Le prunier, arbre fruitier apprécié pour sa floraison printanière délicate et ses fruits savoureux, peut être multiplié par diverses méthodes, permettant aux jardiniers amateurs comme expérimentés de renouveler leurs vergers ou d'étendre leurs cultures. Qu'il s'agisse de bouturage, de marcottage, de reproduction par drageons ou de greffage, chaque technique présente ses spécificités et ses avantages. Comprendre ces différentes approches est essentiel pour obtenir des plants vigoureux et fructifères.
Reproduction par Boutures : Un Essai Précis
La multiplication du prunier par boutures, qu'elles soient lignifiées ou vertes, est une méthode prisée pour sa rapidité potentielle et la possibilité d'obtenir un grand nombre de nouvelles plantes. Cependant, il est crucial de noter que cette technique ne convient pas à toutes les variétés de pruniers, et son succès dépend de plusieurs facteurs interdépendants. La qualité des boutures, le moment propice pour leur prélèvement, les outils utilisés, l'âge et l'état de l'arbre mère, ainsi que l'utilisation d'engrais, jouent tous un rôle déterminant dans le taux de réussite.

Boutures Vertes : L'Art de la Croissance Intensive
Les boutures vertes sont prélevées en été, idéalement début à mi-juillet, lorsque les plantes sont en pleine phase de croissance active. Cette période permet d'exploiter le dynamisme végétatif de la plante pour favoriser un enracinement rapide. L'un des principaux avantages de cette méthode réside dans l'augmentation du taux de survie et l'accélération du processus de reproduction, permettant ainsi de produire rapidement un grand nombre de nouvelles plantes. Il est important de sélectionner des tiges annuelles de la taille appropriée, idéalement de la largeur d'un crayon. Les échantillons plus fins risquent de se dessécher plus rapidement. La longueur idéale pour une pousse destinée à la multiplication est d'environ un demi-mètre.
Si le prunier à multiplier présente une croissance annuelle particulièrement petite et faible, un raccourcissement printanier des tiges squelettiques peut être envisagé pour stimuler le développement de nouvelles pousses plus robustes.
Boutures Lignifiées : La Patience d'Hiver
Une période de dormance convient parfaitement aux boutures lignifiées. Dans les régions sujettes aux hivers rigoureux, ces boutures doivent être prélevées fin novembre ou début décembre, impérativement avant que la température de l'air ne descende en dessous de -20 à -30°C. Il est également permis de récolter les boutures au tout début du printemps, avant que les bourgeons ne commencent à gonfler, à condition qu'il n'y ait pas de gelées sévères pendant cette période.
Récolte et Conservation des Boutures
La récolte des boutures implique la sélection de tiges annuelles appropriées sur l'arbre mère. Une fois prélevées, les boutures sont généralement conservées à une température de 2 à 4°C. Dans les régions où les hivers sont enneigés, le matériel de plantation peut être stocké sous une couche de neige de 50 à 70 cm de hauteur. En cas de risque de dégel, les boutures peuvent être recouvertes de sciure humidifiée et laissées au froid. La sciure de bois finira par geler, formant un cocon dense et protecteur. Par la suite, les boutures sont transférées dans une pièce sombre et recouvertes d'une couche de sciure sèche (30-40 cm), puis emballées dans un film plastique.
Quelques jours avant le début de l'enracinement, les boutures sont déplacées dans une pièce plus chaude pour une décongélation progressive. Pour ceux qui ne disposent que d'un petit nombre de boutures, il est possible de les conserver au réfrigérateur, enveloppées dans un film plastique et attachées avec de la ficelle. Il est crucial de ne pas les placer dans le congélateur, car elles risqueraient d'être détruites par le froid intense.
Des précautions doivent être prises pour conserver les boutures dans un endroit sec, car l'excès d'humidité est préjudiciable au matériel végétal. Si, pendant la période de conservation, elles commencent à montrer des signes de dessèchement, il est recommandé de mettre à jour les coupes, de les placer dans un récipient rempli d'eau et de les stocker dans une pièce fraîche.
Les boutures vertes, quant à elles, ont une durée de conservation plus limitée. Il est préférable de les couper le matin, idéalement par temps nuageux, et de les préparer immédiatement en petites boutures.
Enracinement des Boutures
Pour optimiser l'enracinement, il est conseillé de placer les boutures dans une solution de stimulants d'enracinement avant la plantation. Des produits tels que l'IBA (acide indole-3-butyrique), l'IAK (acide indole-3-acétique), le Zircon, l'Epin-Extra ou le Flor-Humate peuvent être utilisés.
