Depuis l'aube de l'agriculture, il y a environ 10 000 ans, les paysan·ne·s ont toujours été les gardiens et les architectes de la diversité végétale. En récoltant, sélectionnant et ressemant une partie de leur récolte pour la saison suivante, ils ont façonné des semences adaptées à leurs terroirs et à leurs besoins. Au cœur de cette pratique ancestrale se trouvent les semences populations, également appelées semences paysannes, anciennes ou de conservation. Ces termes, bien que parfois utilisés de manière interchangeable, désignent un concept fondamental pour la résilience des systèmes agricoles et la préservation de la biodiversité cultivée. Alors que le XXe siècle a vu l'industrialisation de l'agriculture privilégier la standardisation et la dépendance aux semences commerciales, un mouvement de réappropriation des semences populations gagne du terrain, porté par des agriculteurs soucieux d'autonomie et d'agroécologie.

La Définition des Semences Populations : Au-delà du Simple Geste de Ressemer
Une semence population est bien plus qu'une graine ; c'est un ensemble de populations dynamiques, reproductibles par le paysan. Le Réseau Semences Paysannes (RSP) propose une définition collectivement consentie en 2019 : les variétés populations sont composées d'individus exprimant des caractères phénotypiques proches, mais présentant encore une grande variabilité leur permettant d'évoluer selon les conditions de cultures et les pressions environnementales. Elles sont définies par l'expression de caractères issus de combinaisons variables de plusieurs génotypes ou groupes de génotypes. Cette variabilité génétique est un atout majeur, permettant une adaptation continue aux conditions locales et aux défis environnementaux.
Ces semences sont sélectionnées et multipliées avec des méthodes non transgressives de la cellule végétale, et sont renouvelées par multiplications successives en pollinisation libre et/ou en sélection massale, sans auto-fécondation forcée sur plusieurs générations. Elles sont librement échangeables dans le respect des droits d’usage définis par les collectifs qui les font vivre, car une semence paysanne est issue d’un processus nécessairement collectif. Ce concept d'échange et de mutualisation est crucial, car il permet de sécuriser les collections vivantes et de renouveler la biodiversité cultivée, face aux risques de pertes dus aux intempéries, maladies ou mauvaises récoltes.
Distinguer les Semences Populations des Autres Types de Semences
Il est essentiel de comprendre les nuances entre les semences paysannes (ou populations), les semences fermières et les semences commerciales, pour saisir pleinement l'enjeu de la biodiversité et de l'autonomie agricole.
Semences Populations : La Liberté et la Diversité
Comme précédemment détaillé, les semences populations sont caractérisées par leur grande diversité génétique. Chaque individu au sein d'une population a un génome différent de son voisin. Cette diversité permet la pollinisation libre et la sélection par l'agriculteur des épis présentant les caractéristiques les plus intéressantes. Elles sont libres de droits de propriété, sélectionnées de façon naturelle dans les fermes et les jardins menés en agriculture paysanne, biologique ou biodynamique. Rustiques et peu exigeantes en intrants, elles possèdent aussi une grande diversité génétique qui les rend adaptables aux terroirs, aux pratiques paysannes ainsi qu'aux changements climatiques. Les variétés de maïs Blanc de Monein, grand roux basque, Rouge d’Astarac ou encore Aguartzan sont des exemples de variétés populations ancestrales que les agriculteurs cultivent et sélectionnent.
Semences Fermières : Une Reproduction Limitée
Une semence fermière est issue d’une variété inscrite au Catalogue Officiel et protégée par un COV (Certificat d’Obtention Végétale) ou un autre titre de propriété intellectuelle détenue par les industriels (brevet). Bien qu'elle soit reproduite sur une ferme, le paysan devra rémunérer l’obtenteur de la variété pour cette utilisation. La grande majorité des agriculteurs ont régulièrement recours aux semences dites fermières. Cependant, avec les variétés actuelles, cette pratique consistant à ressemer une partie du grain récolté, oblige à revenir tous les deux à trois ans à la semence hybride. Ceci est dû à la nature même de l'hybride F1.
