La productivité du figuier : comprendre les facteurs de récolte

Bel arbre fruitier au feuillage élégant, le figuier est peu exigeant ! Qu’il soit cultivé à des fins ornementales ou pour ses délicieux fruits, il égaye les jardins par son allure atypique et fournit par la même occasion un coin d’ombre durant la période estivale. Le figuier, ou Ficus carica, appartient à la famille des Moracées. Cultivé sur le pourtour méditerranéen depuis plusieurs millénaires, il est l’un des premiers arbres fruitiers dont l’homme a fait la culture. Même s’il est surtout cultivé dans le sud de la France, le figuier s’adapte à toutes les régions si on lui réserve une situation ensoleillée à l’abri du vent et du froid de l’hiver.

Un figuier mature chargé de fruits dans un verger ensoleillé

Le cycle de vie et la physiologie de la production

Pouvant culminer à 10 m de hauteur, il atteint sa pleine production aux alentours de 7 ans, sachant qu’il peut vivre jusqu’à trois siècles. Son feuillage original, joliment découpé, est vert et brillant. Ses fruits, les figues, ne sont en réalité pas vraiment des fruits, mais des inflorescences formant un réceptacle charnu. Celui-ci possède une petite ouverture sur le haut, par lequel entre le pollinisateur, la guêpe du figuier, qui aura pour effet de transformer les petites fleurs de l’inflorescence en fruits granuleux.

Il existe deux types de figuiers : le figuier unifère et le figuier bifère. Le premier ne donne qu’une récolte par an, des mois d’août à octobre. Le figuier bifère, plus répandu, en produit deux, en juillet et en août. On appelle alors les fruits de la première récolte, qui poussent sur les bois de l’année précédente, « figues fleurs ». Les fruits de la deuxième récolte, qui prennent place sur le bois de l’année, sont quant à eux nommés « figues d’automne ».

Rendements et influence du climat

Le saviez-vous ? Même si les figuiers peuvent s’adapter au climat du nord de la France, on notera tout de même une grande différence dans l’abondance de la récolte par rapport au Midi. Comptez environ 10 à 20 kg de fruits dans le nord pour 50 à 100 kg dans le sud. Un arbre arrivé à l’âge adulte, vers ses 10 ans, peut donner de 30 à 100 kg de fruits par an. Le figuier cumule les atouts : c’est un bel arbre d’ombrage, ses fruits embaument et ils sont délicieux. Sa productivité comble tous les espoirs : jusqu’à 75 kg de figues, voire un quintal, par arbre.

Variétés et diversité de la production

Ficus carica se décline en près de 750 variétés de figuiers à travers le monde, dont 250 sont répandues en France. Parmi les figuiers unifères, on retrouve : la variété ‘Ronde de Bordeaux’ qui produit une petite figue au très bon goût ; la ‘Noire de Barbentane’ aux fruits goûteux et sucrés ; la ‘Pastillière’ ou ‘Rouge de Bordeaux’ aux fruits juteux et peu sucrés ; la ‘Violette de Solliès’ ou ‘Bourjassotte noire’, variété autofertile donnant une figue aplatie et savoureuse ; la ‘Marseillaise’, aux figues jaunes sucrées qui possèdent un très bon goût.

Voici quelques variétés de figuiers bifères : ‘Dorée’ ou ‘Goutte d’or’, qui produit de grosses figues dorées, parfumées et juteuses ; ‘Madeleine des deux saisons’, variété autofertile produisant des figues à la chair juteuse ; ‘Grise de Saint-Jean’ à réserver au sud de la France, car sensible au froid. La récolte a lieu fin juin et fin août.

Schéma comparatif montrant le cycle de récolte des variétés unifères et bifères

Techniques de plantation pour optimiser la fructification

Pour planter un figuier, procédez en mars-avril ou encore en automne pour les régions les plus chaudes. Le figuier apprécie les endroits ensoleillés, à l’abri du vent, ainsi qu’un sol frais bien drainé, même calcaire. Il est idéal de le planter à l’abri d’un mur pour le protéger du froid, avec une orientation sud ou bien sud-ouest. Il est possible de planter le figuier en pleine terre ou en pot. En pleine terre, creusez un trou faisant environ 5 fois le volume de la motte en décompactant la terre au fond du trou.

Un figuier en pot nécessitera quant à lui un rempotage tous les 2 ans environ. À la plantation, il n’est pas nécessaire de choisir un pot beaucoup plus grand que l’ancien. Le figuier risquerait de développer ses racines au détriment de son feuillage et de ses fruits. Si vous plantez plusieurs figuiers, laissez environ 4 à 5 mètres entre chaque arbre pour leur permettre de se développer correctement.

Entretien, taille et gestion de la vigueur

Bien que le figuier supporte la sécheresse, un bon arrosage lui permettra de se développer plus rapidement et de fructifier plus abondamment. Un arrosage du figuier deux fois par semaine est conseillé en été pour les régions du sud de la France. Vous pouvez enrichir le sol de votre figuier avec du compost ou du fumier bien décomposé. Apportez également de l’engrais riche en phosphore et en potasse une fois par an.

