La Louisiane, baptisée en hommage à Louis XIV, le Roi Soleil, par René-Robert Cavelier de La Salle (1643-1687), est un immense territoire hérité par la monarchie française. S'étendant des Grands Lacs aux abords du Golfe du Mexique, ce qui équivaut à dix États actuels des États-Unis, elle a fait la fierté d'un royaume et excité toutes les convoitises des pays voisins. Le Mississippi, ce long fleuve de plusieurs milliers de kilomètres, est devenu l'objet de tous les imaginaires, forgeant doucement le rêve américain et enthousiasmant la noblesse de province en quête de prestige, tandis que la France rayonnait de toute sa puissance maritime. C'est dans ce contexte que des dynasties de planteurs se sont établies, façonnant une économie et une société profondément marquées par la culture de la canne à sucre et l'institution de l'esclavage.

Les Premiers Pas de la Colonisation Française en Louisiane et l'Émergence des Plantations
L'histoire de la Louisiane française commence à la fin du 17e siècle, lorsque Pierre le Moyne Sieur d’Iberville établit sur le rivage du golfe du Mexique la colonie de Biloxi en mai 1699. Le développement de la colonie fut très lent, car les colons étaient d'emblée décimés par les rigueurs de la traversée de l'Atlantique. Les survivants devaient faire face à des maladies qu’ils ignoraient, comme la fièvre jaune, à la faim et aux attaques des autochtones.
À partir de 1717, le roi de France avait pensé trouver en la Compagnie d’Occident de John Law l'instrument de la mise en valeur véritable de la colonie. En attendant l'arrivée des premières cargaisons humaines des côtes africaines, la Compagnie trouvait très peu de volontaires pour la lointaine Louisiane. Dès 1717, l'idée avait été émise de la déportation en Amérique des faux sauniers, des fraudeurs de tabac (le sel et le tabac étant des monopoles royaux), des vagabonds, des soldats déserteurs, de jeunes gens de toutes conditions sociales, et même des prostituées. Cette politique avait créé beaucoup plus de problèmes qu'elle n'en avait résolus, de nombreux abus ayant été commis. La réputation de la Louisiane étant compromise, John Law prit lui-même une concession en Louisiane pour laquelle il fit recruter, avec force publicité, des milliers de laboureurs et artisans allemands. Une grande partie de ce groupe fut installée en amont de la Nouvelle-Orléans, sur les rives du Mississippi. La Compagnie d’Occident, devenue Compagnie Perpétuelle des Indes à partir de mai 1719, avait dévolu une attention particulière à la mise en valeur de la colonie avec des esclaves tirés principalement de la côte africaine la plus proche, c'est-à-dire le Sénégal.

La Dynastie Ternant et la Fondation de la Plantation Parlange
Parmi ceux qui décident de faire le voyage vers cette nouvelle colonie prometteuse se trouve le marquis Vincent de Ternant, originaire de la Meuse. Ayant rendu un énorme service au roi Louis XV - le mystère sur lequel demeure entier - le monarque lui octroya très généreusement 10 000 acres de terre près de la localité de Pointe-Coupée. Le marquis se lança dans la culture de la canne à sucre, qui fit la fortune de sa famille. Détenteur de centaines d'esclaves, Vincent de Ternant fit ériger une imposante maison de style colonial en 1750. Les murs et les plafonds de la maison furent construits avec des planches de cyprès chauve bien ajustées. Sur deux étages, on dénombrait sept chambres de service, disposées en double rangée. Agrémenté d'un pigeonnier octogonal, le marquis tenait à rappeler ses origines et imposa un jardin à la française autour de la demeure. Vincent de Ternant, un aristocrate comblé aux Amériques, put laisser une belle succession à ses fils lorsqu’il décéda en janvier 1757.
Une dynastie était née, et son destin allait s’entremêler avec celui de la Louisiane qui allait bientôt passer sous le giron espagnol en 1762. Claude Vincent de Ternant (1757-1818) hérita du titre de marquis et de la propriété familiale. Avec l'arrivée des Hispaniques dans la colonie, il s’empressa d’étendre ses activités commerciales à Paris, où il ouvrit un siège. C'est d’ailleurs en France que son demi-frère, Jean de Ternant (1751-1816), allait faire ses armes avant de repartir en Amérique du Nord. Ce dernier participa à la Guerre d’indépendance aux côtés des insurgés et de l'armée française venue en renfort afin de bouter les Anglais de cette partie du continent. Il finira même ministre plénipotentiaire du roi Louis XVI aux États-Unis.
