Souvent confondue avec la guêpe, l’abeille est la plupart du temps considérée comme un insecte dangereux, qui risque de piquer si elle nous approche ! Elle est ainsi vue comme un insecte à éviter ou même à éliminer. Pourtant, il s’agit d’un insecte indispensable à nos vies, à notre alimentation et à la bonne santé de nos jardins. Découvrons ensemble le monde fascinant des abeilles, leur rôle crucial dans la nature et leur processus de reproduction complexe, souvent désigné comme l'explication des "abeilles pleines de semence".
Qu'est-ce qu'une abeille ? Une Introduction à l'Insecte à Six Pattes
L’abeille est un insecte, c’est-à-dire qu’elle a six pattes. Même si elles ne fabriquent pas de miel, les abeilles sauvages ont un rôle très important dans la nature ! Elles pollinisent et nous permettent de manger de bons fruits et légumes ! Elles font partie des insectes pollinisateurs les plus efficaces. La pollinisation est l’un des principaux services que rendent toutes les abeilles aux autres êtres vivants. Elles transportent le pollen d’une plante ou d’une fleur, qu’elles vont déposer dans une autre, de l’organe mâle à l’organe femelle, du pistil à l’étamine. En pollinisant, elles permettent la reproduction d’une très grande partie de plantes et de fleurs : les plantes donnent alors un fruit !

Le Rôle Crucial de la Pollinisation
La pollinisation est un processus essentiel à la survie de la majorité des espèces terrestres, l’Homme en première ligne. C'est le terme employé pour désigner le transport du pollen issu des organes de reproduction mâle des plantes à fleurs, vers les organes de reproduction femelle. Ce phénomène peut parfois avoir lieu sans l’action de pollinisateurs comme les abeilles sauvages. En effet, certaines plantes sont hermaphrodites et peuvent donc s’auto-féconder. L’action du vent ou des pollinisateurs permet un brassage génétique, qui lui-même permettra de rendre les plantes plus résistantes en évitant la consanguinité.
La pollinisation est un mode de reproduction qui concerne un grand nombre de plantes (les gymnospermes et les angiospermes). Il faut savoir que la reproduction des plantes peut être sexuée, asexuée ou par clonage. La pollinisation est donc une opération qui consiste à transporter les grains de pollen, par l’intermédiaire d’un pollinisateur, d’une plante à l’autre de la même espèce (un cas d’autofécondation) ou d’une espèce différente (un cas de pollinisation croisée).
La Co-Évolution des Plantes et des Pollinisateurs
Les premières plantes terrestres, apparues il y a environ 450 millions d’années, sont les mousses et les fougères, qui se reproduisent par spores. Il y a environ 400 millions d’années, des plantes avec des tiges plus ramifiées, des feuilles, et des feuilles modifiées en fleurs sont apparues : les Gymnospermes (sapins, cyprès, pins, etc.). Elles se reproduisent sexuellement et ont des fleurs mâles et femelles regroupées en cônes. Le vent est le principal vecteur de pollinisation pour ces plantes, transportant une grande quantité de pollen au hasard.
Il y a 130 millions d’années, dans les zones équatoriales, certaines plantes ont évolué pour créer des structures florales plus complexes, avec des cavités fermées spéciales, les ovaires, pour protéger leurs ovules. Ces plantes sont appelées « Angiospermes ». La protection des ovules à l’intérieur d’une cavité (l’ovaire) rend cependant difficile l’accès du pollen pour les féconder. Pour résoudre ce problème, les Angiospermes ont développé des structures autour de l’ovaire avec des textures, des couleurs et des odeurs attrayantes pour les animaux spécialisés, ainsi que des récompenses alimentaires (nectar et pollen), afin que lors de leurs visites, ces animaux s’imprègnent de pollen et le transportent d’une fleur à l’autre.
Les fleurs placent la récompense de manière à ce que, pour l’obtenir, l’animal doive frotter les anthères contenant le pollen, en emportant une partie de celui-ci, et doive également frotter la partie supérieure de l’ovaire, le stigmate, où une partie de ce pollen sera déposée. Les plantes à pollinisation entomophile et les insectes ont « co-évolué », développant des stratégies pour optimiser leur relation.
