L'univers fascinant des disciplines et des artistes du cirque

Le cirque, cet art ancestral en constante évolution, se déploie à travers une multitude de disciplines qui défient la gravité, la logique et les limites du corps humain. Du grec "acrobatein", qui se déplace sur les extrémités, la pointe des pieds ou les mains, l'acrobatie est le vocabulaire commun à de nombreuses disciplines, désignant une personne dont l’agilité, la force et la souplesse sont artistiquement mises en valeur. Qu'il s'agisse de virtuosité physique, de prise de risque ou d'exploit, chaque numéro révèle des années de discipline et de dévouement. Plongeons dans cet univers riche et varié, où l'esthétique du corps acrobatique se mêle à l'ingéniosité des agrès et à la créativité des artistes.

Les maîtres de l'agilité et de la force : l'acrobatie au sol et ses variantes

L'acrobatie au sol constitue la discipline ancestrale de force et d’adresse fondatrice des arts du cirque. Elle consiste à exécuter des sauts, des équilibres et des figures de contorsions directement sur la piste. De l'Antiquité, des funambules se produisaient déjà en Grèce ou à Rome, illustrant les origines lointaines de ces prouesses physiques.

Acrobates au sol réalisant des figures complexes

Parmi les formes les plus rigoureuses de cette discipline, le Main à main est présenté par deux ou plusieurs acrobates au sol. Le·la porteur·euse exerce avec le·la voltigeur·euse des figures de force, d’équilibre, d’élévation et de souplesse par des portées sur les mains ou encore sur la tête. Il se décline en deux catégories principales :

  • Le Main à main dynamique fait appel à un espace scénique beaucoup plus grand et à un rythme plus rapide. Le·la porteur·euse propulse la personne voltigeuse d’une poussée de bras, lui permettant d’accomplir différents sauts acrobatiques pour arriver soit sur les épaules de son partenaire, d’un·e autre porteur·euse ou encore au sol. Des acrobaties individuelles synchronisées ou non sont souvent ajoutées au numéro. La confiance est primordiale, comme le soulignent Téo et Victor de l'École nationale de cirque de Montréal, pour qui le travail acharné et l'écoute mutuelle sont essentiels à l'acquisition de cette confiance.
  • Le Main à main statique s’exerce souvent sur un espace réduit, car le·la porteur·euse et la personne voltigeuse exécutent seulement des figures de force et d’équilibre qui ne demandent aucun déplacement majeur.

La chaise acrobatique, rectiligne et robuste, permet à l’acrobate d’accomplir diverses figures d’équilibres et d’acrobaties au sol, utilisée seule ou en empilant plusieurs.

Les cascades, figures ou enchaînements d’acrobatie évoquant une chute, sont porteuses d’une certaine notion de péril, surtout lorsque plusieurs acrobates se croisent ou se superposent. Elles peuvent constituer un argument comique, se renforçant avec l’influence des minstrels venus d’Amérique du Nord. Les enchaînements rapides de chutes désordonnées, plus ou moins violents, sont rebaptisés knockabout et annoncent le slapstick du cinéma burlesque. Par extension, une cascade peut désigner une activité spectaculaire présentant des risques vitaux comme les différentes Roues ou Sphères de la mort. Les cascadeurs sont des acrobates interprétant la comédie acrobatique.

Le Trampoline, discipline issue de la gymnastique et apparue au début du XXe siècle dans les spectacles de cirque, est constitué d’une toile élastique de grandeur variable tendue par des ressorts sur un cadre sur pieds. Les acrobates y exécutent des figures et des sauts acrobatiques impressionnants. L'image de 1599 montrant un homme sautant à travers dix cerceaux sur un tremplin primitif illustre les origines anciennes de l'utilisation d'éléments propulseurs pour les sauts.

La Bascule, sorte de grande planche matelassée à ses deux extrémités, pivotant sur un socle, sert de catapulte. Le voltigeur se tient sur le bord de la bascule touchant le sol, et son partenaire, le tapeur ou frappeur, juché sur un piédestal, saute sur la partie haute de la planche, propulsant le voltigeur dans les airs. C'est un numéro collectif où les voltigeur·euse·s sont propulsé·e·s pour effectuer des sauts acrobatiques, atterrissant sur un tapis, en colonne sur les épaules d’un·e porteur·euse ou encore sur une perche à la chaise.

