Une pelouse bien entretenue et régulièrement est une pelouse que vous pouvez garder à vie. D’après le dictionnaire, l’entretien est l’action de tenir, de conserver en bon état. Nous dirions donc que l’entretien d’une pelouse consiste tout d’abord de la conserver en bon état et pour ce faire, ne pas la laisser dépérir pendant les épisodes de sécheresse. En résumé, arrosez votre pelouse lorsque le besoin s’en fait sentir est la première opération à effectuer et la plus économique. En effet un mètre cube d’eau vous coutera en moyenne 4 à 5 Euros, vous pouvez donc vous payer environs 10 mètres cube d’eau pour le même prix que votre paysagiste pour une heure de travaux.

La gestion des dicotylédones : comprendre les enjeux
Les mauvaises herbes, telles que le pissenlit, le trèfle ou le plantain, représentent une menace persistante pour la beauté et la santé de la pelouse. Le désherbage manuel est souvent fastidieux, surtout sur de grandes surfaces. C’est ici qu’interviennent les désherbants sélectifs, véritable solution technique qui cible uniquement les plantes indésirables sans compromettre la qualité du gazon.
Il est important de noter que le désherbant sélectif gazon est aujourd’hui interdit aux particuliers en France. Voilà un fait qui surprend encore beaucoup de jardiniers amateurs quand ils arrivent en rayon. J’accompagne régulièrement des clients dans cette transition, et ils cherchent encore un produit chimique qui n’est plus légal depuis le 1er janvier 2019. Un désherbant sélectif pour gazon est un herbicide chimique conçu pour cibler les mauvaises herbes à feuilles larges - les dicotylédones - comme le trèfle, le pissenlit ou le plantain, sans toucher aux graminées qui composent la pelouse.
À retenir : depuis le 1er janvier 2019, la loi Labbé interdit aux particuliers l’achat, la détention et l’utilisation de tout herbicide de synthèse - sélectif ou non. Cette loi ne vise pas que les industries polluantes. Elle concerne chaque particulier qui sort son pulvérisateur dans son jardin, aussi modeste soit-il. Les molécules visées sont bien identifiées : le glyphosate, le 2,4-D et le dicamba constituent les principales substances actives des herbicides sélectifs pour gazon. Ces produits phytopharmaceutiques de synthèse sont classés comme perturbateurs endocriniens potentiels et suspectés de contribuer à la mortalité des pollinisateurs.
Stop aux pesticides dans les lieux publics et place aux alternatives ! - Joël Labbé
Stratégies d'entretien et techniques de désherbage manuel
Après ce préambule, voici les opérations à mener pour entretenir votre pelouse. Au printemps et / ou à l’automne il va falloir dans un premier temps se débarrasser des adventices (mauvaises herbes). Pour cela, l’arrachage manuel reste la méthode la plus efficace pour le trèfle et le pissenlit, surtout au printemps ou en automne quand le sol est humide et que les racines viennent facilement.
L’arrachage manuel reste la méthode la plus efficace, idéalement au printemps ou en automne lorsque le sol est humide et que les racines se détachent sans résistance. Pour éviter que le trèfle se réinstalle, densifiez votre gazon avec un semis de regarnissage : le trèfle a du mal à s’implanter dans une pelouse épaisse et régulièrement tondue à 5-8 cm. La vraie prévention passe par la tonte régulière à une hauteur de 5 à 8 cm. Un gazon dense et bien tondu laisse peu de place aux adventices pour s’installer.

