Le BRF et la Gestion Durable des Pâturages Équins : Un Équilibre Délicat

cheval dans un pâturage boueux

L'hiver, avec ses pluies incessantes et la fonte des neiges, transforme souvent les pâturages en champs de boue, une réalité éprouvante pour les chevaux et leurs propriétaires. Cette situation, source d'inconfort et de stress pour les équidés, peut également entraîner des blessures ou des maladies. Pour les humains, évoluer dans cette boue collante avec des seaux et du foin est une tâche ardue. La surcharge des pâturages, où un trop grand nombre de chevaux piétinent l'herbe sans relâche, est une cause majeure de cette boue, car le sol perd sa capacité à absorber l'eau. Dans les systèmes de "paddock paradise", bien que la surcharge soit intentionnelle, elle pose un problème particulier en hiver.

Pour pallier ce problème, des solutions comme la mise à disposition d'abris peuvent aider, bien que tous les chevaux ne les utilisent pas systématiquement. De plus, les chevaux ayant besoin de brouter environ 16 heures par jour, ils quittent inévitablement l'abri pour se nourrir. Dans un "paddock paradise" ou sur une piste équestre, les chevaux se concentrent toujours sur les mêmes zones, rendant la stabilisation du sol impérative pour prévenir la formation de boue. Créer des zones de confinement durables, comme des aires de paddock ou des allées en gravier, contribue à réduire la boue. Une autre approche consiste à utiliser des copeaux de bois, répartis sur les zones les plus boueuses pour créer une surface plus solide et moins glissante. Le Bois Raméal Fragmenté (BRF), ou bois de paillage, obtenu à partir de branchages broyés, est une option à considérer.

Mélange Copeaux en larges pétales Royabox et Copeaux de bois standards Ecobox 0235905417

Le BRF : Entre Enthousiasme et Réalité du Terrain

Le Bois Raméal Fragmenté (BRF) suscite chez certains de ses défenseurs un enthousiasme presque illimité, frôlant parfois la béatitude. L'idée de simplement mélanger une mince couche de broyats de bois au sol, de laisser le miracle s'accomplir, d'y plonger les mains et de sentir la vie grouiller, est séduisante. Pourtant, la pratique du BRF n'est pas toujours aussi idyllique. Si le sol se transforme sous les arbres fruitiers, si les arbres s'épanouissent, chassent leurs parasites et donnent plus de fruits, et qu'une nouvelle vie s'y développe, à la suite des champignons bénéfiques, ce n'est pas toujours le cas partout.

Sur une partie d'un potager, le mycélium tant attendu n'est jamais venu, et la surface est restée croûtée, nécessitant un paillage supplémentaire. Seules les plantes mises en place après germination en pépinière y ont survécu. Il est indéniable que le BRF peut faire des merveilles dans certaines situations, peut-être même dans la plupart. Mais il peut aussi, dans certains cas, échouer lamentablement. Cette technique soulève également d'autres objections importantes qu'il convient de prendre en compte, notamment la question de la gestion des zones boisées utilisées pour sa production.

Les Défis et les Risques de l'Utilisation du BRF

L'utilisation du BRF, bien que prometteuse, est confrontée à plusieurs défis et risques qui méritent une attention particulière. La question des limites de l'utilisation des ressources et des moyens de les accroître, ainsi que les risques encourus, est primordiale. Si le BRF devient une incitation à planter des arbres et des haies, c'est un excellent résultat. En revanche, s'il se transforme en un prétexte pour piller les surfaces boisées existantes, cela représente une catastrophe écologique.

Une objection soulevée par des arboriculteurs concerne le transit de certains parasites par le BRF, pouvant contaminer les arbres. C'est un point crucial à considérer, notamment dans les vergers où la santé des arbres est primordiale. À l'inverse, l'utilisation du BRF en grandes cultures semble plus délicate et incompatible a priori avec le labour. Cependant, la question de sa compatibilité avec des techniques de semis direct reste ouverte et pourrait offrir des perspectives intéressantes.