Les Boîtes égyptiennes sont des blocs en bois que l’on empile les uns sur les autres pour présenter des exercices d’équilibre sur les mains.

Le Charivari, numéro d’entrée à caractère acrobatique, réunit soit tous les clowns, soit toute la troupe du cirque, et peut également être un final acrobatique à la batoude présenté par les artistes. La batoude, mot venant de l’italien Battuta (appel du pied), est un grand tremplin installé pour le charivari. On parle de « petite batoude » ou de « grande batoude » suivant la longueur de la planche.

L'envol et la grâce : les disciplines aériennes

L’acrobatie aérienne désigne l’ensemble des disciplines nécessitant l’accrochage d’un appareil en hauteur. À la différence des funambules et des sauteur·euse·s, les acrobates aérien·ne·s utilisent la force de leurs bras et de leurs mains pour soulever ou déplacer leurs propres corps ou celui de leurs partenaires. En acrobatie aérienne, les porteur·euse·s ou les voltigeur·euse·s travaillent au fixe, en ballant ou en volant. L'origine de l'acrobatie aérienne se trouve probablement dans la pratique des danseur·euse·s de corde des foires médiévales.

Artiste de cirque réalisant une figure de sangles aériennes

Le Trapèze est l'une des disciplines aériennes les plus emblématiques. Il apparut dans les spectacles de cirque en Italie vers 1850.

  • Le Trapèze fixe est simplement constitué d’une barre (souvent métallique) accrochée à deux cordes assez rigides. L'acrobate exécute des figures et acrobaties sans utiliser le mouvement de ballant du trapèze. La barre est large et équilibrée de deux contrepoids, et son milieu est souvent évidé ou possède une pièce en métal ronde (un rond ou une assiette) pour réaliser des équilibres de tête.
  • Le Trapèze ballant implique un mouvement donné à l'agrès à l’aide d’une corde enroulée autour de la cheville de l’acrobate, sous l’impulsion d’un partenaire, relayée ensuite par une prise d’élan énergique. Le grand ballant est le balancement de l'agrès sur toute sa course.
  • Le Trapèze volant est généralement constitué de deux (ou plus) trapèzes de type ballant et de deux plateformes hautes sur lesquelles se tiennent les artistes en position de départ. Il trouve ses origines en 1859 avec Jules Léotard. Il existe de nombreuses variations, souvent avec deux artistes, l’un devant attraper l’autre et le porter. La performance des Osler del Cane au double trapèze volant illustre cette impression de voler. Un volant est un autre nom pour désigner un trapéziste.

Le Cerceau aérien est un agrès circulaire en métal de diamètre variable accroché par un ou deux points, dans lequel l’acrobate effectue des mouvements acrobatiques. Il peut être fixe ou ballant, utilisé en hauteur ou à proximité du sol. Le Trapèze danse est une discipline dérivée du Cerceau aérien utilisant un trapèze simple accroché en un seul point, où l'acrobate effectue des mouvements chorégraphiés et acrobatiques.

Les Sangles aériennes, spécialité d’acrobatie aérienne d’origine asiatique, sont constituées de deux lanières parallèles de plusieurs mètres. L’acrobate s’enroule et se déroule avec ses poignets et bras afin d’exercer des montées ou des descentes tout en accomplissant des figures et acrobaties de grande force. Tuedon, l'artiste interviewée, témoigne de la concentration et de la préparation physique nécessaires à cette discipline.

Le Tissu aérien, discipline inventée par Gérard Fasoli, est composé d’un grand tissu plié en deux afin de constituer deux pans suspendus verticalement en un point d’accroche, où s’enroule et se contorsionne l’acrobate pour exécuter différentes clés et figures acrobatiques.

La Corde lisse, agrès aérien composé d’une corde de coton toronnée ou tressée, disposée à la verticale, permet à l’acrobate d’exécuter différentes clés et figures acrobatiques. Le bras-roulé est un mouvement acrobatique qui se pratique à la corde lisse.

La Corde souple, corde détendue fixée en ses deux extrêmes afin de former une balançoire d’environ 6 mètres de long, permet à l’acrobate d’enchaîner en ballant des suspensions, tourniquets et autres acrobaties aériennes.

