L'univers du jardinage intérieur et extérieur est souvent marqué par des idées reçues, particulièrement lorsqu'il s'agit de plantes à l'allure majestueuse comme les palmiers ou les succulentes à caudex. La confusion est fréquente, notamment concernant le « palmier de Madagascar » (Pachypodium lamerei), qui malgré son nom vernaculaire, n'est absolument pas un palmier. Cet article vise à clarifier les techniques de multiplication, en distinguant les méthodes adaptées à cette succulente fascinante des réalités botaniques liées aux véritables palmiers.

Comprendre le Pachypodium lamerei : une succulente, pas un palmier
Il est originaire de Madagascar, mais est couramment cultivé depuis longtemps. Le palmier de Madagascar est une plante succulente à caudex, très largement vendue pour la culture en pot, en tant que plante verte, le plus souvent au rayon cactus. Pachypodium lamerei est une plante succulente dont le réservoir d’eau est la tige.
La tige est armée de longues et dures épines. Les feuilles, qui tombent petit à petit à partir de la base, forment une touffe apicale disposée en rosette et le port général de la plante lui a valu le nom de « palmier de Madagascar », bien qu’elle n’ait rien de commun avec les palmiers. Le nom du genre vient du grec pachys, « épais », et podos, « pied », allusion à la base de la tige qui est grosse et trapue. Dans cette espèce, les épines, qui sont en réalité des stipules, sont disposées par groupes de trois, et chaque feuille pousse à la base de cet ensemble ; le limbe est vert brillant, la nervure centrale pâle et l’appartenance à la famille est rappelée par la ressemblance entre ces feuilles et celles du laurier.
Petit, il produit rapidement une tige épaisse de plusieurs centimètres criblée d’épines appariées par 2, surmontées d’une feuille longue et étroite, entière, vert sombre et luisante. La croissance de cette plante est relativement rapide et la tige s’élève, puis finit par se ramifier. La maturité venant, Pachypodium lamerei s’épaissit et se renfle, prenant la forme d’un arbre-bouteille. Une fois mature, le palmier de Madagascar est capable de fleurir.
Floraison et cycle de vie du Pachypodium
Les fleurs couronnent chaque tige feuillée. Elles sont groupées sur une hampe courte. Les boutons turbinés s’ouvrent sur une corolle blanche à crème à 5 pétales. La floraison se déroule durant les mois chauds, et il peut être intéressant de jouer du pinceau pour en obtenir des fruits. Les fruits se développent par deux, ressemblant à des concombres.
Pachypodium lamerei se cultive facilement en pot si on lui donne le substrat qui lui convient et s’il dispose d’une bonne luminosité. Les mois chauds correspondent à la saison de croissance : du printemps à la fin de l’été, le palmier de Madagascar est arrosé, copieusement, mais en laissant l’eau s’écouler librement. Puis on laisse la potée sécher complètement avant le nouvel arrosage. L’hiver correspond à une période de repos, plutôt au sec. Les arrosages sont diminués jusqu’à 1 par mois si le palmier de Madagascar est maintenu entre 10 et 15 °C et presque complètement supprimés s’il est dehors ou à une température proche de 0 °C.
Palmier de Madagascar - Guide complet d'entretien des plantes succulentes (pour débutants)
Peut-on bouturer le Pachypodium lamerei ?
L’enracinement des boutures est difficile, et il vaut mieux éviter les plaies de coupe, sujettes à infection fongique. Pachypodium lamerei se reproduit par semis. Les graines fraiches, à peine sorties du fruit germent en 3 à 4 jours. Les graines sont semées dans un mélange de tourbe/terreau/gravier, très humide et à plus de 25 °C jusqu’à la germination. Dès que la plantule est là, le substrat doit sécher entre chaque arrosage.
Aussi, le bouturage de rameaux prélevés au début de l'été, dans du sable en mini-serre, est parfois évoqué comme une option, bien que le risque de pourriture reste élevé. Toutes les parties du Pachypodium contiennent une sève toxique. Les feuilles peuvent donc présenter une menace pour vos animaux de compagnie. C'est une plante d'intérieur qui aime le soleil, donc choisissez toujours l'endroit le plus ensoleillé de la maison. Ces plantes produisent presque toutes leurs nouvelles pousses pendant l'été. Un mythe assez répandu sur les succulentes dit qu'elles n'auraient pas besoin de beaucoup d'eau. Pour obtenir un Pachypodium florissant, arrosez le vôtre toutes les 2 ou 3 semaines environ entre mai et octobre lorsque le sol s'assèche.
Le mythe du bouturage des palmiers
L'élégance majestueuse des palmiers fait d'eux des atouts remarquables pour tout jardin ou espace vert. Ils apportent une touche exotique qui nous rappelle les plages paradisiaques. Pour obtenir un nouvel exemplaire de cette merveille tropicale sans dépenser une fortune, le bouturage est une méthode souvent recherchée… mais la réponse à cette question fréquemment posée est malheureusement “non”!
Les palmiers ne peuvent être multipliés tels que les feuillus. Bouturer juste une feuille du palmier ne vous donnera donc pas de nouveau palmier. Les palmiers ne peuvent qu’être semés. Le bouturage du palmier n’est possible que chez un petit nombre d’espèces. Les palmiers qui ne forment qu’un stipe unique ne peuvent, par définition, pas se multiplier par bouturage puisqu’ils ne possèdent qu’un seul bourgeon apical.