Le figuier se passe volontiers de toute intervention de taille. Livré à lui-même, il adoptera un port buissonnant. Mais à partir d’un jeune plant, vous pourrez former un arbre sur tige très apprécié pour son ombrage. Vous devrez alors supprimer tous les rejets qui partent du pied pour ne garder qu’un tronc. Ensuite, prenez soin d’éclaircir l’intérieur de l’arbre pour que le soleil pénètre partout. Chez les variétés qui ne donnent que des figues d’automne, la taille peut s’opérer sur tous les rameaux. Contrairement à celles qui donnent aussi des figues-fleurs pour lesquelles vous conserverez intacts quelques rameaux de l’année précédente. Attendez toujours le début de la montée de sève au printemps pour intervenir. La cicatrisation des plaies n’en sera que meilleure.

COMMENT TAILLER UN FIGUIER, TAILLE DE FRUCTIFICATION ET DE STRUCTURE. Jardiner ça fait du bien N°46

Multiplication : du semis au greffage

Le semis d’un figuier débute tout simplement par la récupération de graines dans le fruit d’un arbre femelle. Coupez en deux la figue et extrayez les graines de la chair. Passez-les à l’eau puis immergez-les. Semez les graines dans un terreau spécial semis. Dans le cas du semis, le figuier grandit selon un mode de reproduction sexué, comme il le ferait dans la nature. Semé, un figuier mettra 4 à 5 ans minimum pour donner ses premiers fruits.

Un figuier se bouture pendant le repos hivernal. Il suffit de prélever une branche saine et qui a porté des fruits. Elle doit mesurer une cinquantaine de cm. Placez la bouture dans une potée remplie de terreau léger et deux fois plus large que haute. Opération plutôt délicate, la greffe de figuier est réservée aux professionnels. Un figuier greffé a le bon goût de fructifier plus vite que ses congénères semés ou bouturés. En cas de greffe, vous pourrez espérer une première récolte quasiment dans l’année.

Protection contre les parasites et maladies

Le figuier demande peu de traitements comparé aux autres arbres fruitiers. Le chancre du figuier est causé par un champignon. Bien qu’il n’existe aucun traitement curatif, il est possible de pulvériser l’arbre de bouillie bordelaise à titre préventif. La teigne peut être traitée à l’aide d’un insecticide comme le bacille de Thuringe. Vous pourrez également utiliser des pièges à phéromones, tout comme pour la mouche de la figue. La cochenille, qui provoque une décoloration des feuilles, peut être gérée par l’apport de prédateurs naturels ou de savons noirs.

Les spécificités des variétés : une analyse détaillée

Variétés à fort potentiel de récolte

La ‘Noire de Caromb’ est une variété bifère réputée pour sa chair rouge vif et son goût intensément sucré. Originaire du sud de la France, ce figuier produit des fruits de taille moyenne, légèrement aplatis et à la peau violette presque noire. La ‘Goutte d’Or’ est célèbre pour ses fruits dorés qui lui donnent son nom. Ces figues sont sucrées, juteuses et très abondantes. Ce figuier est apprécié pour sa grande productivité et sa capacité à fructifier même dans des régions plus froides.

Variétés adaptées aux conditions nordiques

Le ‘Rouge de Bordeaux’ est une variété unifère qui produit des figues d’un rouge profond, sucrées et parfumées. Sa récolte a lieu en août et septembre. Il est très apprécié pour sa rusticité et sa capacité à bien se développer même dans des sols pauvres ou peu profonds. La ‘Dalmatie’ possède une excellente résistance au froid et produit de très gros fruits, ce qui en fait un choix intéressant pour les climats rigoureux où la productivité doit être optimisée par une sélection génétique rigoureuse.

Tableau récapitulatif des variétés avec leurs caractéristiques de hauteur et périodes de maturité

L'importance de la pollinisation et de la maturité

Le fruit du figuier, appelé sycone, est un faux-fruit en forme de poire ou arrondi, mesurant entre 3 et 10 centimètres de long. Sa couleur varie selon les variétés, allant du vert au violet, noir ou jaune. La chair est douce, juteuse et parsemée de petites graines comestibles. Une figue mûre est bien colorée, gorgée de sucre et souple au toucher. C’est bon signe lorsque son pédoncule se courbe sous le poids du fruit qui commence tout juste à se fendre. Comme il est fragile, vous avez tout intérêt à visiter votre figuier tous les deux ou trois jours. La récolte des figues doit se faire assez rapidement pour éviter les pertes. Il est conseillé de pratiquer au moins 2 cueillettes par semaine.

Le figuier en pot : une alternative productive

Cultiver un figuier en pot présente plusieurs avantages : adaptabilité aux petits espaces, contrôle de la croissance, mobilité pour la protection hivernale et gestion fine du substrat. Le fait de cultiver en pot limite la taille de l’arbre, ce qui évite qu’il devienne trop envahissant. En pot, vous pouvez déplacer votre figuier selon les saisons pour lui offrir plus de soleil ou le protéger du froid en hiver. Il est essentiel de ne pas choisir un pot trop grand dès le départ pour forcer l'arbre à se concentrer sur sa fructification plutôt que sur un développement racinaire excessif.

