Les coccinelles, ces petits coléoptères reconnaissables à leurs couleurs vives et leurs points noirs, sont bien plus que de simples ornements de nos jardins. Elles sont des alliées précieuses, voire indispensables, pour quiconque souhaite cultiver un potager sain et équilibré, en minimisant l'usage de produits chimiques. Connues pour leur rôle essentiel dans la lutte contre les pucerons et autres ravageurs, elles participent activement à l'équilibre écologique de nos espaces verts.

Avec plus de 100 espèces en Europe et plus de 6 000 à travers le monde, ces insectes sont des éléments cruciaux dans l'équilibre écologique des jardins. Leur efficacité en tant que contrôleur biologique des nuisibles les place parmi les meilleurs alliés des jardiniers soucieux de préserver leur environnement tout en réduisant l'usage de produits chimiques. Les jardiniers expérimentés savent que, tout comme un écosystème naturel, un jardin doit équilibrer ses interactions. La coccinelle est l’un des moyens les plus naturels et efficaces d’y parvenir.
Les coccinelles : Des prédatrices voraces au service du jardinier
La coccinelle, avec ses petites taches noires et sa carapace rouge vif, est un prédateur naturel redoutable pour de nombreux ravageurs, en particulier les pucerons. Le rôle de la coccinelle au jardin est essentiel, notamment dans la régulation des populations de pucerons. Ces derniers, véritables fléaux pour les plantes, peuvent entraîner un dépérissement rapide des végétaux si leur prolifération n’est pas maîtrisée.
Une faim insatiable : l'impact des coccinelles sur les pucerons
Une seule coccinelle adulte peut consommer jusqu'à 50 pucerons par jour. Mais c'est au stade larvaire que ces créatures montrent toute leur efficacité. Les larves, au stade de développement le plus vorace, peuvent dévorer jusqu'à 300 pucerons en une journée. Certaines sources indiquent même qu'une larve de coccinelle peut manger une cinquantaine de pucerons par jour, et qu'au cours de sa vie, une coccinelle peut en ingérer jusqu'à une centaine par jour. Des études plus précises montrent qu'une larve peut dévorer jusqu'à 9 000 pucerons au cours des deux à trois semaines qu'elle passe sous ce stade. Cette voracité exceptionnelle permet de diminuer considérablement le besoin de traitements chimiques pour lutter contre ces ravageurs, ce qui préserve non seulement la santé des plantes, mais aussi celle de l'ensemble de la biodiversité du jardin. Les larves de coccinelles européennes, étant en pleine croissance, ont un gros appétit et sont capables de dévorer jusqu’à 100 pucerons par jour. Comme elles ne volent pas, elles restent sur place pour se régaler des pucerons qui vous dérangent durant tout leur stade larvaire.

Au-delà des pucerons : un régime alimentaire varié
Outre les pucerons, les coccinelles se nourrissent également d'autres insectes nuisibles, tels que les cochenilles, les aleurodes (mouches blanches) et les acariens. Leur capacité à s'attaquer à une gamme variée de ravageurs leur permet de réguler de nombreux types de nuisibles dans le jardin. Certaines coccinelles se régalent aussi de chenilles et de cicadelles. Véritable alliée du jardinier, la coccinelle ne cause aucun dégât sur les plantes, les fruits ou les légumes !
Le cycle de vie de la coccinelle : une machine à réguler les nuisibles
Au cours de sa vie, une coccinelle traverse quatre stades différents, à savoir l’œuf, la larve, la nymphe et l’adulte. Les coccinelles commencent leur vie sous forme d'œufs, généralement pondus sur les feuilles où les pucerons sont abondants.
La ponte et l'émergence des larves
Lorsqu’elle est prête, la femelle sélectionne une feuille, qu’elle choisit judicieusement envahie de pucerons afin de permettre à ses petits de se nourrir aussitôt nés. Elle s’y installe et elle pond entre 50 et 70 œufs en moyenne par jour, pendant dix jours ! Ainsi, à raison de deux pontes annuelles d’environ 500 œufs, la coccinelle pond jusqu’à un millier d’œufs par an. Chacun de ces minuscules œufs jaunes et légèrement allongés est collé à ses semblables.

