La gestion des adventices au plus près de la culture demeure l'un des défis majeurs de l'agriculture moderne et du jardinage. Ces dernières années, nombre d’agriculteurs s’orientent vers des systèmes de désherbage alternatifs au tout-chimique, tels que le binage, notamment pour les cultures en ligne comme le maïs, le tournesol, le colza ou les betteraves. Néanmoins, intervenir mécaniquement à proximité de la ligne de semis peut générer de la casse sur la culture. En ne traitant que 30 à 40 % de la surface, la solution du désherbage chimique localisé apparaît comme un bon compromis, en complément du binage.

Les méthodes de pulvérisation localisée en grandes cultures
Le transfert de la pratique d’enherbement sous le rang à grande échelle est très lié à la mécanisation des opérations d’implantation et d’entretien. On distingue trois techniques de désherbage localisé, toutes pouvant être subventionnées jusqu’à 40 % par le Plan végétal environnement.
L'application directe au semis
La première technique consiste à intervenir directement au semis. Une cuve de pulvérisation est, dans la plupart des cas, installée à l’avant du tracteur. Le produit est transféré vers les buses positionnées derrière chaque élément semeur. Il faut compter entre 1 000 euros, avec du matériel de récupération, et 5 000 euros, avec des kits prêts à poser, pour équiper un semoir six rangs. Ce dernier tend à mouvoir la terre à proximité de la ligne de semis. Le produit est appliqué sur une terre relativement fraîche, ce qui favorise son efficacité. En revanche, la mise en œuvre nécessite une très grande attention au semis et vient complexifier le chantier de semis et le réglage du semoir, opération déjà délicate. Il faut veiller en particulier à ce qu’il n’y ait pas de bouchage des buses par projection de terre fine par les pièces travaillantes du semoir.
La désherbineuse : l'outil combiné
La seconde technique consiste à utiliser la désherbineuse. Cet outil est conçu à partir d’une bineuse sur laquelle a été greffée un pulvérisateur disposant de deux buses par rang pour traiter de chaque côté sous la culture. L’atout principal de cet outil est de tout réaliser en un seul passage. Cependant, il ne fait pas bon pulvériser (conditions fraîches sans vent), quand il fait bon biner (conditions asséchantes pour griller les jeunes plantules). De plus, la bineuse génère de la poussière qui vient se coller sur les gouttes posées sur les jeunes pousses de culture.
La dissociation des opérations
La troisième solution consiste à décomposer le binage et la pulvérisation localisée. La rampe du constructeur marnais Sopema est connue dans le monde de la betterave. Composée de trois éléments, elle est disponible jusqu’à une largeur de 54 rangs. Compter autour de 24 000 euros pour une rampe de 36 rangs, électrovannes comprises, sans cuve de pulvérisation, ni pompe. La rampe est la plupart du temps montée sur un relevage avant, ce qui facilite la conduite. Chaque élément est monté sur roues pour assurer le contrôle de la hauteur de pulvérisation. Cet outil offre un bon débit de chantier, le triple d’une désherbineuse.
Rampe de localisation SDM acier regulation agrosystem Xenius
Le binage et le travail du sol : une approche mécanique
Le binage consiste à remuer la terre en surface avec un outil approprié pour ameublir la structure de surface du sol et supprimer les herbes adventices. On dit souvent qu’« un binage vaut deux arrosages » car en cassant la croûte formée en surface du sol, on empêche l’eau de remonter par capillarité et de s’évaporer. Ces techniques nécessitent deux binages au minimum pour permettre une maîtrise durable des mauvaises herbes dans les inter-rangs du maïs.
Dans l’idéal, le binage interrang doit suivre rapidement après la levée pour compléter le désherbage. Néanmoins, cela ne dispense pas d’un second passage en rattrapage sur le rang. De plus, la liste des produits de prélevée tend à se réduire. Pour le désherbinage, les conditions requises pour une bonne efficacité du désherbage chimique (forte humidité de l’air, sol frais…) sont antagonistes avec celles favorisant le binage lorsque celui-ci a pour objectif de détruire les mauvaises herbes.
Techniques manuelles et alternatives pour le jardinier
Pour un jardinier, éliminer les mauvaises herbes est une activité qui peut s'avérer fastidieuse. Longtemps, le produit chimique a été la solution radicale et efficace pour désherber. Il subsiste cependant des produits chimiques que l’on peut utiliser comme désherbant rapide. Il existe 2 grandes catégories de désherbants chimiques : sélectif et non sélectif. Pour un désherbage chimique, préférez des produits non rémanents dont l’action dans le sol est moins longue et permet parfois de planter très rapidement.
Le désherbage manuel et le bêchage
Le désherbage manuel est un pilier du jardinage traditionnel et reste une méthode incontournable pour éliminer les mauvaises herbes. Cette technique requiert de l’huile de coude, mais elle offre un contrôle précis et est totalement respectueuse de l’environnement. Souvent considéré comme rébarbatif, le désherbage manuel peut devenir un moment de détente aussi bénéfique pour vous que pour votre jardin, pour peu qu’il soit fait petit à petit. Le bêchage, technique ancestrale de jardinage, était considéré comme une solution efficace contre les mauvaises herbes.
Outils indispensables pour le jardin
- La binette Nanterre : Elle permet de sectionner les jeunes pousses à la base en raclant le sol avec la lame horizontale de l’outil.
- La serfouette : Elle combine désherbage et binage/griffage. D’un côté, elle permet de trancher la mauvaise herbe à la base, de l’autre côté, la pointe permet d’ameublir le sol autour des plantes à conserver.
- Le grattoir de jardin : Il permet de travailler rapidement le désherbage des allées grâce à sa lame plate qui sectionne les plantules en surface.
- La houe : Elle permet d’arracher de fortes plantes très installées comme les chardons ou les rumex qui ont des racines pivotantes profondes.