Le Bambou aérien est un agrès suspendu.

Le Mât chinois, agrès d’origine asiatique, est composé d’un ou plusieurs poteaux en métal fixé verticalement au sol (généralement de 3 à 9 mètres de hauteur). Un ou plusieurs acrobates y grimpent pour accomplir différentes figures et sauts acrobatiques. Un dérivé du Mât chinois est le Mât oscillant, composé de la même structure mais suspendu en son sommet à l’aide de câblage.

La Barre portée, communément appelée Barre russe ou barre horizontale élastique, est un agrès pour acrobates aériens. Les Barres regroupent la barre fixe, les barres au sol, les barres circulaires ou les barres aériennes. Elles peuvent être asymétriques, parallèles ou verticales.

Le Cadre aérien est un agrès pour acrobates aériens.

Les danseurs aériens défient la gravité avec des chorégraphies suspendues à des tissus, des cordes ou des harnais.

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L'art de l'équilibre : défier la gravité avec grâce

L'équilibrisme regroupe plusieurs disciplines et techniques au sol, proches du sol ou en hauteur, qui consistent à contrôler, stabiliser ou maintenir immobiles le corps humain ou des objets en position spectaculaire ou originale en jouant avec les lois de la pesanteur. L’équilibre est une qualité fondamentale pour les artistes de cirque. Plus le point de contact avec le sol est réduit et élevé, plus spectaculaire est la prouesse.

Artiste en équilibre sur un monocycle girafe

L’équilibre sur les mains, discipline acrobatique ancestrale remontant à l’Antiquité, demande à l’équilibriste d’exécuter diverses figures et acrobaties en équilibre sur les mains ou la tête, soit au sol, soit sur des appareils de tous genres. Aude, en équilibre sur ses cannes, explique l'importance de la conscience corporelle pour ces mouvements inversés.

Le Fil de fer, agrès composé d’un câble métallique tendu horizontalement entre deux montants (appelés croisés ou parfois X), permet à l’acrobate d’y exécuter une série de figures, d’équilibres, de danses, de sauts et d’acrobaties. Le Fil de fer détendu, ou fil souple, est un câble non tendu, utilisé par les fildeféristes. Un fildefériste est un artiste qui présente un numéro composé d’équilibres, de danses, de sauts et d’acrobaties sur un fil.

Le Monocycle, dérivé de la bicyclette et inventé par l’italien Alessandro Scuri vers 1880, est composé d’une seule roue avec pédalier et selle. L’acrobate y exécute diverses acrobaties, équilibres et sauts. Les monocycles « girafe », avec leur selle très haute, ajoutent une dimension spectaculaire à ces numéros d'équilibre.

Le Rola-rola, inventé par le français Vasque en 1898, consiste à tenir debout en équilibre sur un assemblage instable de planchettes posées sur des rouleaux d’environ 25 cm de diamètre.

La Boule d’équilibre, sphère en bois ou en plastique de diamètre important (allant jusqu’à 1,5 mètre), est utilisée par l’équilibriste qui y évolue tout en effectuant des acrobaties.

L’échelle libre, échelle simple sur laquelle monte l’acrobate, est maintenue en équilibre grâce à un mouvement permanent des hanches, offrant un mouvement latéral perpétuel, pour ainsi effectuer des montées, des équilibres et des acrobaties en son sommet. Elle est aussi appelée échelle du diable, périlleuse ou de la mort.

La Roue Cyr, discipline acrobatique dérivée de la Roue allemande et inventée par le Québécois Daniel Cyr, est composée d’un simple cercle métallique à l’intérieur duquel évolue l’acrobate qui, par sa propre impulsion, s’élance dans des tournoiements incessants tout en exécutant des acrobaties.

L'équilibre à bicyclette permet à l'acrobate d'exécuter des équilibres ou des sauts acrobatiques en utilisant la bicyclette de manière originale ou dénaturée par rapport à sa fonction première.

