Les statues en bronze : histoire, fabrication, collection et entretien d’un patrimoine intemporel

Le bronze, un alliage noble composé principalement de cuivre et d’étain, parfois enrichi d’autres métaux, a profondément marqué l’histoire des civilisations humaines. Grâce à sa robustesse et à sa patine unique, il est utilisé depuis des siècles pour des sculptures, ornements, meubles, plaques funéraires ou luminaires décoratifs. Son nom vient de « bronza », terme qui désignait l’alliage de cuivre et d’étain utilisé dans l’Italie médiévale. Découvert en Mésopotamie, il a rapidement influencé l’architecture, enrichi l’art, transformé l’armement et stimulé la sculpture. Ce métal, à la fois durable et polyvalent, incarne l’innovation technique dans les sociétés antiques. Aujourd’hui encore, il occupe une place importante dans l’art contemporain et dans certains secteurs industriels. Cet article retrace ses origines, ses nombreuses applications au fil des siècles et son influence toujours actuelle.

L'héritage historique du bronze : de l'Antiquité à la Renaissance

Le bronze, alliage de cuivre et d’étain, a joué un rôle majeur dans l’histoire des civilisations antiques. Sa première utilisation remonte à la Mésopotamie, l’Égypte et la Chine, où il a transformé la production d’outils, d’armes et d’objets artistiques. Le bronze, au même titre que les métaux usuels que sont le cuivre ou le fer, a été employé dès 3 000 ans avant Jésus-Christ. On en a notamment retrouvé des traces (armes, figurines…) en Mésopotamie et Anatolie. Le bronze est un alliage de cuivre et d’étain avec une plus forte proportion de cuivre que d’étain. En Amérique du Nord, le pourcentage de cuivre peut aller jusqu’à 95 % : ce qui donne un bronze beaucoup plus dur, héritage de l’aéronautique américaine. De façon générale, c’est la composition de l’alliage, l’accroche de la patine et son vécu dans le temps qui déterminent la couleur.

Le bronze dans les civilisations antiques : Mésopotamie, Égypte et Chine

Les Mésopotamiens ont été parmi les premiers à maîtriser la technique du bronze. Ils ont utilisé ce métal pour fabriquer des outils agricoles, mais aussi des armes, qui ont amélioré leur puissance militaire. En Égypte, le bronze est devenu essentiel pour fabriquer des outils précis ainsi que des statues aux détails remarquables. Les Égyptiens l’utilisaient aussi pour concevoir des instruments de musique et créer des bijoux raffinés. Ce métal résistait particulièrement bien à l’épreuve du temps, ce qui expliquait son succès. En Chine, les premiers alliages de bronze servaient principalement à créer des objets rituels d’une grande valeur symbolique. Ce métal fondait dans des moules complexes afin de produire des vases et des armes cérémonielles.

Carte des premières civilisations utilisant le bronze

Le bronze est né de l’alliance de l’étain et du cuivre, et ce mélange a révolutionné la fabrication d’objets. Le métal est plus dur que le cuivre pur, mais aussi plus malléable que le fer, ce qui le rend idéal pour la création de nombreux objets. Le bronze a eu un impact majeur sur l’art de la guerre. Par exemple, les premières épées en bronze ont remplacé les armes en pierre, offrant une plus grande efficacité et une meilleure résistance. Ce métal se distingue par ses caractéristiques uniques.

Caractéristiques uniques du bronze et son impact militaire

Le bronze se distingue par sa longévité exceptionnelle. Il ne se dégrade pas facilement, ce qui en fait un matériau privilégié pour la fabrication de monuments et d’objets fonctionnels. Une autre propriété clé du bronze réside dans sa résistance à la corrosion. Même exposé aux intempéries, il ne rouille pas comme le fer. Cette caractéristique a permis de conserver de nombreux objets en bronze, comme des pièces de monnaie ou des vases rituels. Le bronze est aussi malléable, ce qui le rend idéal pour créer des objets détaillés et complexes. Les artisans du passé ont pu l’utiliser pour fabriquer des armes et des outils de haute qualité. Par exemple, les épées en bronze étaient non seulement plus solides mais aussi plus efficaces au combat, offrant aux armées de l’Antiquité un avantage décisif lors des batailles.