Les boutures préparées, d'une longueur d'environ 15 cm, sont généralement plantées dans une serre ou une mini-serre équipée d'un système d'irrigation goutte à goutte. En l'absence de telles installations, il est possible de fabriquer une serre rudimentaire à l'aide d'arcs de fil de fer et d'un film plastique. L'arrosage des boutures doit être effectué 2 à 3 fois par jour.
Un sol riche en nutriments est essentiel pour un enracinement complet. Un mélange de sable et de tourbe dans des proportions égales, étalé sur une couche de 10 à 15 cm sur le lit de jardin, constitue une base idéale. Une couche de 2 à 3 cm de sable grossier de rivière est ensuite ajoutée par-dessus. Immédiatement avant la plantation, le mélange de sol peut être traité avec du superfhosphate, diluant une cuillère à café dans un récipient de 10 litres d'eau.
Avant de planter les boutures dans le sol, la feuille inférieure doit être retirée, en ne laissant que le pétiole pour prévenir la pourriture. Les boutures sont ensuite enterrées dans le sol fertile à une profondeur d'environ 3 cm, de manière à ce que la feuille la plus externe soit juste au-dessus du sol. La densité de plantation recommandée est de 5 cm entre les boutures et entre les rangs. La température de l'air optimale pour un enracinement rapide se situe entre 25 et 30°C.
L'enracinement des boutures de pruniers issus de variétés qui s'enracinent facilement est généralement terminé en 2 à 2,5 semaines, tandis que celles qui se reproduisent plus difficilement peuvent nécessiter jusqu'à un mois. Dès l'apparition de la formation de cal, il est nécessaire de soulever périodiquement le film pour permettre l'évacuation de l'humidité accumulée et augmenter l'apport d'oxygène aux plantes. Un mois après la plantation, des engrais minéraux peuvent être appliqués sous les boutures, suivis d'un arrosage abondant.

Reproduction par Marcottage : Une Méthode Naturelle
Le marcottage est une technique de multiplication végétative qui permet d'obtenir des plantes déjà dotées d'un système racinaire, facilitant ainsi leur reprise. Cette méthode est particulièrement intéressante car elle ne nécessite pas de surveillance constante des plantes en cours de développement et permet d'enraciner rapidement et avec succès des variétés préférées. Les marcottes se forment généralement au printemps et à l'automne, donnant une plante à part entière prête à être transplantée avec un système racinaire déjà développé.
Marcottage par Couche d'Air
Pour réaliser un marcottage par couche d'air, on sélectionne une pousse de l'année précédente. À une distance de 15 à 20 cm de son extrémité supérieure, un anneau d'écorce est retiré ou coupé jusqu'au bois. Ensuite, de la sphaigne humidifiée est appliquée sur l'incision et fixée avec un film plastique noir. Par temps chaud, les racines se forment rapidement. Les marcottes sont ensuite séparées de la plante mère avec leur système racinaire et leur substrat de terre, puis déplacées vers un nouvel emplacement.
Si les conditions météorologiques sont favorables, le marcottage par couches peut être réalisé fin août, en utilisant des excroissances semi-lignifiées apparues durant l'année en cours. La procédure est similaire à celle effectuée au printemps, mais il est nécessaire de retirer tout le feuillage sur une distance de 20 à 30 cm de l'extrémité de la pousse. Le système racinaire se formera durant la saison suivante.
Une autre variante de cette méthode consiste à choisir un jeune arbre de prunier de faible hauteur. Une pousse flexible est soigneusement pliée jusqu'au sol. À l'endroit où la tige touche le sol, une rainure étroite est creusée sur une profondeur de 10 à 20 cm, et la pousse y est placée après avoir été traitée avec un stimulateur de formation de racines. La pousse est ensuite recouverte de terre, en laissant uniquement le sommet de la tige dégagé, le sol est tassé et arrosé. Il est recommandé de maintenir la pousse au sol à l'aide de morceaux de fil pliés en forme de U.
Marcottage par Couche Horizontale
Pour améliorer la rétention d'humidité du sol, qui doit rester constamment humide, le sol est recouvert d'un film plastique. L'apparition de feuillage sur le dessus de la tige indique un enracinement normal des marcottes. Elles peuvent alors être séparées de l'arbre mère et plantées dans leur emplacement définitif.