Semences Commerciales : L'Homogénéité de l'Hybride F1
Les semences commerciales, dans leur grande majorité, sont des lignées hybrides, issues de croisements entre des lignées pures. Un hybride F1 est une variété obtenue par le croisement de deux lignées pures, souvent par fécondation forcée, comme dans le cas du maïs. L’hybride F1 cumule les caractéristiques des parents, il est très homogène et productif la première année. Sa descendance est par contre très hétérogène et peu productive. Non reproductible par le paysan, les semences doivent être rachetées chaque année. Si l'on sème les graines de cet hybride, on observe des chutes de rendement en moyenne de 15 %. Ces maïs, bien que valorisant l'effet hétérosis du croisement, ne répondent pas toujours aux attentes des agriculteurs recherchant des variétés plus rustiques et adaptées à leur terroir. La "révolution verte" des années 1960 a favorisé le développement et la généralisation de ces variétés hybrides, notamment en France, pour s'affranchir de la dépendance aux variétés étrangères, particulièrement celles des États-Unis.
La Tragédie de la Perte de Biodiversité et le Rôle des Semences Populations
L'industrialisation de l'agriculture à partir du XXe siècle a entraîné une rupture dans la coévolution multimillénaire entre les plantes cultivées, les communautés et les territoires. La semence est devenue une marchandise, produite en dehors des fermes dans un objectif de standardisation, associée à un "paquet technologique" incluant engrais, pesticides chimiques et mécanisation. Cette approche a eu des conséquences désastreuses sur la diversité des plantes cultivées. La FAO estime que 75% de la diversité génétique des plantes cultivées a été perdue entre 1900 et 2000. En France, par exemple, seules quelques variétés de blé, très proches génétiquement les unes des autres, couvrent 80% de l’assolement annuel en blé tendre, et ce sont toutes des lignées pures, avec une diversité intra-variétale nulle. L'industrie, en ne sélectionnant qu’une infime part de traits génétiques en laboratoire pour les généraliser dans de vastes monocultures, épuise cette diversité nourricière essentielle.
Pourtant, les paysan·ne·s du monde ont toujours sélectionné et produit leurs semences, entretenant ainsi cette biodiversité cultivée. 90% des paysans dans le monde utilisent toujours des semences paysannes, échangent leurs semences et leurs plants, et ressement chaque année une partie de leur récolte qu'ils ont soigneusement sélectionnée. Ces pratiques forment des réseaux horizontaux d'échanges, souvent informels, qui enrichissent sans cesse la biodiversité domestique. Les semences paysannes sont un rempart efficace face à cette perte de diversité, offrant la capacité de s'adapter aux changements climatiques et aux pressions environnementales.

Le Maïs Population : Un Exemple Éloquent
Le maïs, Zea mays, offre un excellent exemple de l'histoire et de l'enjeu des semences populations. Il y a 9 000 ans, le maïs commence son histoire sous le nom de téosinte, cultivé par les premières civilisations amérindiennes. Au fil des siècles, le maïs voit son apparition dans les milieux tempérés, notamment aux États-Unis, où l’on recense plus de 20 000 variétés. À cette époque, les paysans cultivaient encore la terre en ressemant une partie de leur récolte et en échangeant leurs semences. Les découvertes génétiques du XIXe siècle ont entraîné la modification de la structure génétique des variétés de maïs par la voie dite « hybride », bouleversant ces pratiques ancestrales.