L’utilisation du bronze a facilité des avancées dans l’artisanat et changé le cours de nombreuses batailles. Les armées équipées de cet alliage ont surpassé leurs ennemis grâce à des armures et armes plus résistantes. Par exemple, les Grecs et les Romains ont fabriqué des boucliers capables de repousser les coups et protéger les soldats contre les projectiles. Il a aussi joué un rôle clé dans la création de sculptures monumentales.

Le bronze dans l'art et la spiritualité grecque et romaine

Le bronze a joué un rôle essentiel dans l’art et la sculpture depuis l’Antiquité. Des sculptures grecques antiques aux œuvres modernes, il a permis de créer des pièces de grande qualité. Les Grecs antiques ont été des pionniers dans l’utilisation du bronze pour leurs sculptures. Ces œuvres témoignent d’une grande finesse et de l’importance accordée à l’esthétique. Les bronzes de Riace, deux statues découvertes en mer en 1972, sont parmi les exemples les plus célèbres de cette époque. Elles illustrent parfaitement la maîtrise de l’art du bronze à travers des détails réalistes et un sens de la proportion inégalé. Les Grecs utilisaient aussi ce métal pour fabriquer des statues religieuses et des monuments publics à forte valeur symbolique. Ce matériau jouait un rôle central dans leur vie spirituelle et civique, renforçant leur lien avec les divinités.

L’Empire romain a utilisé le bronze de manière innovante. Ils l’ont principalement utilisé pour fabriquer des pièces de monnaie et des statues imposantes. Il a permis aux Romains de créer des sculptures durables représentant leurs dieux, leurs héros et leurs empereurs. Les Grecs ont également utilisé le bronze pour leurs temples et leurs monuments. C’était un métal sacré, souvent associé aux dieux. Les statues de bronze étaient courantes dans les lieux de culte et sur les places publiques. Les temples grecs accueillaient parfois de grands ornements en bronze, utilisés pour les statues mais aussi pour des éléments architecturaux. L’un des exemples les plus célèbres reste la statue de Zeus à Olympie, réalisée par Phidias.

Le renouveau du bronze au Moyen Âge et à la Renaissance

Le bronze a joué un rôle central au Moyen Âge et à la Renaissance, évoluant dans de nombreux domaines comme l’architecture, la sculpture, et la création d’instruments de musique. Au Moyen Âge, le bronze était utilisé pour des œuvres architecturales d’une grande importance. Par exemple, les portes du baptistère de Florence, réalisées par Lorenzo Ghiberti entre 1425 et 1452, sont une œuvre d’art emblématique. Ces portes, également appelées “Portes du Paradis”, présentent des reliefs en bronze représentant des scènes bibliques. Leur réalisme et la finesse du travail en font un modèle d’excellence dans l’art du bronze, influençant la sculpture occidentale pendant des siècles. Les cathédrales et églises de l’époque étaient également décorées avec des éléments en bronze, comme des portes, des chandeliers et des bâtis de fenêtres. Au Moyen Âge, les artisans utilisaient le bronze pour fabriquer des cloches produisant un son riche, profond et résonnant. Ces cloches rythmaient les journées, marquaient les heures et accompagnaient les cérémonies religieuses dans les églises et monastères. Il servait aussi à créer d’autres instruments, comme les tambours, les cymbales ou les plaques musicales. Chaque instrument offrait un son distinctif, apprécié pour sa puissance et sa clarté.

