Le citronnier (Citrus limonum), un arbre fruitier apprécié pour son feuillage persistant, ses fleurs parfumées et ses fruits savoureux, est un incontournable dans nos cuisines. Cet arbuste très ornemental, avec son feuillage persistant, vert et brillant, ses fruits aux maturités échelonnées allant du vert au jaune et ses jolies fleurs blanches parfumées, est également très productif lorsqu'on lui apporte les soins nécessaires. Sa culture offre la perspective gratifiante de cuisiner ses propres citrons.

Origine et botanique du citronnier
Le citronnier, également connu sous le nom scientifique Citrus limon, appartient à la famille des Rutacées, qui regroupe les agrumes. L'espèce Citrus limon, le citronnier, nous vient du Cachemire et a été diffusée par les Arabes dans tout le bassin méditerranéen. Originaire de l'Asie du Sud-Est, plus précisément au pied de l'Himalaya, il fut acclimaté en Mésopotamie bien avant l'ère chrétienne. Il a ensuite progressé vers l'Afrique du Nord avec les invasions Arabes. Au Ve siècle de notre ère, Palladius décrivait ses citronniers plantés près de Naples et en Sardaigne. Les Croisés en ramenèrent aussi en Sicile. Pour lutter contre le scorbut, James Cook en emmenait pour ses marins lors des longs voyages transocéaniques autour du monde, et des navigateurs l'introduisirent aux Antilles au XVe siècle, puis en Amérique. Les Anglo-Hollandais l'introduisirent en Afrique du Sud en 1654. Le citronnier actuel est un hybride de cédratier et de pamplemoussier. Dans le langage des fleurs, le citron est le symbole de la ville de Menton depuis 1930, et le citronnier évoque l'envie de partager à l'écrit ses sentiments.
Caractéristiques générales et variétés
Le citronnier est un arbre au port érigé qui atteindra rapidement 2,50 à 3 m en pot et de 5 à 7 mètres de haut en extérieur, mais son développement varie s’il s’agit d’un plant avec un porte-greffe. Ses branches épineuses portent un joli feuillage persistant et aromatique lorsqu'on le froisse. Toute l'année, le citronnier s'orne de bouquets de fleurs blanches (teintées de rose violacé lorsqu'elles sont en boutons) exhalant un parfum enivrant. Une floraison qui séduit les jardiniers, mais aussi nombre d'insectes puisqu'elle est mellifère et nectarifère. Aux fleurs succèdent des fruits charnus, les citrons, dont la peau, plus ou moins épaisse selon les variétés, se colore de jaune en mûrissant. Le fruit du citronnier a la particularité de fructifier plusieurs fois dans l'année en fonction du climat et des variétés. La production commence 4 ou 5 ans après la plantation et va en augmentant jusqu'à la quinzième année.
Le citronnier se décline sous plusieurs variétés. Voici quelques-unes des plus populaires :
- Le citronnier des 4 Saisons (Citrus limon) : C'est l'espèce type, appréciée pour sa production quasi continue tout au long de l'année. Il offre de petits fruits jaunes parfumés. Ce petit arbre à port arrondi et étalé est aussi ornemental que fruitier. Il porte son surnom « des 4 saisons », car il a la capacité de fleurir toute l'année, même si sa principale période de floraison est d'avril à juin. Il supporte difficilement les températures en dessous de -3 °C, voire -6°C.
- Le citronnier ‘Meyer’ (Citrus x meyeri) : Un hybride entre un citronnier et une orange douce, le Meyer produit des fruits sucrés, peu acides et très juteux. Particulièrement rustique (il peut résister à des températures descendant jusqu’à -11 °C), ce citronnier fleurit deux fois par an, de mars à mai puis d’août à octobre. Il fournit de gros fruits, à la peau fine et lisse qui se colore de jaune orange à maturité. Sa chair est réputée être moins acide que celle des citronniers des 4 saisons. Pour la culture en intérieur, il faut choisir cette variété adaptée en taille.
- Le citron caviar (Microcitrus australasica) : Original et très recherché en cuisine, le citron caviar est plus frileux. Il ne tolère pas les températures en dessous de 0 °C et doit être cultivé en pot pour être rentré à l’abri dès l’automne.