Aujourd'hui, il est difficile de quantifier la Surface Agricole Utile (SAU) destinée au maïs population à l’échelle nationale. Cependant, face aux risques de contamination des semences de maïs par des OGM et au coût élevé des semences hybrides en bio, des éleveurs bio se sont intéressés à nouveau aux variétés population dès les années 2000. Des programmes comme le projet CASDAR Proabiodiv, dont l’objectif est de co-construire et formaliser un modèle de gestion dynamique locale pour développer l’autonomie alimentaire des élevages en Agriculture Biologique (AB) et à faibles intrants, ainsi que le projet CASDAR Covalience pour la conception d’outils de pilotage et d’évaluation de la sélection du maïs, soutiennent cette démarche. Un premier axe de ce programme permet d’acquérir des données sur les populations de maïs étudiés au sein de la plateforme régionale et en plein champ chez les agriculteurs engagés dans le programme, avec plus de 85 variétés de maïs étudiées.
La fascinante histoire du maïs
La Pratique de la Sélection Paysanne : Le Cas d'Elie Guernion
Le parcours d'agriculteurs comme Elie Guernion, producteur de poulets de chair bio à Ploufragan (22), illustre parfaitement la philosophie et les bénéfices de la culture du maïs population. Depuis son passage en bio en 2010, Elie cherche à sécuriser son système en réduisant sa dépendance aux achats extérieurs. Pour cela, il vise au maximum l’autonomie sur sa ferme, ce qui passe par la production de ses propres semences. En 2021, il se lance dans le maïs épi.
Elie a commencé par chercher de la semence population de 30 ans d’âge à Clermont-Ferrand, ne sachant pas qu'il en existait localement. Il a semé 500 kg, de quoi ensemencer tout son maïs. La première année, malgré un semis moins dense que prévu en raison de la taille des grains et d'un semoir mal réglé, il a tout de même obtenu un "super maïs". La deuxième année, en corrigeant la densité, il a noté une pénalisation de la taille des épis et de leur précocité, tout en récoltant 15 jours plus tôt que l'année précédente.
Sa méthode de sélection manuelle est rigoureuse : il réserve 3 hectares pour la sélection, implantés à au moins 500 m de toute parcelle de maïs hybride pour éviter la contamination. Il ramasse en plusieurs fois l’équivalent de 3 m³ d’épis, de quoi ressemer 3 hectares pour améliorer la semence tous les ans. Cette sélection manuelle est séchée à plat, sur des grilles suspendues, pour la protéger des rongeurs. Le reste est récolté avec un "corn picker" et séché en crible, pour l'alimentation de ses poulets.
Les critères de sélection d'Elie sont précis :
- La précocité : Il choisit de préférence les épis qui ont la tête en bas, signe de mûrissement, et privilégie le maïs corné (grains bombés, signe de précocité) plutôt que denté.
- Le rendement : Il prélève les épis sur les pieds qui en ont deux plutôt qu'un seul.
- Le nombre de grains par épi
- Le remplissage des grains
Il prévoit de mélanger sa sélection avec celle plus précoce d'un voisin l'année prochaine, illustrant l'aspect collectif et dynamique de la sélection paysanne. Pour la germination, Elie procède à des tests réguliers, obtenant d'excellents résultats avec 98% de germination. Il calcule également le PMG (poids de mille grains) pour ajuster sa densité de semis.

Les Atouts des Maïs Populations en Élevage Laitier Bio
Depuis une quinzaine d’années, des éleveurs bio se réapproprient la culture et la sélection de maïs population, conscients de leurs atouts. Contrairement aux maïs hybrides F1, sélectionnés pour leur stabilité et leur homogénéité dans des conditions de production optimales, le maïs population provient de la sélection paysanne, obtenue par "tâtonnements" et essais au champ en pollinisation libre.
Dans les maïs population, on trouve surtout des variétés adaptées au maïs grain et des variétés tardives. Des agriculteurs comme ceux du GAEC de Mille Fleurs, en bio depuis 2010, cultivent du maïs population depuis 2007 pour l'alimentation de leurs 50 vaches laitières. Ils ont constaté que le maïs population est très « volumineux », n'entraînant pas de perte de rendement en maïs ensilage. Bien que parfois un peu plus tardif, la quantité de matière sèche produite est à peu près la même.