En Louisiane, Claude Vincent de Ternant continua de faire fructifier les affaires familiales, animant les nuits de la ville par de somptueuses soirées. Il suivait les événements qui se déroulaient en France, en proie à une révolution. Il s'adapta dès lors : en France, il ne porterait plus de particule ni de titre, mais en Louisiane, il demeurait un marquis et utilisait sa titulature d'Ancien Régime. De son mariage avec Marie-Céleste Constance Lacour (1766-1837), il eut trois enfants.

L'Évolution Politique de la Louisiane et ses Conséquences pour les Planteurs
Redevenus française en 1800 lors du traité de San Ildefonso, Napoléon Ier décida finalement de vendre la Louisiane aux États-Unis trois ans plus tard. Une vente controversée dont les contours sont assez juridiquement contestables. Pour les Ternant, cette cession ne changea en rien leurs activités commerciales, d'autant que des milliers de planteurs créoles affluaient dans l’État avec la révolte de Saint-Domingue. La plantation était en plein essor et allait être bientôt confrontée à la question de l’esclavage lorsque la guerre de Sécession éclata.
Marius Vincent Ternant (1837-1861), qui avait succédé à son père, mourut très rapidement, résultat d'une vie dissolue, laissant sa mère, Virginie de Tenant (1818-1887), esseulée, à la tête de la vaste exploitation. En 1861, la Louisiane prit la décision de rejoindre la Confédération (les Français s'organisèrent alors en milice en dépit de l'interdiction de Paris, constituant une Légion affectée à la protection de la Nouvelle-Orléans, ornée d'un drapeau sur lequel on avait placé un aigle aux allures napoléoniennes, soutenue par des prêtres enflammés). La plantation ne pouvait se passer d'un homme et Virginie de Tenant le savait parfaitement. Elle s’unit au colonel Charles Parlange (Français d'origine) qui donna son nom à la plantation, qui continue de le porter encore aujourd'hui.
Alors que les soldats de l’Union approchaient de sa plantation, Virginie de Tenant s’empressa de faire enterrer son or et ses bijoux à trois endroits différents par des esclaves de confiance. Une fortune de plusieurs millions de dollars dont on ne retrouva pas grand-chose à la fin de la guerre civile. Une partie demeure encore introuvable dans les jardins de la plantation. Virginie de Tenant accueillit le général Nathaniel Banks avec bienveillance et fit tout aussi bien avec le général Richard Taylor de la Confédération lorsque chacun occupa les lieux. Une décision de compromission qui permit à la villa d'échapper à la destruction (sauf les jardins à la française dont plus rien ne subsiste actuellement).

La Période Post-Abolition et la Nouvelle Ère des Parlange
Son fils Charles Parlange (1851-1907) allait inscrire son nom dans l’histoire des États-Unis. Avec l'abolition de l'esclavage, la plantation perdit sa splendeur. Élu sénateur entre 1880 et 1885, il demeura le dernier symbole de cette aristocratie française qui avait su s'adapter à son environnement et se fondre dans la nouvelle culture américaine. Charles Parlange inaugura alors le second chapitre d'une dynastie qui allait toucher le sommet du pouvoir. Nommé Lieutenant-gouverneur de Louisiane entre 1892 et 1893, il finit sa vie dans la peau d'un juge fédéral jusqu'à son décès.
Walter Parlange (1886-1961) fut le dernier témoin d'une génération à cheval entre deux Histoires : celle de la Reconstruction, du retour de la ségrégation raciale, du Ku Klux Klan, puis de la fin des lois raciales. C'est lui qui redonna toute sa noblesse à la plantation qu'il relança. Le travail fut gigantesque.
Antoine Fournier dit Préfontaine : Une Autre Facette de la Colonisation Française
L'histoire de la colonisation française en Amérique du Nord ne se limite pas aux grandes plantations du Sud. Antoine Fournier dit Préfontaine fut baptisé le 16 février 1663 à Beaumont-sur-Oise, dans le diocèse de Beauvais, en Picardie, France. Il est le fils de Denis Fournier/Préfontaine et de Catherine Desabeux. Antoine était un soldat de la Compagnie de Troyes et tonnelier de son métier. Il arriva en Nouvelle-France en 1687, comme soldat des Troupes de la Marine, compagnie de Mons, du chevalier Pierre de Troyes.