- Le Lime rouge ‘Osbeck’ (Citrus limonia) : Cet arbuste épineux ressemble à s’y méprendre à un citronnier. Il s’agit d’un limetier qui offre les délicieux « citrons verts », acidulés, un rien amers, mais surtout si aromatiques. La variété ‘Osbeck’ se distingue des autres limes de façon visible : ses fruits mûrs affichent une peau et une chair teintées d’un bel orangé empourpré.
- Le cédratier (Citrus medica) : Ce citronnier décoratif et très parfumé est sensible au froid. Il ne résiste pas à des températures inférieures à 2 °C et demande une culture en intérieur chauffé ou en serre.
Pour vous assurer des fruits toute l'année, vous retrouverez le citron d'hiver en novembre, le "limoni" de décembre à mai, le "Verdeli" de mai à septembre et le "Bianchetti" toute l'année.
Culture du citronnier : Pleine terre ou pot ?
La culture du citronnier (Citrus limonum) n’est pas possible en pleine terre partout en France, car le citronnier est sensible aux basses températures et exigeant en termes de nature de sol et de qualité d’ensoleillement pour bien fructifier. Le citronnier est peu rustique au froid. Dans le classement des rusticités, les variétés de citronniers de Pézenas, de Menton et de Pavlovo sont peu rustiques au froid : environ -6 à -8°C au maximum en situation bien abritée et pour un sujet adulte. Dès que le thermomètre descend sous les 3°C, ses feuilles peuvent noircir, tomber, et ses racines geler si elles ne sont pas protégées.

La culture en pleine terre
La plantation de votre citronnier en pleine terre n’est réalisable que si vous vivez dans une région au climat doux avec des hivers indulgents, comme le littoral méditerranéen ou atlantique. Le citronnier peut être cultivé en pleine terre dans les régions où les températures hivernales ne descendent pas sous -5°C. Dans le Midi, certaines espèces peuvent supporter de légères gelées, courtes et accidentelles de -2 à -3°C. L'idéal est de l'abriter du vent pour éviter le dessèchement, par exemple le long d'un mur orienté au sud.
La culture en pot
Préférez une culture en pot ou en bac si votre région est sujette aux gelées, ou partout ailleurs hors des régions méditerranéennes. Cela passe par la culture en pot à condition d’avoir un endroit ensoleillé et frais pour le rentrer en hiver pour le protéger et anticiper sa résistance au froid qui est très limitée. Les citronniers en pot sont plus faciles à déplacer, tandis que ceux en pleine terre nécessitent une préparation plus poussée. Pour un climat plus froid, il faudra choisir des plants avec un porte-greffe adapté (Poncirus Trifoliata ou hybrides).
Concernant le type de pots, les matériaux naturels comme les pots en terre cuite ou les bacs en bois sont préférables. Ces matériaux laissent plus passer l'air et l'humidité et sont plus esthétiques. Le plastique est très bon pour un sujet jeune mais il faut être attentif lors des arrosages car l’imperméabilité du plastique peut provoquer l’asphyxie racinaire. Ce phénomène sera limité par un substrat bien drainant. Cependant, dans le cas du pot en terre cuite ou du bac en bois, le poids est conséquent, il faudra donc prévoir un système adapté si vous souhaitez hiverner votre citronnier en pot.

Semis et plantation du citronnier
Vous pouvez démarrer la culture du citronnier à partir de graines, de boutures ou de marcottes, que vous pouvez produire vous-même ou acheter en jardinerie. Dans l’idéal, plantez les citronniers lorsqu’ils sont en pleine végétation, du printemps jusqu’à la fin de l’été, soit de mars à septembre. Et ce même s’ils portent fleurs et/ou fruits.
À partir de graines
Les graines de citron coûtent moins cher à l’achat et sont récupérables gratuitement sur un citron du commerce. Séchez les graines, placez-les dans une enveloppe et mettez-les 3 semaines au frigo, car la graine de citron a besoin d’une période de dormance qui sera simulée par le froid. Faites le semis dans des pots individuels avec un mélange de terre léger et bien drainé ; la germination arrivera dans les 3 semaines après plantation. Attention, les plants obtenus à partir de graines mettront très longtemps avant de fructifier : une dizaine d’années voire plus.
À partir de boutures
La période la plus favorable est début mars. Coupez en biseau une pousse de l’année précédente en tronçons de 15 à 25 cm. Supprimez les feuilles de la partie qui sera enfoncée dans le sol et réduisez de moitié les autres feuilles pour limiter l’évaporation.