Les essences utilisables ou non, et les méthodes à appliquer pour les essences non directement utilisables en BRF, constituent un autre aspect important. Il est déjà bien connu que les résineux, par exemple, posent problème dans le cadre d'une utilisation en BRF. Il est recommandé de ne pas dépasser 20% de résineux dans le broyat. De plus, dans les régions méditerranéennes, certaines essences fortement aromatiques semblent également poser des difficultés. La présence continue de racines dans le sol permet de l'aérer en permanence et d'injecter des composés organiques qui nourrissent en continu les micro-organismes.

La question de l'utilisation du BRF en relation avec d'autres sources d'engrais ou amendements est également pertinente. Est-il possible de coupler efficacement d'autres méthodes avec le BRF, en fonction des ressources locales par exemple ? Est-il vraiment viable à long terme de n'utiliser que le BRF ? Un problème potentiel de manque d'azote peut se poser avec le BRF. Il est donc sans doute intéressant de l'utiliser avec des déchets azotés, qui peuvent être des déchets ménagers, des boues d'épuration, des lisiers ou des fumiers.

Enfin, le bilan énergétique est une préoccupation majeure. La question de l'énergie se pose aujourd'hui de manière inquiétante, et certains indices suggèrent que ce problème pourrait s'aggraver rapidement. Les broyeurs, le plus souvent nécessaires à la production de BRF, consomment de l'énergie. Inversement, le BRF assure une économie d'énergie s'il permet de supprimer certains travaux des sols fortement consommateurs de pétrole, une réduction de la taille des machines utilisées, une diminution des intrants d'origine fossile et une relocalisation de la production. C'est un équilibre complexe à trouver.

Expérience Concrète avec le BRF : Les Déboires de la "Technique Sylvagraire"

Il y a un peu plus d'un an, Denis avait questionné sur l'application de BRF en suivant la "technique sylvagraire", développée par les Québécois et vulgarisée en France par Jacky Dupéty. Malgré un certain scepticisme sur cette approche, il a choisi de la suivre. Il a récemment partagé son expérience et ses déboires.

Courant novembre, avec le tracteur, Denis a passé en croisé le cultivateur pour casser la prairie, obtenant un sol bien aéré et souple, travaillé alors qu'il était bien séché. Ensuite, il a épandu manuellement du maërl et repassé le cultivateur pour le mélanger un peu à la terre. Fin décembre, il a épandu le BRF sur une couche irrégulière, épaisse en moyenne d'environ 5 cm. Fin avril - début mai, voulant procéder aux semis et plantations, il a découvert sous le BRF un sol tassé, complètement asphyxié, qui sentait même la vase.

sol compacté et asphyxié sous une couche de BRF

Pour décompacter ce sol, Denis a choisi la grelinette, évitant le motoculteur afin de sauver les quelques vers de terre présents. L'hiver, le printemps et l'été ont été particulièrement secs cette année-là. Par exemple, il n'y a pas eu de sortie de champignons sur le BRF, ils ont commencé à apparaître seulement depuis la fin octobre. Cependant, en bordure de parcelle, le BRF n'avait pas été arrêté de façon bien rectiligne, formant des sortes de "langues" selon les godets. Lorsque Denis passait la grelinette, dès qu'il attaquait une partie sans BRF, il retrouvait un sol normal, alors qu'il avait été tassé de la même façon par le tracteur.

Cet automne, Denis a mis un couvert végétal (mélange de seigle, vesce, phacélie) sur une partie du jardin après les récoltes de pommes de terre et haricots. Celui-ci a été semé le 23 octobre après avoir passé le cultivateur. Des conditions plus ou moins anaérobies se sont ainsi mises en place, expliquant cette odeur de vase et les piètres résultats des cultures implantées sur la parcelle. L'implantation d'un couvert hivernal est une bonne solution : la présence continue de racines dans le sol permet de l'aérer en permanence et d'injecter des composés organiques qui nourrissent en continu les micro-organismes. La levée du semis de phacélie, vesce, seigle a été observée le 13 novembre.

