Le chèvrefeuille, avec ses tiges ligneuses, fait partie des grimpantes volubiles, aux fleurs parfumées, mellifères, nectarifères, qui attirent les pollinisateurs. Habillant parfaitement les murs et treillages de ses belles fleurs colorées et de ses tiges volubiles, le chèvrefeuille est un doux plaisir pour les sens. Son parfum subtil est enchanteur pour quiconque se trouve à proximité lors de la floraison. Le chèvrefeuille présente également l’avantage de s’adapter à tous les climats, sans nécessiter d’entretien trop important. Toutefois, face à une plante abîmée, on a souvent tendance à baisser les bras ! Un excès d’eau ? De sécheresse ? Un coup de froid ? Mais avant de la composter, il est peut-être encore temps de la sauver avec quelques gestes simples.

Diagnostic : Comprendre pourquoi votre chèvrefeuille décline
Le chèvrefeuille est une plante grimpante et vivace très robuste appartenant à la famille des Caprifoliacées, de genre Lonicera, provenant d’Europe ou d’Asie. Mais curieusement, on s'interroge sur la nécessité, voire l'urgence de le tailler, qu'une fois qu'il a pris trop d'ampleur et qu'il commence vraiment à nous encombrer. Si votre plante est abîmée en raison d’un manque d’arrosage, alors il ne faudra pas hésiter à lui donner le bain ! Pour cela, remplissez une bassine d’eau à température ambiante avant d’y plonger le pot. Ensuite, brumisez le feuillage et laissez-la reprendre des forces. L’astuce ? Lorsqu’il n’y a plus aucune bulle d’air qui se forme à la surface, alors elle est correctement réhydratée.
En revanche, si votre plante est abîmée en raison d’un excès d’arrosage, alors il faudra la rempoter dans une terre sèche. Si tu as trop arrosé, et que les racines ont pourri, elles ne peuvent plus déshaltérer la plante qui meurt. Pour cela, tapotez sur les bords du pot pour désolidariser les racines avant de faire sortir votre plante délicatement. Ensuite, laissez-la sécher quelques heures avant de la rempoter. Une plante abîmée se repère également à une croissance lente ou à des feuilles décolorées. Dans ces cas-là, vous pourrez utiliser de l’engrais ou des fertilisants. Très riches en nutriments, ils redonnent un petit coup de boost pour préparer une période de croissance ou de floraison.
L'importance cruciale de la taille et de l'entretien
Une plante peut également s’abîmer en raison d’un manque de taille. Au fur et à mesure de sa croissance, elle va accumuler des tiges et du bois mort qui épuisent ses ressources inutilement. Voilà pourquoi, il est absolument nécessaire de procéder à une taille d’entretien une fois par an. Avant de vous lancer dans la taille du chèvrefeuille, préparez vos outils, il vous faudra un sécateur et/ou une cisaille selon l’ampleur qu'il a prise et l'importance de la végétation à couper. Prenez soin de parfaitement nettoyer et désinfecter ces outils pour ne pas risquer de propager des maladies et parasites, d'un arbuste à l'autre.
Commencez par tailler les tiges mortes, abîmées, malades, entrecroisées ou tournées vers l'intérieur, afin d'aérer la charpente. Et supprimez à la base certaines tiges très anciennes trop dégarnies. Pour restaurer ou rajeunir un chèvrefeuille grimpant dont les tiges se sont nettement dénudées à la base, il suffit de les tailler sévèrement à 60cm de la base en ne conservant que 7 ou 8 branches. Coupez toutes les autres à la base. Le chèvrefeuille va rapidement faire naitre de nouvelles tiges, mais il ne fleurira pas la première année. Certains optent pour une restauration par paliers en taillant, chaque année, une tige sur 3 parmi les plus anciennes, durant 3 ans.
Chèvrefeuille
Prévenir les maladies et optimiser la vigueur
Le chèvrefeuille n’aime ni l’ombre totale ni le plein soleil. L’exposition idéale du chèvrefeuille correspond à une lumière tamisée ou un soleil partiel. Les racines doivent rester fraîches et ombragées, tandis que les tiges et les fleurs bénéficient de quelques heures de soleil par jour. Comme bon nombre de végétaux, le chèvrefeuille aussi a ses ennemis. Le ravageur le plus fréquent du chèvrefeuille est le puceron. Généralement, les coccinelles devraient en venir à bout. Si ce n’est pas le cas, pulvérisez un mélange d’eau et de savon noir (10%) durant trois jours.
