Le monde végétal regorge de curiosités botaniques, et parmi elles, le bananier occupe une place de choix par sa stature et son mode de développement singulier. Souvent confondu avec un arbre en raison de sa taille imposante, le bananier est en fait une herbe, et pas n’importe laquelle puisque c’est la plus grande au monde ! Une herbe de la famille des Musaceae, plus précisément. Le bananier peut en effet atteindre sept mètres de haut mais ne possède pas de véritable tronc. Au lieu de bois, il se compose d'un « pseudo-tronc » formé par l'emboîtement des gaines foliaires.

Le cycle de vie et la production de régimes
Autre particularité, le bananier ne produit qu’un seul régime à la fois. Une fois récoltés, ces derniers sont séparés en « mains » de bananes. Ensuite la plante meurt et une nouvelle tige, issue des racines du bananier, pousse pour donner de nouveaux fruits. Ce cycle de vie est une caractéristique fondamentale de la majorité des Musa.
Cependant, la nature réserve parfois des surprises qui défient les schémas classiques. À Mahina, Chantal Wong et son compagnon Paul Hirayama n'en reviennent toujours pas : sur un de leurs bananiers poussent 3 régimes ! « Exceptionnel ! », lâche Chantal, même si l'an dernier un pied avait déjà donné 2 régimes. Mais 3 en même temps, c'est rarissime. Il faut croire que Paul a vraiment la main verte : c'est lui qui a planté le bananier en question et celui de l'an passé. A l'époque, peu de gens ont crû que cela pouvait exister. Mais cette fois-ci, les images sont là pour le prouver. Chantal et Paul pensent même qu'un autre pied est sur le point de donner 4 régimes !
Méthodologie d'estimation et quantification
La science agronomique s'est penchée sur la prédiction des rendements. En 1975, des études ont souligné que le calcul systématique des équations de régressions simples et doubles entre le poids net du régime (sans la hampe), le nombre total de doigts et le poids d'un doigt médian, met en évidence un ajustement stable pour divers lots de régimes étudiés, avec le doigt médian de la 4ème main. On obtient une précision acceptable, de l'ordre de plus ou moins 0,5 kg dans l'estimation du poids moyen d'un échantillon de 35 à 40 bananiers environ. Des modifications seront peut-être à faire si on veut appliquer ce système à d'autres zones.

Diversité des variétés et adaptation climatique
Les bananiers sont des plantes exotiques fascinantes qui apportent une touche tropicale à tous les espaces extérieurs. Leur feuillage luxuriant et leur aspect majestueux en font des éléments décoratifs prisés. Cependant, il existe de nombreuses variétés de bananiers, chacune ayant ses propres caractéristiques et besoins spécifiques :
- Bananier Cavendish : Le type de bananier que l'on trouve le plus souvent dans les supermarchés, car il produit les bananes comestibles que l'on consomme couramment. Ce bananier préfère un climat chaud et humide et ne résiste pas bien aux températures froides. Il peut atteindre une hauteur de 4 à 6 mètres en plein sol.
- Bananier Basjoo (Musa basjoo) : L'une des variétés les plus résistantes au froid, originaire d'Asie, il peut atteindre une hauteur de 3 à 4 mètres en pleine terre et est capable de supporter des températures proches de -10°C en hiver, à condition d'être bien protégé.
- Bananier d'Ornement (Musa ornata) : Cultivé principalement pour ses qualités décoratives, il est plus petit (1 à 2 mètres) et ne produit pas de fruits comestibles.
La rusticité est plus ou moins importante selon les variétés. Un internaute a publié sur le forum de « fous de palmiers » des photos de son bananier Orinoco qui fructifie chaque année. Le régime compte une soixantaine de bananes. On dit souvent que l’inflorescence se forme à partir d’une trentaine de feuilles. Puis vient le développement du régime si tout va bien. La difficulté dans nos régions est souvent d’obtenir un régime mûr avant l’hiver. Car une fois les températures nocturnes inférieures à 10°C, la plante passe en repos végétatif.
L'hivernage du bananier du Japon
Culture en milieu tempéré : défis et opportunités
Pour ceux qui vivent dans des régions où les hivers sont froids, le choix de la variété est crucial. Il existe des bananiers en pot, une excellente option pour ceux qui veulent profiter de l’aspect tropical d’un bananier sans s’inquiéter des conditions climatiques extérieures. En hiver, ces plantes peuvent être rentrées à l'intérieur ou placées dans un endroit protégé pour les préserver du froid.
Il y a également le témoignage d’un collectionneur de fruits exotiques proche de Menton qui parvient à faire fructifier ses bananiers. Sur la base de ces informations, j’ai acheté deux Orinoco Dwarf à la Maison du Bananier. Ils sont réputés comme étant les seuls à pouvoir fructifier sous nos latitudes et cette variété « dwarf » a un développement relativement faible pour un bananier. Parmi les deux plantes une seule a survécu. Le spécimen qui a survécu trône dans ma verrière.
Le Bananier en France fait généralement référence à des espèces comme le Musa basjoo, qui est particulièrement adapté aux climats méditerranéens ou atlantiques. Ces bananiers résistent bien aux hivers relativement doux et peuvent être cultivés en plein air avec peu de protection. Le bananier nain est une version plus compacte du bananier classique, parfait pour les petits jardins ou les pots. Enfin, le bananier pourpre est une variété décorative avec des teintes pourpres et rouges sur ses tiges et ses feuilles, ce qui en fait un choix unique pour les jardins.

En somme, qu'il s'agisse de variétés ornementales comme le Bananier d'Ornement ou de variétés productives comme le Cavendish ou l'Orinoco, la gestion du nombre de régimes et la compréhension de la physiologie de la plante restent au cœur de la passion pour ces géants herbacés. La réussite de la fructification, bien que soumise à des aléas climatiques rigoureux, demeure un objectif atteignable pour les jardiniers patients et bien informés, capables de créer des microclimats favorables ou de sélectionner des variétés robustes adaptées à leur environnement spécifique.