L’usage de la magnésie est généralisé en escalade. Qu’elle soit en poudre, crunchy, sous forme de gel ou même liquide, la magnésie fait bien partie de l’attirail de la quasi-totalité des grimpeurs. Toujours est-il qu’avec la massification de la pratique, l’usage de la magnésie ne va pas sans poser de plus en plus de problèmes écologiques ou éthiques. Comment faire alors pour continuer à grimper en respectant au mieux notre environnement et la pratique d’autrui ?
La magnésie est issue du carbonate de magnésium, un composé chimique aux propriétés absorbantes exceptionnelles. À la croisée de la chimie et du geste sportif, elle se distingue par sa capacité à éliminer l’humidité présente sur la peau. L’usage de la magnésie dépasse largement le milieu de l’escalade. Elle s’est rendue indispensable dans des disciplines aussi variées que la gymnastique, l’haltérophilie, le street workout et même le padel. Que serait une séance d’escalade sans ce voile blanc sur les mains, sorte de « poudre d’étoiles » qui transforme chaque prise en promesse d’équilibre ? Dans les salles et sur les blocs naturels, la magnésie prévient les décrochages imprévus et renforce la confiance du grimpeur. Les haltérophiles, eux, comptent sur la magnésie pour verrouiller leur prise sur la barre malgré la montée de l’effort.

Les limites de la dépendance à la magnésie
Doit-on le rappeler ici ? La fonction de la magnésie est d’absorber la transpiration excessive des mains. Le coefficient de friction dépend cependant de plusieurs paramètres : surface d’appui, propreté des surfaces, déformation ou usure de la peau, humidité… Et en l’occurrence, pour ce dernier facteur, le mieux est l’ennemi du bien comme le montre cette thèse réalisée en 2015 : Il est certes important pour les grimpeurs d’éliminer l’excès d’humidité de leurs mains. Mais pas trop !
Encore faut-il maîtriser un minimum son usage. Par exemple, on constate souvent chez les grimpeurs débutants (ou pas), utilisant de la magnésie liquide, qu’ils n’attendent pas que le solvant soit évaporé avant de démarrer leur bloc ou leur voie. Ce qui a pour effet désastreux de napper les prises d’une pellicule qui rend celles-ci glissantes. Certains pensent aussi que c’est la quantité de magnésie « emportée » sur les mains qui compte. Du point de vue de la performance enfin, on sait que l’accumulation de magnésie sur les prises conduit à leur encrassement et nuit à la friction.
L'entretien du rocher : une responsabilité collective
Pourtant l’escalade n’a jamais été autant médiatisée, les compétitions n’ont jamais été autant regardées via les streamings. Et qu’y voit-on, entre les essais ? les grimpeurs eux-mêmes ou des membres de l’organisation qui brossent méticuleusement les prises. Point besoin d’évoluer dans le 9a pour brosser les prises ! Et il n’y a pas de mauvaise technique. Vous pouvez faire des petits cercles ou des va-et-vient. Brosser c’est donc un moyen simple de laisser le rocher ou les prises dans un état un peu meilleur que celui dans lequel on les a trouvés pour grimper dessus.
Pendant longtemps, l’outil privilégié par les grimpeurs a été la brosse à dents toute simple. Leur petite tête s’adapte à toutes les formes de prises, y compris les trous pour lesquelles elles sont presque idéales. Malheureusement, depuis le début des années 90 et la crise de la vache folle, on ne trouve plus de brosses en soies naturelles. Actuellement, le marché regorge de modèles de brosses. Autant dire qu’on n’a plus d’excuses !

