La permaculture, un concept qui fait de plus en plus parler de lui, offre une approche du jardinage qui respecte la nature, répond aux besoins humains et maintient un équilibre harmonieux entre les deux. Il ne s'agit pas d'une méthode unique, mais plutôt d'une démarche qui s'adapte au contexte de chacun, permettant de cultiver un potager durable, voire presque sans entretien, une véritable alternative au jardinage classique pour ceux qui cherchent à s'affranchir des corvées et à profiter pleinement de leurs récoltes. Si l'on entend beaucoup parler de buttes en permaculture, il est tout à fait possible de démarrer un potager en suivant ses principes sans avoir recours à ces structures.

Qu'est-ce que la Permaculture ? Les Fondements d'une Agriculture Durable
Le mot « permaculture » signifie « agriculture permanente ». Ce concept regroupe des techniques d’aménagement, de design et de culture ancestrales ainsi que novatrices, s'inspirant du modèle d’agriculture naturelle de Masanobu Fukuoka. En trois mots, la permaculture est une démarche qui vise à respecter la nature, respecter les besoins humains, et garder un équilibre entre les deux. Elle prend en compte le respect de l’humain et de l’écologie, offrant ainsi une solution idéale pour cultiver son potager en accord avec la nature, sans pollution, sans labour et sans pesticide. Cette méthode de culture possède de nombreux avantages, dont celui de pouvoir cultiver un jardin potager avec un entretien minime, ce qui en fait une méthode adaptée aux “gens pressés” !
Trois piliers éthiques fondamentaux constituent la permaculture, essentiels au processus durable de la vie. L'un des principes clés est de s'adapter au contexte de chacun. Chaque jardin ou potager en permaculture est unique car il est adapté aux objectifs de ses propriétaires et à son environnement. Le principe de base est de s’inspirer de la nature pour les cultures : les espèces sont multiples, indigènes, et peuvent interagir entre elles. Bien sûr, insecticides et engrais sont proscrits, et les surfaces sont optimisées, ainsi que l’utilisation de l’eau et du soleil. Le but étant de ne plus détruire les écosystèmes, un autre bénéfice est que les jardins potagers cultivés en permaculture demandent beaucoup moins de soins que les jardins traditionnels. Il n’y a pas une méthode de permaculture, c’est à chacun de réfléchir et de construire sa propre permaculture, car celle-ci se veut protectrice de la nature et des humains.
La Phase de Conception : Penser son Potager Avant de Planter
Avant même de commencer à travailler la terre, une phase de design, ou conception, est essentielle. Il faut commencer par se poser la question de ce que l'on voudra obtenir avec ce futur potager. Par exemple, un potager peut servir d'exemple pour des publications sur un blog, être un terrain d'expérimentation pour certaines techniques de culture innovantes, ou procurer certains légumes qui ne poussent pas bien dans d'autres potagers du fait de leur conception ou de leur sol, comme les carottes.

Observer son Environnement et Questionner ses Besoins
La première chose à faire est de développer notre sens de l’observation. Il faut commencer par observer l’environnement pour comprendre son fonctionnement naturel. Cela implique de considérer :
- Le climat dans votre région.
- Les zones exposées au soleil et à l’ombre.
- La pluviométrie et les sources d'eau potentielles.
- Les propriétés du sol : est-il meuble, sec, vivant ?
- Les plantes sauvages qui poussent spontanément sur le sol, car elles donnent beaucoup d’indications sur la nature du sol.
- Les végétaux ressources qui abritent la faune et la flore.
- Les animaux qui vivent sur le terrain.
Dans l’idéal, il faut également se demander quels légumes, fruits et arbres on souhaite cultiver, et quelles plantes décoratives on désire intégrer.
Choisir l'Emplacement Idéal
Le choix de l'emplacement est crucial. Il doit être le plus ensoleillé possible pour que les légumes se développent au mieux, et pas trop près d'arbres ou d'arbustes pour éviter que leurs racines viennent coloniser le potager par en-dessous. L'automne, c'est le meilleur moment pour créer de nouvelles parcelles de cultures, parce que la terre aura tout l'hiver pour se bonifier.