Portes du baptistère de Florence

À la Renaissance, le bronze a été redécouvert comme matériau sculptural, donnant naissance à des œuvres de grande envergure. Donatello, l’un des plus grands sculpteurs de cette période, a utilisé ce métal pour réaliser sa célèbre statue de David. Ce bronze, qui représente le jeune David victorieux, est un exemple de la maîtrise technique du bronze par les artisans de la Renaissance. Il a non seulement redonné vie à la sculpture en bronze mais a aussi introduit des techniques novatrices pour rendre les figures plus dynamique et réalistes. Son David, réalisé en bronze, reste une des œuvres les plus admirées de cette période. D’autres artistes comme Michel-Ange et Verrocchio ont également utilisé le bronze pour réaliser des œuvres monumentales, redéfinissant les limites de l’art sculptural. Les artisans de la Renaissance ont non seulement redécouvert les anciennes techniques de moulage à la cire perdue, mais ont également introduit des innovations qui ont permis de produire des sculptures plus complexes. Par exemple, Michel-Ange a utilisé des techniques de moulage pour créer des reproductions de statues en bronze à partir de modèles en cire. Un autre exemple moderne est la Statue de la Liberté, qui illustre parfaitement l’adaptabilité du bronze à des sculptures monumentales. Frédéric Auguste Bartholdi a conçu cette statue en utilisant un cadre en fer et une couche extérieure en bronze repoussé. Sa construction a pris place à la fin du XIXe siècle et elle a été achevée en 1884.

Le processus de fabrication du bronze : un art millénaire et contemporain

La fabrication du bronze est un processus complexe qui allie à la fois art et technique. Dès l’Antiquité, les artisans utilisaient des méthodes de fusion et de moulage pour créer des objets en bronze. Le point de fusion du bronze est de 1000 C°. La fonderie contemporaine n’a rien inventé : seuls les matériaux et l’outillage ont changé, le principe demeurant le même.

De la matière première à l'alliage

Le processus de fabrication du bronze débute par la fusion du cuivre et de l’étain, deux métaux indispensables à la création de l’alliage. Les artisans chauffaient ces métaux à des températures élevées, autour de 1000°C, pour les mélanger et obtenir un alliage homogène. Une fois le métal fondu, le bronze devenait liquide et prêt à être moulé. Les artisans de l’Antiquité utilisaient des fours primitifs en argile pour atteindre la température nécessaire à la fusion. L’étape de fusion était cruciale. Après la fusion, les artisans versaient le bronze liquide dans des moules fabriqués en argile ou en sable.

Les techniques de moulage : la cire perdue et ses évolutions

L’évolution des techniques de moulage du bronze a joué un rôle clé dans sa diffusion à travers les époques. Les premières méthodes, comme le moulage à la cire perdue, permettaient déjà de créer des sculptures complexes. Ces techniques ont évolué au fil des siècles pour offrir davantage de finesse et de précision.

La technique du moulage à la cire perdue restait très utilisée pour sa précision. Ils réalisaient d’abord un modèle en cire qu’ils entouraient de sable ou d’argile. Une fois chauffé, le modèle perdait sa cire, laissant un espace vide destiné à accueillir ce métal fondu. Le moulage permettait de créer des objets fins et détaillés tels que des armes, des statues ou des pièces de monnaie. Au Moyen Âge, les fondeurs ont utilisé des moules en sable pour leurs réalisations. Plus tard, la Renaissance a redécouvert le moulage en cire, permettant des reproductions encore plus détaillées. Au XXe siècle, les fondeurs ont mis au point le moulage par gravité, puis le moulage sous pression. Ces innovations ont facilité la production en série de sculptures de grande taille.

Les étapes contemporaines de création d'une sculpture en bronze

D’Auguste Rodin à Louise Bourgeois, la sculpture en bronze ne cesse de transcender l’art. Mais quelles sont les étapes de création de ces œuvres impérissables ?

