpocapse. Des pièges à phéromones spécifiques du carpocapse du prunier sont très efficaces. Il s’agit de petites plateformes à accrocher aux branches du prunier, enduites de glu et dégageant des phéromones de carpocapses femelles. Les papillons mâles, attirés par ces phéromones, viennent s’y poser et se retrouvent piégés dans la glu. Installez 2 à 3 pièges par arbre, au moment de l’envol des papillons, c'est-à-dire dès le mois d’avril et la floraison des pruniers. Pour contribuer à une réduction significative des dégâts, il est nécessaire de placer de un à trois pièges par arbre selon le volume de celui-ci.

  • Confusion Sexuelle : La méthode de confusion sexuelle peut être utilisée. La diffusion d'un bouquet de phéromones femelles dans la parcelle empêchera le papillon mâle de rencontrer un papillon femelle, empêchant ainsi l'accouplement et le dépôt d'œufs. Le nombre de diffuseurs par hectare doit être respecté. Ces phéromones peuvent être contenues dans des capsules tirées grâce à un fusil à air comprimé.

  • Ensachage des Fruits : Ensachez vos fruits lorsqu’ils sont encore très petits, avant la date d’envol des papillons.

  • Piégeage des Chenilles Hivernantes : Piégez les chenilles qui redescendent des troncs des pruniers pour trouver un abri dans le sol pour l’hiver. Placez un collier ou une bande de glu autour du tronc pour les intercepter. Alternativement, des bandes pièges en carton ondulé peuvent être placées autour du tronc pour piéger les chenilles hivernantes. Après la récolte des dernières prunes, retirez les bandes et détruisez les chenilles. Veillez à la bonne adhérence entre l’écorce et la bande piège pour éviter que les chenilles passent dessous.

  • Macération d'Absinthe : La macération d’absinthe éloignerait le carpocapse du prunier. Cependant, l’efficacité de telles préparations n’est pas démontrée scientifiquement à ce jour.

  • Modèles de Prévision : Il existe un modèle de prévision des pontes et des éclosions des différentes générations de carpocapse des prunes, en fonction des piégeages d'adultes réalisés et des prévisions météorologiques. Il est important de noter qu'il existe deux périodes clés pour limiter le développement du carpocapse des prunes : en début de première génération, puis en début de deuxième génération.

Favoriser les Prédateurs Naturels

  • Perce-oreilles : Installez des pots remplis de paille, à l’envers au sommet de piquets. Les perce-oreilles y trouveront refuge et sont de bons prédateurs des chenilles.
  • Oiseaux : Offrez-leur de l’eau en été, des boules de graisses en hiver, installez-leur des nichoirs et des mangeoires. Les chauves-souris et certaines espèces d'oiseaux, notamment mésanges, sont connues pour être de gros consommateurs de lépidoptères. Les mésanges bleues et charbonnières, par exemple, se régalent des chenilles processionnaires et ne sont pas sensibles à leurs poils urticants.
  • Chauve-souris : Installez-leur des nichoirs.
  • Parasitoïdes : Beaucoup de chenilles sont parasitées par des guêpes ou des mouches parasitoïdes, et sont vouées à mourir avant d’atteindre le stade adulte.

Nichoir à oiseaux dans un verger

Méthodes pour Gérer les Chenilles Grégaires et Urticantes

  • Observation et Non-Intervention : Si l’arbre est assez âgé et que vous ne souhaitez pas spécialement en récolter les fruits, ou bien si vous disposez d’un nombre suffisant de fruitiers pour pouvoir « sacrifier » une petite partie de votre récolte, vous pouvez tout à fait décider de ne pas intervenir et regarder les chenilles grandir.

  • Déplacement des Nids : Il est souvent possible de déplacer le nid de chenilles dans un autre arbre si vous souhaitez préserver à la fois l’arbre et les chenilles. Des précautions particulières sont nécessaires si les chenilles sont des Bombyx cul-brun, en se munissant de gants et en faisant bien attention à éviter tout contact avec les chenilles. Dans le cas des autres espèces non urticantes, il suffit de couper l’extrémité de la branche où se trouve le nid et d’aller la déposer ailleurs, à l'aide d'un simple sécateur et d'un récipient. Il est important de veiller à déplacer les chenilles vers une espèce d'arbre hôte appropriée (par exemple, le Bombyx cul-brun sur aubépine, prunellier, chênes, charme, saules ; la Livrée des arbres sur aubépine, prunellier, chênes, charme, saules ; la Grande tortue sur saules, peupliers, ormes, merisier ; la Laineuse du cerisier sur aubépine, prunellier, saules, sorbier, bouleau ; le Gazé sur aubépine, prunellier, églantier, bourdaine).

