Guide complet pour la multiplication et l'entretien des ronciers

La ronce, souvent perçue à tort comme une simple nuisance, est une plante d'une richesse insoupçonnée. Autrefois, la ronce riche en hormone de bouturage, l’auxine, était utilisée par les horticulteurs. Comme l’Ortie, la Ronce est une plante mal-aimée. Comme pour l’ortie sa disgrâce est très récente, cinquante ans tout au plus. Ces quelques années ont suffit pour nous faire oublier sa richesse et ses vertus. Pourtant, la ronce joue un rôle écologique majeur : elle est la plante-hôte de quelques espèces de papillons, notamment le Nacré de la ronce. Les fleurs du roncier servent en été de source de nectar à de nombreuses espèces d’insectes. Par ailleurs, les ronciers sont utilisés par les oiseaux pour y construire leurs nids, et par plusieurs espèces de micromammifères et de reptiles pour se protéger des prédateurs.

Schéma illustrant la biodiversité abritée par un roncier sauvage

Les fondements biologiques de la multiplication par bouturage

La capacité de la ronce à coloniser rapidement les espaces s'explique par son mode de reproduction végétative naturel. La ronce émet des racines dès qu’elle touche le sol. Ces jeunes racines blanches vont libérer de l’auxine si on les hache avant de les mettre à tremper dans de l’eau, pendant 24 h. Cette propriété naturelle est le secret de son succès.

Pour ceux qui souhaitent multiplier des ronciers sur une grande longueur, par exemple sur une centaine de mètres, plusieurs méthodes éprouvées s'offrent à vous. Il est important de noter que sur un livre sur la multiplication des plantes, il est dit que la ronce se multiplie par marcottage, par bouture de bourgeons de feuilles ou bouture de bois vert.

Bouturage de l'osier

Techniques de transplantation et bouturage des tiges

Si vous avez la chance de posséder déjà un roncier, l’idéal est de le laisser se développer. L’idéal est d’aménager un roncier qui couvre une surface d’au moins 10 mètres carrés. Pour planter un roncier, il faut tout d’abord repérer dans la nature une zone où la ronce est bien implantée (surfaces agricoles à l’abandon, friches…). Attention, il existe plusieurs espèces de ronces. Il ne faut pas choisir celles qui poussent dans les sous-bois forestiers.

La transplantation directe est souvent la méthode la plus efficace : déterrez quelques plants à l’aide d’une bêche et plantez-les à l’endroit voulu. L’idéal est de prélever les jeunes ronces qui viennent de s’implanter en bordure du roncier (extrémité des tiges s’enracinant dans le sol).

Pour le bouturage des tiges, prélevez des rameaux secondaires sur une ronce en place, coupez-les en morceaux d’une vingtaine de centimètres de long et plantez les dans le sol à l’endroit voulu. Une autre approche pragmatique consiste à couper une ronce en bouts de 30 cm et à l'enterrer en ligne sur 20 cm de profondeur.

Diagramme des différentes coupes pour le bouturage de tiges de ronce

Le bouturage des racines : une méthode automnale

Le bouturage des racines est une technique particulièrement robuste pour assurer une reprise vigoureuse. En automne, déterrez une ronce et coupez ses racines en tronçons de 5-8 centimètres environ. Ces tronçons, riches en réserves, possèdent une capacité de régénération élevée. Cette méthode permet de multiplier efficacement des individus sains tout en respectant le cycle végétatif de la plante avant l'entrée en dormance hivernale.

Gestion et intégration au sein des haies champêtres

Les haies sont souvent composées de noisetiers, entre autres, enchevêtrés de ronces. Elles peuvent également inclure des frênes et du sureau. La gestion de ces espaces demande une compréhension de la dynamique de croissance de chaque espèce. La ronce est une plante qui pousse très vite. Après quelques années, lorsque votre roncier aura atteint la taille voulue, il sera nécessaire de limiter sa progression en coupant régulièrement à la base les ronces qui colonisent peu à peu le terrain.

Pour favoriser une croissance saine et dense, vous pouvez stimuler votre roncier en disposant en hiver sur votre roncier quelques branches légères et à fortes ramifications. Cette technique protège les jeunes pousses et encourage la structure du roncier à se densifier, offrant ainsi un habitat plus sécurisé pour la faune locale.

Illustration d'une haie diversifiée avec noisetiers et ronces

Considérations sur les espèces compagnes

Lors de la création ou de la densification d'une haie, il est naturel de se demander si les techniques de multiplication employées pour la ronce s'appliquent à d'autres essences. Bien que chaque plante possède ses spécificités, la règle générale pour les haies champêtres est la recherche d'une biodiversité complémentaire. Le noisetier, le frêne et le sureau, lorsqu'ils sont associés à la ronce, créent une structure complexe qui maximise les services écosystémiques du terrain. La multiplication de ces espèces compagnes suit souvent des logiques de bouturage de bois dormant ou de marcottage, des méthodes qui, bien que différentes dans leur exécution précise, partagent avec le bouturage de la ronce l'objectif de créer une continuité végétale robuste.

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