Si c’est juste pour le bloc, alors peu importe la taille. Quelle est la forme des prises que vous allez brosser ? Si ce sont exclusivement des plats ou des grandes zones, alors autant choisir des brosses avec une surface de brossage importante. La qualité des soies a aussi son importance : le crin de cheval, fin et souple, est idéal sur des roches tendres comme le grès. Les soies de sanglier, plus nerveuses, sont quant à elles polyvalentes et permettent un nettoyage très efficace. De même, vous serez attentifs à la densité des soies : une grande densité offre un brossage efficace, sans avoir à appuyer.
Choisir son équipement de nettoyage
Même si les brosses en plastique sont constituées pour la plupart de matériaux recyclés, une fois usées, on n’aura pas d’autre choix que de les mettre dans la benne. Ce n’est pas le cas du bois, ou du bambou. Vous trouverez ci-dessous un petit échantillon, non exhaustif, de ce que l’on peut trouver sur le marché :
- Brosses spécialisées : Climbingbrush est un fabricant « source ». Utilisation : Plats, réglettes.
- Modèles classiques : La classique d’Enove. Utilisation : Trous, réglettes fines.
- Finitions artisanales : Des brosses 100 % faites main avec des bois nobles.
- Packs complets : Le pack « Brush set » comporte la brosse S et la brosse L, plus une poncette.
UFSBD Tuto « Un bon brossage c’est BROS »
Diversité des formes de magnésie et alternatives
La magnésie se décline aujourd’hui sous plusieurs formes. Traditionnellement, la poudre fine ou « chunky » régnait dans les seaux et les sacs, offrant un dosage intuitif, tout en laissant parfois une brume volante dans l’air des salles. Les blocs (ou pains), compacts, rappellent le geste ancestral du grimpeur qui frotte ses doigts sur une pierre blanche. Plus récemment, la magnésie liquide s’est imposée comme la coqueluche des espaces intérieurs. Dissoute dans de l’alcool et enrichie de divers additifs, elle s’applique comme une crème, sèche en clin d’œil, et réduit largement la poussière en suspension.
L’émergence de la magnésie liquide répond à plusieurs défis : réduire la pollution de l’air en salle, faciliter l’application et offrir une adhérence qui dure. Son secret ? Un mélange de carbonate de magnésium et d’alcool volatilisé après quelques secondes, laissant une couche uniforme et blanche. Là où la magnésie liquide brille, c’est dans les salles exigeant une hygiène irréprochable et lors des compétitions souises à un règlement strict sur la poussière.
La crème protectrice à base de magnésie vient compléter la gamme moderne et séduit les adeptes de pratiques intenses ou répétées. D’un côté, la magnésie en poudre séduit par sa facilité d’utilisation, son prix abordable et la possibilité de « recharger » les mains en pleine action sans interruption. De l’autre, la magnésie liquide brille par sa propreté et sa capacité à laisser les équipements et l’ambiance de la salle exempts de poussière blanche. De nombreuses magnésies intègrent aujourd’hui des additifs tels que la colophane ou la résine afin d’accroître la friction.
L'aspect mental et la gestion de l'imprévu
Pour qui s’intéresse au circuit international des compétitions d’escalade, il est certaines étapes dont on regrette de les avoir regardées. Avec des ouvertures calamiteuses en finale femmes et hommes, on pourrait dire cela d’une étape de coupe du Monde de difficulté qui a eu lieu il y a quelques années à Villars. Cette grimpeuse est tellement au-dessus du lot que cela aurait presque pu passer inaperçu. Au regard de la difficulté de la voie, des conditions météo plutôt tièdes et du nombre de volumes et autres prises plates, cela promettait un peu de sport.
Il n’y a là rien de surprenant, tant ce geste est automatisé. En tant que spectateur, on n’y prête guère attention la plupart du temps. Ici, la question n’est pas tant de savoir si la magnésie est utile ou pas à la performance. Car personne ne pourra contester que pour tenir des prises plates, il vaut mieux avoir les mains suffisamment sèches. C’est donc plutôt la question de savoir si on transpire naturellement peu ou beaucoup des mains. Métabolisme très variable d’une personne à l’autre.
Alors, oui, on peut dire que pour Janja, grimper sans magnésie dans cette voie de demi-finale a été gênant. Et cela a probablement influencé et modifié son rythme d’ascension naturel. En effet, son profil très athlétique lui permet normalement, après chaque pas dur réalisé, de trouver une décontraction, même brève, sur à peu près n’importe quelle prise. Comme elle grimpe assez vite, elle a aussi le temps de se « reposer » plus longuement aux repos prévus par les ouvreurs. Ceci n’est cependant qu’une réflexion, très difficile à objectiver, puisque la performance se réalise ici dans une voie à-vue.
Une des grandes qualités de cette grimpeuse est qu’elle est « joueuse ». On le remarque particulièrement en bloc et cela fait souvent la différence avec ses adversaires. Janja s’engage à fond dans les mouvements, même les plus aléatoires, se donnant plus de chances de réussir. Pour en revenir à cette demi-finale de Villars, il a été très intéressant de noter quelle a été sa réaction face à cet imprévu fâcheux. Et bien elle a rigolé. Et ce, tout au long de la voie. On pourra rétorquer que de toute façon, Janja était au-dessus du niveau de la voie. Mais tout de même. Cet état d’esprit est un atout très important pour cette championne. On dit souvent qu’une victoire ou que la réussite se joue « au mental ». Sûr qu’ici, prendre le parti de rire de la mésaventure, plutôt que se laisser invahir par des pensées négatives à la suite de la perte du sac à magnésie aura contribué à mieux faire passer la pilule… Et les crux !

Au-delà du rocher : l'escalade en milieu naturel
Traverser un glacier ou gravir une arête neigeuse vous permet de profiter des paysages à couper le souffle et de vivre des expériences inoubliables. En plus de l'aspect grandiose, progresser sur neige évite de marcher dans des chaos de blocs ou sur des pentes d'éboulis scabreuses. Néanmoins, la progression sur glacier et l'alpinisme comportent un certain nombre de dangers et de contraintes, notamment en ce qui concerne les crevasses. Avertissement : l'information détaillée dans cet article est non-exhaustive. Il est essentiel de suivre des formations et un programme d'entrainement adaptés. Tomber dans une crevasse représente un des risques majeurs de la progression sur glacier. L'efficacité sur neige, que vous progressiez en terrain raide ou sur un parcours d'arête, est gage de sécurité. La gestion de l'humidité, qu'elle soit sur les mains via la magnésie ou sur les vêtements en haute montagne, reste un facteur clé de la réussite et de la sécurité du grimpeur.