La tonte des chevaux est une étape incontournable de la gestion hivernale. Si l’on s’interroge souvent sur le type de tonte à adopter - totale, classique ou en manteau - une question technique prédomine rapidement : combien de tontes un jeu de peignes peut-il supporter avant de nécessiter un affûtage ou un remplacement ? Ce guide technique, structuré pour répondre aux besoins des propriétaires comme des professionnels, explore les subtilités de l’entretien du matériel.

Comprendre la dynamique de la tonte et le rôle des peignes
Pourquoi retirer le manteau de poils de vos chevaux qui leur tient chaud, juste quand l’hiver arrive ? Je vous rassure… ce n’est pas pour faire joli. Lorsque vous travaillez votre cheval, il va transpirer. Malgré tous vos efforts, il ne sèchera pas si facilement. Une fois rentré au box, un courant d’air, et c’est le rhume assuré !
La tonte totale permet de libérer les membres et la tête, évitant les poils collés au niveau du passage de têtière, la boue ou le sable incrustés. Pour une tonte « classique », on laisse la tête et les membres poilus. Pour les antérieurs, on part juste en dessous de la pointe du coude et on remonte en suivant la ligne du poitrail ; pour les postérieurs, on part du grasset et on descend vers le pli de la fesse.
Le choix des peignes est déterminant. Les peignes standards de 35 dents permettent une tonte régulière, laissant environ 1,5 mm de poils. Si vous désirez tondre plus court, il existe des peignes comme les Lister A2C/AC Competition (également 35 dents) laissant 1 mm. Pour les chevaux les plus frileux, les peignes A2/AC laissent 2,5 mm de poils. Toutefois, n’essayez pas de tondre un shetland ou un poulain avec des peignes trop fins : vous risquez d’y laisser quelques dents.
La durée de vie des peignes : le mystère des « dix tontes »
Une idée reçue persiste : les peignes neufs feraient en général une dizaine de tontes. En réalité, cette durée est très variable. Le facteur limitant n'est pas le nombre de chevaux, mais la nature du poil et l'entretien. Un cheval vivant au pré, avec une robe poussiéreuse ou grasse, sollicitera beaucoup plus le tranchant des lames qu'un cheval de concours régulièrement couvert.
Lorsque les peignes ne coupent plus correctement et qu'il faut serrer la vis de pression à l'excès pour obtenir un résultat, c'est le signe qu'il faut les faire affûter. Il est vivement conseillé d'avoir deux jeux de peignes affûtés à portée de main. En changer en cours de tonte permet non seulement de gagner du temps, mais aussi de laisser refroidir le métal, évitant ainsi les risques de brûlure pour le cheval.
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Les règles d'or pour un réglage de pression optimal
L’erreur la plus fréquente réside dans la gestion de la tension des lames. La tension doit être ajustée correctement pour une coupe nette. Une tension trop faible entraîne une coupe inefficace, tandis qu’une tension trop forte provoque une usure prématurée et une surchauffe du moteur.
- Le réglage initial : À l'arrêt, serrez la vis de réglage jusqu'à sentir une légère résistance.
- Le mouvement latéral : La lame supérieure doit pouvoir bouger latéralement dès que la tondeuse est en marche. Si elle ne bouge pas, la pression est trop forte, ce qui risque de griller le moteur.
- L'ajustement en cours de route : Il est parfois nécessaire d'ajuster le serrage d'un quart de tour en cours de tonte si le poil est très épais.
Attention, la vis de réglage ne sert pas à maintenir les peignes en place (ils sont fixés par des vis sur la tête de la tondeuse), mais à appliquer la pression nécessaire au cisaillement.
Entretien, lubrification et stockage : les clés de la longévité
Une tondeuse bien entretenue est une tondeuse qui vivra longtemps. La première règle d'or est de la nettoyer après chaque utilisation. Utilisez un pinceau pour enlever les poils et la poussière, voire un compresseur d'air pour les zones difficiles d'accès.
La lubrification est cruciale : appliquez de l’huile spécifique pour tondeuses (le gasoil est proscrit) toutes les 10 à 15 minutes pendant la tonte. Une lame bien lubrifiée coupe plus facilement et s'use moins rapidement. Après la tonte, essuyez l'huile, démontez les peignes et nettoyez le filtre à air.

Le stockage est tout aussi important. Ne stockez jamais vos peignes dans une boîte en bois, car le bois contient de l'humidité et des acides naturels qui provoquent la corrosion et la rouille. Rangez votre matériel dans un endroit sec, à l'abri de l'humidité et de la poussière.
Diagnostic des pannes courantes
Si votre tondeuse laisse des traces ou refuse de couper malgré un serrage correct, vérifiez les points suivants :
- Peignes émoussés : Si les dents sont abîmées ou rouillées, remplacez-les immédiatement. Des dents cassées peuvent blesser l'animal.
- Poils coincés : Un nettoyage régulier du filtre et des lames est indispensable.
- Choix du peigne : Si vous utilisez un peigne très fin (type 31 dents) sur un poil très épais ou sale, il est normal que la tondeuse « bourre ». Dans ce cas, privilégiez des peignes avec un écartement plus important pour dégrossir.
La préparation du cheval comme facteur de durabilité
La qualité de la tonte dépend aussi de la préparation de votre animal. Un cheval propre, idéalement douché au préalable, permettra aux peignes de glisser sans effort. Une astuce consiste à pulvériser un spray démêlant sur la robe pour faciliter la glisse. La terre est l'ennemi numéro un de vos peignes : elle les émousse instantanément. En prenant soin de votre matériel et en effectuant un affûtage professionnel dès que le besoin se fait sentir, vous garantissez le confort de votre cheval et la pérennité de votre investissement.