Cette expérience souligne l'importance des conditions climatiques et de l'état initial du sol pour le succès de l'application du BRF. Un sol déjà tassé et des conditions sèches ne favorisent pas le développement des micro-organismes bénéfiques et peuvent conduire à une dégradation du sol plutôt qu'à une amélioration.

Le BRF pour Stabiliser les Zones Boueuses : Une Solution Temporaire ?

L'idée d'utiliser le Bois Raméal Fragmenté (BRF) pour stabiliser les zones boueuses, notamment autour des abris ou des entrées de champ pour les chevaux, est une proposition qui a suscité l'intérêt et le débat. Une vidéo mentionne cette possibilité, mais la réalité de sa durabilité et de son efficacité à long terme est discutée.

Le BRF, étant de la matière organique, finit par se décomposer et redevenir de l'humus et de la terre. Dans un potager, sa décomposition est relativement rapide. Cependant, pour stabiliser des zones soumises au piétinement intense des chevaux, la question de sa persistance est cruciale. Une durée de vie de deux ans est déjà considérée comme "pas mal", surtout si cela permet de passer un hiver sans boue excessive.

Le coût est également un facteur déterminant. Des expériences ont montré que 4 à 5 m³ de BRF pouvaient être livrés pour environ 60 euros par un élagueur local, ou obtenus auprès des communes lors de l'élagage de leurs arbres. Cependant, pour stabiliser une zone boueuse soumise au piétinement des chevaux, il faudrait une quantité bien plus importante, à moins de ne stabiliser qu'une surface très restreinte.

Pour des zones fortement sollicitées, d'autres solutions comme la grave ou le tout-venant sont souvent considérées comme plus rentables et efficaces à long terme, car plus durables. Cependant, le budget pour ces matériaux est souvent plus élevé et nécessite d'être sûr de leur efficacité.

zone stabilisée avec du BRF dans un pré

Une interlocutrice a tenté l'expérience sans terrassement préalable sur un terrain argileux, en utilisant du caillou gris. Bien que l'idée de ne pas terrasser soit attrayante, la durabilité sur un terrain argileux, qui retient fortement l'eau, est une préoccupation légitime. Des retours d'expériences datant de 2008 indiquent que cela peut fonctionner, mais nécessite des recharges régulières de cailloux, surtout si les chevaux ramènent de la boue des prés voisins. Le coût du transport des cailloux est souvent le plus élevé, il est donc conseillé de se renseigner sur les ressources locales.

Concernant l'épaisseur du BRF ou des cailloux, les avis divergent. Pour une stabilisation d'abri ou d'entrée de champ, une entreprise spécialisée dans les sols équestres en mulch conseille une épaisseur de 25 cm, sans géotextile, soit 1 m³ pour 4 m². Des plaques de peuplier en Big Bag (environ 1,2 m³) sont proposées pour 50 € TTC plus frais de port. Pour 16 m², il faudrait environ 4 m³, soit 4 Big Bags, ce qui représente un devis d'environ 350 € livré mais non étalé. L'étalage manuel du BRF est jugé moins fatigant que celui de la caillasse.

Le choix des essences de bois est également important. Les sites de paysagistes qui réalisent des pistes parlent souvent de buis, car il se décompose très lentement. Les résineux sont généralement à éviter en trop grande proportion (pas plus de 20%), car ils pourrissent rapidement et acidifient les sols. Il est donc préférable d'utiliser du bois vieux et très dur, comme le buis, l'épine noire, le chêne, ou les fruitiers.