Un point essentiel est la densité de semis : le maïs population doit être semé moins serré qu’un hybride pour qu’il ait suffisamment de lumière et qu’il ne monte pas trop, ce qui pourrait réduire le nombre de poupées. Un autre aspect distinctif est l'étalement de la maturité : alors que les individus d’une variété hybride arrivent tous à maturité au même moment, ceux d’un maïs population ne sont pas tous au même stade, la floraison pouvant s’étaler sur 3 semaines.
Ce travail de sélection demande du temps, mais la rémunération de ce temps de travail est justifiée par le coût élevé des semences bio commerciales. Thomas Tuaux, producteur bio à Montours (35), qui cultive le maïs ensilage pour ses vaches laitières à partir de semences qu’il a produites et sélectionnées depuis 12 ans, souligne : « Produire ses semences, c’est se réapproprier une facette du métier d’agriculteur ». Il a commencé pour ne pas dépendre des firmes semencières. Grâce à la diversité génétique de son maïs population, Thomas Tuaux observe une bonne résistance aux maladies. Il travaille notamment la variété Lavergne, qui lui donne des rendements de 14/15 tonnes de matière sèche sur ses bonnes terres. Bien que cette variété ne soit pas très riche en amidon, elle est plutôt riche en oligoéléments et vitamines, un avantage pour son élevage qui ne complète pas en minéraux.
Des groupes d'agriculteurs, comme les membres d'Adage en Ille et Vilaine, mutualisent leurs expériences en sélection de maïs population. Chacun a sa population qu’il sélectionne en fonction de ses besoins, se retrouvant une fois par an après la récolte pour faire le point et progresser ensemble. Romane Orsolini d’Agrobio Périgord, où un groupe teste la production de semences depuis une vingtaine d’années, souligne : « Ce sont des variétés qu’on ne trouve pas dans les catalogues des semenciers. Elles présentent une diversité d’individus, de couleurs et de caractéristiques ».
Le suivi des valeurs alimentaires des maïs population par le contrôle laitier a montré que, bien que tardifs et ne pouvant être semés très tôt en bio, le taux de matière sèche peut être amélioré en gagnant en précocité. Quant aux autres valeurs, elles sont aussi bonnes qu'avec du maïs hybride. Les maïs populations n’ont pas à rougir face aux maïs F1, et leur avantage, c’est qu’ils s’adaptent au milieu, offrant une démarche passionnante qui donne envie d’apprendre et de retrouver des valeurs paysannes.
Techniques de Culture et de Sélection du Maïs Population
La réussite du maïs population demande une bonne préparation du sol pour un développement rapide. Il est crucial d'attendre un sol bien réchauffé pour le semis, généralement autour du 15 mai. Au préalable, des tests de germination sont effectués pour évaluer la densité de semis nécessaire, visant 60 à 70 000 pieds/ha. Elie sème en 75 cm avec un semoir mono-graines, directement après un labour de surface à 15-20 cm, et les graines sont semées à 5-7 cm de profondeur.
En termes de gestion des adventices, Elie passe la herse étrille deux fois en pré-levée, 3 et 5 jours après le semis, puis bine dès le stade 3 feuilles et ensuite deux fois à une semaine d’intervalle.
Lors de la culture et à la récolte, un minimum de sélection est indispensable pour choisir les individus dont les caractéristiques correspondent aux attentes de l'agriculteur. Par exemple, des petits grains pour nourrir des volailles, ou une précocité pour un maïs destiné à l’ensilage. En cours de culture, il faut enlever les pieds les plus chétifs. Puis à la récolte, il faut repérer les pieds les plus intéressants et en garder la moitié des épis pour la semence future. Pour les 10 ares qui permettront de produire de quoi emblaver 8 hectares, il faut compter au moins 36 heures de travail. Le Gaec de Mille Fleurs, par exemple, ramasse 10 ares à la main pour semer 5 hectares l'année d'après, produisant plus de semences que nécessaire pour avoir une réserve de sécurité. Ce travail prend une semaine, à raison de quelques heures par jour à deux, permettant un tri des épis pour faire une sélection massale et ne garder que les plus intéressants.