L'Impact de la Pollinisation sur Notre Alimentation et la Biodiversité
Les pollinisateurs aident à préserver la biodiversité, notamment grâce à la pollinisation croisée des espèces dans les jardins ou les parcs sauvages par exemple. Ils rendent donc un grand service à l’être humain, en permettant à la nature de se développer. L’insecte pollinisateur participe également au rendement des cultures, aussi bien privées comme le potager que pour les éleveurs professionnels. Ils sont donc très utiles et appréciés par les agriculteurs. En effet, les trois quarts des cultures mondiales dépendent des insectes pollinisateurs. La reproduction par pollinisation croisée de nombreuses espèces dépend des abeilles sauvages.

Grâce à la fécondation des fleurs par la pollinisation par les abeilles, les graines et fruits ainsi obtenus contiennent des micronutriments très bénéfiques pour la santé des hommes. On retrouve dans les cultures des abeilles, des syrphes, des lépidoptères… Ils constituent une communauté de pollinisateurs. Les plantes pollinisées offrent une ressource à leur pollinisateur. C’est un liquide sucré qui est produit par les nectaires des fleurs. Le pollen est une ressource très riche en protéines. Certains pollinisateurs ne consomment que cette ressource et se désintéressent du nectar ; on appelle ces insectes des pollenivores. Le pollen est récolté par les abeilles grâce à leur paire de pattes arrière que l’on nomme les corbeilles à pollen.
On estime que parmi les plantes les plus cultivées au monde, 80% d’entre elles sont entièrement dépendantes des pollinisateurs pour leur reproduction. Cela signifie que sans les abeilles (qui représentent le groupe le plus actif de pollinisateurs), presque toutes les plantes que nous utilisons pour nous nourrir, nous soigner ou nous habiller disparaîtraient ! Finies les salades de melon durant l’été, finis les verres de jus de pomme au réveil et finie la confiture à la fraise sur les crêpes ! En 2009, des chercheurs ont avancé que l’action des pollinisateurs envers les productions agricoles pouvait être valorisée à hauteur de 153 milliards d’euros par an !
35% de la nourriture mondiale existe grâce aux abeilles
Qu'est-ce qu'une abeille domestique ? La Vie en Ruche
Les abeilles s’organisent et coopèrent au sein de la ruche, elles travaillent et vivent ensemble. C’est l'abeille « domestique », une dénomination qu’elle doit au fait qu’elle est élevée par les humains, contrairement à celle qui vit à l’état sauvage et qui se prend entièrement en charge. L'abeille mellifère (Apis mellifera) ne se limite pas à une seule plante à fleurs. Elle peut butiner le nectar sucré de centaines d’espèces de plantes. Seul obstacle face à cette prouesse, la taille de sa langue (5-6 mm de long). L’abeille est connue pour être le meilleur pollinisateur et pour cause. Elle est capable à elle seule de butiner le pollen de 250 fleurs par heure, de stocker sur une seule patte 500 000 grains de pollen.
Les abeilles mellifères sont mieux équipées pour le transport du pollen. Elles ont notamment des corbeilles à pollen, situées sur leur troisième et dernière rangée de pattes. Ces corbeilles à pollen permettent de fixer le pollen grâce à des soies recourbées. De plus, les abeilles domestiques agglomèrent le précieux pollen sous forme de boulettes, ce qui accentue sa tenue et réduit la déperdition.
L'Organisation Sociale de la Ruche
L'abeille communautaire (Apis mellifera) vit et meurt au sein d’un essaim qui peut atteindre jusqu’à 60 000 individus à la belle saison et seulement 15 000 à 20 000 en période hivernale. Les étapes de vie de l’abeille et de l’essaim sont intimement liées à la reine.