Des tests sont en cours avec différentes essences et épaisseurs. Certains propriétaires ont étalé environ 20 cm d'épaisseur sur une vingtaine de m², trouvant le résultat "moelleux et tout". D'autres observent que les chevaux trouvent cela si confortable qu'ils y font leurs crottins, nécessitant un nettoyage quotidien. La question de savoir si les chevaux grattent le BRF, risquant de faire remonter la terre et de créer un "gros marasme", est également soulevée. Initialement, certains chevaux ont gratté pendant une courte période, puis se sont habitués. La solution de BRF ou de copeaux pour stabiliser les zones boueuses semble prometteuse à court terme et pour le confort des animaux, mais sa durabilité et les besoins en réapprovisionnement doivent être pris en compte.

Gestion Durable des Pâturages pour la Santé du Cheval et de l'Environnement

cheval broutant dans un pré luxuriant et bien entretenu

Avoir un cheval, surtout s'il vit au pré, implique la nécessité de veiller à la bonne santé de son environnement. Une gestion durable des prés et pâturages est donc essentielle. La prairie est la principale source de nourriture du cheval, et pour qu'elle puisse le faire durablement, la présence du cheval doit s'intégrer à l'écosystème comme un facteur d'enrichissement et non de dégradation. Il est impératif de prendre en compte l'impact du cheval sur l'environnement.

La manière de soigner le cheval est le premier aspect à contrôler. Les aliments, compléments alimentaires, produits de soin ou médicaments finissent inévitablement dans les urines, les crottins ou même la transpiration et les mucosités, pour finalement se retrouver dans le sol. Qu'ils soient directement éliminés ou par le biais de l'épandage du fumier, ces substances ont un impact.

Prenons l'exemple des vermifuges chimiques, en particulier ceux contenant de l'ivermectine. Administrés au cheval, ils sont éliminés dans les crottins et tuent massivement les insectes coprophages, comme les bousiers, qui y vivent. Ces insectes sont cruciaux car ils fragmentent les crottins et les enfouissent dans le sol. L'utilisation de ces produits entraîne la mort de dizaines de milliers de bousiers à chaque vermifugation. La conséquence directe est que les crottins ne sont plus décomposés et restent sécher en surface, au lieu d'être réintégrés au sol comme un engrais naturel. Cela conduit à des zones de refus de plus en plus étendues dans le pâturage, et les crottins peuvent rester des années en surface. De plus, l'ivermectine peut être toxique pour d'autres animaux, comme les chiens, en particulier certaines races sensibles.

Les vermifuges ne sont pas les seuls produits problématiques. Les antibiotiques, par exemple, sont dangereux pour le microbiote intestinal du cheval. Une fois éliminés de l'organisme, ils favorisent la résistance des bactéries en raison de leur présence constante dans l'environnement, rendant certaines maladies bactériennes de plus en plus difficiles à soigner. L'administration d'antibiotiques doit être mûrement réfléchie et réservée aux infections bactériennes avérées. Non seulement les antibiotiques endommagent les flores du cheval, mais ils affectent également celles du sol, qui est censé grouiller de micro-organismes prenant le relais des bousiers. Ces micro-organismes digèrent les matières fécales et autres déchets végétaux ou animaux, rendant les éléments assimilables par les plantes et les herbivores. Ils sont essentiels à l'alimentation minérale des plantes.

Aujourd'hui, les sols sont de moins en moins riches en micro-organismes, ce qui les rend plus pauvres et moins capables de retenir l'eau. Si un cheval patauge dans la boue tout l'hiver, c'est que le sol contient très peu d'humus, ne laissant que les sables, limons et argiles qui forment la boue. Le sol de la prairie subit ainsi les conséquences de la pollution de l'environnement, devenant pauvre et affaibli.

Une autre problématique saisonnière est l'utilisation d'insecticides. Bien qu'ils soulagent le cheval des mouches, taons, moustiques ou tiques, il est crucial de considérer que la majorité de ces produits ou systèmes de pièges tuent également les abeilles, essentielles à la pollinisation. Que le produit soit chimique ou naturel, il peut être nocif pour l'environnement.