Reproduction par Drageons de Racines : Une Méthode Efficace
La reproduction par drageons de racines est particulièrement adaptée aux pruniers auto-enracinés, et non à ceux qui ont été greffés sur un porte-greffe. Cette méthode permet une conservation et un transfert quasi complets des qualités variétales et des propriétés végétales à la progéniture.
Pour choisir le drageon approprié, il faut privilégier ceux qui sont situés le plus loin possible de l'arbre mère, car ceux qui poussent juste à côté peuvent être moins vigoureux. Un arbre mère doté d'une couronne ramifiée puissante, d'un système racinaire pivotant solide et d'un tronc bas est idéal.
Les drageons sont déterrés soit dans la première moitié de l'automne, soit au printemps avant le début de la montée de la sève, de préférence du côté ensoleillé. Lors de cette opération, les racines du drageon sont soigneusement coupées des deux côtés, puis le drageon est séparé de l'arbre mère. Les racines endommagées sont retirées, et la partie aérienne est taillée d'un tiers. Le jeune drageon est ensuite planté dans un sol meuble, de la même manière qu'un semis conventionnel.
Conseils Professionnels pour Tailler ton Prunier (étape par étape)
Bourgeonnement (Greffage) : Une Technique Avancée
Le bourgeonnement, plus communément appelé greffage, est une méthode de multiplication végétative qui implique la fusion d'une partie d'une plante (le greffon) sur une autre plante (le porte-greffe). Cette technique est particulièrement utile pour reproduire fidèlement des variétés de pruniers, car elle garantit la transmission de leurs caractéristiques spécifiques. Le porte-greffe, généralement cultivé à partir de graines ou de racines de variétés sauvages, sert de base à la nouvelle plante. Il doit être arrosé abondamment, et les excès de feuillage et les pousses superflues doivent être retirés. Le porte-greffe ne doit pas avoir plus d'un an pour garantir une bonne compatibilité.
Le processus de bourgeonnement est assez technique et suit un schéma précis. Les pousses de l'année en cours sont coupées d'une plante variétale à l'aide d'un sécateur. À partir de ces pousses, les gros bourgeons et une petite partie de l'écorce sont ensuite retirés à l'aide d'un couteau à greffer bien aiguisé. Une incision est pratiquée sur le porte-greffe à environ 4 cm au-dessus du sol. L'écorce est délicatement soulevée, et le bourgeon taillé y est inséré. La zone de greffage est ensuite étroitement enveloppée avec une bande de film de polyéthylène, qui sera retirée après 3 à 4 semaines. Si la procédure est effectuée correctement et que toutes les conditions sont réunies, le bourgeon prendra racine et formera une nouvelle pousse.

Reproduction par Semis : Une Loterie Génétique
La reproduction du prunier par semis, comme pour d'autres cultures fruitières, ne permet pas à la descendance de transmettre intégralement ses qualités variétales. Le résultat est souvent une plante aux propriétés différentes, et cette méthode est généralement utilisée pour obtenir des porte-greffes.
Les noyaux de prunes sont placés dans un récipient d'eau pendant 4 jours, l'eau étant renouvelée et agitée quotidiennement. Ensuite, les graines sont séchées et placées dans un récipient.
La stratification des graines est nécessaire pour une germination à 100%. Pour ce faire, elles sont mélangées à de la sciure de bois ou du sable grossier et laissées dans cet état pendant six mois à une température comprise entre -10°C et 1°C. À l'automne ou dans la seconde moitié du printemps, les graines sont semées dans un sol nutritif préparé et meuble. Un an plus tard, des porte-greffes à part entière seront obtenus, prêts à être utilisés pour la multiplication d'autres variétés.
Choix de la Méthode et Moment Opportun
Le choix de la méthode de multiplication dépend de plusieurs facteurs. Pour le bouturage, il est conseillé de disposer d'une serre ou d'une mini-serre avec un système d'irrigation goutte à goutte. Le bourgeonnement requiert des compétences particulières car il s'agit d'un processus complexe et chronophage. La multiplication par drageons de racines n'est pas réalisable sur des arbres greffés.
Le moment de la reproduction a également une incidence significative. En été, les boutures vertes et le bourgeonnement sont les options les plus appropriées. Au printemps, la stratification est recommandée.
Plantation du Prunier : Conditions Idéales
Le prunier, arbre fruitier de culture relativement facile, n'en demande pas moins des conditions de culture optimales pour assurer sa bonne croissance. Offrir à ses jeunes racines un trou de plantation profond et une terre souple et riche permettra leur bon développement. Un tuteur solide soutiendra le tronc, et un arrosage abondant est essentiel.