Chaque œuf donnera naissance à une larve qui, dès sa naissance, se lancera dans une frénésie de consommation de pucerons. Cette phase larvaire est cruciale pour leur développement, et c’est à ce stade que ces petites créatures montrent toute leur efficacité. Parfois plus grande que l’adulte, la larve de coccinelle atteint bien 1 cm de long. De forme fuselée, elle présente un corps bleu gris caractéristique. Mais si elle est aveugle, c’est une dévoreuse redoutable ! Elle repère très facilement les pucerons avec son odorat développé.
De la larve à l'adulte : une transformation rapide
Une larve de coccinelle peut se nourrir de manière vorace pendant deux à trois semaines avant de se transformer en une pupae, puis en adulte. Lorsqu’elle est prête, la larve se fixe au dos d’une feuille à l’aide de fils de soie. Elle se recroqueville et elle attend ensuite patiemment, immobile. C’est le stade de la nymphose. Lorsqu’elle sort de sa nymphe, la coccinelle est blanchâtre ou jaunâtre. Il lui faut attendre quelques heures pour que sa couleur définitive ponctuée de taches apparaisse. En quelques semaines seulement, les coccinelles passent par ces différentes étapes et sont prêtes à se reproduire à nouveau, et le cycle recommence. Le développement rapide des coccinelles leur permet de maintenir un contrôle efficace sur les populations de ravageurs.

Des mécanismes de défense ingénieux
Par ailleurs, ces insectes bénéficient de mécanismes de défense intéressants. Par exemple, lorsque les coccinelles sont menacées, elles peuvent émettre une substance jaune et au goût amer pour dissuader leurs prédateurs.
Attirer et protéger les coccinelles dans votre jardin : un impératif pour la biodiversité
Pour que les coccinelles jouent pleinement leur rôle dans votre jardin, il est important de leur offrir un environnement accueillant. Désormais, bon nombre de jardiniers optent pour l’utilisation d’auxiliaires de jardin, à l’instar des coccinelles. Dans la lutte biologique, ces insectes sont beaucoup plus efficaces que les solutions chimiques inventées par l’homme, mais également plus saines et plus respectueuses de l’équilibre naturel des écosystèmes. D’ailleurs, les pucerons deviennent aujourd’hui de plus en plus coriaces, au point qu’ils parviennent à résister aux pesticides.
Créer un habitat favorable
Voici quelques conseils pratiques pour attirer ces petites créatures dans votre espace extérieur :
Plantes adaptées : Les coccinelles sont attirées par des plantes riches en pollen et en nectar. Plantez des fleurs telles que des asters, des marguerites, des pissenlits, et des capucines. La fève et la capucine font partie de leurs plantes préférées. En les cultivant chez vous, vous êtes certain d’attirer les jolis insectes rouges à pois noirs. Il est également recommandé de planter certaines espèces de fleurs comme l’absinthe, la bourrache, la centaurée ou encore l’anthémis, car les coccinelles en raffolent. Ces plantes offriront non seulement une source de nourriture pour les coccinelles adultes, mais elles aideront aussi à attirer d'autres insectes bénéfiques.
Refuges naturels : Les coccinelles ont besoin de cachettes pour se protéger du froid hivernal et se reposer pendant les périodes de chaleur. Des tas de feuilles, des haies ou des morceaux de bois peuvent fournir ces abris naturels. De plus, des structures comme des nichoirs ou des hôtels à insectes peuvent être une excellente solution pour offrir un refuge supplémentaire. En été, les coccinelles adultes cherchent un lieu pour passer l’hiver. Elles hibernent dans les trous des arbres, dans les tas de bois ou de cailloux, sous les écorces ou les feuilles mortes, dans les fissures des murs, etc. Si le jardin n’offre pas suffisamment d’abris d’hivernage, il est vivement conseillé de leur offrir un hôtel à insectes ! Pour les inciter à s’installer « chez vous », aménagez des abris de fortune comme un tas d’herbes sèches, un tas de petits fagots, des pots en terre cuite remplie de feuilles mortes ou encore dans les fentes des troncs et des murs. Pour attirer les coccinelles, laissez un espace en friche au fond du jardin, où la flore est naturelle et riche. Paillez le pied de vos plantes avec des écorces.