Délimiter les Parcelles et Faciliter l'Accès
Pour respecter un autre principe de la permaculture, celui d'avoir un sol vivant, le potager sera obligatoirement entouré d'une bordure. Par expérience, si on ne délimite pas bien les contours d'une zone de culture, le jardinier finit toujours par mettre les pieds dedans, et le tassement que cela occasionne n'est vraiment pas bon pour le sol. Une fois la terre mise en place, elle ne sera plus du tout travaillée, afin de ne pas déranger les vers de terre et les micro-organismes qui y habitent.
Les parcelles doivent être assez larges pour permettre une culture optimale, mais vous devez pouvoir en atteindre facilement le centre. Une largeur standard d'une planche de culture de 1m20 est raisonnable, afin que le milieu soit facilement accessible avec les bras. Vous ne devez pas avoir à marcher dans vos planches de culture, ça tasse le sol, empêchant les vers de terre de faire correctement leur boulot !
Pour délimiter les parcelles, on peut marquer l'emplacement du rectangle du potager avec des piquets et une cordelette après avoir pris les mesures. Le choix des bordures est vaste : planches de bois, bordures en béton, pierres sèches, briques, etc. Il faut choisir selon ses convictions et ce qu'on a sous la main. Pour suivre le principe de la permaculture qui est de recycler le plus possible, on peut récupérer pas mal de matériaux à moindre coût, par exemple sur des sites d'annonces.

Les Méthodes pour Démarrer un Potager sans Butte
Pour démarrer un potager en permaculture, il n’existe pas une seule bonne méthode, mais plusieurs approches possibles. Chacune a ses forces, ses limites et surtout des conditions dans lesquelles elle fonctionne mieux que les autres. L’objectif n’est pas de suivre la « mode » du moment, mais de choisir ce qui est cohérent avec votre sol, votre climat, votre temps disponible… et votre envie de jardiner.
Méthode 1 : Sans Travail du Sol avec une Couverture Végétale Épaisse (No-Dig)
Créer un potager en permaculture sans travailler la terre est la meilleure approche, tout au moins en théorie. Une couverture permanente du sol est en effet idéale pour ne pas chambouler le sol et donc respecter sa structure ainsi que les différentes formes de vie qui s’y trouvent. Cette pratique, appelée "No-dig" ("sans creuser"), est fondée sur l’idée de créer un potager sans retourner au préalable la surface de terre correspondante. Cela permet notamment de conserver la structure naturelle du sol du jardin, préserver la vie du sol et améliorer la fertilité du potager. Dans le sol, les microorganismes décomposent les différents éléments du potager, constitué de couches superposées. Ce processus libère des nutriments et contribue à la formation d’un humus fertile.
Quand démarrer un potager sans travail du sol ?
Plus que la période elle-même, l’état de la terre est une donnée essentielle : la terre doit être humide (mais pas non plus gorgée d’eau), elle ne doit pas être froide et ne doit pas être trop tassée. Si l’une ou l’autre de ces conditions venait à manquer, la vie ne pourrait pas s’installer correctement dans le sol. Pour répondre au mieux à ces conditions et afin de laisser du temps aux vers de terre et autres organismes vivants du sol pour effectuer le travail, la période idéale se situe en fin d’été (après des pluies) ou en début d’automne (quand le sol est humide, mais encore relativement chaud). L’hiver est à éviter, car la terre est alors trop froide.
Vous pouvez éventuellement épandre votre paillage épais au printemps, mais il faut s'attendre à plusieurs mois avant de pouvoir y implanter directement des cultures, car il faut du temps pour que la terre soit naturellement aérée, ameublie et enrichie par un paillage.
Comment procéder ?
Concrètement, il est très simple de démarrer un potager sans travailler la terre. Il faut simplement couvrir le sol avec un paillage épais. L’objectif est double : étouffer la végétation spontanée et l’empêcher ainsi de se développer au printemps suivant, et rendre la terre meuble et directement « praticable » au printemps suivant (ce sont les vers de terre et autres organismes vivants dans le sol qui vont se charger de ce travail d’aération et d’ameublissement du sol indispensable à la mise en place de cultures légumières).