  • Destruction (avec discernement) : Ce n’est pas une solution recommandée, mais dans certains cas, les jardiniers choisissent de détruire les chenilles, notamment s’il s’agit de chenilles de Bombyx cul-brun, espèces considérées comme ravageuses. Cependant, il est impératif d'être sûr de l’identité des chenilles avant d'agir.

  • Bandes de Scotch ou de Glu sur le Tronc (Inefficace contre les chenilles grégaires) : Souvent conseillée, la technique consistant à poser tout autour du tronc une substance collante est efficace contre les fourmis mais totalement inutile pour lutter contre les chenilles grégaires. Celles-ci sont issues d'œufs pondus directement sur les branches par des papillons qui volent et ne rampent pas le long d'un tronc. Pire encore, les bandes de glu peuvent se révéler être de véritables pièges pour la faune, notamment pour les oiseaux et mammifères.

Pulvérisations et Traitements

  • Traitements à Base de Cuivre ou d'Argile Soufrée : Pulvérisez des traitements à base de cuivre ou d'argile additionnée de souffre en poudrage, surtout en cas de risques accrus par un printemps et un été très pluvieux qui accroissent le risque d'attaque et de propagation de certaines maladies fongiques.

Les Chenilles Processionnaires : Une Menace Spécifique

Chenilles processionnaires sur un arbre

Bien que principalement associées aux pins et aux chênes, il est essentiel de mentionner les chenilles processionnaires en raison de leur dangerosité.

  • La Chenille Processionnaire du Pin (Thaumetopoea pityocampa) : Présente dans les trois-quarts des départements français, progressant peu à peu vers le nord. Entre septembre et novembre, les larves minuscules se dirigent vers les branches supérieures des arbres, produisent une sorte de soie qui leur permet de tisser un nid. Elles grignotent les aiguilles et construisent d'autres nids plus haut si la nourriture vient à manquer. Pour affronter l’hiver, les larves qui ont mué finissent par tisser un nid beaucoup plus volumineux. Au printemps, une femelle prend la direction de toutes les chenilles qui descendent de l’arbre en file indienne pour aller s’enterrer dans un endroit bien exposé au soleil, se transformer en chrysalide puis en papillon qui ne vit environ que 24 heures. Cette chenille est dotée de poils urticants redoutables, surtout au printemps quand elle descend de l’arbre pour aller s’enfouir dans le sol. Il ne faut JAMAIS toucher ces chenilles, et il est impératif de se protéger en manipulant leurs nids, car des soies urticantes peuvent y rester plusieurs mois après leur départ. Le moindre contact avec les poils urticants peut avoir de graves conséquences pour les animaux (brûlures, œdèmes, tuméfactions, choc anaphylactique) et les humains (allergies fréquentes).

  • La Chenille Processionnaire du Chêne (Thaumetopoea processionea) : Elle aussi se déplace en file indienne et construit de gros cocons soyeux. On la trouve de l’ouest de l’Europe à la Turquie, et en France, elle est présente essentiellement dans le quart nord-est du pays, y compris en Île-de-France. Son champ d’action est vaste.

  • Méthodes de Lutte Contre les Chenilles Processionnaires :

    • Pièges à Phéromones : Installez en hauteur un piège pour 5 arbres afin de neutraliser les papillons mâles.
    • Confusion Sexuelle : Dispersez des phéromones dans l’arbre, contenues dans des capsules.
    • Écopièges : Constitués d’une gouttière qui guide les chenilles descendant de l’arbre vers un sac rempli de terre, où elles s’enfouissent croyant avoir touché le sol.
    • Nichoirs à Mésanges : Favorisez la présence des mésanges bleues et charbonnières qui se nourrissent des chenilles sans être sensibles à leurs poils urticants.
    • Pulvérisation de BtK : Ce traitement ne peut être appliqué que par des opérateurs formés à cet effet. La chenille processionnaire est beaucoup moins dangereuse pour eux que pour l’homme et l’animal.

Identifier et éliminer le carpocapse ou ver de la prune

La Chenille du Papillon des Tuiles (Nola cucullatella)

Cette chenille vit dans les zones urbaines et se plaît sous les tuiles des toitures, pouvant entrer dans les maisons par des fenêtres de toit restées ouvertes. Elle se nourrit de lichens et de mousses. Si une pullulation de ces chenilles, elles aussi urticantes, est constatée, il est recommandé de nettoyer les façades en enlevant les mousses et de fermer les fenêtres. En cas d’urgence, délogez-les au tuyau d’arrosage.

Conclusion sur les Chenilles du Prunier en Mai

En somme, le mois de mai est une période cruciale pour la gestion des chenilles du prunier. Une surveillance attentive des arbres et une intervention précoce sont essentielles pour limiter les dégâts et assurer une récolte fructueuse. En privilégiant les méthodes préventives et en favorisant la biodiversité dans le verger, il est possible de maintenir un équilibre naturel et de minimiser l'impact des ravageurs sur les pruniers.

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