À partir de plants achetés ou greffés
Les plants de citronniers achetés dans le commerce, ou produits par bouturage ou marcottage, sont plantés directement dans le sol ou dans un pot. Greffer un citronnier a pour intérêt de rendre votre plant plus résistant aux maladies, attaques de parasites ou ravageurs, mais aussi aux variations climatiques. Il est capital de choisir une variété adaptée à votre climat. Le citronnier commun ne s’adaptera en extérieur qu’au climat méditerranéen. Pour un climat plus froid, il faudra choisir des plants avec un porte-greffe adapté (Poncirus Trifoliata ou hybrides).
Préparation du sol et plantation
Assurez-vous avant toute chose que votre terre soit bien drainée et assez riche pour permettre à votre arbre de se développer et de produire fleurs et citrons. Les citronniers préfèrent un sol bien drainé et légèrement acide, avec un pH compris entre 5,5 et 6,5. Si votre sol est argileux ou compact, vous devrez améliorer le drainage en ajoutant du sable ou du compost.
En pleine terre : Creusez un trou adapté en largeur en fonction du plant et d’au moins 1 mètre de profondeur, retirez cailloux et mauvaises herbes, ameublissez au fond du trou sur 20 cm, et mélangez du compost et du sable à la terre. Installez un lit de drainage au fond de votre trou à l'aide de graviers ou billes d'argile. Ajoutez du terreau à votre terre. Pour préparer les racines de l’arbre, coupez-les droit aux extrémités. Ensuite, baignez ou enduisez les racines de pralin, une boue argileuse, qui va les protéger et stimuler la reprise. Enfoncez-le dans le sol exactement au même niveau que dans le pot dans lequel il était. Comblez et arrosez abondamment.
En pot : Placez le pot à l’emplacement choisi (veiller à ce que l’emplacement soit ensoleillé et abrité du vent) afin de ne pas avoir à le déplacer lorsqu’il sera rempli et donc plus lourd. Placez sur le fond des graviers ou des billes d’argile sur quelques centimètres afin de s’assurer d’un bon drainage. Faites un mélange de terreau ou de compost bien mûr et de terre. La terre ne devra pas être calcaire, si elle l’est, additionnez-la de terre de bruyère. Mettez ce mélange dans le pot puis placez votre agrume, sorti de son pot, à une hauteur où le collet n’est pas enterré. En pot, on installera le citronnier dans un mélange de terreau spécifique pour agrumes (70 %), de terre de jardin (20 %) et de sable (10 %). Le contenant doit toujours être aussi large que l’appareil aérien de l’arbuste. Jusqu’à ce que celui-ci devienne adulte, il est généralement indispensable de rempoter le citronnier tous les 2 ou 3 ans, dans un pot d’une taille deux à trois fois supérieure.
Entretien du citronnier : les clés de la réussite
Les clés d'un citronnier en bonne santé restent identiques : soleil, drainage parfait, arrosage maîtrisé, fertilisation régulière et protection contre le gel.
Comment ENTRETENIR les AGRUMES en pot ?
Arrosage
L’arrosage du citronnier est certainement la partie la plus délicate, car il déteste autant le dessèchement que trop d’eau (d’où l’importance d’avoir une terre très bien drainée). Le citronnier aime un sol légèrement humide mais redoute l'excès d'eau. Il faut donc bien observer vos arbres, selon son âge, votre terre, votre climat et la saison.
- En pleine terre : Prévoyez un à deux arrosages par semaine en été, plus modéré en hiver. Dans le Midi, on peut favoriser la fructification en cessant les arrosages en juin et juillet, et en les reprenant en août.
- En pot : L’arrosage est plus fréquent mais il faut laisser sécher légèrement la surface entre deux apports. Arrosez dès que la terre est sèche. Quand vous arrosez, imbibez bien la terre, si l’eau s’écoule directement, la terre avait un gros manque d’eau, il faut donc arroser une seconde fois. Attention de ne pas laisser stagner l’eau au fond du pot, les racines vont pourrir, et probablement l’arbre avec. Anticipez et surveillez le jaunissement et la chute des feuilles qui vous indiquera que l’arbre aura reçu trop ou pas assez d’eau. Si le citronnier est asséché pendant plusieurs jours, il perdra ses feuilles au moment où il recevra à nouveau de l’eau. Au printemps et en été, arrosez deux à trois fois par semaine, dès que la surface du terreau sèche. Le reste du temps, adaptez : en automne et en hiver, un arrosage toutes les deux semaines suffit souvent, selon la température de l'abri. Un citronnier assoiffé se manifeste par des feuilles qui pendent, qui s’enroulent ou chutent. À l’inverse, un excès d’eau provoque des feuilles jaunes, molles, parfois tachées, et surtout un substrat qui sent mauvais. L’astuce : enfoncez le doigt à quelques centimètres dans la terre.