Plantation en Pleine Terre
La méthode de plantation diffère selon que l'on opte pour un scion à racines nues ou un prunier en motte ou en conteneur.
- Creuser le trou : Le trou de plantation doit être volumineux, mesurant au minimum 70 cm de large et 50 cm de profondeur. Il peut être préparé à l'avance.
- Ameublir le sol : Le fond du trou ainsi que la terre extraite doivent être ameublis. Une terre fine favorisera le développement des racines. Il est possible d'amender la terre selon les besoins : ajout de sable pour le drainage, de fumier ou de compost pour l'enrichir. Si le sol est trop compact, une couche de drainage (sable grossier, gravier) peut être bénéfique.
- Préparation des racines (pour racines nues) : La veille de la plantation, les racines du prunier sont habillées, c'est-à-dire que leurs extrémités sont légèrement taillées. Il faut également vérifier s'il n'y a pas de racines abîmées à raccourcir au-dessus de la blessure. Les racines plus longues seront égalisées pour éviter qu'elles ne soient pliées ou enroulées lors de la mise en place. L'habillage des racines vise à étoffer le système racinaire, favorisant ainsi la nutrition de l'arbre. Il ne faut cependant pas trop raccourcir ces racines, car leur volume est essentiel à la capacité d'absorption de l'arbre.
- Pralinage (pour racines nues) : Après l'habillage, les racines bénéficieront d'un pralinage, un mélange hydratant et nourrissant qui facilite également le contact avec la terre. Le pralin est composé d'argile, d'eau et de bouse de vache, de fumier ou de compost. L'idéal est de laisser tremper les racines dans ce mélange pendant 24 heures.
- Réhydratation de la motte (pour conteneur) : La motte doit être réhydratée en la plongeant dans une bassine d'eau pendant quelques heures jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de bulles remontant à la surface.
- Mise en place du tuteur : Avant de planter le jeune fruitier, un tuteur doit être installé pour éviter d'endommager les racines.
- Positionnement de l'arbre : S'assurer de la bonne profondeur du trou. Le bourrelet de greffe doit se trouver juste au-dessus du niveau du sol. Pour cela, placer un bâton en travers du trou et maintenir le jeune arbre à la bonne hauteur.
- Comblement du trou : Pour un prunier à racines nues, étaler les racines au fond du trou et combler avec la terre extraite, en secouant l'arbre pour que la terre s'infiltre dans les moindres interstices. Pour un prunier en conteneur, placer la motte au centre du trou.
- Tassement et arrosage : Tasser légèrement le sol en réalisant une cuvette autour du tronc pour favoriser l'arrosage. Arroser très copieusement. Il sera peut-être nécessaire de rajouter de la terre une fois que l'eau se sera bien écoulée.
Plantation en Pot
Pour une plantation en bac, il est indispensable de choisir une variété adaptée, comme un prunier nain, idéalement formé en colonne. Un prunier en pot se prête également bien à une culture palissée contre un mur. Il est préférable de choisir une variété autofertile, à moins de prévoir l'installation de deux pruniers.
Choisir un bac de grande taille (minimum 60 cm de hauteur) avec une couche de drainage épaisse (10 à 20 cm) composée de billes d'argile, de tessons de pots en terre ou de gravier. Un feutre de jardin découpé au bon diamètre sépare cette couche de drainage du substrat. Mélanger un bon terreau avec du compost ou du fumier. La plantation suit ensuite les mêmes étapes que pour une plantation en pleine terre, à l'exception de la mise en place du tuteur (inutile sauf pour les formes en colonne) et de la cuvette d'arrosage.

Choix de l'Emplacement Idéal
Les besoins en sol et en climat des différentes espèces et variétés de pruniers varient. En règle générale, les pruniers préfèrent les endroits abrités du vent et ensoleillés, et n'apprécient ni la douceur pluvieuse ni la chaleur très sèche.
- Prunier du Japon : Plus adapté au sud de la France ou aux régions littorales, car sa floraison précoce le rend sensible aux gelées.
- Prunier Mirabelle : Le mirabellier est adapté au nord-est de la France, où il trouve des conditions favorables : nuits fraîches et journées chaudes durant la formation des fruits, climat continental, sol plutôt argileux sans être trop compact. Très rustique, il supporte des températures de -20°C à -30°C.