La colonisation de Longueuil commença après cette expédition, puisque la paix était revenue dans la colonie. Le seigneur de Longueuil, Charles Lemoyne, invita plusieurs de ses soldats, qu’il connaissait presque tous, à venir s’installer dans sa seigneurie. Antoine Fournier/Préfontaine fut l’un de ces nouveaux colons. Il épousa Marie Roncelay, née à Notre-Dame de Montréal le 8-12-1668, fille de Jean Roncelay et Jeanne Servignan, le 11 février 1688 à l’église Très-Sainte-Famille de Boucherville. Ils s’installèrent ensuite dans la seigneurie du Sieur Lemoyne, à Longueuil, où naquirent deux des trois enfants : Marie en 1689, Jean-Baptiste en 1691 ; Adrien naquit à Montréal en 1693. Marie se maria en 1712 et Jean-Baptiste décéda en 1713. Marie Roncelay décéda entre 1693 et 1695. Après son décès, Antoine fit procéder l’inventaire de ses biens, le 9 juillet 1696. Ses biens valaient 334 livres et 10 sols et il en devait 355 livres.
Antoine Fournier/Préfontaine se remaria à Montréal à Madeleine Ozou le 16 juillet 1696. Madeleine Ozou est la fille de Jean Ozou et Isabelle Martin. Antoine Fournier a dû demeurer à Montréal un certain temps puisque les quatre enfants de son second mariage y sont tous nés ; une fille seulement survécut et se maria. Antoine exerça à nouveau le métier de tonnelier et il se fit concéder par les Sulpiciens une terre de soixante arpents au lac Saint-Louis, le 15 mars 1702. Il ne profita pas longtemps de son acquisition, puisqu’il décéda à l’hôpital de Montréal, le 8 juillet 1702, à l’âge de 39 ans, laissant quatre jeunes enfants survivants de ses deux mariages. Il mourut pauvre et endetté. Sa deuxième épouse décède le 19 janvier 1703, après la naissance du dernier enfant qui décéda lui aussi, à l’âge de 4 mois.
Sa descendance fut assurée par leur fils, Adrien Fournier-Préfontaine, marié à Catherine Boutheillier le 11 août 1715 à Longueuil. Adrien s’établit à Longueuil. Il fut un défricheur, cultivateur et un bon homme d’affaires et il faisait partie de la bourgeoisie de Longueuil. Les descendants d’Antoine Fournier-Préfontaine et Marie Roncelay sont sans doute plutôt des gens de profession et plusieurs se marièrent avec des personnes de classe aisée. Adrien Fournier et Catherine Boutheillier eurent quinze enfants dont deux couples de jumeaux. Deux garçons et six filles se marièrent. Angélique et Antoinette épousèrent les frères Joseph et Prudent Dubuc, descendants des seigneurs Dubuc du Fief Tremblay à Longueuil et Geneviève épousa Edmé Henry, chirurgien des troupes en 1760. Joseph Fournier- Préfontaine marié à Charlotte Truteau eut douze enfants et Alexis Fournier-Préfontaine, par son deuxième mariage à Charlotte Cristin, assurèrent la descendance Fournier-Préfontaine dont on retrouve les traces surtout dans la région du sud de Montréal, en Nouvelle-Angleterre et au Manitoba ainsi que dans l’Ouest canadien et jusqu’en Oregon. Antoine Fournier-Préfontaine ne connut aucun de ses petits-enfants, puisqu’il décéda le 8 juillet 1702 à Montréal, à l’âge de 39 ans. À compter de la cinquième génération la plupart des descendants portèrent uniquement le patronyme Préfontaine sauf quelques exceptions. Il ne semble pas y avoir d’autres souches portant le patronyme Préfontaine que les descendants d’Antoine Fournier-Préfontaine et Marie Roncelay. La descendance compte jusqu’à douze générations et elle est la 4è en importance du nombre d’individus.

L'Esclavage en Louisiane : Une Histoire Oubliée, Aujourd'hui Révélée
Il est impossible d'évoquer l'histoire de la Louisiane sans parler de l'esclavage, sur lequel se sont construites l'économie, la société et la culture de cet État du Sud. La guerre de Sept ans (1756-1763) se traduisit par le passage de la colonie des Français à leurs alliés espagnols. Des importations massives d’esclaves furent opérées à partir des côtes africaines, en Sénégambie, dans les golfes du Bénin et du Biafra, en Afrique centrale et même dans le sud-est du continent.