Privilégiez une eau non calcaire, idéalement de pluie. Si votre eau est calcaire, il sera préférable d’arroser avec de l’eau de pluie. En intérieur, le chauffage assèche l’air. Ajoutez alors un plateau rempli de billes d’argile humide sous le pot (sans que les racines trempent dans l’eau), ou brumisez légèrement le feuillage avec de l’eau de pluie. Il est conseillé de pailler la surface du pot avec des écorces de pin ou des copeaux de bois. Cela conserve l’humidité, limite les arrosages trop fréquents et protège les racines du chaud comme du froid.
Fertilisation
Le citronnier est gourmand. Un citronnier bien nourri porte des fruits généreux. La fertilisation des agrumes est complexe car ils sont de très gros consommateurs d’engrais.
- En pleine terre : La fertilisation en pleine terre consiste à ajouter trois fois par an de l’azote et une fumure afin d’améliorer la qualité de vos fruits. L’automne est le bon moment pour apporter un engrais organique riche en potassium, afin de renforcer la plante avant l’hiver.
- En pot : Fertilisez votre arbre en pot une fois par mois durant la période printanière. Un engrais spécial agrumes riche en potassium est conseillé toutes les 2 à 3 semaines du printemps à l’automne. Utilisez de l'engrais spécial agrumes, riche en azote, potassium, magnésium et oligo-éléments. Cela stimule la croissance des feuilles, la formation des fleurs, mais aussi la saveur des fruits. Commencez la fertilisation au printemps, dès l’apparition des premières jeunes pousses, puis continuez jusqu’à la mi-été. Arrêtez ensuite pour ne pas forcer la plante à pousser alors qu’elle doit se reposer à l’automne. Un excès d’engrais brûle les racines et bloque la fructification. Si vous remarquez des feuilles brûlées ou des racines noircies, arrosez copieusement pour lessiver le pot et suspendez la fertilisation pendant quelques semaines. En hiver, réduisez les apports à un toutes les trois semaines. On reprendra ces apports au printemps, à une fréquence d’une fois tous les quinze jours ; on remplacera la terre en surface sur 5 cm des plantes en pot, selon la technique dite de surfaçage.
Engrais naturels
Un apport de compost tamisé, une poignée de marc de café sec (pas trop souvent) ou une infusion de consoude et d’ortie apportent des nutriments naturels. Leur usage ponctuel vient compléter le fertilisant du commerce pour un citronnier équilibré. Les engrais de fond comme la corne broyée et le sang séché sont aussi efficaces et évitent l'usage d'engrais chimiques. Ces engrais de fond contiennent les éléments nutritifs nécessaires à une bonne santé et croissance des agrumes : azote, phosphore et fer. Il existe également en jardinerie des terreaux “spécial agrume”.
Taille
La taille du citronnier a pour but d’inciter l’arbre à plus de ramifications, pour un port plus compact et moins étalé, et de maximiser la production de fruits. Elle s’effectue en fin d’hiver ou au début du printemps, après la récolte, juste avant la reprise de la végétation. La taille stimule la production de nouvelles branches, limite la taille de l’arbre et permet de favoriser les zones où la lumière pénètre, pour de meilleurs fruits. Cela aide aussi à garder un port compact.
- Premières années : Les premières années, coupez chaque nouvelle tige, une fois sa croissance finie (les nouvelles feuilles sont alors plus foncées et ont durcies) en ne lui laissant qu’une longueur de 20 cm. On pratique 4 à 5 tailles de mai à septembre, jusqu’à ce que le citronnier ait pris sa forme.
