Le tuteurage est une pratique horticole fondamentale qui va bien au-delà d'un simple maintien physique. Il s'agit d'une intervention stratégique visant à accompagner la croissance, à protéger contre les aléas climatiques et à optimiser la santé de vos plantations, qu'il s'agisse d'arbres majestueux ou de légumes du potager. Apprendre à installer des tuteurs correctement est essentiel pour garantir la pérennité de vos aménagements paysagers.

Principes fondamentaux du tuteurage des arbres
Lors de vos plantations d'arbres et d'arbustes à l'automne, qu'il s'agisse d'un arbre en motte ou en conteneur, d'un arbre à racines nues ou d'une transplantation d'arbre, vous aurez probablement besoin d'installer un tuteur. La question se pose parfois concernant le tuteurage notamment si le sujet mis en terre se trouve à l'abri des vents dominants. En effet, sans tuteur, l'arbre va s'enraciner plus facilement puisqu'il pourra bouger. Dès lors, le tuteurage s'impose mais pas n'importe comment, en permettant au tronc de bouger malgré tout.
Choix du matériel et préparation
Les pieux en châtaignier sont les meilleurs tuteurs puisque ce bois est naturellement imputrescible et n'a donc pas besoin de traitement préalable. Dans le cas des arbres de grande taille, vous pouvez même enfoncer le pieu en biais dans le sol avant la plantation, vous serez plus libre de vos mouvements. Pour les petits arbres destinés à être tuteurés tout au long de leur vie, nous vous conseillons l'installation d'un tuteur en acier dont la durée de vie n'est pas limitée et qui esthétiquement s'intégrera mieux qu'un tuteur en sapin.
Avant de réaliser la plantation, il vous faut choisir un tuteur de dimension suffisante pour qu'une extrémité passe à l'intérieur de la tête de l'arbre et que l'autre s'enterre de 50 cm. Le trou pour la plantation doit être plus large que profond. Le filet entourant la motte des plantes devra être laissé s'il est en textile (dégradable). Certains paniers sont auto-déchirants et peuvent donc rester dans le sol. A réception de la plante, procédez pour certaines plantes à "l'habillage" de la partie aérienne et racinaire. Cela consiste à diminuer le nombre de branches et à tailler celles qui restent pour limiter l'évapo-transpiration. Pour les plantes en conteneurs dont les racines sont très serrées et ont tourné à l'intérieur du pot, il faudra donner 3 ou 4 coups de serpette de haut en bas sur 1 à 2 cm de profondeur (nécessaire sur plantes de terre de bruyère : rhododendrons, azalées, bruyères…).
Techniques d'ancrage pour les arbres
La plantation des arbres à racines nues nécessite un tuteurage vertical. Lorsque le trou de plantation est fait, commencez par enfoncer le tuteur avec une masse, afin qu'il ne bouge plus, en le positionnant face à la direction du vent dominant, ce qui permettra à l'arbre de s'en servir d'appui. Pour les arbres à racines nues, vous pourrez installer le tuteur au fond du trou, au travers les racines en veillant à ne pas les casser.
Dans le cas de la plantation d'un arbre en motte ou en conteneur, nous préférerons installer le tuteur de biais, en bipode ou tripode, afin de ne pas traverser de manière aléatoire la motte au risque de casser une des racines principales. Les grands arbres ou arbuste en motte nécessitent parfois d'être maintenus par des tuteurs tripodes qui ne se s'installent qu'après la plantation. Les pieux doivent être disposés du côté d'où arrive le plus fréquemment le vent - l'ouest généralement. Les trois pieux seront reliés par des barres transversales sous le houppier de l'arbre, ce qui limitera l'effet de levier que pourrait créer le vent.
Le haubanage est une façon de maintenir un arbre mais n'est réservé qu'aux gros sujets plantés en isolé. Il faut trois pieux qui seront plantés en biais autour de l'arbre à une distance correspondant aux 2/3 de sa hauteur. Dans les cas d'un arbre exposé à des vents soutenus ou encore d'un sujet abîmé, proche d'être déraciné, vous pouvez procéder à un haubanage. Il s'agit alors de placer trois points d'attache à 1,50 m du tronc (voire 2 m selon la hauteur de l'arbre), généralement des pieux de fort diamètre enfoncés très largement dans le sol et reliés à l'arbre par des câbles.
Tuteurer et redresser un arbre 🌳
Optimisation du tuteurage au potager
La croissance rapide des tomates en juin, combinée à des conditions de sol peu favorables (sécheresse en surface, terre poudreuse, sol compacté), rend le tuteurage instable. Plutôt que de forcer un unique tuteur dans un sol difficile, la solution consiste à construire un ancrage triangulé, même dans un sol sec.
Méthodes et astuces de fixation
Le tuteurage consiste à soutenir une plante au moyen de structures verticales afin de favoriser sa croissance. Les tomates sont une variété à croissance haute, pouvant atteindre une taille de 2,5 m, voire plus pour certaines variétés de tomates cerise. Lorsque les plants de tomates arrivent à maturité, le poids des fruits peut en outre endommager les branches et entraîner leur rupture. Cette surcharge peut simplement faire plier l’ensemble du plant de tomate, jusqu’à le faire toucher le sol.