La première mesure pour maintenir la bonne santé d'une pâture est donc de prêter une grande attention aux produits utilisés pour soigner le cheval. Il faut privilégier autant que possible les produits naturels et ne traiter que si c'est absolument nécessaire et que le cheval ne peut se défendre seul. L'utilisation de Micro-organismes Efficaces (EM) est une option à considérer.

Au-delà des soins, la préservation de la santé d'un pré passe par une gestion attentive. La façon dont il est géré conditionne l'état de son sol et de sa végétation. Chaque choix doit être fait en considérant le bien-être des chevaux ainsi que le respect de la faune et de la flore sauvages. Cela va bien au-delà d'un simple concept écologique. La biodiversité de la flore, par exemple, garantit au cheval des apports variés et lui offre la possibilité de réguler lui-même certains petits troubles de santé grâce à des plantes sauvages dont il acquiert la connaissance. La présence d'arbres et d'arbustes fournit une source de nourriture vivante en hiver, et la dureté des branches et écorces aide à l'usure naturelle des dents, réduisant ainsi les frais de dentisterie. Les oiseaux, quant à eux, peuvent dévorer les insectes nuisibles pendant la belle saison.

Pour cela, il convient d'éviter au maximum le surpâturage. L'idéal est de le limiter à une parcelle réservée aux moments où le foin est distribué, c'est-à-dire en hiver ou au printemps lorsque l'herbe est trop riche. Le surpâturage épuise et compacte le sol, entraînant la disparition du couvert végétal qui protège la terre et ses micro-organismes, et parfois même l'arrachement des racines. Le terrain devient alors très boueux sous la pluie et rapidement desséché sous le soleil.

Pour éviter cela, il est idéal de disposer d'un espace adapté au nombre de chevaux. Des rotations très régulières entre plusieurs petites parcelles distinctes sont conseillées, en déplaçant les chevaux avant qu'ils n'aient tout brouté. Une fois la parcelle consommée, il est bénéfique de faucher les refus et de disperser les crottins, qui enrichiront le sol et créeront de l'humus. Si le sol est pauvre en micro-organismes, on peut pulvériser des solutions pour redonner vie à son microbiote. Des prairies ainsi préservées et entretenues embelliront au fil des années. Plus le sol se portera bien, plus la biodiversité augmentera.

Pour favoriser le développement de cette flore, on peut semer des mélanges de graines de prairie naturelles adaptées à la région. Il est également important de laisser le pré monter en graines avant d'y introduire les chevaux, ce qui permet à la flore de se ressemer d'une année sur l'autre. Les abeilles, et les chevaux, bénéficieront d'une alimentation plus variée et moins riche en sucres que les prairies habituelles. Quant aux oiseaux et autres petits animaux, leur présence est indispensable à l'équilibre de l'écosystème du pré. Il faut leur laisser un maximum de possibilités d'habitats en maintenant des haies, des bosquets, des zones de friche et des bordures de ruisseaux non aménagées. On peut également aider les oiseaux en laissant pousser une parcelle trop petite pour les chevaux ou en leur mettant des mangeoires à disposition en hiver. Penser aussi à faciliter la nidification des hirondelles en leur laissant un accès aux bâtiments abritant le foin.

Enfin, respecter le sol d'une prairie, c'est aussi l'aménager le moins possible et, si nécessaire, choisir des matériaux respectueux de l'environnement. Les géotextiles et les dalles de plastique sont des sources de pollution à éviter, car ils sont loin d'être biodégradables. Pour les zones stabilisées, il est préférable d'utiliser des pierres et du sable plutôt que des dalles en béton. Ces zones peuvent être limitées au maximum par un aménagement intelligent des prés. Le Bois Raméal Fragmenté (BRF) est une alternative intéressante.

tas de BRF prêt à être utilisé dans un pâturage

Les copeaux de bois peuvent être obtenus à partir des branches d'arbres coupées lors de l'entretien courant de la parcelle, d'une zone boisée ou du jardin, ce qui évite de les brûler. Par exemple, après des orages printaniers ayant fait tomber des arbres, le gros bois peut être utilisé pour le chauffage, les branches pour la consommation des chevaux, et le reste transformé en BRF pour stabiliser une zone de nourrissage. Cela permet de donner un sens à ces catastrophes naturelles en utilisant l'entièreté des arbres tombés, tout en réalisant des économies pour la stabilisation des espaces.