Voici comment procéder :
- Couper l’herbe au plus bas. Laissez-la commencer à se décomposer avant d’épandre votre couverture du sol. Si chez vous il y a de l'herbe, il faut commencer par la décaper pour faire apparaître la terre. Ces plaques d'herbe sont à mettre de côté, car elles pourront être réutilisées.
- Déposer des cartons sur le sol. Cette phase est facultative, mais elle empêchera d’éventuelles adventices coriaces (comme le liseron ou le rumex) de se développer et de traverser le paillage. Il faut enlever le scotch et les étiquettes. Les normes européennes imposent aujourd’hui l’utilisation de colles et d’encres d’origine végétale pour la fabrication des cartons. Arrosez ensuite abondamment la couche de carton et déposez quelques pierres pour la maintenir en place.
- Épandre du fumier frais ou en cours de décomposition, ou du compost. C’est facultatif, mais cela favorisera le développement de la vie au niveau du sol. Une couche de compost mûr viendra ensuite former la deuxième couche, qui devra atteindre environ 5 centimètres. N’utilisez pas de compost frais, car il serait trop nutritif.
- Épandre une couche épaisse (au moins une vingtaine de cm) de paille, de vieux foin, d’herbes coupées, de BRF (Bois Raméal Fragmenté) ou autres matériaux végétaux. L’idéal, en particulier si la terre est tassée, est d’alterner plusieurs couches de ces divers matériaux. Une « couche verte », d’une épaisseur d’environ 10 centimètres, constitue la base. Utilisez des matériaux mous et riches en nutriments. Outre de l’herbe coupée et des déchets de légumes et de fruits, vous pouvez aussi utiliser les fleurs de balcon. La troisième couche est composée de « matériau brun », sur une épaisseur d’environ 10 centimètres. Elle est formée de feuilles, de branches, de paille ou de coupes sèches de plantes vivaces.
Vous n’aurez plus alors qu’à écarter le paillage au printemps suivant pour semer ou planter.
Avertissement : paillage épais et sols lourds
Un paillage épais sur une terre lourde ou très tassée peut faire plus de mal que de bien. Avant de couvrir le sol, il faut prendre le temps d’observer comment il se comporte au fil des saisons. Si la terre reste détrempée longtemps après la pluie ou forme une croûte dure en surface, un travail du sol léger sera souvent préférable au paillage « coup de massue ». Si le sol est déjà vivant, friable et bien structuré, la couverture sans travail du sol sera au contraire une excellente alliée pour démarrer votre potager en permaculture.
Méthode 2 : Avec Travail du Sol Limité
Cette méthode est utile lorsque le sol est compacté ou peu travaillé jusque-là, et qu'il y a un besoin de mettre en culture assez rapidement. Elle permet d’installer des cultures plus vite et améliore l’aération du sol, tout en restant respectueux de la vie du sol si les outils sont bien utilisés.
Quand commencer un potager avec un travail du sol ?
Dans les sols lourds, il est préférable de travailler la terre à l’automne et de cultiver de suite un engrais vert afin d’ameublir et d’aérer la terre. Dans les sols sableux, dépourvus ou contenant très peu d’argile, il est préférable d’attendre le printemps pour débuter les travaux.
Comment procéder ?
Si possible, il faut travailler à la Grelinette ou à la Campagnole. Ces outils permettent d’affiner la terre sans la retourner. Avec la Grelinette, on travaille toujours à reculons, en se servant de son poids pour enfoncer l’outil, puis on opère simplement un petit mouvement rotatif pour ameublir la terre.
Voici les étapes :
- Travailler une première fois sans trop enfoncer les dents. Le but est ici de simplement déraciner les adventices.
- Laisser sécher les adventices ou les enlever pour les mettre au compost (cette solution est préférable si la période est pluvieuse, sans quoi les adventices risquent de redémarrer).
- Travailler à nouveau en perpendiculaire du premier passage, mais cette fois en enfonçant complètement les dents.