- Taille d'entretien : Par la suite, une seule taille dans l’année suffira, à la sortie de l’hiver. Supprimez les branches mortes, les rameaux qui se croisent et les rejets à la base. Coupez les rameaux qui partent vers l’intérieur, ceux qui se croisent ou qui s’étendent trop loin du port principal. Élaguez sur un œil tourné vers l’extérieur pour encourager la ramification. Régulièrement, observez votre citronnier et supprimez sans attendre toutes les branches mortes, brunes ou molles. Les branches atteintes par des maladies doivent être éloignées du pot pour ne pas contaminer le substrat ni d’autres plantes autour. Le citronnier cicatrise mal, donc il est bon de se limiter à la taille d’entretien en supprimant les rameaux âgés qui ne fructifient plus et de bien protéger les plaies avec un mastic adapté. Désinfectez votre sécateur avant et après chaque utilisation.
- Éclaircissage des fruits : Quand la fructification est trop abondante, enlevez les petits citrons surnuméraires pour favoriser le grossissement des autres. Trop de fruits épuisent l’arbre et ralentissent la croissance des suivantes.
Il faudra tout d’abord former votre agrume : tronc, charpentières puis branches secondaires, par la taille en vert, au fur et à mesure du jet de croissance. Les agrumes n’ont pas besoin de taille pour fructifier. Mais il est parfois nécessaire de couper quelques rameaux et quelques branches pour limiter leur encombrement, ou de pincer des pousses. Opérez alors à la sortie de l’hiver, en février mars. Si le haut de votre citronnier dépérit (gel ou maladie) et que la base du tronc redémarre, vous ne pourrez surement pas avoir de citrons ! En effet, ces pousses seront celles du porte-greffe et non de la variété de citronnier que vous avez acheté !
Hivernage
En période froide, l’hivernage consiste à rentrer la plante dans un abri hors gel. Si vous vivez dans une région où les températures chutent régulièrement en dessous de 5°C, une protection adaptée en hiver est indispensable pour préserver la santé de votre arbre et garantir sa production de fruits.
- Citronnier en pot : Dès que les températures nocturnes approchent les 5°C, déplacez votre pot à l’abri : une véranda, un garage lumineux ou une pièce non chauffée conviennent. Ne les rentrez surtout pas dans votre appartement ou votre maison car l’air y sera trop chaud et trop sec. Rentrez vos agrumes en pot dans un abri hors du gel et pas trop lumineux afin d’éviter une trop grosse chute des feuilles. L'agrume réussit mieux en serre froide (ou orangerie) ou en véranda avec une température hivernale de 5°C à 15°C, il doit être peu arrosé durant cette période. Dans la maison, un excès de chaleur peut lui faire perdre toutes ses feuilles. Il faut alors couper sévèrement au dessus d’un bourgeon clair (encore vivant) et arroser deux fois par semaine ; le citronnier devrait repartir en végétation. Réduisez l'arrosage, car il entre en repos. En période de repos végétatif, les besoins en eau diminuent fortement. Arrosez uniquement lorsque la terre est sèche en surface. Un arrêt de la fertilisation est nécessaire pendant la période froide.
- Citronnier en pleine terre : Pour les citronniers en pleine terre, dans les régions à climat doux (bord de mer, sud-ouest), un citronnier bien protégé peut rester en extérieur, à condition d’être abrité du vent et de l’humidité. En extérieur, protégez le pot avec un voile d’hivernage et surélevez le conteneur pour éviter le gel par le sol. Enroulez-le autour du feuillage sans trop serrer pour laisser l’air circuler. Les citronniers peuvent attendre ainsi jusqu’au printemps. À réception de votre citronnier, vous pouvez le laisser quelque temps dans son conteneur, en situation bien abritée du gel, car le conteneur ne peut pas protéger du froid comme le ferait l’inertie d’une plantation en pleine terre.
Dès que les températures remontent au printemps, retirez progressivement la protection. Protéger son citronnier, c’est aussi l’observer régulièrement, ajuster ses gestes selon la météo, et ne pas négliger les détails, comme l’aération et les courants d'air, la lumière et l’état du substrat.
Maladies et parasites du citronnier
Comme tous les arbres, le citronnier est susceptible d'être attaqué par des maladies et des parasites. L'aération du feuillage permet aussi d’éviter certaines maladies dues à l’humidité stagnante.