Erreurs courantes et bonnes pratiques culturales

Bien que le figuier soit un arbre résistant, il y a quelques erreurs courantes à éviter : un excès d’arrosage, qui peut entraîner la pourriture des racines ; un mauvais emplacement dans une zone trop venteuse ou ombragée ; et l'oubli de la taille annuelle. Une taille annuelle permet de maintenir l’arbre en bonne santé et de favoriser la production de fruits. Dans les régions moins chaudes, on le palissera contre un mur orienté au sud ou au sud-ouest. On peut aussi le cultiver en bac et le rentrer sous serre pour l’hiver, il fait partie des plantes dites d’orangerie au même titre que les agrumes.

Symbolique et usages culinaires

La figue est le fruit de la Terre Promise. Le roi Louis XIV en possédait dans l'orangerie de Versailles. Les figues, en plus d’être délicieuses, sont une excellente source de vitamines, de minéraux et d’antioxydants. Elles sont riches en fibres, ce qui les rend idéales pour favoriser une bonne digestion. De plus, elles sont faibles en calories, ce qui en fait un encas sain et nutritif. Les figues peuvent être consommées fraîches, séchées, en confiture, ou encore ajoutées à des plats salés comme les salades ou les fromages. Les variétés comme la Violette de Solliès et le Rouge de Bordeaux sont particulièrement prisées pour leur utilisation en cuisine.

Illustration d'une figue coupée en deux montrant la texture intérieure

Considérations sur la croissance et la physiologie végétale

Le figuier possède des racines puissantes et traçantes qui lui permettent de capter l’eau en profondeur. Il s’adapte à des sols pauvres, caillouteux ou calcaires, et il préfère une exposition en plein soleil. Bien qu’il tolère la sécheresse, il craint les gels prolongés. Cet arbre est apprécié non seulement pour ses fruits riches en fibres, vitamines et minéraux, mais aussi pour son feuillage ornemental. Il occupe une place importante dans de nombreuses cultures et est un symbole de fertilité et d’abondance. Le Ficus carica est non seulement une plante emblématique des paysages méditerranéens, mais aussi un arbre très utile grâce à sa rusticité et ses délicieux fruits.

Optimisation de la production selon les régions

Dans le Midi, pour les variétés bifères, supprimez en août après la première récolte une partie des pousses de l’année portant des fruits d’automne, cela favorise le développement des figues-fleurs qui mûriront en juillet suivant et évite d’épuiser l’arbre par une trop forte production. Dans les régions plus froides, préférez les variétés unifères. Le choix du cultivar est donc le premier levier de productivité. En Bretagne, Basse-Normandie, Pays de la Loire, Poitou-Charentes, Aquitaine, Limousin, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Corse, on privilégiera les variétés ‘Marseillaise’, ‘Noire de Caromb’ et ‘Longue d’Août’. En revanche, on se limitera au littoral sud et ouest pour les variétés ‘Grise de Saint Jean’ et ‘Violette de Solliès’.

Défis de la culture en climat humide

Le figuier commun apprécie un sol fertile, bien drainé et sableux ainsi qu’une température maintenue entre 18 et 20°C toute l’année. Pour une bonne récolte, l’été devra être sec et chaud, car la pluie peut fendre les fruits en train de mûrir. Pour les régions à pluviométrie importante, il existe des variétés spécifiques. La variété ‘Ravin de Calce’ par exemple, est très résistante en climat humide. Il est donc primordial, pour maximiser ses kilos de fruits annuels, de corréler la variété choisie avec les conditions pédoclimatiques locales.

La question du drageonnement et de la structure

Le figuier est un arbre fruitier d’une grande longévité. Certains sujets comme la ‘Bourjassotte Blanche’ présentent un fort développement et une tendance au drageonnement importante. La gestion de ces rejets est cruciale pour la santé de l'arbre. En supprimant les rejets, on concentre l'énergie vers les branches charpentières qui portent les fruits. Chez les variétés à port érigé, la taille de structure est plus simple et nécessite moins d'interventions. Le choix d'une variété à port compact est souvent recommandé pour les jardiniers amateurs souhaitant limiter les efforts de taille tout en conservant une production de qualité.

Valeur nutritionnelle et conservation

La figue est un fruit fragile qui ne mûrit plus une fois qu'elle est cueillie. Il est donc indispensable de récolter au bon moment. La chair est rose, délicieuse, et parfois ambre selon les cultivars. La conservation peut être améliorée par le choix de variétés à peau épaisse, comme la ‘Noire de Caromb’ ou certaines variétés hybrides issues des travaux de I. Condit, qui offrent une très bonne tenue au transport. Cette aptitude au séchage ou à la transformation en confiture permet de valoriser les surplus de production, transformant un arbre fruitier de jardin en une source d'autonomie alimentaire significative.

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