La Whitney Plantation, située dans la paroisse St. Jean Baptiste, sur la fameuse River Road, route qui longe le fleuve Mississippi entre La Nouvelle-Orléans et Baton Rouge, constitue un trait d'union entre les plantations les plus prospères et les plus célèbres de l'État de Louisiane avant la Guerre civile. La plantation fut fondée par Ambroise Heidel, l'ancêtre de tous les Haydel de Louisiane. Il était arrivé dans la colonie le 1er mars 1721 à bord du navire Les Deux Frères, accompagné de son frère Mathieu et de ses sœurs Barbe et Catherine. Ambroise vit le jour en novembre 1702 à Neunkirchen, près de Miltenberg, dans le diocèse catholique de Wurzburg. Il était le fils de Johann Adam Heidel et d'Eva Schonberg. Le père mourut à Lorient avant l’embarquement et la mère peu de temps après son arrivée dans la colonie. À sa mort, peu avant 1770, il possédait une ferme de 11,5 arpents et 20 esclaves. Il s’était enrichi avec la culture de l’indigo.
En 1820, sous le poids de l’âge, Jean Jacques Père céda la plantation à ses enfants, Marcellin et Jean Jacques Fils. En 1840, après la mort prématurée de Marcellin Haydel, la plantation fut vendue à sa veuve, Marie Azélie Haydel. À la mort de cette dernière en 1860, la plantation était devenue un des fleurons de l’économie sucrière du sud des États-Unis d’Amérique.

Le Whitney Plantation Museum est un lieu de mémoire conçu pour honorer la mémoire des êtres humains qui ont vécu comme esclaves sur la plantation, dans le reste de la Louisiane, et partout ailleurs dans le Sud des USA. La démarche est en totale rupture avec l'approche des plantations-musées qui mettent l'accent sur la splendeur et le luxe qui était le quotidien des maîtres. L'esclavage est présenté sous ses différentes facettes à travers les témoignages d'enfants qui ont vécu dans leur chair les affres de cette institution. Cette stratégie de communication est dictée par le fait que les enfants sont des êtres innocents et raconter l'expérience de l'esclavage à travers leur regard permet d'imprimer plus facilement une certaine prise de conscience chez les visiteurs de tous âges.
La documentation est tirée d'interviews d'anciens esclaves menées dans les années 1930, en pleine crise économique, par la Work Progress Administration dans le cadre du Federal Writers’ Project avec l'appui de la Bibliothèque du Congrès. Ces anciens esclaves étaient nés dans les années 1850 pour la plupart d’entre eux et la mémoire de l’esclavage qu’ils portaient encore en eux était celle de leur enfance. La mémorialisation de l’espace s’appuie aussi sur de nombreuses sculptures d’enfants appelés « the children of Whitney » dont le réalisme est saisissant.
Whitney Plantation, un lieu unique à la mémoire des esclaves américains
La Vie Quotidienne des Esclaves et la Question des Amérindiens
L'habitat des esclaves était généralement constitué de petites cabanes rudimentaires, souvent construites avec les matériaux disponibles sur la plantation, comme le bois ou la boue. Le mode de vie était caractérisé par un travail exténuant du lever au coucher du soleil, six jours par semaine, avec une nourriture souvent insuffisante et des conditions sanitaires déplorables. Les esclaves travaillaient dans les champs de canne à sucre, de coton ou d'indigo, mais aussi dans les maisons des maîtres, effectuant diverses tâches domestiques. Les châtiments corporels étaient courants et la violence omniprésente.
Quant à la présence d'esclaves amérindiens en Louisiane, il est important de noter que la colonisation européenne a également conduit à l'asservissement de populations autochtones. Cependant, l'ampleur et la nature de cet esclavage différaient de celui des Africains. Les Amérindiens étaient souvent réduits en esclavage suite à des guerres ou des conflits inter-tribaux, puis vendus aux colons. Néanmoins, leur nombre diminua progressivement en raison des maladies, des tentatives d'évasion et de l'intégration dans les populations africaines et créoles. L'esclavage africain est devenu prédominant en raison de la résistance accrue des Amérindiens et de la disponibilité de main-d'œuvre africaine massivement importée.