  1. Création du modèle et du moule en cire : La première étape pour réaliser une sculpture de bronze est de créer un modèle. Celui-ci peut être en terre cuite, en plâtre, en argile ou en résine. Il faut ensuite fabriquer un moule de cette sculpture en deux parties, et la recouvrir d’élastomère. Une fois le moule terminé, c’est l’étape de l’estampage. À l’aide d’un pinceau, il s’agit d’étaler de la cire à modeler fondue à l’intérieur des deux parties du moule. Une fois le surplus de cire retiré, il est important de refermer les deux parties du moule l’une contre l’autre. Elles doivent être très bien soudées, puisqu’il s’agit ensuite de remplir à ras bord le moule de cire liquide. Après une trentaine de secondes d’attente, il faut vider tout le surplus de cire et attendre qu’elle refroidisse. Une fois sèche, c’est le moment de rouvrir le moule en dissociant à nouveau ses deux parties. Le modèle en cire - aussi appelé épreuve - est enfin réalisé, d’une épaisseur idéale d’environ 3 millimètres !

  2. Préparation au coulage : Vient alors l’élaboration d’un réseau d’alimentation et d’évacuation sur le modèle en cire. Il est constitué d’un entonnoir de coulée et d’un évent. Fixés sur le modèle, ils permettent l’évacuation de la cire fondue et de l’air. Le réseau ouvre aussi un passage adapté au coulage du bronze liquide. Le modèle peut enfin être rempli de plâtre réfractaire, de façon à constituer son noyau central. Afin de le maintenir bien en place, il faut ensuite enfoncer quelques clous dans la couche de cire. La dernière phase de ce processus est la constitution du moule de potée. Il se réalise en projetant, puis en étalant du plâtre réfractaire sur l’ensemble de l’œuvre. Une fois cette étape terminée, le moule ressemble à un gros bloc de plâtre uniforme.

  3. La cuisson et l'évacuation de la cire : Vient l’étape de la cuisson par pallier, réalisée par un fondeur. Elle s’effectue généralement pendant deux jours et trois nuits, dans un four pouvant aller jusqu’à 900 degrés. Le processus est le suivant : la chaleur fait fondre la cire, qui redevient liquide et s’évacue progressivement du moule. Suite à cela, le moule est refroidi, puis placé à l’envers et maintenu grâce à un bac rempli de sable.

  4. Ciselure, finitions et patine : Une fois le métal en fusion refroidi - après plusieurs heures - il devient solide. C’est le moment de casser le moule, pour enfin découvrir la sculpture faite en bronze ! Celle-ci est toujours accrochée à son réseau, il faut donc le retirer, ainsi que les clous restants. Vient l’étape délicate dite de la ciselure, qui consiste à rendre la sculpture en bronze identique au premier modèle. Une fois le polissage, ponçage et finitions effectués, on obtient une jolie sculpture aux couleurs bronze. Reste la phase de la patine, qui permet de protéger l’œuvre de l’oxydation et de lui donner une certaine couleur. Souvent réalisée à l’aide d’un chalumeau et d’un pinceau, la patine offre un large choix de teintes et de rendus. Suite à son application, il faudra patienter pendant plusieurs jours, voire semaines, afin que la patine sèche complètement. Vient alors l’ultime partie : celle qui rend l’œuvre unique. Avec un processus créatif qui se rapproche du travail d’alchimiste, la sculpture de bronze a séduit toutes les civilisations. Malgré des créations parfois très différentes, une approche reste constante dans sa réalisation : la recherche d’un idéal esthétique.

Le fondeur « était la troisième main » du sculpteur. Le fondeur donne au bronze sa qualité finale.

