Les framboisiers sont de petits buissons généreux. Elle ne demande pas grand-chose, et offre de belles récoltes années après années. C’est aussi un petit fruit qui fait faire de sacrées économies ! Quand on voit le prix au kilo de notre petite baie, la cultiver prend encore plus de sens. Surtout si vous êtes un consommateur régulier. Avec tous ces arguments, cultiver des framboises prend tout son sens et présente un intérêt plus que certain. Voici tous nos conseils pour réussir au mieux la culture de vos framboisiers, en s'appuyant sur les connaissances partagées par Franck Nathié de la Forêt nourricière.

Les exigences de base : sol et exposition
Les framboisiers apprécient les sols forestiers, de préférence légèrement acides. Mais ils s’accommodent de sols légèrement calcaires tant qu’ils ne sont pas, en plus, très argileux. En effet, le framboisier préfère les sols légers. Le framboisier n’est pas exigeant en termes de sol. Il poussera un peu partout, bien qu’il redoute les substrats argileux. Pour une récolte abondante, on privilégie une terre fraîche, riche et drainée.
La framboise est une plante de lisière de forêt. Une exposition en plein soleil lui conviendra très bien dans la plupart des climats, sauf dans les zones vraiment chaudes du sud de la France. Si vous habitez dans ce type de climats, vous aurez souvent de meilleurs résultats en l’installant à mi-ombre. Cette exposition pourra aussi convenir pour le reste des climats également, bien que l’on pourra perdre un peu en production. Bien que s’accommodant fort bien d’un emplacement à mi-ombre, le framboisier sera plus productif au soleil et ses fruits seront alors plus sucrés.
Préparation du sol et implantation
Sachent qu’un rang de 5 à 10m suffit amplement pour récolter en pagaille, on peut se retrousser les manches pour créer notre framboiseraie. Ils sont vigoureux et pourront s’installer même si on ne prépare qu’une étroite bande de terre. Il va sans dire qu’il est inenvisageable d’installer sa framboiseraie sur une zone remplie de chiendent ou autres adventices problématiques. Le liseron sera tout de même le plus gênant de tous car il monte sur les cannes et les couche, ou du moins les empêche de produire comme elles le pourraient. C’est indispensable d’enlever le liseron ! Commencez donc toujours par nettoyer le sol et supprimer tout ce qui pourrait être par la suite un problème.
L’idéal pour préparer sa culture de framboise, c’est de s’y prendre 2/3 ans à l’avance. En pratique, vous pouvez aussi vous y prendre 12 à 18 mois en avance, et vous contenter de pailler la zone puis y mettre une bâche. En la laissant en place ainsi durant 1 an minimum, vous allez détruire une bonne partie des liserons et autres. Dans une bande de terre travaillée à la Grelinette ou à la Campagnole, incorporez au sol du compost mûr (une brouette en sol riche et deux brouettes de compost mûr pour 10 m²).

