Guide complet sur la greffe du cognassier et des arbres fruitiers à pépins

Le cognassier (Cydonia oblonga), souvent appelé arbre à coings, est un arbuste ou un petit arbre caduc de 3 à 4 mètres de hauteur. Appartenant à la famille des Rosacées, comme le cognassier du Japon, il est un cousin proche des pommiers et des poiriers. Originaire des plaines d’Iran et du Caucase, cet ancêtre parmi les fruitiers était cultivé pour ses fruits, appelés poires de Cydonie, bien avant les espèces que nous consommons aujourd'hui. Si ses fleurs blanches ornent le jardin, sa multiplication reste une étape clé pour tout arboriculteur amateur.

cognassier en fleurs au printemps

Les enjeux de la multiplication par greffage

La greffe est une technique de multiplication végétative essentielle. Si le bouturage et le marcottage permettent également de multiplier les végétaux, la greffe offre des avantages uniques. Elle ne sert pas seulement à reproduire une variété à l’identique, mais permet aussi d’adapter un sujet à un type de sol spécifique (calcaire, acide, humide), de lutter contre certaines maladies et d’agir sur la vigueur ou les dimensions de l’arbre.

Le greffage consiste à réunir deux portions de végétaux d’une même famille : le greffon, partie aérienne que l’on souhaite développer, et le porte-greffe, la partie souterraine qui s’enracine. Pour réussir, il est impératif que le cambium de chaque sujet soit en contact intime. La soudure ne se réalise que si les libers du greffon et du porte-greffe sont accolés.

Panorama des porte-greffes pour le cognassier et le poirier

Le choix du porte-greffe est primordial. Pour ne pas se tromper, il faut choisir un arbre de la même famille et du même genre. On greffe un fruitier à pépins sur un autre fruitier à pépins. Parmi les options courantes pour le cognassier et le poirier, on trouve :

  • Cognassier Sydo d’Angers ® : Créé par l’I.N.R.A. en 1975, c’est une amélioration du cognassier d’Angers. De petite vigueur, il craint les sols argileux mais supporte l’humidité et le froid. Il présente une bonne affinité avec les variétés de poires et de coings.
  • Cognassier de Provence BA29 : Plus vigoureux que le Sydo, il accepte les sols secs et argileux.
  • Cognassier Franc : Adapté aux sols argileux, frais et peu calcaires, il est productif et permet une mise à fruits rapide.
  • Sorbier des oiseleurs : Résiste très bien au froid, se plaît en sols légers et pauvres, et peut atteindre 20 mètres de haut.
  • Poirier franc : De forte vigueur, il convient parfaitement aux tiges et demi-tiges en sols profonds et argileux.
  • Franc néflier de Smith : Utilisé comme intermédiaire sur aubépine pour assurer la compatibilité lorsque l’on veut greffer un néflier.

schéma comparatif des systèmes racinaires de porte-greffes

Le calendrier des greffes de printemps et d’été

La période idéale dépend de l’espèce et de la technique pratiquée. Il faut intervenir lors de la montée en sève. Pour les greffes de printemps (fente, anglaise, incrustation, couronne), les greffons sont récoltés pendant l’arrêt total de la végétation, entre mi-décembre et fin janvier. Ils doivent être stockés dans du sable frais au pied d’un mur au nord ou au réfrigérateur pour éviter le dessèchement.

Les greffes d’été (écusson) se pratiquent de fin août à fin septembre. Pour ces dernières, les greffons sont prélevés juste avant la greffe.

Techniques de greffe au printemps

  • Greffe en fente (mars) : On place les greffons dans une fente pratiquée sur la tranche d’une branche coupée. Elle est déconseillée sur le cognassier car la cicatrisation y est difficile.
  • Greffe à l’anglaise : Nécessite des diamètres identiques pour le greffon et le porte-greffe. Elle donne d’excellents résultats avec un point de greffe presque invisible.
  • Greffe en couronne (avril-mai) : Idéale pour régénérer un vieux fruitier. On insère plusieurs greffons sous l’écorce, ce qui favorise une cicatrisation rapide.

Comment greffer en couronne un arbre fruitier

Protection et entretien des greffes

La réussite d’une greffe repose sur la précision du geste et la protection des plaies. L’utilisation d’un mastic à greffer, comme le Lac Balsam, est recommandée. Cette pâte à base d’huile végétale et de résines naturelles agit comme une écorce artificielle, protégeant le bois des champignons lignivores et des bactéries.

Il est également crucial de veiller à la structure de l’arbre. Arquer les charpentières permet de garantir une bonne structure de départ et de favoriser la mise à fruits. Une formation initiale rigoureuse, associée aux tailles, permet d’obtenir des arbres équilibrés. Gardez vos outils, sécateurs et scies, parfaitement affûtés pour assurer une santé optimale aux végétaux lors de vos interventions.

Vigilance face aux maladies et aux parasites

Le cognassier, comme tout fruitier, peut être sujet à des attaques. Les maladies cryptogamiques, favorisées par une humidité excessive, peuvent causer des taches brunes sur les feuilles et les fruits. Au printemps, des croûtes sombres renfermant le champignon peuvent apparaître.

Une autre menace, le feu bactérien, se manifeste par le dessèchement des fleurs et des extrémités des branches. Par ailleurs, des périodes chaudes couplées à un manque d’eau peuvent fragiliser l’arbre, favorisant l’oïdium, qui recouvre les feuilles d’une poudre blanche et provoque leur flétrissement. Une surveillance régulière et le choix de porte-greffes adaptés sont les meilleures armes du jardinier pour maintenir son verger en bonne santé.

infographie sur les symptômes du feu bactérien

La greffe reste une technique accessible, à condition de respecter les cycles naturels des arbres et la compatibilité botanique. Que ce soit pour multiplier une variété ancienne ou pour adapter un poirier à un sol calcaire grâce à un porte-greffe de cognassier, cette pratique demeure le pilier de l'arboriculture moderne.

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