5 ÉTAPES pour faire un bronze : documentaire sur la fonderie d’art

Les savoir-faire traditionnels et leurs secrets

Les artisans de l’Antiquité avaient des techniques secrètes pour obtenir un bronze parfait. Ils utilisaient des alliages particuliers pour renforcer la durabilité du métal. Par exemple, l’ajout de phosphore permettait d’augmenter la résistance à la corrosion, ce qui est encore visible aujourd’hui dans les objets en bronze retrouvés dans des fouilles archéologiques. Certains artisans ont même mélangé de l’aluminium ou du nickel pour rendre le bronze plus résistant aux chocs et à l’usure. Ces techniques, souvent transmises oralement, ont permis aux civilisations anciennes de créer des objets en bronze qui ont traversé les siècles. Les ateliers d'art GrandPalaisRmn se sont vus décerner le Label Entreprise du Patrimoine Vivant, véritable reconnaissance par l’État des savoir-faire détenus par leurs ateliers de moulage et de chalcographie.

Types de bronze et leurs applications contemporaines

Le bronze existe sous plusieurs formes, chacune ayant des propriétés spécifiques. Selon la teneur en cuivre et en étain, chaque type de bronze est adapté à des usages variés.

Le bronze à haute teneur en étain

Le bronze à haute teneur en étain se distingue par ses propriétés mécaniques et sa résistance exceptionnelle à la corrosion. En augmentant l’étain, l’alliage devient plus dur, plus solide et plus durable face aux conditions extrêmes. Cette solidité en fait un matériau privilégié pour des applications industrielles nécessitant une grande fiabilité. Les fabricants l’utilisent pour produire des mécanismes robustes comme des pompes, des vannes et des paliers.

Le bronze rouge et ses usages décoratifs

Le bronze rouge contient une proportion plus élevée de cuivre, ce qui lui confère une teinte rougeâtre caractéristique. Il est apprécié pour sa beauté et sa longévité. Sa malléabilité et sa résistance à la corrosion en font un choix idéal pour des objets de luxe et des applications décoratives. Les bijoux en bronze rouge, comme les bracelets ou colliers, séduisent par leur élégance et leur grande résilience. Ce matériau sert aussi à fabriquer des médailles, médaillons et pièces de monnaie, notamment durant l’Antiquité. Les Grecs et les Romains ont largement utilisé cet alliage pour fabriquer des pièces de monnaie. Ces pièces étaient frappées avec des moules et servaient à faciliter le commerce au sein de leurs empires. Les romains, par exemple, utilisaient des pièces en bronze pour payer les soldats et financer des projets d’infrastructure. Les pièces en bronze étaient non seulement durables mais aussi faciles à produire en grande quantité. Aujourd’hui, de nombreuses pièces en bronze découvertes dans des fouilles archéologiques témoignent de l’importance de ce métal dans les échanges économiques de l’Antiquité.

Le bronze dans l'industrie et l'architecture moderne

Le bronze joue un rôle crucial dans l’industrie moderne grâce à ses caractéristiques exceptionnelles. Il est largement utilisé dans les composants industriels et mécaniques en raison de ses propriétés techniques remarquables. Les moteurs électriques modernes intègrent souvent du bronze dans leurs rotors et stators pour optimiser les performances. Ce métal convient parfaitement aux mécanismes mobiles grâce à sa faible friction et sa durabilité. Les turbines des centrales électriques, notamment en production d’énergie hydraulique, sont souvent conçues en bronze. Grâce à sa résistance aux hautes températures, le bronze peut fonctionner dans des conditions extrêmes sans se déformer. Il est aussi employé pour fabriquer des paliers et des roulements.

Turbine de centrale hydroélectrique en bronze

Le bronze s’intègre parfaitement à l’architecture moderne, autant pour son apparence que pour ses performances techniques. Par exemple, il est souvent utilisé dans les revêtements de façade afin de renforcer la durabilité des bâtiments. Son élégance naturelle et sa capacité à vieillir harmonieusement séduisent de nombreux architectes. On le retrouve aussi dans la fabrication de portes et de fenêtres, où sécurité et esthétique sont essentielles. Les escaliers et rampes en bronze sont également courants dans les bâtiments modernes de prestige. L’industrie maritime utilise également le bronze pour des applications critiques. Il est largement utilisé dans la fabrication de mécanismes et pièces sous-marines. Par exemple, les hélices de bateau en bronze résistent à l’eau salée et aux abrasions causées par l’eau, offrant ainsi une performance de long terme. Les technologies modernes exploitent aussi le bronze, même dans des domaines très spécialisés comme les instruments électroniques. Par exemple, certains connecteurs électroniques intègrent ce métal en raison de sa conductivité électrique. Il intervient également dans la fabrication de capteurs de haute précision et de composants pour les systèmes de communication.