Principes de gestion des adventices par temps sec
Contrairement aux idées reçues, il n’est pas préférable de désherber après la pluie, quand le sol est humide et meuble, même si cela facilite l’extraction des racines. En effet, l’humidité va favoriser la repousse de toute racine oubliée. Sachez que c’est par temps plus sec, dès que le sol est ressuyé et par beau temps, que le désherbage est le plus efficace. Les herbes arrachées ainsi sécheront sur le sol sans possibilité de reprise, ce qui peut se produire quand on désherbe par temps humide.
Le désherbage n'est pas toujours nécessaire mais peut s'avérer utile dans les zones cultivées et près des allées. Il faut bien sûr apprendre à apprécier la présence de plantes sauvages qu'on appelle souvent "mauvaises herbes" alors qu'elles sont là pour couvrir le sol, le protéger et l'améliorer. Ces adventices sont aussi des plantes alliées, qu'il faut apprivoiser. Prenez l’habitude de désherber ou de faucher sur les zones proches des allées avant que les adventices ne disséminent leurs graines alentour ! Cela permettra de diminuer la présence de leurs semis sur les zones sensibles.
Entretien des couverts végétaux et tonte interceps
La réussite de l’implantation passe par la réalisation d’un lit de semence à l’automne et la projection des graines dans cette terre travaillée. Certains outils interceps donnent entière satisfaction pour la préparation de la terre. L’entretien de l’enherbement sous le rang se heurte aux mêmes contraintes que le désherbage mécanique de la ligne des souches : pour travailler correctement, les faucheuses interceps doivent respecter une vitesse d’avancement très réduite.
Ces deux dernières années, les matériels de tonte interceps ont bien évolué. Des têtes de coupe à fil sont apparues dans les gammes des constructeurs, en complément ou en remplacement des lames. La configuration de travail des tondeuses a aussi changé, par exemple, chez Ferrand, un portique enjambeur permet à deux modules de tonte de travailler sur le même rang, pour éviter les imperfections liées aux systèmes déportés latéralement. En termes d’entretien, nous enregistrons une moyenne de deux à trois tontes par an, tous sites et toutes modalités d’enherbement confondues. Pour répondre à cette problématique, on peut envisager d’utiliser des brosses polyvalentes herbe-pampres, qui permettent de contrôler la flore par abrasion au sol.

Méthodes alternatives : faux-semis et solutions domestiques
Complémentaire au désherbage manuel, le faux-semis est sans doute l’une des méthodes les plus écologiques. Elle consiste à préparer la terre comme pour un semis (mise à nu et affinage de la terre puis arrosage). Lutter contre les mauvaises herbes ne signifie pas forcément recourir à des produits chimiques ou des outils. Ces recettes utilisent des produits courants de la maison. L’eau chaude détruit les cellules végétales, entraînant la mort de la plante. Pulvérisez cette solution directement sur les feuilles des mauvaises herbes par temps sec. Arrosez légèrement pour faire pénétrer. Le sel est parfois conseillé pour son effet désherbant. Prévenir la repousse des adventices est crucial pour maintenir un jardin sain et esthétique. Enfin, le désherbage thermique, utilisant une perche munie d'un brûleur, est une technique efficace pour traiter les surfaces dures comme les allées, les terrasses et les trottoirs sans aucun produit chimique.