La division de touffe : seule alternative pour les palmiers
Certaines espèces forment des rejets au pied, par exemple le Chamaerops. Il est possible d'arracher et d'empoter ce rejet quand il a suffisamment de racines. En revanche, si ce rejet n’a pas encore développé ses propres racines, il est inutile d’essayer. Les espèces de palmier dites cespiteuses, qui forment naturellement une touffe de plusieurs troncs, peuvent se diviser. Le bouturage du palmier, dans tous les cas, est en réalité une division de touffe. Mais l’affaire n’est pas des plus simples.
Les palmiers qui se divisent le plus facilement sont les palmiers dattiers, suivis par le palmier doum (Chamaerops humilis), ainsi que les palmiers bambou comme Rhapis et Chamaedorea microspadix.
Si vous tentez l'opération :
- Sélectionnez un rejet sain : Il doit avoir déjà développé quelques racines propres.
- Séparez le rejet : Le rejet, idéalement, doit être cassé à sa base, brisé d’un coup net, et non pas coupé. La coupe, par sciage, écrase les tissus du palmier qui ne seront plus en mesure de s’enraciner.
- Préparez la bouture : Une fois l’éclat séparé du pied, réduisez les palmes en les coupant au niveau du pétiole. Laissez sécher la bouture plusieurs jours à l’ombre.
- Mise en terre : Remplissez un pot avec un mélange de terreau et de sable. Faites un trou assez grand pour accueillir le système racinaire du rejet. Arrosez généreusement pour que le sol soit bien humide, mais sans excès.
Gestion des palmiers regroupés en pot
Les palmiers vendus dans les centres de jardinage se retrouvent parfois à plusieurs dans le même pot. Soit parce que plusieurs graines ont germé non loin l’une de l’autre, soit parce que le regroupement donne un aspect plus fourni (Areca ou Kentia par exemple). Chaque tige est donc réellement un autre palmier. En conséquence, chaque tige peut devenir un grand palmier avec un stipe considérable.
Pour celui qui veut, il est possible de séparer ces palmiers regroupés. Ainsi vous pouvez empoter chaque palmier individuellement et lui donner toute la place dont il a besoin. Pour réussir cette séparation :
- Nettoyez vos outils : Passez votre couteau ou ciseaux sous l’eau chaude, séchez-les et désinfectez-les. Cela évite les bactéries et champignons.
- Retirez la plante du pot : Sortez délicatement le palmier. Enlevez le surplus de terre pour voir les racines.
- Divisez la plante : Choisissez combien de divisions vous voulez faire. Séparez doucement le palmier en plusieurs parties, chacune avec ses propres racines. Si nécessaire, utilisez un couteau propre pour couper la motte.
- Rincez les racines : Rincez la motte avec de l’eau courante tiède pour faire partir tout le terreau. Vous verrez que les racines se démêlent en même temps.
- Rempotez : Mettez chaque division dans un pot avec du terreau frais, tassez légèrement et arrosez.
En tant que professionnel, le bouturage (ou division) du palmier est une technique que nous n’utilisons pas couramment. Elle est trop risquée par rapport aux chances de reprise, mais aussi au risque que l’on fait courir au pied-mère, le pied qui a donné les boutures.
Conseils de culture pour les palmiers en pot
Le rempotage s'effectue généralement en fin de printemps ou en début d'été, lorsque la plante est en pleine période de croissance. Pour soutenir la croissance de vos palmiers, évitez de les laisser trop serrés. Ces deux palmiers, des Washingtonia robusta, ont le même âge (22 mois) : seule différence entre les deux est que le palmier ayant partagé son emplacement avec un autre a vu sa croissance nettement moins élevée, car les racines se sont emmêlées, limitant ainsi le développement de chaque individu.

Pachypodium est une plante à croissance lente. Cependant, s'il est bien arrosé et qu'il bénéficie d'un bon apport de lumière, vous remarquerez une croissance plus importante en été. Il faut beaucoup de temps pour qu'ils grandissent, mais vous pouvez choisir de rempoter votre Pachypodium tous les 3 ou 4 ans, idéalement en avril, s'il commence à vaciller ou à basculer parce qu'il est trop lourd. Bon à savoir : ces plantes peuvent devenir très grandes et il se peut donc que le rempotage ne soit pas possible. Le Pachypodium brevicaule, dont la souche ressemble à une grosse pomme de terre grisâtre, avec ses fleurs jaunes, est une autre variété intéressante. Le palmier de Madagascar Pachypodium est également très beau lorsqu'il est placé autour d'autres cactus poussant en plein soleil.