La manipulation des objets : l'art de la jonglerie

La jonglerie est la discipline reine de la famille des manipulations. Cet art d’adresse et d’agilité, remontant à l’Antiquité, se pratique individuellement ou en groupe. Il consiste à faire voltiger en l’air ou au sol plusieurs accessoires de toutes sortes (anneaux, balles, quilles, etc.) sans les faire tomber, en les relançant au fur et à mesure que le·la ou les jongleur·euse·s les rattrapent. La jonglerie se pratique fréquemment en combiné avec une autre discipline de cirque, tel que le Monocycle, le Fil de fer, le Rola-bola, etc. Santiago, un jongleur, souligne la bonne dose de risque et la combinaison avec d'autres disciplines qu'offre le cirque.

Jongleur faisant tenir des balles en bambou tressé en équilibre

Les météores, ou étoiles filantes, sont des objets utilisés dans la pratique de la jonglerie en Chine. Manipulées par un acrobate qui les fait tournoyer à la force du poignet, deux coupelles transparentes reliées ensemble par une cordelette sont propulsées dans l’air avant d’être rattrapées au terme d’une figure de saut ou de pirouette au sol. La difficulté réside dans l’utilisation de la force centrifuge pour empêcher le liquide (à l'origine de l'huile enflammée, remplacée par une petite ampoule allumée) de jaillir.

La cascade en jonglage est une figure de base où le lancer des balles en jets croisés, vers l’intérieur ou inversé vers l’extérieur, comporte une phase de chute avant la relance.

Le Diabolo, discipline de jonglerie d’origine chinoise dérivée de la toupie, se pratique à l’aide de deux baguettes reliées par un fil tendu où se glisse le ou les diabolos, objets en forme de bobine doublement isocèle, que le·la jongleur·euse fait tourner pour ensuite les propulser dans les airs et leur faire faire différentes trajectoires et virevoltes.

Les accessoires sont les objets utilisés par les artistes au cours de leur numéro. Les clowns emploient plus volontiers ce terme, tandis que les autres artistes préfèrent le mot « matériel » ou l'allemand requisit. La massue est un agrès de jonglerie très répandu, en forme de quille.

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Les arts équestres : l'harmonie entre l'homme et le cheval

Les arts équestres font appel au travail avec un ou plusieurs chevaux : dressage, équitation académique, voltige, etc. Vers la fin du XVIIIe siècle, la démobilisation des cavaliers militaires et la facilité d'acquérir des chevaux rompus aux conditions difficiles des champs de bataille ont favorisé la popularité de l’équitation spectaculaire, contribuant à la naissance du cirque classique.

Voltigeur équestre réalisant des acrobaties sur un cheval au galop

Les cavaliers de cirque sont des artistes qui réalisent des acrobaties sur des chevaux en mouvement. Andrew Ducrow, voltigeur équestre anglais né en 1793, en est un exemple emblématique, capable de faire des figures acrobatiques debout sur son cheval, voire de sauter de l’un à l’autre avec plusieurs chevaux. Andréanne de Cavalia met en avant la profonde complicité et la communication nécessaire avec son partenaire équin.

La voltige est une discipline où les acrobates travaillent debout sur le cheval qui évolue au galop. L'écuyère à panneau ou l'écuyer sont des artistes qui exécutent des exercices équestres (haute-école, voltige, sauts d’obstacles au cirque et tous jeux équestres). Le panneau, large selle plate à ossature rigide, inventé en 1849 par l’écuyer James Morton, permet des assises supplémentaires aux élévations et surtout à la danse sur cheval.

La Poste hongroise est une attraction équestre créée en 1827 par Andrew Ducrow. L’écuyer, debout sur deux chevaux galopant de front, laisse passer entre eux d’autres chevaux dont il attrape et déroule les longues rênes nouées sur leur dos. Il peut conduire 7, 9 ou même 15 chevaux, évoquant ainsi l’attelage complet d’une ancienne « malle poste ».

La Haute École désigne l’art équestre à son plus haut niveau de perfection. Les cavaliers classiques exécutent des figures libres, dirigeant plusieurs chevaux autour de la piste sans rênes.

La Chambrière, long fouet utilisé depuis le centre de la piste par des écuyers, sert à réguler l’allure et la direction des chevaux. La Cravache est un fouet court, à manche en osier tressé, utilisé par les dresseurs de chevaux et les dompteurs de fauves.

Les bannières sont de larges rubans par-dessus lesquels sautent les écuyères. Le cerceau ou ballon, tendu de papier, où sautent les écuyers et écuyères debout sur le cheval, est un accessoire courant.