- Prunier Quetsche : La quetsche aime des conditions similaires à la mirabelle, sols lourds et climat continental. Elle n'apprécie pas la sécheresse, à l'exception de la quetsche d'Italie, adaptée aux régions du sud et à un climat sec et chaud.
- Prunier Reine Claude : Contrairement aux précédentes, la reine-claude est une prune du sud, plus précisément du sud-ouest. Elle est assez rustique, résistant à des températures de -15°C. Son type de sol est léger et profond.
- Prunier Domestique : Facile à cultiver, le Prunus domestica peut être planté partout, jusqu'à 1000 m d'altitude. Il se plaît en sol ordinaire, à condition qu'il ne soit pas trop sec, et préfère les sols profonds et bien drainés. On le cultive plutôt dans le sud de la France. La prune d'Agen, à l'instar de la reine-claude, est une prune du sud-ouest qui préfère les terres riches.
- Prunier Myrobolan : Planté uniquement comme porte-greffe, car ses fruits sont peu agréables à consommer. Contrairement au prunier domestique, il se plaît dans les sols pauvres.
Distance de Plantation
La distance entre deux pruniers ou entre un prunier et un autre arbre dépend de la forme de ceux-ci. Le volume qu'ils occuperont à l'âge adulte varie considérablement selon qu'ils sont en quenouille, gobelet (formes étroites) ou sur tige (ramure bien développée).
- Pruniers en quenouille ou gobelet : espacement de 3 à 4 mètres.
- Pruniers sur tige : prévoir 7 à 8 mètres.
- Pruniers conduits en palmettes : 4 mètres.
Greffage : Une Question de Fruit
Concernant la question subsidiaire de savoir s'il sera nécessaire de greffer une bouture pour obtenir des fruits, la réponse est généralement oui, surtout si l'on souhaite obtenir des fruits d'une variété spécifique et de bonne qualité. Planter un noyau de prunier, bien que divertissant, relève de la loterie génétique. Les insectes qui effectuent la pollinisation ne préviennent pas les croisements, et le résultat peut être un arbre produisant des fruits différents de ceux du parent. Seul le greffage permet de garantir l'obtention d'un prunier de la même variété. La mirabelle fait exception, pouvant parfois donner de bons résultats par semis.
Il faut compter entre 5 et 10 ans pour obtenir des fruits à partir d'un semis, et leur qualité gustative n'est pas garantie. Cependant, même si les fruits ne sont pas excellents, le jeune prunier pourra servir de porte-greffe.
La technique la plus simple pour tenter de faire pousser un prunier à partir d'un noyau est de le planter directement dans un pot rempli d'un terreau bien drainant, en gardant le substrat humide. Pour une meilleure réussite, la stratification est conseillée : exposer les noyaux au froid et à l'humidité permet de ramollir leur coque, facilitant la sortie du germe au printemps, imitant ainsi le processus naturel.
Dans un pot, placer un fin grillage sur le trou de drainage, puis ajouter du terreau léger ou du sable. Alterner des couches de sable ou de terreau parsemées de noyaux, et humidifier l'ensemble. Placer le pot contre un mur exposé au nord et le laisser ainsi jusqu'à la fin de l'hiver, recouvert de grillage pour protéger les noyaux des rongeurs. Maintenir le substrat légèrement humide tout au long de l'hiver. Au retour des températures douces, récupérer les noyaux qui ont germé et les semer individuellement dans des godets.
Une autre méthode pour soumettre les noyaux à un traitement hivernal est de les placer au réfrigérateur.
Période de Plantation Idéale
- Prunier à racines nues : Doit être planté durant la période de repos végétatif, entre novembre et mars, en évitant les périodes de gel et de fortes pluies. Si la plantation doit être différée, il faut praliner les racines pour quelques jours ou le "mettre en jauge" dans un bac de sable exposé au nord.
- Prunier en conteneur : Offre une plus grande flexibilité de plantation, au printemps comme en automne. Cependant, le choix de la période dépend du climat :
- Sud de la France (zones chaudes et sèches) : Il est préférable de planter en automne pour que le jeune sujet puisse affronter plus facilement la chaleur et la sécheresse estivale.
- Régions plus froides : L'hiver est à éviter pour la plantation des jeunes pruniers.
En résumé, la multiplication du prunier offre une variété de techniques, chacune adaptée à des objectifs et des contraintes spécifiques. Qu'il s'agisse de bouturage, de marcottage, de drageons ou de greffage, une bonne compréhension de ces méthodes, combinée à un choix judicieux de l'emplacement et de la période de plantation, garantira le succès de l'entreprise horticole.
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