Les principaux parasites à surveiller
- Cochenille : Insecte piqueur et suceur, est un redoutable prédateur du citronnier, qui exsude le trop-plein de sève élaborée, très sucrée. Cela attire les fourmis qui s’en « régalent » et en font une ample récolte. Les symptômes sont des feuilles qui collent, de la « mousse blanche » comme du savon, la chute des feuilles et pire : le dépérissement général de la plante. Les feuilles blanchissent. Ces petits insectes piqueurs et suceurs de sève affaiblissent très vite le plus vigoureux des arbres. Vous les reconnaîtrez facilement : les insectes s’enferment dans une carapace brune ou sous un feutrage blanc, au dos de la feuille contre la nervure principale et excrètent un miellat qui finira par attirer des champignons. Pulvérisez le feuillage (et particulièrement le dessous) avec de l’alcool ou de savon noir, ou en cas d’invasion trop importante un insecticide bio adapté. Les insecticides sont peu efficaces sur ces ravageurs protégés d’une cuirasse. Ne suivez pas les « astuces » qui recommandent l’utilisation de savon noir ou, pire, d’alcool à brûler qui sont non seulement sans action contre les cochenilles, mais peuvent nuire à la plante. Pulvérisez sur les citronniers un « traitement d’hiver » encore appelé « huile blanche », et ce avant le début du printemps. Ce produit ne contient aucun pesticide.
- Pucerons : Ces petites bêtes vert clair se voient à l’œil nu, sous les feuilles, près des nervures. Les feuilles s'enroulent avant de tomber. Privilégiez les méthodes douces : une pulvérisation d’eau savonneuse contre les pucerons. Adoptez quelques coccinelles rouges, elles sont très friandes de ces acariens, comme des pucerons qui eux aussi peuvent se propager sur la plante.
- Araignées rouges : Le feuillage du citronnier est décoloré, son vert vire au gris argenté, de petites toiles d’araignée se forment au bout des feuilles ? Votre citronnier est attaqué par des araignées rouges. Ces acariens détestent l’humidité, nettoyez la plante à grande eau.
- Mineuses : Ces chenilles creusent de petites galeries brunâtres dans le limbe, visibles sur le dos de la feuille. Elles se protègent dans une cuticule cireuse, il est donc difficile de s’en débarrasser.
- Mouche du fruit (Ceratitis capitata) : Dans le Midi, vous pourrez subir des attaques de la mouche du fruit noire et jaune. Si c’est le cas, vous remarquerez que les fruits sont marqués d’une tache noire. La mouche pond ses œufs dans les fruits, les larves s’y développent et les font pourrir. Détruisez tous les fruits infectés tant que les larves n’ont pas fini leur développement. Cela empêchera la propagation de la mouche. Utilisez des pièges collants pour capturer les adultes.
Dès l’apparition d’un signe suspect, isolez le plant et retirez manuellement les intrus (avec des gants à cause des épines !). Un rinçage à l’eau tiède sur l’ensemble de la plante déloge nombre de parasites. Un mélange à base d’huile de neem (naturel) est très efficace pour repousser la plupart des indésirables.
Les maladies fongiques
- Mal Secco : C’est la plus grave des maladies fongiques du citronnier, qui pénètre dans la plante au niveau des blessures. On observe tout d’abord une chlorose des feuilles et des pousses puis un dépérissement des brindilles et des branches. Les feuilles desséchées tombent ensuite. Les brindilles et branches infestées présentent des zones gris plomb à gris cendré. Dès la manifestation des premiers symptômes, taillez les rameaux atteints (voire la branche entière) et les brûler. Ne pas laisser de bois de taille infecté au sol. Bien désinfecter les outils de taille et les plaies de taille.
- Moniliose : Les citrons pourrissent.
- Chlorose : Elle se manifeste par le jaunissement des feuilles à nervures vertes : le signe d’un manque de fer ou d’un excès de calcaire. Utilisez alors un chélate de fer ou repassez à une eau moins calcaire (eau de pluie de préférence pour l’arrosage).
Pour prévenir ces problèmes, il est important de prendre des mesures préventives. Assurez-vous de planter votre citronnier dans un sol bien drainé et de l'arroser correctement pour éviter les problèmes de pourriture des racines. Évitez également de trop fertiliser votre arbre, car cela peut favoriser la croissance de parasites. Surveillez régulièrement votre citronnier pour détecter les signes de maladies ou de parasites, tels que des taches sur les feuilles, des fruits déformés ou des insectes nuisibles.