La scarification et le regarnissage : redonner vie à votre gazon
Votre pelouse est maintenant « propre » mais elle manque peut-être de densité. Il va falloir dans ce cas regarnir. Comment faut-il procéder ? Nous préconisons une scarification à l’aide d’un scarificateur, permettant de créer des sillons dans le sol. Un passage dans les 2 sens permet de réaliser un quadrillage. Une fois celui-ci réalisé, il suffit d’épandre des graines à gazon puis de rouler et dans quelques jours les nouvelles graines vont germer. La scarification à également pour vocation de diviser les touffes et de favoriser leur tallage.
Quelles graines choisir ? Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ne pas utiliser un mélange de graines appelé « gazon de regarnissage » car ils sont constitués uniquement de Ray Grass, qui à l’avantage de germer très rapidement mais qui à une durée de vie réduite contrairement à d’autres graminées qui constituent la pelouse comme les fétuques ou paturins.
Nutrition et amendements : vers un sol vivant
Maintenant votre pelouse est propre et regarnie, elle est dense et belle. Il suffit de nourrir cette monoculture. Mettre de l’engrais, surtout pas, vous allez doper votre gazon et le rendre accro. Dans les faits, l’apport d’engrais a pour effet d’appauvrir vos sols et il faudra en mettre sans cesse, dès que votre pelouse sera en manque. Votre sol va s’acidifier.
Nous préconisons un apport d’amendements organique biologiques et de bactéries qui ensemble aident à réguler le PH et apportent à votre gazon les nutriments dont il a besoins. De plus ils aident à la transformation des molécules et les rendent absorbable par les graminées. Les produits portant la mention EAJ (Emploi Autorisé au Jardin), les produits de biocontrôle et les produits issus de l’agriculture biologique restent autorisés à la vente et à l’utilisation pour les particuliers. Ils sont moins immédiats dans leur action que les anciens herbicides chimiques, mais ils protègent votre sol et votre santé sur la durée.
Analyse des adventices courantes et signaux du sol
Il est crucial de savoir interpréter la présence de certaines plantes pour comprendre l'état de votre terrain :
- Pâquerette : Si à la suite du stress estival, des endroits dénudés apparaissent, les pâquerettes ont tôt fait d’y germer en début d’automne et de s’y établir.
- Dent-de-lion (Pissenlit) : Elle apparaît généralement lors d’une déficience en nutriments. Le problème est sa puissante et longue racine pivotante.
- Plantain majeur : Si vous constatez la présence de plantain majeur dans votre gazon, c’est le signe que la surface est trop compacte. Le plantain majeur se développe très bien sur les sols trop tassés.
- Oxalis : L’oxalis aime les endroits chauds et plutôt secs avec ensoleillement direct.

Les alternatives aux herbicides chimiques
Face aux préoccupations environnementales et à la réglementation de plus en plus stricte, les amateurs de jardinage disposent d’options alternatives plus douces que les produits chimiques classiques. Le vinaigre blanc, contrairement à ce qu’on lit souvent, n’est pas vraiment sélectif et son efficacité sur les plantes vivaces reste limitée. Il dessèche les parties aériennes sans détruire les racines.
L’eau bouillante fonctionne bien sur les mauvaises herbes isolées dans les joints de terrasse ou en bordure. Toutefois, aucune recette maison ne peut reproduire l’effet sélectif d’un herbicide chimique, qui repose sur des molécules précisément formulées pour agir sur certains récepteurs végétaux propres aux dicotylédones. Les jardins que j’accompagne depuis la transition de 2019 se portent mieux qu’avant, sans exception. Un gazon tondu régulièrement à bonne hauteur, scarifié une fois par an et regarnissé sur les zones clairsemées se défend seul contre la grande majorité des adventices.
Pour les cas extrêmes, comme un terrain abandonné envahi de ronces ou de solidage, le désherbage manuel reste la base. Le produit commercial pénètre par les feuilles des plantes dicotylédones à détruire et se distribue dans toute la plante, y compris dans les racines assurant la mort de celle-ci. Cependant, il n'existe plus de produit commercial contenant ces substances actives avec la mention "Emploi Autorisé dans les jardins (EAJ)". C'est pourquoi la patience et une gestion rigoureuse de la fertilité du sol restent vos meilleurs alliés.