L’oïdium est la maladie la plus courante. Elle apparaît surtout lorsque l’exposition du chèvrefeuille est trop ensoleillée ou lorsque l’air circule mal. Le principal symptôme est la formation d’une couche blanchâtre sur les feuilles. La maladie se propage par dissémination, il est donc important d’agir vite soit en éliminant et en se débarrassant des branches atteintes, soit en pulvérisant une solution à base de bicarbonate de soude et de savon de Marseille sur les feuilles. L’application de la bouillie bordelaise à titre préventif est recommandée en automne (après la chute des fleurs) ou au printemps (au moment où apparaissent les bourgeons).
Spécificités de culture : Grimpantes vs Arbustives
Il existe deux grandes catégories de chèvrefeuille adaptées aux jardins français : les variétés grimpantes et les variétés arbustives. Le chèvrefeuille grimpant est le plus répandu, il peut être caduque ou persistant. Les variétés caduques offrent généralement une floraison plus généreuse, mais qui tombe en hiver. Ces variétés sont idéales pour habiller un mur, une pergola, une clôture ou un treillage. Elles ont besoin d’un support solide pour s’enrouler naturellement.
Le chèvrefeuille arbustif peut être caduque ou persistant. Ces chèvrefeuilles supportent bien la taille régulière, mais une taille trop fréquente limite la floraison. Pour les chèvrefeuilles arbustifs à feuillage persistant, comme le chèvrefeuille à feuille de buis (Lonicera nitida), ils se taillent comme les buis, à la cisaille, souvent en haie ou selon l'art topiaire. Mieux vaut intervenir plusieurs fois par an, assez légèrement à chaque fois.

Les principes fondamentaux pour une croissance saine
Le chèvrefeuille s’épanouit sous tous les climats en France, bien qu’un climat tempéré soit l’idéal. Il apprécie les sols bien drainés et peu calcaires ainsi qu’une exposition au soleil ou à mi-ombre, notamment pour son pied dans ce dernier cas. Attention toutefois au soleil brûlant qu’il pourrait craindre. La plantation du chèvrefeuille peut se faire en pleine terre ou en pot. Il est préférable de le planter en automne ou au printemps, lorsque les fortes chaleurs et le gel sont exclus.
Les chèvrefeuilles grimpants pourront être tuteurés afin de faciliter leur ascension et leur enroulement autour du support. De même, n’hésitez pas à guider les rameaux lors de leur progression sur celui-ci. Le chèvrefeuille en pot sera rempoté chaque année au printemps ou à l’automne dans un contenant de diamètre supérieur, avec un mélange de terreau et terre de jardin. Si le rempotage est compliqué, procédez à un surfaçage. Après la plantation, il faut arroser peu, mais régulièrement et durant toute la phase de croissance. Vous devrez stopper totalement d’arroser en hiver, sauf si la saison est sèche. Au-delà de la deuxième année, il ne sera plus nécessaire d’arroser le chèvrefeuille en pleine terre sauf durant les périodes de sécheresse.
La patience, maître mot du jardinier
Une fois que vous aurez effectué toutes ces étapes, il ne vous reste plus qu’il plus qu’à attendre que votre plante abîmée se remette sur pied ! Or, la nature a son propre tempo et parfois, cela peut prendre du temps ! Voilà pourquoi, il ne faut jamais se décourager, même au bout de plusieurs jours. Une plante capable de repartir montrera quelques signes encourageants comme la présence de bourgeons et de feuilles vertes. Il en va de même pour les tiges qui doivent rester souples et pliables. N'espère pas beaucoup la première année (ou plante des annuelles à croissance rapide pour boucher les trous). La seconde, ça s'installe. La troisième, ça commence à pousser. Le chèvrefeuille est le refuge préféré des oiseaux et de différents insectes dont les papillons. En jouant sur les variétés, en les distribuant judicieusement, vous pourrez disposer d’un jardin fleuri toute l’année. Le tout, c'est de commencer et d'enchaîner dans la foulée sans t'attarder sur ce que tu as planté la veille. À l'arrivée, ce qui t'attend, c'est surprise sur surprise, des bonnes et des moins bonnes mais surtout des bonnes. Pour les moins bonnes, le meilleur remède est de "regarder ailleurs" (vers les bonnes).