Tutoriel : Construire un hôtel pour les insectes
Point d'eau : Pour augmenter vos chances d’avoir des coccinelles dans votre jardin, vous pouvez installer un petit bassin ou un point d’eau.
Limiter l'usage des pesticides et favoriser la biodiversité
Limiter l’utilisation de pesticides : Les pesticides chimiques sont l’un des plus grands ennemis des coccinelles. En évitant leur usage, vous préservez non seulement ces insectes bénéfiques, mais vous permettez également à d'autres auxiliaires naturels de prospérer dans votre jardin. Pour installer des coccinelles dans son jardin, il faut attendre d’avoir des pucerons, sinon elles ne trouveront rien à manger et disparaîtront. L’arrivée des pucerons se situe généralement à partir du mois d’avril environ…il faut surveiller vos plantes. Pour favoriser l’installation durable de coccinelles au jardin ou au potager, il est impératif de limiter ou de supprimer les traitements insecticides et pesticides chimiques, nocifs pour les insectes, la faune et l’écosystème en général.
Favoriser la biodiversité : La diversité des plantes et des habitats dans votre jardin crée un environnement équilibré où les coccinelles peuvent trouver des sources alimentaires diverses. Planter ou maintenir des massifs d’arbustes, des haies, des bandes enherbées non tondues et quelques mauvaises herbes qui feront office d’abris à coccinelles.
Les coccinelles et la biodiversité : un rôle fondamental
Les coccinelles jouent un rôle beaucoup plus vaste que celui d'un simple prédateur d'insectes nuisibles. Elles sont un élément clé dans le maintien de l’équilibre écologique des jardins et des écosystèmes en général. En régulant les populations de ravageurs, elles empêchent certains insectes de devenir envahissants, ce qui permet aux autres espèces de prospérer. Leur présence dans un jardin peut également attirer d’autres prédateurs naturels, comme les oiseaux insectivores, les grenouilles et même les chauves-souris, créant ainsi un cercle vertueux pour la biodiversité. En outre, les coccinelles aident à la pollinisation de certaines plantes, bien qu'elles ne soient pas des pollinisateurs principaux. Les coccinelles participent à la pollinisation des fleurs, donc favorisent grandement la diversité des plantes dans le jardin.
Les menaces qui pèsent sur les coccinelles : attention aux fourmis et aux espèces invasives
Cependant, ces petites créatures, qui apportent tant de bienfaits, font face à de nombreuses menaces, dont certaines peuvent réduire leur efficacité dans la lutte biologique.
La relation complexe entre coccinelles et fourmis
Malheureusement, même nos alliées les coccinelles doivent faire face à des menaces, et l’une des plus importantes vient des fourmis. Ces insectes, bien que bénéfiques dans certaines situations, sont également de redoutables prédateurs des coccinelles, en particulier de leurs œufs et de leurs larves. Les fourmis ont une relation complexe avec les pucerons, qu'elles protègent et déplacent souvent pour nourrir leur colonie, car elles récoltent le miellat que ces derniers produisent. En échange de cette protection, les fourmis attaquent parfois les larves de coccinelles. De plus, elles peuvent déplacer les œufs de coccinelles ou les détruire en les consommant. Cette interaction négative est une des raisons pour lesquelles il est important de contrôler la population de fourmis dans votre jardin si vous souhaitez favoriser les coccinelles.
Bien que cela puisse poser un défi, il existe des moyens de limiter l'impact des fourmis : en installant des barrières naturelles, comme de la cendre ou du sable autour des zones de ponte des coccinelles, ou en utilisant des solutions respectueuses de l’environnement pour dissuader les fourmis.