La présentation en liberté implique au moins un cheval haut sur jambes avec pour partenaire un petit poney ou un cheval miniature comme un falabella.

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L'art du rire : les personnages comiques du cirque

Le clown, issu de la comédie anglaise de l’époque pré-shakespearienne, est devenu dès le XIXe siècle un symbole du cirque. Il était à l’origine un personnage comique de bouffon campagnard, puis est devenu un personnage comique et grotesque dans les spectacles de pantomime et de cirque. L’art clownesque est un travail de jeu dramatique, de mime, de la farce et du burlesque pour réaliser des sketches qui font rire les spectateurs. Le terme de clown est désormais associé à tout ce qui provoque le rire, en piste, sur scène ou dans la rue.

Clown blanc et Auguste

L'Auguste, issu d’august (« idiot » en argot berlinois) et identifié comme tel à partir de 1874, est le partenaire désigné du clown. Il est caractérisé par sa maladresse, porte un nez rouge et des chaussures trop grandes, et est souvent maltraité par le clown blanc. Il peut également assurer la fonction d’auguste de soirée ou de reprise, seul en piste ou en duo avec Monsieur Loyal, dans une parodie destinée à annoncer ou « reprendre » un numéro de manière comique.

Le Clown blanc, avec son visage maquillé de blanc, un chapeau blanc et un costume à paillettes, est généralement celui qui commande et le faire-valoir de l'Auguste. Dans un trio de clowns, le contre-pitre est le personnage comique qui seconde l'Auguste.

L'entrée clownesque est une saynète d’une durée variable jouée par les clowns et les augustes, souvent très simple et développée pour provoquer le rire. Le miroir brisé, La chambre hantée ou Hamlet figurent au répertoire des entrées clownesques les plus célèbres.

Le charivari, parade et sarabande rapide et acrobatique exécutée par une troupe de clowns ou d’acrobates déguisés, a lieu en général à l’ouverture du spectacle.

Les accessoires de clowns incluent des instruments de musique comme la crécelle, petit instrument à percussion composé d’une lame en acier nickelé flexible et de deux boules de buis, les gants siffleurs, paire de gants nantie de sifflets cousus au bout des doigts, et le sifflet à coulisse, long sifflet actionné pour moduler une mélodie simple.

Le chiqué est l'action qui consiste à faire semblant de rater un exercice, afin de souligner sa difficulté.

Les autres figures emblématiques du cirque

Au-delà des disciplines principales, le cirque est peuplé de personnages variés qui contribuent à sa magie et à son fonctionnement.

Monsieur Loyal présentant un numéro de cirque

Monsieur Loyal, nom générique donné à l’ensemble des maîtres de manège, en référence à une longue dynastie de régisseurs de piste (Georges Loyal), a pour rôle de veiller au bon rythme du programme, de présenter le spectacle et, éventuellement, de servir de faire-valoir aux clowns et aux augustes. Il est la figure centrale qui guide le public à travers les différents numéros avec enthousiasme et charisme.

Les contorsionnistes, artistes présentant des exercices d’assouplissement extrêmes de tout le corps, sont capables de le plier complètement en avant et en arrière, voire de déboîter leurs épaules. La pratique de la contorsion peut se diviser en trois catégories : les disloqués arrière (benders), les disloqués avant (posturers), et la désarticulation. Tuedon, bien que spécialisée en sangles aériennes, a été inspirée par une contorsionniste pour sa manière de bouger son corps dans l'espace.

Le dompteur est un artiste présentant des animaux sauvages. La douceur est un style de présentation des fauves, par opposition à la férocité. La Petite cage mobile est utilisée pour le transport des fauves. Le tabouret des fauves est un accessoire de piste en général et le tabouret des fauves en particulier.

Les assistants de piste, ou commis de piste, sont les employés du cirque qui apportent, disposent et débarrassent les petits planchers, les tapis et tout matériel nécessaires aux performances des artistes. Dans le langage du Cabaret équestre Zingaro, ils étaient devenus des « mikos ».

Les artistes du risque incluent les acrobates de la roue de la mort (deux artistes courant et sautant au bout d'une grande roue tournante suspendue dans les airs), les plongeurs de haut vol (sautant de plates-formes très hautes dans de petits bassins d'eau), les tireurs ou archers aveugles (tirant des flèches sur des pommes au-dessus de la tête d'un assistant), ou les experts en fouet qui arrachent des objets de la bouche de leurs compagnons.