La reine : Sa mission principale est de se reproduire pour que la ruche soit constamment remplie d’abeilles. Elle est plus grande que les autres abeilles, et ne sort quasiment jamais de la ruche. Pilier de la colonie, la reine n’a pas que pour mission de pondre. La sécrétion de phéromones lui permet également de réguler les activités au sein de ses troupes. Secrétées par différentes glandes, les substances qu’elle émet normalisent les comportements des ouvrières, modifient leur physiologie, indiquent au rucher si la reine va bien ou non. L’acide produit par ses glandes mandibulaires signale aux ouvrières les tâches à effectuer tandis que le méthyle secrété par ses glandes épidermiques signe sa présence. Il empêche les ouvrières d’élever une autre reine et de provoquer l’essaimage.
Les faux-bourdons : Ce sont les mâles de la ruche. Ils sont chargés de s’accoupler avec la reine pour faire naître de nouvelles abeilles. Sans dard, incapable de butiner, la fonction principale du faux-bourdon demeure d’inséminer une jeune reine. Les faux-bourdons naissent généralement au printemps. On compte une centaine d’individus en moyenne par colonie. Ils se nourrissent du miel rapporté par les butineuses en attendant le vol nuptial.
Les abeilles ouvrières : Au cours de leur courte vie (6 semaines en plein été), les abeilles ont plusieurs métiers. Lorsqu’elles naissent, elles sont nettoyeuses. Ensuite elles sont nourrices (elles vont nourrir les larves, s’occuper de la reine), cirières et bâtisseuses. Elles vont enchaîner les métiers, puis vers la fin de leur vie elles deviennent gardiennes et enfin butineuses. Les ouvrières sont aussi capables de pondre. Lorsqu’elles ne sentent plus la présence de la reine au sein de la colonie, elles peuvent pondre jusqu’à trois œufs dans une même alvéole.

La Communication chez les Abeilles
Comme les humains, les abeilles communiquent entre elles ! Au sein des colonies, on parle de la danse des abeilles. En effet, lorsqu’une abeille butineuse s’approche de zones dans laquelle elle trouve du nectar à butiner, elle rentre à la ruche et fait une danse (en rond si la zone est proche, ou en huit si la zone est plus éloignée) afin d’orienter toute la colonie vers la source en question. Il existe aussi la danse “frétillante” qui donne des informations encore plus précises sur la direction à prendre.
Les abeilles communiquent également grâce à une substance qu’elles dégagent dans l’air : leurs phéromones. Elles vont envoyer des odeurs par leurs antennes, qui vont être captées par les autres abeilles.
Le Cycle de Vie et la Reproduction de l'Abeille Domestique
La reproduction est un facteur très important pour tout être vivant. En parlant des abeilles dont la durée de vie est d'environ 42 jours, la reproduction est un élément clé pour la survie de la famille. Un essaim fort est un groupe d'abeilles composé d'un grand nombre de composants, même 50 ou 60 mille.
Qu'il s'agisse d'apidés domestiques ou sauvages, le développement de l’œuf à l’abeille imago est le même. La reine pond dans chacune des alvéoles un œuf fécondé. Parfois, ce sont les ouvrières qui portent les œufs jusqu’à la pouponnière. En fonction de l’apport nutritionnel qui lui sera apporté par les ouvrières et des besoins de la ruche, il deviendra une ouvrière ou une future reine. Les œufs non fécondés deviendront eux des mâles ou faux-bourdons.
Trois jours après la ponte, la couvée évolue en larves d’abeille. Identique à un ver, les ouvrières la nourrissent durant neuf jours en déposant les aliments dans l’alvéole. Puis, les nourrices procèdent à l’operculation. L’alvéole, fermée par un bouchon de cire, devient cocon. La durée de la croissance dépend de la caste de la future abeille : ouvrière, reine ou mâle. C’est durant cette phase que la pupe se développe : yeux, bouche, thorax, abdomen, pattes et ailes. De la larve à l’ouvrière, l’individu aura multiplié son poids par 900 contre 1 700 fois pour une reine. À sa sortie de l’alvéole, l’abeille ouvrière sera prête pour exécuter différentes missions.