La menace de la coccinelle asiatique
Dans les années 1990, des lâchers de larves de coccinelles ont été organisés par bon nombre de jardineries spécialisées dans le but de lutter contre les pucerons. Si cette volonté de lutter de manière naturelle contre ces petits envahisseurs est louable, l’espèce qui a été massivement lâchée est la coccinelle asiatique (Harmonia axyridis). Or, cette dernière, plus grosse, constitue une véritable menace pour les espèces locales, qui n'ont plus assez de nourriture. Par ailleurs, c’est une espèce cannibale qui n’hésite pas, lorsqu’elle peine à trouver de quoi s’alimenter, à dévorer les larves des espèces indigènes. En Europe et en Amérique du Nord, elle est très abondante, car le climat lui est le plus confortable et elle y trouve aisément de quoi s’alimenter. En hiver, lorsqu’il fait froid, elle se met en diapause. Evitez à tout prix d’acheter des larves de coccinelles asiatiques (de 1 à 9 points). Plus grande et plus prolifique, ce type de coccinelle est une véritable menace pour les espèces d’origine. La coccinelle asiatique* (Harmonia axyridis) doit par contre absolument être évitée tant les conséquences de son introduction peuvent être désastreuses. *MAJ du 10/10/2015 : les coccinelles asiatiques se sont acclimatées et envahissent les maisons…
La coccinelle en agriculture durable et biologique
Dans le cadre de l'agriculture durable, l'utilisation de coccinelles pour lutter contre les ravageurs est une technique éprouvée. Les coccinelles sont souvent utilisées dans les jardins urbains, les fermes biologiques et même dans des serres commerciales pour réduire les infestations de pucerons et autres insectes nuisibles. De nos jours, on recommande de privilégier les solutions naturelles pour entretenir son jardin. En effet, éviter les produits chimiques permet de maintenir un équilibre naturel et sain grâce à l’action de toute une petite faune très efficace et ravie de se nourrir des indésirables. La coccinelle se trouve notamment en tête de liste des insectes capables d’éradiquer efficacement les parasites.
Les différentes espèces de coccinelles utilisées en lutte biologique
Une centaine d’espèces de coccinelles sont autochtones en France. En France, on recense cent-trente espèces de coccinelles. Elles ne consomment pas toutes des pucerons, et pour celles qui le font, elles sont généralement spécialisées sur une espèce particulière. “Chaque coccinelle a des préférences alimentaires, il est donc possible de viser une espèce de pucerons en particulier.”
Dans la lutte biologique contre les pucerons, deux espèces de coccinelles sont principalement utilisées dans les jardins :
- Adalia bipunctata (coccinelle à deux points) : efficace dans les arbres et les arbustes. Elle est spécialisée sur les pucerons vivant dans les arbres. L’espèce communément utilisée en lutte intégrée est la coccinelle à 2 points (Adalia bipunctata), d’origine européenne.
- Hippodamia undecimnotata (coccinelle à onze points) : conseillée sur les plantes basses, rosiers et lauriers-rose. Celle à onze points consomme les pucerons jaunes du laurier rose qui sont toxiques pour les autres espèces d’insectes auxiliaires généralistes.
- Coccinella septempunctata (coccinelle à sept points) : C'est celle que nous connaissons le mieux, et à laquelle nous avons tendance à penser. Elle est indigène en Europe et est efficace pour la plupart des plantes potagères.
- Coccinelle à virgule : utilisée contre les cochenilles pulvinaires des hortensias, des mûriers ou d’autres arbres d’ornement.