La balle humaine est un numéro où un artiste est lancé depuis un gros canon et vole dans les airs jusqu'à une zone d'atterrissage. Le canon n'est pas une véritable arme, mais un dispositif mécanique avec un système de ressorts, de pistons pneumatiques ou d'air comprimé. La sécurité est primordiale, avec un entraînement rigoureux de l'artiste et un équipement de protection.

Les charlatans, personnages hauts en couleur et artistes du monde, étaient des forains professionnels itinérants alliant humour, esprit et persuasion, proposant des élixirs miraculeux et des remèdes impossibles. Le mot bateleur, employé au moins depuis le Moyen Âge et venant de « baste » (tromperie), désignait les escamoteurs utilisant des gobelets. Par extension, il recouvre tous les faiseurs de tours et autres manipulateurs qui exercent leur activité en plein air.

L'échassier est un artiste qui présente des exercices acrobatiques sur échasses.

Le cadre et l'organisation du cirque

Le cirque, c'est aussi un lieu et une organisation bien spécifique.

Vue d'ensemble d'un chapiteau de cirque

Le chapiteau, tente sous laquelle les cirques donnent leurs représentations, est un élément emblématique. Le volume et le montage des chapiteaux varient en fonction du nombre de mâts dressés pour soutenir la toile. Lorsque les mâts sont alignés, il s’agit d’une tente « américaine ». Lorsque les mâts sont disposés en carré, on évoque un montage à « l’allemande ». Le petit chapiteau forain a une toile soutenue par un seul mât central.

Un cirque en dur est un établissement construit de matériaux durables, tel le Cirque d’Hiver de Paris, le plus ancien au monde. Le terme Balagan, nom russe, est utilisé en français pour désigner les théâtres forains, ou par extension, un petit cirque de foire russe d'autrefois.

La piste est l'espace central de la représentation. La banquette, bordure de la piste du cirque, haute d’environ 40 centimètres. La gardine, rideau de velours rouge, sépare la piste des coulisses. Les coulisses sont les parties du cirque, cachées du public, situées derrière la gardine, où les artistes préparent leur entrée en piste. La barrière est composée d’artistes qui, à l’issue de leur numéro, reviennent s’aligner devant le rideau vêtus d’un habit de soirée pour aider à leur tour leurs camarades dans la prestation et l’installation du matériel. Elle est également appelée « service du manège » ou « service de maître ». Le hall est l'espace où les écuyers se mettent en selle avant d’entrer en piste.

Le palc, allitération populaire du mot « place », ainsi que le terme « placarde », désignent le lieu public, la rue. Travailler en palc aujourd'hui se dit d’artistes qui jouent dans un dispositif scénique rond entouré de gradins, mais en plein air.

Un agrès désigne les accessoires nécessaires aux exercices des artistes (corde lisse, tissu aérien, trapèze, mât…). Le mot vient du verbe transitif gréer issu de l’ancien français agreier et de l'ancien scandinave greida, équiper, et est issu du vocabulaire maritime (gréements). Le terme allemand requisit est également utilisé.

Les accroches sont les points d’attache pour les agrès. Les cordes parallèles sont deux longues cordes parallèles verticales, avec un espacement équivalent à la largeur d’un trapèze.

Un numéro est un terme attribué vers les années 1920 aux séquences d’un programme de cirque ou de music-hall. Traditionnellement, le meilleur numéro est présenté avant l’entracte, celui qui nécessite le montage de matériel le plus complexe en début de deuxième partie, et le plus étonnant, en général présenté par un collectif, avant le final.

L'ambulance désigne les artistes dont l’activité nécessite la déambulation : forains, saltimbanques.

Le programme désignait jusqu’au milieu du XXe siècle le défilé final du spectacle, annoncé et accompagné par l’orchestre.

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Le Musée du cirque Alain Frère réunit des milliers d’objets et de documents, autant de trésors qui racontent l’histoire du cirque à travers les âges et les continents.

Cet univers riche et complexe du cirque, avec ses disciplines variées et ses personnages hauts en couleur, continue de fasciner et d'émerveiller.

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