L'Impact de l'Abolition et l'Héritage Culturel
Après l’abolition de l’esclavage en 1865, les anciens esclaves se sont retrouvés dans une situation précaire, confrontés à la pauvreté et à la discrimination. Beaucoup d'entre eux sont devenus des métayers ou des journaliers, travaillant toujours pour les anciens propriétaires de plantations, mais cette fois-ci en échange d'une part des récoltes ou d'un salaire modique. D'autres ont émigré vers les villes, en quête de meilleures opportunités.
Le Ku Klux Klan était effectivement présent en Louisiane, comme dans d'autres États du Sud. Ses membres étaient principalement des Blancs, souvent d'anciens soldats confédérés, des petits propriétaires terriens et des membres de la classe ouvrière blanche, qui cherchaient à maintenir la suprématie blanche et à réprimer les droits civiques des Afro-Américains nouvellement émancipés. Le KKK utilisait la violence, l'intimidation et les lynchages pour terroriser la population noire et empêcher son émancipation politique et économique.
Les traces de l’esclavage sont encore visibles en Louisiane aujourd'hui. Outre les plantations transformées en musées, de nombreux monuments, cimetières et sites historiques rappellent cette période sombre. La culture créole, avec sa langue riche et sa cuisine métissée, est également un héritage direct de l'esclavage, résultant du mélange des cultures africaines, françaises et espagnoles.
Le blues est réellement né avec les esclaves, un chant de peine et de désespoir, mais aussi de résilience. Les chants de travail, les "spirituals" et les "field hollers" ont donné naissance à cette musique emblématique. D'autres musiques sont également nées avec les esclaves en Louisiane, comme le jazz. Le Congo Square de La Nouvelle-Orléans, un lieu emblématique, où se rassemblaient des hommes de couleur libres, des esclaves, autochtones et créoles, pour danser et jouer de la musique notamment, est un témoignage de cette richesse culturelle. Ces musiques sont le fruit d'une fusion unique de rythmes africains, d'harmonies européennes et d'expressions religieuses, reflétant la diversité et la créativité des communautés asservies.

Le Chevalier de Pradel et l'Exploitation des Sucreries
L'histoire de la Louisiane est également parsemée d'autres figures importantes et de développements techniques liés à l'exploitation des richesses coloniales. Le chevalier de Pradel, dont la vie d'un colon français en Louisiane au XVIIIe siècle est relatée d'après sa correspondance et celle de sa famille, illustre le quotidien et les défis de ces entrepreneurs lointains.
Les "Moulins à sucres desdites isles" sont une preuve matérielle de l'importance de cette culture. Des documents comme "La Représentation de l'Isle St Christophe Capitale des Antilles et des combats donnez entre les François et les Anglois" ou "L'Isle de Cayenne occupée par Messieurs de la compagnie des Indes Occidentales" témoignent des enjeux géopolitiques et économiques autour de ces cultures. Des plans géométriques d'établissements, de plantations en cannes et de canaux sur l'habitation de Mr. le Baron de Breteuil à la Grande Rivière de Jérémie, ou encore des illustrations de "L'Art de raffiner le sucre" et des ouvrages comme "De l'exploitation des sucreries" de Poyen Sainte-Marie et Mancel, soulignent l'ingéniosité et l'effort déployés pour optimiser la production sucrière.
Des exemples comme la "Sucrerie : Habitation du s[ieu]r de Prefontaine à Cayenne en 54" montrent l'étendue de ces exploitations et leur rôle dans l'économie coloniale. Par ailleurs, les "Séchoirs à café et à cacao à la Martinique", ou les images d' "Embarquement de régimes de bananes sur un bâteau à Fort-de-France", ainsi que le "Travail en atelier" et le "Stockage avant transport" d'emballages de régimes entiers de bananes aux Antilles, par J. Ammann, révèlent la diversité des cultures et des activités commerciales dans les colonies françaises des Amériques. La "Déclaration… concernant les cafez provenant des plantations et culture de la Martinique et autres isles françoises de l'Amérique y dénommées" de Louis XV, enfin, atteste de la régulation royale de ces productions.
Ces éléments, qu'il s'agisse de la plantation Parlange, du destin des Fournier-Préfontaine, ou des témoignages poignants du Whitney Plantation Museum, sont autant de facettes d'une histoire complexe et multiforme de la Louisiane et des colonies françaises, où le rêve de prospérité s'est souvent confondu avec la réalité brutale de l'esclavage et de la lutte pour la liberté et l'égalité.
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