Récolte et conservation des citrons
La maturité du citron n’est pas toujours évidente à estimer, car très étalée sur toute l’année selon les régions, le climat, la météo et les variétés. La récolte des citrons se fait généralement lorsque les fruits sont mûrs et prêts à être consommés. Les citrons sont à maturité lorsque leur couleur d’un vert acide passe au jaune. Attention toutefois : cette coloration est dépendante des températures extérieures. Un citron peut être mûr tout en restant teinté de vert sous climat très doux. On estime que la maturation des fruits est d’environ 160 jours. Ils peuvent être présents sur l’arbre toute l’année avec toutefois des pics de production de janvier à février et de septembre à décembre.
Le choix du moment de la récolte est donc important à définir. Vous pouvez les récolter quand la couleur de l’écorce est d’un beau jaune, mais aussi s’ils semblent bien juteux, lourd et ferme. Attention, les citrons ne mûrissent plus une fois cueillis. Pour cueillir vos citrons, utilisez un petit sécateur ou tournez doucement le fruit sur lui-même jusqu’à ce qu’il se détache. Évitez de tirer sur les citrons pour les détacher de l'arbre, car cela peut endommager les branches.
Les citrons peuvent se conserver deux semaines à température ambiante et jusqu’à 2 mois dans un réfrigérateur, bien enveloppés. Ils peuvent se conserver deux à trois semaines dans le bac à légumes du réfrigérateur.
Les citrons tombent, c’est normal, le citronnier régule sa production, 50 à 80% des citrons peuvent tomber. La production de fruits est un marathon, pas un sprint. Dès la floraison, surveillez la réussite des pollinisations, puis le développement des petits fruits. Si certains tombent, c’est normal : le citronnier sélectionne naturellement ce qu’il pourra nourrir.
Bienfaits et utilisations du citron non traité
Comme dans le cochon, dans le citron, tout est bon ! De tous les fruits, nul n'a reçu autant d'éloges que le citron ! Et c'est vrai que, comme l'ail, il possède un champ d'indications très vaste que les chercheurs ne cessent d'étendre.
Application en phytothérapie
Le citron possède de nombreuses propriétés médicinales bénéfiques pour la santé. Le suc (qui contient 8% d'acide citrique) représente 30% du poids du fruit. Hypocalorique (seulement 35 Cal pour 100g). Il contient de nombreux oligoéléments, des sels minéraux, divers sucres, de la pectine, des acides (citrique, malique) et bien sûr de la vitamine C (jusqu'à 500 mg/L de jus), mais aussi des vitamines A (contrôle de la croissance) et P (pour le tonus et la souplesse vasculaire). Les citrons sont riches en vitamine C, ce qui renforce le système immunitaire et aide à prévenir les maladies. Ils sont également une excellente source d'antioxydants, qui aident à combattre les radicaux libres et à réduire l'inflammation.
Il a des propriétés antiseptiques, antiscorbutiques, toniques, antirhumatismales, hypotensives, fébrifuges, rafraîchissantes et contre la dégénérescence hépatique (cirrhose). D'ailleurs, comme pour le raisin, des cures de citron sont conseillées pour purger le corps. Pensez à son action prophylactique contre les épidémies hivernales de rhume et de grippe. De même, quelques gouttes déposées sur une huître détruisent 92% des bactéries présentes en un quart d'heure (d'où l'utilité d'attendre que le citron fasse son effet avant de servir les fruits de mer).
Malgré son goût acide, le citron est considéré comme un aliment basique. Aussi, paradoxalement, son jus étendu d'eau combat l'hyperacidité gastrique. Les gencives seraient renforcées si on les frotte avec l'albédo (la partie blanche sous l'écorce).
Une façon populaire d'utiliser le citron à des fins médicinales est de préparer une infusion de citron. Pour cela, il suffit de presser le jus d'un citron dans une tasse d'eau chaude. Vous pouvez ajouter du miel ou du sucre pour adoucir le goût si vous le souhaitez. Le citron peut également être utilisé dans de nombreux remèdes naturels pour traiter différents problèmes de santé. Par exemple, l'application de jus de citron sur les piqûres d'insectes peut soulager les démangeaisons et réduire l'inflammation. Le citron peut également être utilisé pour traiter les maux de gorge en se gargarisant avec du jus de citron dilué dans de l'eau tiède.