Vincent Bouguet, fondateur de la société Insectösphère, une jeune entreprise lancée en 2017 à Saint-Jean-le-Vieux dans l’Ain, produit chaque année un million et demi d’auxiliaires, destinés à être vendus aux particuliers. Il confie : “Les coccinelles sont nourries avec des pucerons vivants que l’on élève. Nous développons des sujets adultes dans des boîtes afin de lâcher des insectes fertiles pour qu’ils pondent rapidement et que leur action soit efficace”. Il ajoute : “On travaille avec du vivant donc il faut toujours prendre des précautions. Le lâché d’auxiliaire est aussi sensible aux conditions climatiques, il faut donc faire attention au moment du lâché. Quarante millimètres de pluie, de fortes températures ou de la grêle seront fatals aux jeunes coléoptères.” Vincent conseille donc ses clients pour optimiser l’action des auxiliaires.
L'introduction d'auxiliaires au potager : avantages et inconvénients
Les techniques de « bio-contrôle » par l’introduction d’auxiliaires sont à la mode chez les agriculteurs et notamment dans les serres des maraîchers. Et ces « auxiliaires » sont aujourd’hui disponibles pour les jardiniers amateurs… Pourtant bien qu’utilisant le terme « bio », ces techniques relèvent plus de l’agriculture « maîtrisée » que de l’agriculture biologique… On parle d’ailleurs de protection intégrée en maraîchage sous abri. Ces auxiliaires sont en général élevés en laboratoire et doivent être introduits dans les serres, ou même en extérieur, en fonction des risques spécifiques des diverses cultures et des ravageurs effectivement observés (ce qui requiert une bonne connaissance de la faune).

Avantages
Il faut reconnaître aux introductions d’auxiliaires une réelle efficacité en milieu fermé (serre). Cette technique a pour conséquence directe une diminution voir pour certains professionnels l’abandon de produits phytosanitaires (d’ailleurs souvent incompatibles avec l’introduction d’auxiliaires). Les coccinelles sont livrées au stade d’œufs, de larves ou d’adultes, chacun de ces stades présentant des avantages et inconvénients.
Inconvénients
Les effets sont très incertains, voire nuls, en milieu ouvert, car les auxiliaires ne restent pas (sauf s’ils ont les ailes coupées… Et vous trouvez ça bio ???) : cela implique de fermer les serres et donc d’empêcher également les pollinisateurs naturels d’y pénétrer… Il faut donc également en introduire ! Les coûts sont élevés, sans parler d’une mortalité pouvant être importante chez des insectes non indigènes…
Personnellement, pour limiter les invasions de pucerons, je préfère semer de la capucine plutôt qu’introduire des auxiliaires au potager… Dans certaines conditions, l’introduction d’auxiliaires au potager se révèle efficace. Néanmoins, il me semble important de réfléchir un peu plus en avant cette question : Force est de reconnaître une certaine méconnaissance des conséquences de l’introduction de ces auxiliaires sur la biodiversité existante (risques accrus si les auxiliaires sont originaires d’autres régions, comme nous l’avons vu avec la coccinelle asiatique), avec donc un risque de créer des déséquilibres supplémentaires… Comme avec l’emploi d’insecticides, on ne cherche pas la cause du déséquilibre (Par exemple : pourquoi une invasion de pucerons ? Soit dit en passant souvent due à un excès d’azote…). Et on se contente de remédier au problème, quitte peut-être à en créer d’autres…
Autres auxiliaires précieux
Outre les coccinelles, d'autres insectes auxiliaires sont utilisés en lutte biologique au potager :
- Aphidius Sp : Cet insecte de l'ordre des hyménoptères est principalement utilisé en lutte préventive mais aussi curative. Deux espèces, Aphidius ervi et Aphidius colemani, parasitent différentes espèces de pucerons, entraînant ainsi leur mort. Cet auxiliaire est notamment utilisé sur des cultures d’aubergine, concombre, courgette, melon, poivron, tomate ou encore sur les fraisiers et les framboisiers.
- Aphidoletes aphidimyza (cécidomyie) : Cette petite mouche indigène en Europe, en Amérique et en Asie a des larves qui se nourrissent principalement de pucerons (pouvant en dévorer une centaine par jour et en tuer encore beaucoup plus). Elles s’attaquent plus rarement aux cochenilles, aux aleurodes et à différents acariens. La cécidomyie ne peut être utilisée qu’en curatif (sur aubergine, concombre, courgette, fraisier, framboisier, melon, tomate), car si les larves ne trouvent pas de pucerons pour se nourrir, elles meurent.