La reine ne s'accouplera qu'une seule fois dans toute sa vie. Toutes les abeilles sont stériles, la reine est la seule qui peut être fécondée, c'est pourquoi son accouplement est un événement qui rend toutes les autres abeilles de la ruche euphoriques. Une fois la métamorphose terminée, la reine des abeilles sort de sa cellule royale et après quelques vols d'orientation, est accompagnée d'un grand groupe d'ouvrières. Les abeilles se dirigent ensuite vers la zone où les bourdons les attendent. La reine des abeilles s'accouplera avec tous les faux bourdons des ruches environnantes et non avec un seul d'entre eux.
Une fois les drones rassemblés à un point de rassemblement, le vol de fertilisation commencera. Cette dernière se déroulera à tour de rôle et chaque drone aura l'honneur de s'accoupler avec la reine. Ce qui se passe plus tard, cependant, c'est que chaque abeille mâle, à la suite de l'acte, laissera son organe reproducteur attaché à la reine et par conséquent mourra en quelques instants. Ce sort est réservé à tous ses successeurs dans le vol nuptial et donc à tous les faux-bourdons qui s'accoupleront avec la reine. Si un drone est incapable d'atteindre la reine en vol ou pour toute autre raison il est incapable de la féconder, à son retour il sera condamné à mort car les ouvrières dans ce cas le considéreront inutile et cesseront de lui fournir de la nourriture.
Contrairement aux autres abeilles, les reines sont équipées d'une "spermatheca", un sac interne particulier dans lequel elles stockent la graine de faux-bourdon. Après plusieurs accouplements, la spermathèque est pleine et la graine contenue à l'intérieur suffira à la reine pour produire des œufs fertiles pendant des années. Dans le cas où l'accouplement ne se produirait pas correctement, la reine commencerait à produire uniquement des œufs non fécondés à partir desquels seuls les faux-bourdons et non les abeilles ouvrières vivraient. Dans ce cas, l'apiculteur devra nécessairement intervenir en remplaçant la reine que si elle continuait à ne produire que des mâles en peu de temps il y aurait un dépeuplement énorme. La reine des abeilles est capable de pondre une énorme quantité d'œufs par jour. Une reine en bonne santé produit environ 1500 œufs par jour ! Un nombre très élevé !
35% de la nourriture mondiale existe grâce aux abeilles
Les Abeilles Sauvages : Diversité et Rôle Spécifique
Toutes initialement sauvages, les abeilles sont apparues il y a plus de 100 millions d’années et ont construit une véritable symbiose avec les plantes. Sociales ou solitaires, ces dernières participent à la pollinisation de 75 % des plantes à fleurs qui sont à la base de notre alimentation. A contrario d’(Apis mellifera) abeille sociale sauvage, les solitaires ne vivent pas en colonie. Cependant, il n’est pas rare de trouver plusieurs nids ou agrégat dans une même zone. Leur longévité est souvent bien plus courte, de 2 à 10 semaines selon les espèces. La plupart ne produisent pas de miel et la fécondation n’a lieu qu’une fois par an.
Polyvalente, l’apidé sauvage fécondée collecte les matériaux de construction nécessaires à son nid, et récolte la nourriture pour les larves. Elle peut pondre jusqu’à 20 œufs pour lesquels elle bâtira une cellule individuelle. Les tubes sont remplis, un à un, d’une boule de pollen qu’elle colle avec du nectar. C’est sur ce « pain d’abeille » qu’elle dépose son œuf. L’abeille cloisonne le nid et réitère le processus jusqu’à ce que le trou soit rempli. Elle le ferme ensuite avec de la boue, des feuilles, des pétales de fleurs, en fonction de son espèce.
L’évolution des apidés solitaires n’est pas si différente de celui de nos abeilles mellifères. Il suffira de trois à cinq jours à l’œuf pour se transformer en larve. Elle se nourrit alors des aliments déposés puis poursuit sa phase de développement. La larve entre en hibernation pendant 11 mois durant la période estivale et hivernale. Ce n’est qu’au printemps suivant qu’elle se transformera en abeille adulte pour poursuivre les étapes de reproduction et de pollinisation. La solitaire, une fois sa ponte accomplie ne s’occupe plus du tout de son couvain. Au contraire de nos abeilles domestiques, les nids sont construits en séquence : l’apidé sauvage fabrique les cellules pour la ponte l’une après l’autre. On recense en France 860 espèces dont 30 % seulement nichent hors-sol. La plupart vivent dans la terre ou dans les tiges des végétaux.