- Mettre ensuite du compost et l’incorporer avec un nouveau passage, qui devrait normalement avoir permis un ameublissement suffisant du sol.
Le travail du sol à la Grelinette ou à la Campagnole peut vite devenir éprouvant si l’on veut tout faire d’un coup. Mieux vaut avancer régulièrement sur de petites surfaces plutôt que de se dégoûter dès la première saison. Limitez-vous à une ou deux planches à la fois, quitte à couvrir le reste avec un paillage (ou une bâche) en attendant votre passage.
Pour une surface plus importante, bien que peu compatible avec un potager naturel, le travail au motoculteur (de préférence avec un cultivateur plutôt qu’avec un outil rotatif, également pour éviter de retourner la terre) ou à la motobineuse (mais vous risquez alors de multiplier les bouts de racines d’herbes indésirables) peut s’avérer nécessaire. Plusieurs passages espacés dans le temps permettront d’ameublir correctement le sol et de le débarrasser d’une grande partie de la végétation spontanée. Il sera ensuite impératif de nourrir votre terre par des apports de matières organiques adaptés.
Comment utiliser une grelinette pour préparer le sol du potager ?
Méthode 4 : En Bâchant le Sol
Cette méthode est une solution pragmatique pour nettoyer une parcelle très enherbée sans y passer tous ses week-ends, ou si l'on a peu de temps disponible à court terme. Elle est simple et efficace, limite fortement les herbes indésirables et prépare une terre souple et réchauffée pour les cultures suivantes.
Quand démarrer un potager en bâchant le sol ?
Comme pour la méthode sans travail du sol, la couverture, en l’occurrence une bâche, doit être effectuée lorsque le sol est humide et suffisamment chaud. En vue de cultiver au printemps suivant, la fin de l’été, après des pluies, et le début de l’automne sont les meilleures périodes.
Comment procéder ?
Cette méthode consiste simplement à poser une bâche noire sur la parcelle. La bâche va étouffer les herbes et réchauffer le sol, préparant ainsi la terre. Il est important de bien choisir la période pour ne pas asphyxier le sol. L'utilisation de plastique peut être peu appréciée des jardiniers les plus écologistes, mais c'est une technique efficace dans certains cas.
Enrichir et Protéger le Sol : Les Piliers du Potager en Permaculture
Bien préparer un potager en permaculture passe aussi par la protection et l’enrichissement de la terre pour donner aux plantes les nutriments dont elles ont besoin. Il faudra donc veiller à ce que votre sol reste vivant et en bonne santé.
Le Paillage Permanent
Le paillage permanent est la première chose à faire pour un potager sans entretien. Il faut pailler la terre avant même de planter. Ainsi, le paillage permet de conserver l’humidité au sol et donc de limiter l’arrosage (d'environ 3 arrosages sur 4), mais aussi d’empêcher la prolifération des mauvaises herbes, de renouveler l’humus, ou encore d’enrichir le sol. Les micro-organismes et petits insectes peuvent y travailler à décomposer les éléments qui sont disponibles, le taux d’humidité et la température sont plus stables, ce qui réduit le stress des plantes.
Le mulch peut être composé de paille, de brindille, d’herbe de tonte, de feuille, de déchets de cuisine ou de carton. Le bois raméal fragmenté peut aussi être utilisé pour couvrir la surface du sol. Ce sont des déchets de taille d’arbuste, qui ont été broyés en petits morceaux.
- Le BRF (Bois Raméal Fragmenté) est issu de rameaux jeunes, de moins de 2 ans, qui ont été broyés. Ce broyage permet aux champignons de pénétrer rapidement dans le bois (ils ne peuvent pas pénétrer dans l’écorce) et de le digérer. Ce BRF étalé à la surface du sol rend le sol fertile et aux bons soins des végétaux, en y développant mycélium et humus.
- Les feuilles mortes, très semblables au “paillis” qui couvre le sol des forêts, sol idéal s’il en est. Il faut récupérer les feuilles mortes de son jardin, ou pourquoi pas au bord des routes et les utiliser au pied des végétaux. Il faut cependant éviter les feuilles mortes des noyers et des fruitiers.