Collection et préservation des bronzes

L'atelier de moulage du GrandPalaisRmn veille avec soin à la qualité de ses reproductions. Sa collection, initiée en 1794, est le fruit de prises d'empreintes au contact des œuvres originales. Chacune de nos reproductions porte l'estampille de la Réunion des musées nationaux - Grand Palais, garantissant sa provenance et la qualité de sa fabrication.

La fragilité du bronze et les facteurs de dégradation

Lourd, pérenne, solide : le bronze a toujours été un des matériaux les plus utilisés dans la sculpture et ce, depuis l’Antiquité. Son entretien est a priori simple : une couche de cire passée occasionnellement. Les apparences sont pourtant trompeuses : c’est un patrimoine fragile, surtout lorsqu’il est exposé en plein air. C’est le cas au jardin-musée Bourdelle. Une simple manipulation à main nue peut en augmenter l’oxydation ! Alors, exposé en extérieur, le bronze forcément vit, vire, change. Réaction chimique à la pollution, aux débris végétaux (petites feuilles, pollen), aux fientes d’oiseaux, et bien sûr, aux intempéries… À terme, l’œuvre, irréversiblement, se dégrade. Au-delà des coulures verdâtres que l’on observe sur tant de monuments commémoratifs, au-delà des premières traces d’oxydation, le matériau peut être corrodé en profondeur, empêchant toute lecture de l’œuvre.

Coulures verdâtres sur une statue en bronze

La poussière est un autre facteur de détérioration de votre moulage que vous devez prendre en compte. La surface des moulages étant fragile, pour préserver toute la beauté de votre reproduction, certaines précautions sont à prendre. La coloration des pigments de la patine peut en être modifiée par la lumière, la chaleur peut amener la couche superficielle à cloquer et s'écailler, et la résine se consumer.

Précautions pour la manipulation et l'exposition des reproductions

Dès la réception de votre moulage, il est recommandé de le manipuler à mains nues, sans bijou, afin d'éviter la formation de traces/rayures et d'abîmer la surface. Limitez le plus possible la manipulation du moulage à mains nues, pour éviter la formation de traces ou abîmer la surface (sueur et rayure causées par une bague). Une manipulation maladroite de vos moulages peut également les abîmer ou les détruire et les chutes, abrasions ou écorchures sont des risques à prendre en compte. Pour éviter d'éventuels chocs physiques, privilégiez les endroits où vous avez l'espace de circuler. Une négligence lors du déplacement ou le transport de vos œuvres peut également leur porter préjudice. Il est recommandé de manipuler vos moulages avec attention, en évitant de les pousser. Il est préférable de les soulever en saisissant les parties solides et non celles fragiles comme les socles. Outre les chocs et les cassures, le transport peut également laisser des saletés sur vos moulages. Pour les manipuler, il est conseillé de toujours garder les mains propres. Il est également recommandé d'investir dans des gants en coton ou en latex pour simplifier la manipulation.

Il ne faut pas exposer le moulage à une source de chaleur directe ou trop lumineuse (notamment la lune ou le soleil) pendant une longue durée.