La distillation des zestes fournit une huile essentielle aux vertus cosmétiques bienfaisantes (il faut 3000 citrons pour avoir 1 kg d'essence !). C'est votre alliée pour les soins de la peau : lutte contre le vieillissement, coupures, boutons, furoncles, verrues, herpès, dartres, gerçures, couperose, peaux abîmées, rides, ongles cassants, saignements de nez. Cette énumération est incomplète, mais elle montre combien ce fruit est une panacée, notamment pour les populations fragiles : les enfants, les personnes âgées, les convalescents et les femmes enceintes. Aussi, le citron devrait toujours remplacer le vinaigre dans l'alimentation.
Attention, au-delà de 3 ou 4 fruits non traités et bien mûrs par jour (voire moins pour certains estomacs délicats), il faudra surveiller les réactions de votre organisme. Il est important de noter que bien que le citron ait de nombreux bienfaits pour la santé, il ne remplace pas les traitements médicaux conventionnels.
Utilisations culinaires
Avez-vous remarqué que, dès que nous pensons au citron, nous salivons ! L'excitation de nos glandes salivaires entraîne une augmentation de leur production de salive. À cause de son acidité (qui le rend si rafraîchissant), il est difficile de manger cru plusieurs citrons entiers. Antioxydant, le jus empêche d'autres fruits et légumes de noircir lorsqu'ils sont exposés à l'air coupés.
Le citron est un ingrédient polyvalent en cuisine et est largement utilisé pour son goût acidulé et rafraîchissant. Le jus de citron est utilisé dans de nombreuses recettes pour ajouter de la saveur et de l'acidité. Il peut être utilisé comme assaisonnement pour les salades, les marinades, les sauces et les vinaigrettes. Le zeste de citron, qui est la fine couche colorée de la peau, est riche en huiles essentielles et ajoute une saveur intense et parfumée aux plats. Il peut être utilisé pour aromatiser les pâtisseries, les desserts, les sauces, les boissons et même les plats salés.
Le citron accompagne de nombreux plats (poissons comme la sole meunière, blanc de poulet, salades, tarte au citron, confiture qu'il rehausse, rouelle dans le thé). Une bonne et saine cuisine inclut nécessairement le citron employé sans parcimonie. Menton, grande productrice de ce fruit depuis des siècles, en a fait son emblème. Délicieux en tarte, le citron apporte son zeste à bien des plats ainsi que sa pulpe acide et juteuse. Le citronnier arbore aussi de grandes feuilles très parfumées, et des fleurs blanches qui le sont tout autant.

Préparée avec du jus de citron étendu d'eau sucrée et parfumée de zeste râpé, la limonade fit son apparition à Paris vers 1630, en même temps que le café. Elle eut un tel succès que l'État confia aux marchands de café le droit exclusif de vendre la limonade (1676).
Le citron vert ou lime (Citrus aurantifolia) fait une sérieuse concurrence au citron jaune. Le croisement du citron vert et du bigaradier a donné la bergamote, plus proche du citron que de l'orange amère (parfumerie). Un dicton américain veut qu'une femme qui sert une tarte au citron à son mari se prémunit ainsi contre toute infidélité conjugale ! Jadis, en Catalogne, aux yeux de certains religieux, le citron passait pour une "orange du diable" à cause de sa forme irrégulière et de sa saveur acide. Le limettier (Citrus aurantifolia) est le Citrus le plus fréquent dans les jardins tropicaux. Le citronnier est l'agrume préféré des Français : il représente 80% des ventes d'agrumes !
Voici une recette originale, naturelle et facile avec le citron :
- Couper en deux chaque citron dans le sens de la longueur ; évider la pulpe avec une cuillère à café (ne pas percer l'écorce !). Enlever un peu de zeste à l'endroit où il repose sur la table pour que les demi-citrons restent bien stables.
- Dans un bol, écraser à la fourchette la pulpe (sans les pépins), du persil et de la ciboulette finement ciselés, du paprika et quelques cornichons coupés en morceaux.
- Verser l'huile, saler, poivrer et mélanger le tout.
- Garnir les demi-citrons avec cette farce.
- Décorer avec un morceau d'olive au centre et autour de quelques feuilles d'aromates (estragon, maceron, arroche).
- Mettre au réfrigérateur.
Toutes les informations culinaires ou phytothérapeutiques ne sont données qu'à titre indicatif.
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