Les abeilles sauvages, et plus largement tous les pollinisateurs (bourdons, abeilles à miel, papillons…), n’ont pas conscience de participer à la reproduction des espèces végétales quand ils vont de fleur en fleur. Les abeilles sauvages cherchent avant tout à collecter du nectar et du pollen pour se nourrir et nourrir leurs larves à naître. En butinant une fleur, l’abeille sauvage stocke du pollen sur ses pattes, son abdomen ou encore sa brosse ventrale. Or, le transport s’avère si mouvementé que seulement 10% du pollen arriveront à bon port, au nid. En revanche, les 90% restant tomberont du corps de l’abeille, en vol, ou lorsqu’elle se posera sur une nouvelle fleur.
Chez les abeilles sauvages, ce sont les poils et la brosse à pollen qui servent à capter et transporter le pollen. Cette fixation précaire du pollen au corps de l’abeille sauvage est l’un des facteurs expliquant la plus grande efficacité de son travail de pollinisation, en comparaison au travail fourni par les abeilles domestiques. Un des autres facteurs est la précocité de certaines espèces ainsi que leur facilité à s’accommoder des intempéries et des basses températures. Suivant les estimations, l’abeille domestique ne sort butiner qu’au-delà de 7 ou 9°C, quand certaines abeilles sauvages peuvent polliniser alors qu’il fait 3°C !
Selon des chercheurs de l’Entomological Society of America, il faut plusieurs dizaines de milliers d’abeilles à miel pour polliniser un hectare de pommiers quand quelques centaines d’osmies cornues suffisent. Certaines plantes sont exclusivement butinées par des abeilles sauvages. Et parfois par un certain type d’abeille sauvage. On distingue par exemple les abeilles sauvages à langue longue, des abeilles sauvages à langues courtes.
Les Menaces Pesant sur les Abeilles et Comment les Protéger
Aujourd’hui, nos amies les abeilles ne se portent pas très bien ! Leur nombre a diminué ces dernières années. Les abeilles solitaires sont menacées à cause de la disparition de leur habitat, de leurs abris. Elles qui aiment se cacher dans le sol, dans le bois et les herbes hautes sont bien malheureuses lorsque la nature disparaît.

Malheureusement, le nombre des pollinisateurs régresse de plus en plus, notamment dans les pays industrialisés et ceux qui ont opté pour une agriculture industrielle ou intensive, très portée sur les pesticides. Certaines espèces de pollinisateurs ont carrément disparu. Et pourtant, on compte 45% de ruches en plus au niveau mondial, au cours des 50 dernières années.
Les grandes cultures françaises, comme les champs de colza et de tournesol, bien que massives en quantité, ne contribuent pas tant à la diversification de l’alimentation des abeilles. L’INRA s’est aperçu que lorsque la nourriture des abeilles est carencée du fait d’un manque de diversification de pollen, les ouvrières avaient des capacités de nourrices réduites. Ce type de pesticide réduit la durée de vie des abeilles. Ils font débat depuis les années 1990, à cette période où les apiculteurs observaient des dépopulations de ruches près des champs de tournesol traité aux néonicotinoïdes. Les apiculteurs ne voyaient pas d’amas d’abeilles devant les ruches ou sur le plancher dans la ruche. S’en sont suivi 20 années de travaux scientifiques. Les scientifiques ont pu démontrer l’effet d’une molécule utilisée dans les néonicotinoïdes sur les abeilles. En réalité, la surmortalité des abeilles n’est pas l’effet d’une seule molécule.