L'entretien et la restauration des statues en bronze

Nettoyer un bronze ancien est un art délicat : trop d’agressivité risque d’effacer une patine recherchée, tandis que trop de prudence peut laisser l’oxydation s’installer. L’oxydation est la formation d’une couche verdâtre appelée vert-de-gris, liée à la réaction du cuivre avec l’humidité et l’air. Tous les bronzes ne doivent pas être nettoyés de la même manière : un bronze très patiné peut perdre de sa valeur si on utilise des méthodes trop agressives. Bref, afin d’assurer une bonne conservation du bronze et une lecture de l’œuvre cohérente, la restauration s’avère toujours, à un moment donné, une étape nécessaire. Laisser faire « naturellement » le temps, serait à terme condamner les sculptures. Chose inimaginable dans le cas du jardin-musée d’Égreville : 56 bronzes, posthumes mais originaux, du célèbre sculpteur, sont ici exposés en plein air.

Entretien courant des bronzes

Pour ôter la poussière, optez pour des matériaux doux. Il est conseillé de dépoussiérer votre moulage à l’aide d’un chiffon sec et doux, d’un plumeau ou d’un pinceau à poils doux. Évitez de frotter, de nettoyer avec de l’eau, des solvants ou autres produits votre moulage au risque d'altérer irréversiblement sa patine. Un grattage de surface ou décapage causera des dommages irrémédiables, tout comme l'application de substances (cire, huile, colle…).

Avant toute intervention humide ou chimique, il est essentiel de dépoussiérer l’objet en bronze avec un chiffon doux ou un pinceau à poils souples. Cela évite d’étaler la saleté lors des étapes suivantes, et respecte la patine naturelle de l’objet. Préparez une eau tiède avec un savon neutre (savon de Marseille ou savon noir ménager). Imbibez un chiffon doux non abrasif dans cette solution. Séchez soigneusement avec un chiffon propre. Cette méthode est idéale pour le bronze ancien, car elle réduit les risques d’abîmer la patine.

Traitements spécifiques pour l'oxydation et la brillance

Pour l'oxydation tenace, un mélange vinaigre blanc + eau (dilué) peut être appliqué avec un chiffon doux pour aider à dissoudre les oxydes sans frotter agressivement. Une pâte bicarbonate de soude + eau peut être étalée en fines couches puis frottée délicatement. Sur un bronze doré ou très patiné, certains produits peuvent être trop agressifs. Dans ce cas, il est recommandé de privilégier des solutions très douces ou de consulter un restaurateur professionnel.

Pour faire briller l’objet, une recette traditionnelle est le mélange vinaigre blanc + sel + farine. Le jus de citron dilué avec de l'eau fonctionne sur certaines pièces, mais peut être trop agressif pour des bronzes délicats ou très anciens. Le bicarbonate de soude pur ou en pâte avec de l'eau est une méthode douce pour éliminer la saleté superficielle. Toujours tester d’abord sur une petite zone peu visible pour vérifier que la méthode n’enlève pas la patine originale.

Protection et finitions

Après le nettoyage, l'application d’une cire spéciale bronze (type Renaissance Wax) en fine couche protège contre l’humidité et ralentit l’oxydation. Un polissage léger avec un chiffon doux redonne de l’éclat sans abrasion. Ne jamais utiliser de tampons abrasifs, d’acide trop fort ou de produits non spécialisés, car ces méthodes peuvent rayer le métal ou enlever irrémédiablement la patine. Les produits très acides (vinaigre pur, citron non dilué) peuvent altérer la patine ou la surface fragile. Les crèmes à polir métalliques abrasives peuvent rayer. Les brosses dures ou la laine d’acier sont à proscrire, car elles endommagent irrémédiablement. Pour les pièces d’importance patrimoniale, sculptures de grande valeur ou objets très anciens, il est recommandé de faire appel à un professionnel.