- Les tontes d’herbe, riches en azote, elles sont particulièrement adaptées aux haricots, pois, laitues, pommes de terre et autres gourmandes. Faites sécher 2 ou 3 jours votre tonte au soleil avant de l’utiliser en paillis de 10 cm, pour avoir une couverture durable.
Les Engrais Naturels
En plus du paillage, l'ajout d'engrais naturels est essentiel. Le compost est un excellent amendement pour le sol. Les engrais verts, couvrant un sol nu et le rendant plus perméable grâce à leurs racines, apportent en plus, une fois fauchés ou recouverts par un paillis, des nutriments indispensables aux végétaux.
La Vie du Sol et la Biodiversité
En permaculture, la terre n’est jamais retournée ni bêchée. Le sol ne doit jamais être nu. Le principe est de laisser la nature travailler seule et de réduire les interventions du jardinier. Cela implique de prendre soin des insectes du jardin, un acte à ne pas prendre à la légère. La biodiversité du jardin abrite de nombreux insectes auxiliaires très utiles pour lutter contre les parasites, mais aussi des insectes pollinisateurs indispensables pour obtenir de bonnes récoltes. L’hôtel à insectes constitue ce qui se fait de mieux en matière d’hébergement pour ces auxiliaires du jardin. Conserver des zones sauvages autour du potager est également important pour préserver et favoriser la biodiversité.
Planter et Associer les Végétaux
La permaculture permet de cultiver des variétés de végétaux au même endroit. En choisissant la permaculture, vous n’aurez plus besoin de labourer votre sol.
Le Choix des Plantes : Légumes Vivaces et Associations
Le choix des plantes est crucial pour un potager sans entretien. Les légumes perpétuels sont à privilégier car ils n’ont pas besoin d’être replantés chaque année, ont généralement besoin de moins d’entretien, voire pas du tout. On peut par exemple planter du Chou marin, du Plantain Corne de cerf, de la Rhubarbe, du topinambour, du raifort, de la livèche, ou de l’ail des ours.
Les plantes annuelles ou bisannuelles qui se ressèment spontanément sont également une excellente option. Il est simplement nécessaire de laisser un plant monter à graines en fin de saison. C’est le cas de l’épinard-fraise, de l’Arroche rouge, de la bette, de la bourrache, de la chicorée sauvage, du chrysanthème comestible, de la mâche, ou du pourpier.
Les plantes couvre-sol d’accompagnement s’étalent sur le sol sur seulement quelques centimètres de hauteur. La densité de leur feuillage recouvre complètement le sol, empêchant physiquement toute mauvaise herbe de pousser. On peut citer la pulmonaire, les œillets, l’alysse jaune ou encore la rue officinale.

Le Compagnonnage : Associer les Plantes
Au potager, il faut prendre soin de bien associer des “plantes compagnes” à vos cultures. L’association de certaines plantes entre elles permet d’obtenir de belles récoltes et d’avoir un beau jardin en excluant l’utilisation d’engrais chimiques et pesticides. Cette technique, appelée « compagnonnage », consiste à associer, au sein de mêmes cultures, des plantes compagnes l’une de l’autre qui peuvent s’échanger divers services comme par exemple avoir une action répulsive ou toxique sur des insectes spécifiques. Par exemple, faire pousser des oignons à côté de tomates est tout à fait possible. Chaque espèce ayant ses spécificités, plus les plantes seront nombreuses à pousser sur le même terrain et plus le sol sera riche. En outre, cela permet de gérer les réserves d’eau et les nutriments dans le sol, tout en contrôlant efficacement l’ingérence des mauvaises herbes.
La Rotation des Cultures et l'Optimisation de l'Espace
Pour ne pas épuiser votre sol, il faut alterner les végétaux selon leurs besoins en nutriments. Par exemple, plantez des légumineuses pour fertiliser le sol en azote après une culture de tomates. Les parcelles doivent être utilisées tout le temps, donc il faut sélectionner des plantes qui se succèdent dans le temps. La contre-plantation permet de produire beaucoup plus dans son potager en permaculture en optimisant l’espace.