Gérer des prés implique une responsabilité envers la faune et la flore qui les peuplent. Si cet écosystème est bien entretenu, les propriétaires et leurs chevaux en sont les grands gagnants sur le long terme, car le terrain est valorisé chaque année, nourrissant mieux les chevaux et leur offrant un environnement plus agréable à vivre.

Principes Clés pour une Pâture Saine et Durable

Pour maintenir une pâture saine et durable pour les chevaux, plusieurs principes clés doivent être mis en œuvre. Ces pratiques visent à optimiser la santé de la végétation et du sol, tout en respectant l'éthologie des équidés.

méthode de rotation des pâturages avec des chevaux

  • Temps de Repos de la Plante : Il est fondamental de laisser un temps de repos suffisant à la plante entre deux pâturages. Cette période permet à l'herbe de se reconstituer et de stocker les réserves nécessaires à sa croissance future. Sans ce repos, la plante s'épuise, ce qui affaiblit le couvert végétal et le sol.

  • Éviter le Surpâturage : Ne jamais pâturer en dessous de 5 cm de hauteur est une règle d'or pour prévenir le surpâturage. Plus la plante est broutée ras, plus elle est stressée et plus il lui est difficile de se reconstituer. Le surpâturage est une des causes majeures de la dégradation des prairies. La photosynthèse, processus vital pour la plante, se produit principalement à travers les feuilles. Moins de feuilles signifie moins d'énergie pour la plante. Les racines utilisent cette énergie pour leur croissance. Une surface foliaire réduite entraîne une réduction de la masse racinaire, ce qui diminue la capacité de la plante à capter l'eau et les éléments minéraux du sol.

  • Espace Sacrifié pour l'Hiver : Prévoir un espace "sacrifié" pour l'hiver est une stratégie efficace. Selon la surface disponible et le nombre de chevaux, plusieurs options peuvent être envisagées. Pour les petites surfaces, il est conseillé d'allouer soit un paddock stabilisé (ou non), soit des pistes dans un fonctionnement de type "paddock paradise", afin de ne pas "perdre" trop de surface d'herbe pour la belle saison à venir. Pour un confort accru des chevaux, une stabilisation progressive de cet espace peut être intéressante. Pour les surfaces de plus grande taille, un herbage spécifique peut être réservé pour l'hiver afin de limiter le piétinement excessif sur le reste de la pâture. Dans tous les cas, les chevaux devront être complémentés en foin durant cette période.

  • Broyage des Refus et Hersage : Le recours au broyage des refus (deux fois par an est une bonne moyenne) est bénéfique. Cela permet de fragmenter les végétaux non consommés par les chevaux et de les réintégrer au sol, enrichissant ainsi la matière organique. Le hersage de la prairie, si nécessaire, contribue à aérer le sol, favorisant l'infiltration de l'eau et l'activité des micro-organismes.

  • Utilisation de Micro-organismes Efficaces (EMA) : Le recours à des micro-organismes efficaces (EMA) a généralement des effets très positifs sur la pâture. Ces micro-organismes améliorent la structure du sol, décomposent la matière organique, augmentent la disponibilité des nutriments pour les plantes et renforcent la résilience de l'écosystème face aux stress environnementaux. Ils contribuent à restaurer un microbiote sain dans le sol, essentiel à sa fertilité et à sa capacité de rétention d'eau.

Ces pratiques, combinées à une réflexion éthologique sur les besoins du cheval, constituent le fondement d'une gestion durable des pâturages, bénéfique à la fois pour les équidés et pour l'environnement.

tags: #chevaux #et #prairie #brf