Malheureusement, le nombre de colonies d'abeilles sauvages ne cesse de baisser depuis de nombreuses années car l'on tend à détruire leur habitat naturel pour agrandir les exploitations agricoles. Aujourd'hui, beaucoup de fermiers doivent louer des colonies pour polliniser leurs cultures. Ce phénomène est particulièrement répandu aux États-Unis, où la moitié des ruches du pays sont déplacées en Californie chaque année pour polliniser les amandiers. Les ruches sont chargées sur des palettes puis transportées en camion sur des milliers de kilomètres.
Pour certains agriculteurs vivant dans des zones devenues très pauvres en pollinisateurs, pas d’autre choix que de polliniser à la main ! C’est le cas dans la province du Sichuan, en Chine. Les paysans ont tellement eu recours aux insecticides pour traiter leurs champs, que les abeilles n’ont pas survécu, ou ont vu leur nombre baisser drastiquement. Ils sont alors forcés d’employer des personnes pour grimper dans les pommiers et polliniser manuellement les fleurs, avec des pinceaux par exemple.
Comment prendre soin des abeilles ?
Afin de préserver la biodiversité, aussi bien de la nature que de notre jardin ou notre potager, il est primordial de veiller à la survie des insectes. Pour ce faire, il faut prendre soin de leur ruche et des ruchers. En plus de permettre la production d’un miel de qualité, cela augmente le rendement de tout un tas d’autres cultures. Nous ne devons pas modifier l’écosystème en voulant « contrôler » la nature. Il faut que les bourdons et autres pollinisateurs puissent effectuer leur travail si essentiel pour les animaux. Si une ruche ou des ruchers se trouvent à proximité de votre jardin, cela ne vous apportera que des avantages.
Voici quelques gestes simples pour aider les abeilles :
- On sème ! Nous pouvons semer dans notre jardin ou balcon des graines de plantes dites “mellifères”, qui attirent particulièrement les abeilles car elles sont riches en nectar et en pollen.
- On distribue de l’eau ! Les abeilles doivent aussi, comme nous, s’hydrater.
- On laisse la nature à l’état sauvage ! Dans un jardin, on peut leur laisser un petit coin de plantes sauvages, des herbes hautes, qu’elles adorent particulièrement.
- On fabrique un hôtel à insectes ! Si cela est possible, on peut également leur mettre à disposition un hôtel à insectes qui permettra aux abeilles de s’abriter et nourrir leurs larves durant la moitié de l’année.
- Privilégier les plantes sauvages : Les plantes sauvages ont un rôle extrêmement important, car elles permettent de continuer d’apporter des ressources aux populations de pollinisateurs avant ou après les grandes périodes de culture en France comme notamment le colza et le tournesol.
- Semer des intercultures : Il est possible pour les agriculteurs d’apporter des ressources nécessaires aux pollinisateurs entre deux périodes de culture, c’est une période pauvre en nourriture, entre deux floraisons. Il y a un déficit entre l’offre et la demande de nourriture. Les abeilles constituent leurs réserves alimentaires pour l’hiver pendant l’été. Si le paysage ne présente pas de lisière, de haies, les agriculteurs peuvent semer des intercultures dans leurs parcelles. On appelle ces intercultures des couverts végétaux qui font des fleurs pour apporter des ressources aux abeilles, c’est le cas du trèfle, de la moutarde, de phacélie. L’hétérogénéité des paysages est importante pour les organismes qui vivent dedans : les fleurs et les insectes. L’été est une période tendue pour les réserves alimentaires des abeilles. Car des dizaines de milliers d’abeilles domestiques se retrouvent en compétition directe avec les abeilles sauvages sur les fleurs, la flore spontanée ou les plantes qui poussent dans les champs cultivés (messicoles).
Nous tous, habitants, élus, enfants ! Et vous, quels bénéfices tirez-vous de la pollinisation ? Il y a interdépendance entre les systèmes naturels et les systèmes humains. En créant un espace de dialogue entre tous les acteurs d’un territoire, au sein des communes et également en échangeant les savoirs et savoir-faire, cela peut nous permettre de se rendre compte des bénéfices que nous avons de nos espaces naturels.