Gérer l'Eau et les Ressources : Optimisation et Récupération
L’utilisation de l’eau et du soleil sont très importants en permaculture.
Récupération des Eaux de Pluie
Récupérer les eaux de pluie dans des réservoirs placés aux quatre coins de votre jardin et de votre maison permet non seulement de disposer d’eau pour l’arrosage, mais aussi d’attirer des oiseaux qui viendront y boire et vous débarrasser des insectes indésirables. Ces réservoirs placés un peu partout dans le jardin vous feront économiser efforts et déplacements.
L'Arrosage Autonome
L’arrosage peut se gérer seul ou presque à l'aide du paillage et d'un système d'arrosage automatique. Beaucoup de légumes se passent très bien du jardinier et n’ont absolument pas besoin de vous pour pousser. On parle des légumes résistants, comme les pommes de terre bien sûr, les courges ou encore les haricots. Vous pouvez également choisir les légumes perpétuels qui se ressèment seuls et se multiplient sans intervention humaine, comme les blettes, les topinambours ou encore les amarantes. Enfin, les sobres comme les oignons, les aromatiques ou l’ail s’adaptent aux températures de saison sans votre aide.
Le Potager en Permaculture au Quotidien : Entretien et Évolution
Une fois que vous avez planté vos végétaux, c’est là que tout commence vraiment. Vous devez poursuivre vos actions pour faire de votre potager un espace fructueux.
La Lutte Naturelle contre les Nuisibles
La lutte contre les maladies et les nuisibles n’est pas une fatalité et peut se gérer sans votre aide grâce à la biodiversité et aux associations de plantes. Les oiseaux vont réguler les ravageurs pour nourrir leurs petits, préservant ainsi les récoltes de votre potager. Dans cet esprit, construire un poulailler à proximité contribue à bien préparer un potager en permaculture. L’action naturelle des poules est bénéfique pour votre potager, elles se délectent des limaces, fertilisent le sol et se nourrissent de vos déchets.
Les Adventices : Plus des « Mauvaises Herbes »
Les adventices ne sont plus appelées mauvaises herbes, et pour cause ! Nombre d’entre elles sont utiles, aux auxiliaires, à la terre qu’elles protègent ou nourrissent, à nous car elles nous donnent beaucoup d’indications sur la nature de notre sol. Et en plus, certaines se mangent ! En occupant tout le temps vos espaces, vous limiterez leur propagation. Dans un potager No-dig, la mauvaise herbe a passablement de mal à proliférer. Il peut toutefois arriver que des herbes sauvages poussent le long des bordures du carreau.

Préparer son Potager pour l'Automne et l'Hiver
Pensez à préparer votre jardin potager pour l’automne et à bien protéger les plantes à l’approche de l’hiver. Cet investissement vous permettra de protéger vos cultures des gelées et d’obtenir ainsi des légumes et des fruits pendant l’automne, voire même en hiver. Pour cela, il est crucial de bien aménager l’intérieur de la serre, si vous en avez une. Prévoyez un espace suffisant pour circuler entre les parcelles à cultiver. Installez également des tréteaux et des planches où installer vos semis. Pensez à pailler autour de vos plantations et pour finir, prévoyez un chauffage d’appoint de manière à gagner quelques degrés en période froide. Placer des points d’eau sous la serre est très utile pour contenir la chaleur en journée et réchauffer la serre le soir venu. Si vous envisagez d’élever des poules, n’hésitez plus ! En construisant un poulailler à côté de votre serre, celle-ci est plus vite réchauffée, car la chaleur générée par les poules réchauffe l’intérieur de la serre.
L'Expérimentation Continue
La permaculture est un processus évolutif. Testez de nouvelles associations et de nouvelles techniques d’entretien. Plantez de nouveaux végétaux. Certaines associations fonctionnent bien ? D’autres ont moins de succès ? Notez-le et prenez-en de la graine pour faire évoluer votre potager au fil des saisons. Vous avez toutes les clés pour organiser votre potager en permaculture et récolter des fruits et légumes savoureux.