- Macrolophus pygmaeus : Présente naturellement en climat méditerranéen, cette sorte de punaise est une grande prédatrice d’aleurodes (petite mouche causant parfois pas mal de dégâts notamment dans les serres), dont elle vide les œufs (jusqu’à 50 par jour). Elles s’attaquent également aux acariens, au thrips, aux pucerons ou encore aux larves de mouches mineuses. Elles peuvent être lâchées en préventif, mais il est alors nécessaire de les nourrir…
- Orius laevigatus : Il s’agit également d’une punaise prédatrice dont le plat favori est le thrips. On l’utilise sous abri sur des cultures de melons, poivrons, courgettes, aubergines ou fraisiers.
- Phytoseiulus persimilis : Originaire du Chili, cet acarien a été importé accidentellement en Allemagne en 1958. Il est maintenant utilisé pour lutter contre le tétranyque tisserand (Tetranychus urticae), un autre acarien pouvant entraîner des dégâts importants sous serre (dessèchement du feuillage, décoloration des fruits…). On l’emploie principalement pour les cultures de concombres, poivrons, aubergines, melons, haricots, fraises, tomates (efficacité moindre).
Comprendre la coccinelle : morphologie et caractéristiques
Les coccinelles, ou coccinellidés, sont de petits coléoptères également connus sous les noms de "bêtes à bon Dieu" ou de "pernettes". Il en existe plus de 6 000 espèces à travers le monde, dont plusieurs sont présentes en France. On reconnaît la coccinelle à sa petite forme ovale et à sa taille réduite puisqu’elle ne dépasse pas 5 mm à 8 mm de long.

Un corps en trois parties
Comme tout coléoptère, la coccinelle présente un corps composé de trois parties :
- Tête : Sa très petite tête, alignée dans le prolongement du thorax et de l’abdomen, est généralement noire et tachetée de blanc.
- Thorax : Son thorax, sphérique, comporte les six pattes, les ailes et les élytres.
- Abdomen : Il est protégé par les élytres.
La carapace protectrice
Les ailes sont en effet soigneusement repliées sous les élytres, qui forment la carapace rigide - qui confère au petit animal sa couleur - afin de protéger ses ailes délicates. Elle présente un corps rouge doté de points noirs, jaune doté de points noirs ou encore noir avec des points jaunes selon les sous-espèces.
Les points : un signe d'espèce, pas d'âge
Il existe plusieurs espèces indigènes que nous pouvons aisément observer de la fin de l’hiver à l’automne. Notons que le nombre de points d’une coccinelle n’a donc rien à voir avec son âge, contrairement à une idée reçue très répandue, mais il est lié à son espèce. La plus commune, la coccinelle à sept points (Coccinella septempunctata), est indigène en Europe.
L'hibernation des coccinelles
Lorsque les rayons du soleil viennent réchauffer le sol, et que les températures dépassent les 10°C, les coccinelles sortent doucement de leur hibernation. On est courant février et la coccinelle à sept points n’a pas mangé depuis cinq ou six mois. Elle a résisté aux froids de l’hiver grâce aux réserves de graisse qu’elle a accumulées jusqu’à l’automne. Elle suit alors son instinct, et rassemble ses forces. En cette fin d’hiver, les pucerons ne sont pas encore arrivés. Au bout de quelques semaines, les pucerons apparaissent. Ils se développent très vite. En dix jours, chaque puceron femelle donne naissance à cent nouveaux piqueurs-suceurs. À cette vitesse-là, ces insectes gourmands affaiblissent rapidement les plantes. Fine limière, la catherinette repère ses proies à l’odeur. Elle attrape le puceron à l’aide de ses mandibules et lui injecte sa salive mortelle qui dissout l’insecte. Elle le dévore ensuite en moins de dix minutes avant de passer à sa prochaine victime.
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