Les épis entiers sont séchés en cribs, avant d’être égrainés avec une égraineuse. Elie utilise une vieille égraineuse électrique qu'il a récupérée, qui tourne sans fissurer les grains. La semence sélectionnée est séchée à plat sur des grilles suspendues par des fils de fer, pour empêcher les rongeurs d’y accéder. Le reste est séché dans des cribles (grille des cuves de 1 m³ entouré de grillage) avec une rangée de drains au milieu pour assurer une bonne ventilation. Ces cribles sont stockés au sec dans un hangar. Le maïs qui servira à alimenter les animaux est récolté à la moissonneuse classique, tandis que le "corn picker" est utilisé pour ramasser les épis destinés à la semence, séparant les épis de la tige et enlevant les fanes, les préparant ainsi pour le séchage et l'égrainage le printemps suivant.
La Dimension Collective et Réglementaire des Semences Paysannes
Au niveau réglementaire, le maïs population est une semence paysanne issue d’un processus de sélection et de conservation collectif, à partir de variétés anciennes ou locales non protégées par un certificat d’obtention végétale. Elle est librement échangeable au sein de ce collectif. Chaque agriculteur peut produire la semence nécessaire à ses besoins mais ne peut pas en vendre.
Le concept de dynamisme est un point essentiel des semences populations. Elles sont des "populations dynamiques" qui auront tendance à évoluer dans le temps, grâce à la sélection naturelle et à la sélection opérée par l'agriculteur. Cette capacité d'évolution leur permet de s'améliorer au fil des générations selon les objectifs définis et les contraintes environnementales. Elles sont particulièrement adaptées aux modes de production agroécologique car elles conservent un haut niveau de diversité qui leur confère une capacité d’adaptation face à des conditions pédoclimatiques stressantes et face aux organismes bioagresseurs, constituant un levier important de diversité et de résilience des agrosystèmes.
Pour renouer avec ces pratiques collectives et retrouver les savoir-faire paysans autour des semences, des membres du RSP sont allés à la rencontre d'expériences de sélection paysanne dans plusieurs pays, inspirés notamment par les "Casas de Sementes Criolas" (Maisons des Semences Créoles) au Brésil. En France, des "Maisons des Semences Paysannes" germent un peu partout. Ces structures permettent aux paysans, mais aussi aux jardiniers, artisans, cuisiniers, de s'organiser pour conserver et sélectionner collectivement les semences des variétés dont ils ont besoin. Elles mutualisent les différentes étapes, sécurisent les collections vivantes et renouvellent la biodiversité cultivée, tout en protégeant les semences paysannes de possibles accaparements (biopiraterie, confiscation par des gènes et/ou des caractères brevetés). La FD CIVAM 44, par exemple, accompagne près de 80 fermes du département sur cette thématique, avec un noyau dur de 15 exploitations travaillant ensemble sur des tours de parcelle, des égrainages collectifs, et la gestion collective de la semence.

Le monopole radical exercé par l'industrie sur les semences a provoqué la disparition de 75 % de la biodiversité cultivée en 50 ans. Pourtant, les petites fermes, qui constituent 90% des paysans dans le monde et utilisent leurs propres semences, produisent plus de 70% de la nourriture disponible sans dégrader les sols, l'environnement ou le climat, alors que l'agriculture intensive des pays occidentaux, basée sur un modèle d'exportation, ne produit que 30% de l'alimentation consommée dans le monde. Le retour aux semences populations est donc une démarche essentielle pour l'autonomie alimentaire, la résilience des systèmes agricoles et la préservation de notre patrimoine végétal.
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