La restauration professionnelle : un processus complexe

Quatre restaurateurs diplômés travaillent de concert depuis la mi-avril. C’est Anne-Cécile Robert qui dirige l’équipe composée également de Denis Chalard et Géraldine Aubert. En tout, 140 jours de traitement de surface ont été prévus, comprenant notamment deux couches de cire sur chaque œuvre. Mais tout commence bien avant la phase de restauration elle-même. D’abord, il s’agit de faire des choix techniques et artistiques en termes de revêtement protecteur, de sablage et de pigmentation. Ensuite, il faut simplement « organiser » le chantier, ce qui suppose une préparation très en amont. Anne-Marie Geffroy, restauratrice, en sourit : « Le métier de restaurateur est pour cela assez complet ! Préparer nos produits, commander et réceptionner le matériel, monter, démonter et remonter les échafaudages, font aussi partie du jeu. Ici, il y 56 statues à restaurer. Certaines sont monumentales comme la statue équestre du Général Alvear. D’autres, atteignent jusqu’à 8 mètres de haut : c’est le cas de la statue représentant la France !

Restauration d'une statue en bronze

Il faut savoir intégrer encore d’autres contraintes. S’il est évidemment impossible de déplacer les œuvres, il est difficile de travailler quand il pleut ou lorsqu’il fait trop froid : le sablage et le cirage des statues deviennent alors impossibles. C’est pour cette raison d’ailleurs, que le planning de restauration suit naturellement celui d’ouverture du musée. On travaillera aux beaux jours. On réservera le travail de sablage qui génère bruit et poussière, aux lundis et mardis, jours de fermeture du musée. Le cirage et le travail de restauration seront plutôt décalés sur le restant de la semaine.

Anne-Marie Geffroy explique : « Nous avons commencé par les sculptures-clés : les plus célèbres comme Héraklès archer, située à l’entrée du jardin, ou les plus sollicitées lors des visites commentées. Je pense notamment à la France, devant laquelle s’arrêtent longuement les publics scolaires. Il aurait été ainsi logique de restaurer rapidement la statue équestre du Général Alvear figurant en bonne place dans le magnifique jardin du musée. Il s’agit, en effet, d’un ensemble monumental sur lequel Bourdelle a travaillé pendant 10 ans. Entouré de la Liberté, de la Victoire, de l’Éloquence et de la Force, cette statue est située au centre d’un parterre particulièrement soigné et fleuri.

Hervé Joubeaux explique : « Le public - comme nous tous du reste ! - est habitué à voir les statues en milieu urbain, les monuments aux morts, etc., subir lentement mais sûrement les outrages du temps. Les coulures vertes et l’érosion font partie de notre paysage. Les modelés s’effacent mais on finit par trouver ça normal… À partir de là, voir un bronze restauré peut choquer certains. La réaction alors, est de dire « mais ça fait neuf ! ». C’est pourtant cet aspect qu’avait voulu le sculpteur, en accord avec le fondeur et le patineur… »

Glossaire des termes de restauration

  • Sablage : procédé mécanique de décapage, c’est-à-dire de mise à nu de la surface du bronze pour éliminer les traces de corrosion pulvérulente voire, les anciens revêtements. De fait, c’est le restaurateur qui, à la lumière de son expérience, décide « où et quand s’arrêter ».
  • Pigmentation : une fois l’œuvre sablée, la démarche de restauration esthétique peut commencer. Des pigments naturels sont éventuellement mélangés à la cire protectrice. C’est une étape artistique, pensée conjointement par le restaurateur et par le conservateur des œuvres. Il s’agit de déterminer si certaines zones, particulièrement dégradées, nécessitent d’être rééquilibrées au niveau visuel, par rapport au restant de l’œuvre et, bien sûr, jusqu’à quel point.
  • Revêtement protecteur : s’il existe des vernis protecteurs, la France, pays tempéré, utilise de préférence, comme c’est le cas au jardin-musée Bourdelle, une cire minérale micro cristalline. C’est une cire translucide et inerte, chimiquement parlant. Elle est souple et « accroche » bien.
  • Patine naturelle : conséquence de l’interaction du métal avec son environnement.
  • Patine artificielle : attaque chimique du bronze créant une corrosion de surface afin de créer une couleur.
  • Réversibilité : caractéristique du revêtement protecteur - revêtement qui peut être enlevé sous l’effet d’un solvant.

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