- Sol et pénétration : Un sol un peu humidifié permet une meilleure pénétration, sans que la terre ne se fissure autour du bâton. Les tuteurs lisses en bois traité ou en plastique glissent plus facilement.
- Technique du palissage : Le palissage consiste à conduire les tomates au moyen d’une ficelle. Employer cette technique de support à la place des traditionnels piquets évite d’avoir à attacher les tomates à leur support. Enterrez la ficelle avec la motte des tomates. Les racines s’y accrocheront et permettront de bien ancrer la ficelle au sol.
- Sens d'enroulement : Le sens d’enroulement peut paraître anodin. Pourtant, étant dans l’hémisphère nord vous devrez enrouler vos plants de tomates dans le sens des aiguilles d’une montre. Si vous procédez en sens inverse, les tomates ne s’enrouleront pas correctement et s’écarteront du tuteur.
Avantages de la verticalité
Le tuteurage permet à l'air et à la lumière de circuler. Ceci a un impact direct sur la plante. D'une part, les maladies cryptogamiques, ces champignons néfastes favorisés par l'humidité, ont un terrain moins favorable à leur installation et d'autre part, la plante s'épanouit plus facilement, profite au mieux de son environnement et donc fructifie plus généreusement. Il permet également un gain de place considérable en libérant de l'espace au sol pour d'autres cultures qui en plus apprécieront l'ombre du plant et la fraîcheur au pied. Enfin, il apporte un confort aux jardinières et jardiniers qui entretiennent et récoltent plus facilement.

Le choix des attaches et supports ornementaux
Le tuteurage peut s'avérer indispensable selon la nature de la plante, son âge, sa silhouette et sa résistance, mais également les aléas climatiques auxquels elle pourra être exposée. Il sera alors nécessaire de choisir le bon support et la bonne méthode pour l'installer et le faire évoluer.
Critères de sélection des attaches
À quoi être attentif lorsque l'on installe un tuteur ? À sa solidité, en tout premier lieu, qui devra être adaptée à la vigueur, au poids de la plante tuteurée ; à sa résistance aux aléas climatiques, aux vents, aux averses soutenues ; à sa forme qui devra permettre une adaptation à la nature-même de la plante, à sa silhouette, à sa manière de se développer ; à son esthétisme qui devra s'intégrer sans jurer dans l'aménagement paysager.
Vous aurez globalement le choix entre :
- Les attaches en fibres naturelles, ficelles et cordelettes en jute ou sisal biodégradables.
- Les fils en acier gainé ou plastifié, réutilisables.
- Les attaches souples et réglables qui évolueront avec la plante sans jamais la blesser.
- Les clips pour tuteur ou treillage qui se déplacent en un clin d'œil au fil des besoins.
Accompagner les plantes grimpantes et fleuries
En réalité, il y a plusieurs réponses possibles à cette question tant les plantes grimpantes présentent plusieurs modes d'accroche. Prenons l'exemple de la vigne vierge, ses ventouses viendront adhérer à n'importe quel support, y compris les surfaces lisses, sans jamais les altérer. Le lierre lui s'attachera solidement à son hôte via des crampons sur la plupart des surfaces à l'exception des supports lisses.
Pour les très grandes variétés de fleurs, comme certains dahlias pouvant atteindre 2 m, choisissez pour chaque tige un long tuteur, solide, durable, discret ou encore esthétique pour ne pas nuire à la grande beauté de vos plantes fleuries. Installez ceux-ci dès la plantation, avant même d'enfouir les racines ou les rhizomes, afin de ne pas les blesser. Prévoyez une distance de 4 ou 5 cm entre tuteur et tige et des liens souples, en plastique ou en raphia, que vous attacherez en formant un "8" pour ne pas abîmer le végétal.
Erreurs courantes et entretien
Veiller à ne pas percer les bulbes au tuteurage ; traiter les tuteurs ayant déjà servi avant de les réutiliser ; employer du raphia pour ne pas blesser les tiges des plantes sont autant de précautions qui distinguent un bon d'un mauvais tuteurage.
Pièges à éviter
- Installation tardive : Veillez à positionner le support avant la plantation ou au moment de celle-ci pour éviter de blesser le système racinaire.
- Manque d'espace : Ne pas laisser assez d’espace entre la plante et le tuteur peut entraver le développement naturel.
- Hygiène : Tuteurer avec les mains sales peut propager des spores de champignons. Assurez-vous d’avoir les mains propres avant de manipuler les plants.
- Humidité : N’attachez pas les plants si le feuillage est humide pour prévenir les maladies cryptogamiques.
Le tuteurage est une démarche évolutive. Au fur et à mesure de la croissance de votre plante et selon le support choisi, vous devrez apporter de nouvelles attaches souples, réajuster celles existantes ou les ôter. Un tuteurage bien pensé, c'est l'assurance d'un jardin structuré, sain et productif.