Plantation : méthodes et espacements
En région douce, plantez les framboisiers de préférence pendant le repos végétatif, en gros entre novembre et mars. Dans les régions aux hivers plus rugueux, plantez plutôt soit en novembre, soit en fin de terrain. Plantez vos boutures et drageons en les espaçant de 60 cm au moins sur la ligne (et 1m50 entre lignes de culture le cas échéant). Contrairement aux plantes vendues en racines nues qui se plantent durant le repos végétatif, les framboisiers vendus en pot peuvent se planter durant presque toute l’année.
Si vous faites plusieurs lignes, espacez-les d’environ 1,2 m. Ainsi la récolte des framboises sera facilitée. Si vous disposez d’une planche de culture paillée et suffisamment meuble et riche (dans le cas contraire, une petite pelletée de compost dans le trou de plantation ne fera pas de mal…), c’est encore mieux. Arrosez copieusement (mais sans excès… la terre ne doit pas être gorgée d’eau) après la plantation.
Choisir ses variétés
Il existe deux types de variétés de framboisiers. Les non-remontants ont une seule production, assez précoce, en fin de printemps. Ensuite, ils se mettent en pause et reproduisent l’année suivante. Les variétés remontantes ont l’avantage d’avoir des récoltes étalées dans la saison. On peut aussi distinguer les framboisiers persistants et les framboisiers d’été.
Les variétés remontantes offrent deux récoltes, l’une à l’automne sur les pousses de printemps, l’autre en début d’été. Dans les remontants précoces, tu as la framboise Héritage, qui est très intéressante. Dans les framboises géantes, tu as la variété ‘Joan J’, ‘Régina’ (celle-ci est plus difficile à trouver). Elles sont intéressantes car elles produisent de gros calibres et conservent tout de même un bon parfum. Les framboises ont quelques cousines intéressantes à cultiver, notamment les framboises grimpantes que Franck m’a conseillé comme les Tayberry, Loganberry.
Entretien et gestion de la framboiseraie
Dès la fin de l’hiver, je viens généreusement pailler les framboisiers. Ne mettez pas d’engrais aux framboisiers. Contentez-vous de les nourrir avec du paillage diversifié (tailles, feuilles mortes, foin, paille, broyat, etc) et éventuellement du compost si votre sol est pauvre ou que vous souhaitez maximiser la production. Surtout ne mettez pas d’engrais : fientes de poules, fumiers… ça va faire que tes framboisiers feront 2 m de haut et souvent ils produisent beaucoup moins de fruits.
Même si la framboise supporte quelques herbes à ses pieds, on aura de meilleurs résultats si le sol reste à peu près propre. On peut aussi y installer des alliacées vivaces, comme de l’oignon patate ou même de l’ail des ours. L’idéal est de pouvoir tondre tout autour de la framboiseraie, par les 4 côtés. Laissez au minimum 2 mètres d’herbe de chaque côté. Cela vous permettra de tondre les nombreux rejets que la plante va chercher à émettre pour se répandre.
Tailler les framboisiers pour l'hiver
La taille : une pratique simplifiée
Vous n’êtes pas sans savoir que nos emplois du temps sont souvent chargés, et qu’il est parfois difficile de se dégager du temps pour le jardin. Je ne m’embête plus avec la taille. La seule chose que je fais, c’est retirer le bois mort tous les ans ou tous les 2 ans. D’une manière générale, la taille consiste à éliminer les rameaux faibles (ne garder que 10 à 15 pousses par mètre linéaire) et les parties ayant fructifié.
Pour les framboisiers non remontants, coupez les cannes qui ont fructifiées juste après la récolte. Ces cannes vont dégénérer petit à petit, donc pas besoin de les laisser trop longtemps. Pour les variétés remontantes, vous couperez les cannes à la fin de la saison après la fructification. En hiver, taillez les framboisiers en dessous de la partie ayant fructifié en septembre-octobre.
Arrosage et gestion de l’eau
La framboise fructifie en fin de printemps (et plus pour les variétés remontantes). Ce qui permet de la conduire en sec, c’est-à-dire sans irrigation autre que la pluie qui tombe sur votre terrain. Pour soutenir la production de framboises toute la saison, n’hésitez pas à leur apporter un peu d’eau en été. Néanmoins, le fait de passer arroser en juillet, lorsque la terre commence à s’assécher, va tout changer. Vous allez permettre aux vigoureuses remontantes de relancer leur floraison plus rapidement et d’avoir des récoltes sur une période plus étalée.
Maladies et ravageurs
Les champignons à l’origine de maladies sur les framboisiers apparaissent surtout dans les sols lourds. La brûlure des dards se caractérise par l’apparition de taches rouge-brun à violet sur les rameaux. La fusariose provoque un jaunissement et un flétrissement des feuilles et des extrémités des pousses fructifères. 2 ravageurs peuvent causer de sérieux dégâts sur les framboisiers : le ver des framboisiers et la drosophile suzukii.
Pour le ver des framboisiers, la tanaisie est un bon répulsif. En prévention, installez des lavandes et/ou du myosotis à proximité immédiate de vos framboisiers qui perturberont le sens des coléoptères au moment de trouver leur plante-hôte préférée pour y pondre. Le souci officinal protège ce petit fruitier d’une maladie cryptogamique, le dessèchement des rameaux. Exit donc les bouillies bordelaises et autres produits chimiques de synthèse.
Multiplication des framboisiers
Le framboisier se multiplie par séparation de drageons ou bouturage. Les drageons sont des pousses de l’année, naissant sur les racines, et sur lesquelles on conservera, dans le but d’une multiplication, une partie du système racinaire. Pour ce faire, en hiver, évacuez simplement la terre autour d’un pied et sectionnez la racine nettement avec une pelle-bêche. Au mois de novembre, prélevez des jeunes rameaux de 1 an. Divisez ces rameaux en boutures de 20 à 30 cm (avec au moins 2 yeux).

Bienfaits et nutrition
Les framboises sont une véritable mine de nutriments, regorgeant de vitamines (telles que la vitamine C et la vitamine K), de minéraux (dont le manganèse) et de fibres alimentaires. Elles sont également connues pour leur teneur en antioxydants. Les feuilles du framboisier (Rubus idaeus) sont riches en nutriments et en composés dont on pense qu’ils ont des effets bénéfiques sur la santé. La tisane de feuilles de framboisier est peut-être la plus connue pour son utilisation dans le domaine de la santé des femmes. Elle est souvent consommée pendant la grossesse, en particulier au cours du troisième trimestre, pour aider à tonifier les muscles utérins.
Associations de culture
Le framboisier n’est pas un fruitier à fort caractère, il accepte tous les voisinages et est accepté par tous, autant au jardin d’ornement qu’au potager. Seule une certaine Solanacée n’apprécie pas sa présence et sera donc maintenue à distance. On peut associer le haricot ou le pois nains en cultures entre les rangs. On peut aussi y installer des alliacées vivaces, comme de l’oignon patate ou même de l’ail des ours. Le souci évite le dessèchement des tiges du framboisier. Par contre, les framboisiers n’apprécient pas la proximité de leurs cousines ronces, ni de celle des myrtilles.
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